Vingt années d’Histoire de l’éducation2
Histoire de l’éducation, 85 | 2000
Pierre Caspard
Vingt années d’
Histoire de l’éducation
Pagination de l'édition papier : p. 73-87
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Histoire de l’éducation
a eu vingt ans en décembre 1998
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. Cet anniversaire donne l’occasionde dresser un double bilan : celui d’une politique éditoriale, qu’une revue se doit d’expliciterpour ses lecteurs ; celui d’une discipline, dont elle est, jusqu’à un certain point, le reflet. Qu’untel bilan soit double est, par soi-même, révélateur de l’équilibre dans lequel fonctionne larevue : entre une logique de l’offre, où priment les critères de distinction de l’histoire savante– les thèmes et les approches les plus porteurs sur le front de la recherche universitaire – etune logique de la demande, plus proche du registre où s’inscrivent les curiosités intellectuellesou culturelles liées aux pratiques sociales à l’œuvre dans le champ de l’éducation et del’enseignement. Cet écart n’est sans doute pas propre à l’histoire de l’éducation, mais s’yobserve peut-être avec une force particulière, en raison de l’étroitesse des liens que cettediscipline entretient spécifiquement, depuis son origine, avec l’institution enseignante, etdes ruptures qu’elle a connues lorsqu’elle s’est intégrée, tardivement, dans une rechercheuniversitaire d’ailleurs plurielle.
1. La politique éditoriale
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Celle-ci a été annoncée dans deux textes, parus dans le premier numéro, daté de décembre1978, et dans le n° 22 de mai 1984. L’ambition initiale était limitée : moins qu’unerevue, il s’agissait d’éditer un bulletin, émanation d’un laboratoire de service, et s’attachantessentiellement à fournir des informations pratiques aux chercheurs travaillant dans cedomaine : bibliographies courantes, brefs comptes rendus signalétiques, informations sur leslieux de recherches, articles méthodologiques, synthèses et bilans. La publication d’articles detype monographique était, en principe, considérée comme secondaire, pour la raison qu’il nemanquait pas, en France voire à l’étranger, de revues déjà susceptibles d’accueillir des articlestraitant de l’histoire de l’éducation française. De fait, la bibliographie courante, qui constitueun numéro double annuel de la revue, repose pour partie sur le dépouillement de quelque 250périodiques, qui témoignent de la diversité des revues susceptibles d’accueillir des articlesd’histoire de l’éducation : 26 d’entre elles sont spécialisées en histoire de l’éducation (10,4 %),88 sont des revues d’histoire générale (35,2 %), 49 des revues de sciences sociales diverses(19,6 %), 48 des revues d’éducation (associatives ou corporatives, de pédagogie ou de sciencesde l’éducation) (19,2 %), 41 des revues diverses, notamment de culture générale (16,4 %)
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.Une étude, un peu plus ancienne, précisait la provenance exacte des articles d’histoire del’éducation effectivement publiés. Sur un total de 414 articles français publiés en 1980, 37 %l’avaient été dans des revues d’histoire, générales ou spécialisées, 18 % dans des revuesd’éducation, 23 % dans des revues de sciences sociales, 21 % dans des revues diverses ; lesarticles publiés dans des revues étrangères, décomptées à part, représentaient environ 20 % dutotal des françaises, et étaient plutôt constituées de revues d’histoire et de sciences sociales
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De cet objectif initial, plusieurs éléments ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Le principal est laplace tenue par la bibliographie courante, qui constitue un numéro double annuel et représenteprès de la moitié de la pagination de la revue. Un autre est l’importance des comptes rendus :816 ouvrages ont été recensés en vingt ans, et près de 1 000 en comptant les bulletinsbibliographiques. Enfin, se maintient le souci de publier des articles de synthèse et de méthodeconsacrés à un thème, à un pays ou à une période, malgré la difficulté de trouver des auteursde qualité pour ce genre difficile.