Dimanche 10 Octobre 2010
EL MOUDJAHID
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L’événement
Le Prési dent Boutefl i ka appel l e à une réforme
urgent e du syst ème de l ’ act i on arabe commune
Le Président de la
République, M.
Abdelaziz Bouteflika,
a prononcé, hier à
Syrte, une allocution à
l'occasion du sommet
arabe extraordinaire
qui se tient à Syrte
(Libye). En voici la tra-
duction APS :
“Au nom de Dieu le
Clément, le Miséricordieux,
Que le Salut de Dieu soit sur
le plus noble des messagers, ses
proches et ses compagnons jus-
qu'au jour du Jugement der-
nier.
Excellence Colonel Maâmar El
Gueddafi, Guide de la Révolution
libyenne,
Majestés, Excellences, Altesses,
Excellence, Monsieur le secré-
taire général de la Ligue arabe,
Mesdames et messieurs,
Je voudrais, tout d'abord, félici-
ter mon frère, le Guide Maâmar El
Gueddafi pour sa présidence de
cette session extraordinaire du som-
met arabe, et lui exprimer mes vifs
remerciements pour l'accueil géné-
reux et l'hospitalité qui nous ont été
réservés et pour la bonne gestion
des travaux de ce sommet qui nous
réunit à nouveau dans notre deuxiè-
me pays frère, la Jamahirya libyen-
ne.Mes remerciements vont égale-
ment au Secrétaire général de la
Ligue arabe, M. Amr Moussa pour
ses efforts louables consentis au
service des causes arabes.
Votre Excellence,
Majestés, Excellences, Altesses,
Mesdames, messieurs,
Notre session extraordinaire se
tient dans une conjoncture arabe et
internationale particulière qui fait
que la décision de sa convocation
soit, en elle-même, une décision
pertinente et clairvoyante.
En effet, la conjoncture extrême-
ment sensible que traverse notre
Nation arabe est caractérisée par les
derniers développements de la
cause palestinienne et les achoppe-
ments contre lesquels butent les
négociations de paix en raison de
l'obstination de l'occupation israé-
lienne qui s'entête à poursuivre sa
politique de construction de colo-
nies faisant fi du droit légitime du
peuple palestinien à l'édification de
son Etat indépendant.
Au plan international, il s'agit de
dossiers inhérents à la position des
pays arabes vis-à-vis des mutations
en cours, aux plans régional et inter-
national, dans leurs volets politique
et économique ainsi qu'en ce qui
concerne la réforme des Nations
unies et du Conseil de sécurité.
Ces défis et ces questions aussi
épineuses les unes que les autres,
soient-elles urgentes ou inscrites
aux long et moyen termes, nous
interpellent. C'est pourquoi la
convocation de notre sommet était
inéluctable.
De ce fait, mon pays adhère plei-
nement à l'initiative appelant à une
réforme urgente du système de
fonctionnement de la Ligue arabe
pour mieux composer avec notre
environnement externe et y influer
de manière à servir les intérêts de
notre Nation et les aspirations de
nos peuples, qu'il s'agisse de notre
environnement immédiat ou de
l'ordre mondial fort de ses
ensembles et de ses alliances.
Je demeure convaincu que la
réforme institutionnelle, objet de
notre rencontre, est à même d'ouvrir
grand la voie à l'instauration d'une
politique arabe de voisinage jouis-
sant de potentialités humaines et
matérielles nécessaires à la réalisa-
tion de ses objectifs de la meilleure
manière qui soit.
Tout en saluant l'amorce de ce
processus de réforme que nous
accueillons avec enthousiasme et
optimisme, nous tenons à souligner
l'impératif d'engager des réformes
axées sur une évaluation objective
du bilan de l'action arabe commune
qui tienne compte aussi bien de ses
point forts que de ses failles.
Nous préconisons, pour ce faire,
de méditer les expériences interna-
tionales et régionales qui ont fait
leurs preuves en la matière, notam-
ment au niveau africain et dans le
cadre de l'Union européenne, et ce
dans un continuel souci de moder-
niser les méthodes de notre action
commune à même d'assurer la réali-
sation des objectifs escomptés à un
rythme plus soutenu en écartant les
douloureuses erreurs du passé.
