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Le structuralisme et ses transformations. Des Mythologiques aux logiquesdu rite
par Lucien SCUBLA
| Éditions de l’EHESS |
L’Homme 
2003/3-4 - N° 167-168
ISSN 0439-4216 | ISBN 2-7132-1806-3 | pages 297 à 306
Pour citer cet article :— Scubla L., Le structuralisme et ses transformations. Des Mythologiques aux logiques du rite,
L’Homme
2003/3-4, N°167-168, p. 297-306.
Distribution électronique Cairn pour les Éditions de l’EHESS.© Éditions de l’EHESS. Tous droits réservés pour tous pays.La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites desconditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votreétablissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manièreque ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueuren France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.
 
A
U MOMENT
où il endossait les fonctions de directeur pour l’enseignementet la recherche du musée du quai Branly, Emmanuel Désveaux a publié un mani-feste ouvertement placé sous la bannière de Claude Lévi-Strauss, dont il reprendles objets, la méthode, les concepts et, parfois même, les coquetteries intellec-tuelles. Ce gros ouvrage n’est cependant pas un hommage de circonstance, maisun traité d’ethnologie amérindienne, aux vues originales et au ton très libre.N’ayant pas pour objectif de célébrer l’œuvre d’un maître, mais d’en retrouver lesouffle, il n’hésite pas à bousculer les idées reçues.Contrairement à l’opinion dominante, l’auteur soutient que l’anthropologiestructurale s’est d’abord fourvoyée dans une théorie de la parenté, grevée de«fonctionnalisme sociologique»(pp. 18-19), avant de trouver sa voie dansune analyse «sémantique»de la culture qui culmine dans les
 Mythologiques.
Lanotion d’échange matrimonial lui semble sans pertinence pour la plus grandepartie du monde traditionnel ou moderne, et impropre à constituer la based’une théorie générale du lien social. En revanche, la méthode transformation-nelle du structuralisme des années 1960 permet d’établir la cohérence globale desphénomènes culturels. Elle fait apparaître des isomorphismes et des harmoniquesentre rites et mythes, organisations sociales et nomenclatures de parenté, objetstechniques et représentations cosmologiques, à l’échelle du monde amérindientout entier.Pour dégager cette architecture commune, l’auteur fait appel à deux formulesquadripartites qui sont censées rendre opératoire la méthode transformation-nelle:le «groupe de Klein»et la «formule canonique des mythes», très discretschez Lévi-Strauss mais revenant comme un leitmotiv dans la symphonie duNouveau Monde composée par Désveaux. En fait, chez le disciple comme chez
    À   P   R   O   P   O   S
L’HOMME
167-168 / 2003,
pp.297 à 306
Le structuralisme et ses transformations
Des
 Mythologiques
aux logiques du rite
Lucien Scubla
La relégation du rituel à une position subalterne par rapport au mythe nous a toujours semblé la principale  faiblesse de la théorie lévi-straussienne. […] Lévi-Strauss ne s’intéresse guère aux transpositions de son mythe de référence dans l’ordre du rituel; mieux, il semble les éviter délibérément 
(pp. 65, 134).
 À propos d’Emmanuel Désveaux,
Quadratura americana: essai d’anthropologie lévi-straussienne,
Genève, Georg Éditeur, 2001
.
 
le maître, le recours au vocabulaire technique est surtout d’ordre rhétorique ets’avoue comme tel
1
. Malgré quelques passages arides, cet «essai d’anthropologielévi-straussienne»n’est ni le traité abscons que d’aucuns pourraient redouter nil’ouvrage d’initiation à la formalisation que d’autres pourraient espérer.
Dénicheur d’oiseaux,transformation Putiphar et rites sacrificiels
La première moitié du livre est consacrée aux mythes et aux rites, ainsi qu’auxobjets manufacturés – les «objets-formes», dit l’auteur– qu’ils mettent enœuvre. Elle donne une présentation synthétique des grands résultats des
 Mythologiques 
qui fait bien ressortir les lignes de force de la mythologie et detoute la culture amérindiennes. Le «dénicheur d’oiseaux»n’est pas seulement unmythe de référence servant d’origine à un parcours circulaire du corpus amérin-dien et la «transformation Putiphar»
2
ne relie pas uniquement deux versionsparticulières du dénicheur. Ce sont deux paradigmes sémantiques qui balisenttout le continent américain où ils organisent, respectivement selon un axe verti-cal et un axe horizontal, les représentations, les faits et gestes, et ce jusqu’à la cul-ture matérielle des Indiens. Le thème du «voyage en pirogue», par exemple,projette, en l’inversant, la sémantique du dénicheur sur l’axe de la transformationPutiphar. Une pirogue monoxyle est un tronc d’arbre, non plus droit, plein etimmobile, mais couché, évidé et mobile. C’est un «nid flottant»(p.216). Ledénicheur se déplace le long d’un arbre fixe, le navigateur reste à une place fixesur un arbre en mouvement, et il existe un cas intermédiaire: une course rituelleavec un énorme rondin fixé sur l’épaule (p. 210). De même, la pipe cérémonielle,dont les deux parties doivent, en temps ordinaire, rester séparées, associe et com-bine, pendant le rite, les deux axes fondamentaux (p.224).Tandis que Claude Lévi-Strauss détache le mythe du rite, et même les oppose,E.Désveaux, lui, rétablit leur solidarité. Le dénicheur et sa transformationPutiphar sont présents dans diverses formes de chasse aux aigles. Chez lesMiwok, la capture des aiglons exige, comme dans le mythe de référence, uneascension le long d’un arbre ou d’une paroi verticale (p.134). Dans les tribus vil-lageoises du moyen Missouri, elle demande une longue expédition en terre étran-gère et hostile (p. 216). La capture de l’oiseau est une épreuve individuelle, maiscelui-ci est ensuite le pivot d’un rite rassemblant toute la collectivité. Chez lesCahuilla, l’aiglon est apprivoisé par la famille du chef qui a ordonné sa capture.Puis, lorsque ses plumes sont bien développées, il est mis à mort par étouffement,au cours d’une danse cérémonielle à laquelle sont conviés les membres d’ungroupe ennemi (pp. 200-202).Cette mise à mort collective, déclare Désveaux, est «la séquence la plus énig-matique de tout le rituel»(p. 202). Il vaudrait mieux dire qu’elle fait apparaîtreun nouveau paradigme. Car, loin d’être atypique, elle peut être rattachée à
298
Lucien Scubla
1. Cf. p. 15 et Claude Lévi-Strauss,
 Mythologiques.
I:
Le Cru et le cuit,
Paris, Plon, 1964:38-39.2. Cf. Claude Lévi-Strauss,
 Mythologiques.
IV:
L’Homme nu,
Paris, Plon, 1971:305.

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