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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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N° 77
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93
Royale
,
Le Saint-Louis
,
Le Soleil
), tandis que d’autresont des enseignes réellement publicitaires, comme
La Renommée
,
La Bouteille, Le Plat d’Etain
ou
Le Bien Nourri
. Quant aux simples cabarets, ils doivent secontenter d’un bouchon devant leur porte pour faireconnaître aux passants leurs activités.
DES ESPACES DE CONVIVIALITÉ,DE DISCUSSIONS ET DE DIVERTISSEMENTS
Sans surprise, la clientèle est composée trèsmajoritairement d’habitants de Poitiers, appartenantsurtout à trois catégories socioprofessionnelles : lesmarchands, les artisans et les officiers d’Ancien Ré-gime. Mais on y rencontre également, à l’occasion,des nobles, de simples paysans, des soldats, des do-mestiques, des ecclésiastiques, voire des voyageursde passage, la ville étant bien desservie par d’effica-ces relais de diligences.Qu’y recherche exactement cette clientèle ? La plu-part y vont d’abord pour satisfaire certains besoinsélémentaires, comme boire, manger ou dormir. On ysert pratiquement toujours des verres de vin, qu’ilsoit
«vieux»
ou
«nouveau»
, même si on donne ausside
«l’eau de vie»
dans le cabaret du Sieur Fouchetprès du pont Joubert (1714). Bien que ces établisse-ments ne soient pas encore vraiment des restaurants,il est possible d’y prendre des repas complets.L’auberge à l’image de
Notre-Dame
y accepte mêmedes groupes, puisque pas moins de 17 clercs y réser-vent, par exemple, deux tables pour dîner le 17 mai1714. Les voyageurs y ont, en outre, la possibilitéd’y rester dormir. La veuve Louise Dazay, qui tientl’hôtellerie
«où est pour enseigne la ville de Fontai-nebleau»
, située place Royale, paroisse Saint-Porchaire, dispose ainsi de 5 chambres et de seule-ment 7 lits pour ses potentiels clients au début desannées 1690. Comme ce type d’établissement estrarement très grand, il arrive que tous les lits soientpris et que plusieurs particuliers soient obligés decoucher ensemble. N’ayant rien d’autre à sa dispo-sition, l’aubergiste de
La Croix Blanche
se voit, parexemple, contraint de proposer à un marchand, à sonvalet et à un autre individu de partager à trois la mêmecouche le 22 janvier 1714.Ces commerces sont aussi souvent des lieux où l’onse rend pour affaires. Il n’est pas si rare d’y voir desparticuliers, parfois accompagnés d’un notaire, y dis-cuter, autour d’un verre, d’une vente quelconque oud’une transaction. Pour se rapprocher de leurs poten-tiels acheteurs, certains marchands n’hésitentd’ailleurs pas à y entreposer certaines de leurs mar-chandises. Il semble ainsi qu’il soit possible d’ache-ter des
«pièces de dentelles»
au
Plat d’Etain
, ainsique des
«mouchoirs à soie à fleur d’or et d’argent»
au
Saint-Jean
dans les derniers mois du règne de LouisXIV. Enfin, on vient aussi dans ces cabarets pour des
Tabagie
(détail),d’après David IITeniers (Anvers1610 - Bruxelles1690), eau-forte etburin. Legs Rupertde Chièvres,musées de Poitiers.
1. Fabrice Vigier,«Le paysage hôtelierdes villes du Haut etdu Moyen Poitouaux
XVII
e
et
XVIII
e
siècles», dans
Terres marines.Etudes en hommage à Dominique Guillemet
(dir.Frédéric Chauvaudet Jacques Péret),PressesUniversitaires deRennes, 2005.2. Il s’agit desactuelles places duGénéral-de-Gaulle etdu Maréchal-Leclerc.
C h r i s t i a n V i g n a u d - M u s é e s d e P o i t i e r s
Actu77.pmd 29/06/2007, 15:1093
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