L'Algérie veut souligner, de
prime abord, la nécessité de pour-
suivre et de consacrer les réformes
initiées précédemment, à leur tête la
création du Parlement arabe perma-
nent en adoptant le critère de repré-
sentativité proportionnelle basée
sur la densité de la population de
chaque pays membre.
Il s'agit, en effet, d'un pas quali-
tatif et important sur la voie de la
démocratisation de la vie socio-
politique des pays arabes et d'un
moyen idoine de relancer le proces-
sus d'édification d'une société arabe
consciencieuse et responsable
imprégnée des principes de la
bonne pratique démocratique qui
respecte ses valeurs culturelles et
civilisationnelles
arabo-musul-
manes.
Nous ne manquerons pas de sou-
ligner, aussi, l'impératif de repré-
senter toutes les franges de la socié-
té arabe y compris l'élément fémi-
nin.
Nous soulignons, dans le même
ordre d'idées, l'importance de pro-
mouvoir le rôle du Conseil de paix
et de sécurité et de soutenir ses
moyens matériels et technologiques
afin de lui permettre d'accomplir au
mieux son rôle et de gérer les cas de
tensions et de conflits de manière à
empêcher leur recrudescence en
leur apportant le règlement adéquat.
Compte tenu de la situation dans
laquelle se trouvait ce conseil et vu
les résultats concrets réalisés par
son homologue dans le cadre de
notre expérience africaine, nous
estimons qu'il est inévitable de
revoir sa composante et de l'élargir
de manière à lui permettre d'assu-
mer efficacement son rôle.
De même pour le Conseil écono-
mique et social qui a pour mission
la cristallisation des aspirations du
citoyen arabe et leur défense lors
des sommets économiques et
sociaux mondiaux et auprès des ins-
titutions de l'ONU et des institu-
tions internationales y relevant.
En second lieu, l'Algérie est opti-
miste quant à toutes les nouvelles
propositions visant la dynamisation
de l'action arabe commune et sou-
tient en particulier la proposition
soulignant la nécessité de renforcer
les moyens du secrétariat vu ses
charges croissantes et en prévision
de l'élargissement de ses missions
futures notamment celles engen-
drées
par
les
réformes actuelles.
Ce qui implique
notre appui à la
proposition
du
secrétariat général
visant la création
d'un nouveau poste
pour seconder le
délégué général.
Dans le même
contexte et pour les
mêmes
motifs,
nous suggérons la
mise en place du
mécanisme de la
troïka au niveau de
la
présidence
annuelle de la
Ligue pour soutenir
la présidence du
sommet dans l'accomplissement de
ses missions à tous les niveaux en
vue d'assurer le contact entre les
présidences successives, de préser-
ver la mémoire de l'action commu-
ne et des ses décisions et de concré-
tiser les objectifs et les politiques
adoptées.
Votre Excellence
Majestés, Excellences, Altesses
Mesdames, Messieurs
L'efficacité de l'action arabe
commune se mesurant au niveau de
la rationalité des décisions et des
politiques tracées et de l'efficience
des méthodes adoptées pour leur
application, nous exhortons, en troi-
sième lieu, nos frères dans les pays
membres et au sein du secrétariat
général à faire preuve de pragmatis-
me et de réalisme dans la définition
des prérogatives des conseils minis-
tériels et des commissions propo-
sées conformément aux priorités de
l'action arabe commune et de ses
grandes orientations stratégiques et
ce, pour éviter tout chevauchement
qui pourrait entraver la réalisation
de nos aspirations à des positions
cohérentes et à une vision globale
qui devrait caractériser nos déci-
sions et stratégies.
Nous soulignons également la
nécessité de préserver la cohésion
entre les différents organes de la
Ligue actuels ou en cours de créa-
tion, d'éviter d'alourdir la charge de
la structure institutionnelle escomp-
tée et de veiller à une mobilisation
rationnelle et justifiée des res-
sources de la Ligue.
Votre excellence,
Majestés, Altesses,
Mesdames, messieurs,
Je voudrais saisir cette occasion
pour saluer le contenu du document
du secrétaire général de la Ligue sur
une politique arabe de voisinage,
qui reflète une vision perspicace et
clairvoyante d'un rôle arabe plus
efficace et influent, notamment
dans la relation avec les pays voi-
sins, avec lesquels nous partageons
souvent des défis et des intérêts
communs.
La politique arabe de voisinage
repose indéniablement sur un mini-
mum de constantes et d'objectifs
arabes communs incontestables et
inaliénables.
Il s'agit principalement de la
nécessité de trouver une solution
juste et définitive à la question
palestinienne, de recouvrer tous les
territoires arabes occupés, de réali-
ser la sécurité régionale et globale
pour les pays et les peuples arabes
et d'y œuvrer sérieusement en vue
d'éloigner toute source de tension
ou toute menace à la paix, en
déployant tous les moyens pos-
sibles, pour faire de la région arabe
et celle du Moyen-Orient, une
région exempte d'armes de destruc-
tion massive et en particulier
d'armes nucléaires et en veillant au
respect et à la promotion des
valeurs culturelles, civilisation-
nelles et religieuses de la Nation
arabe dans le cadre du dialogue des
civilisations et des religions.
Concernant les mécanismes de
mise en œuvre, je ne vois la néces-
sité d'une nouvelle structure institu-
tionnelle autonome. Il s'agit plutôt
d'une politique de voisinage qui
doit adhérer complètement aux
politiques de la Ligue pour qu'elle
soit adoptée par toutes ses struc-
tures, qu'il s'agisse du secrétariat, de
conseils ou de commissions.
Tels sont, avec concision, les
principes communs sur lesquels
doit reposer toute politique arabe
unifiée de voisinage pour être une
politique à contenu, justifiée, recon-
nue et crédible pour nos
peuples, nos voisins et
nos alliés.
En dépit de notre
extrême enthousiasme
pour cette initiative, nous
privilégions la circons-
pection et une mûre
réflexion sur ce qu'un tel
projet, grand et ambi-
tieux, requiert comme
étude, examen et analyse.
Voilà pourquoi
nous
recommandons particu-
lièrement de prendre le
temps nécessaire et de
fournir l'effort indispen-
sable pour analyser tout
ce qui peut en résulter
comme
engagements
politiques, juridiques et
pratiques qui nous lieraient avec les
pays voisins et tout ce qui peut en
découler comme divisions inutiles
entre frères.
Votre excellence,
Majestés, Altesses
Mesdames, messieurs
Le nouveau processus de réfor-
me institutionnelle de la Ligue que
nous espérons voir arriver en tête
des priorités de tous les pays
membres et bénéficier de leur extrê-
me attention ainsi que du suivi
minutieux et continu du secrétariat
général, est à même de garantir, à
terme, le climat propice pour
asseoir les fondements d'une poli-
tique arabe unifiée de voisinage qui
serve les intérêts de notre Nation et
réalise nos objectifs.
Au terme de mon allocution, je
vous réitère, Monsieur le président,
mes remerciements, en mon nom
personnel et au nom de la déléga-
tion m'accompagnant, pour toute
l'attention dont vous avez fait
montre depuis notre arrivée sur
cette terre généreuse et accueillante,
priant le Tout-Puissant, de sanction-
ner les travaux de notre session, de
succès et de guider nos pas au
mieux des intérêts de notre Nation.
Je vous remercie pour votre
attention.”
Som m et arabe extraordinaire de Syrte (Libye)
La politique arabe de voisinage repose indéniablement sur un minimum
de constantes et d'objectifs arabes communs incontestables et inaliénables.
La conjoncture extrêmement
sensible que traverse notre Nation
arabe est caractérisée par les der-
niers développements de la cause
palestinienne et les achoppements
contre lesquels butent les négocia-
tions de paix en raison de l'obsti-
nation de l'occupation israélienne
qui s'entête à poursuivre sa poli-
tique de construction de colonies
faisant fi du droit légitime du
peuple palestinien à l'édification
de son Etat indépendant.
Mon pays adhère pleinement
à l'initiative appelant à une
réforme urgente du système de
fonctionnement de la Ligue
arabe pour mieux composer
avec notre environnement
externe et y influer de manière
à servir les intérêts de notre
Nation et les aspirations de nos
peuples, qu'il s'agisse de notre
environnement immédiat ou
de l'ordre mondial fort de ses
ensembles et de ses alliances.