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La Finance Islamique

La Finance Islamique

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LA FINANCE ISLAMIQUE À LA CROISÉE DES CHEMINS
197 
NE MISE EN PERSPECTIVE HISTORIQUE 
Définition
La raison d’être d’un système financier islamique, tout comme celled’un système financier «classique», est la mobilisation de ressourcesfinancières et leur allocation entre différents projets d’investissement.Toutefois, si les objectifs convergent, les principes qui régissent lefonctionnement du système financier islamique sont fondamen-talement différents de l’esprit de la finance «conventionnelle».Un système financier islamique s’organise autour de mécanismes,d’institutions et de produits qui doivent respecter l’ensemble desprincipes philosophiques édictés par le Coran.Du point de vue de la finance moderne, l’interdiction du
riba
(tauxd’intérêt) est, sur le papier, la principale différence entre la financeislamique et la finance traditionnelle. Mais ce n’est pas l’unique point dedivergence.Les acteurs de la finance islamique ont une vision différente dupartage du risque et du rendement entre les différentes parties prenantesdans une transaction financière. La charia préconise ainsi un partageéquitable des gains et des risques entre le créancier et le débiteur. Or,l’utilisation de taux d’intérêt prédéterminés transfère l’ensemble desrisques associés à un projet d’investissement sur le seul débiteur.L’interdiction du
riba
est, ainsi, une condition
sine qua non
pour la miseen œuvre de cette philosophie.
* Professeur à l’université Paris VIII.** Doctorante à l’université Paris IX.
L
 A 
 
FINANCE
 
ISLAMIQUE À 
 
LA 
 
CROISÉE
 
DES
 
CHEMINS
O
LIVIER 
PASTRÉ *
RASSIMIRA 
GECHEVA **
PASTRE 19/06/08, 10:25197
 
REVUE D'ÉCONOMIE FINANCIÈRE
198 
Par ailleurs, les principes de la charia acceptent la prise de risquemais interdisent l’incertitude dans les termes d’une relation contrac-tuelle. La spéculation est, par conséquent, condamnée. De même, enpartant de l’idée que l’argent doit être utilisé afin de créer de la valeurréelle et ne doit pas être considéré comme objet d’échange en soi, toutetransaction financière doit être adossée sur un actif tangible. La financeislamique interdit, enfin, l’investissement dans certaines activitéséconomiques spécifiques (l’industrie du jeu d’argent, de l’armement,de l’alcool...).Si ces principes fondamentaux sont universellement partagés partous les acteurs de la finance islamique, il n’en reste pas moins que, dansla pratique, leur interprétation et leur mise en œuvre sont loin d’êtrehomogènes. Depuis les années 1970, les institutions financièresislamiques se sont dotées d’un conseil spécialisé, le
sharia board 
,composé de spécialistes en loi islamique qui valident la conformité auxrègles du Coran des produits financiers proposés. Le caractère plus oumoins « islamique » d’un mécanisme financier n’est donc pas défini pardes règles précises et immuables mais est déterminé par l’appréciationde ces
sharia scholars 
.Il y a des différences d’interprétation des règles de la charia entre lespays. Ainsi, globalement, l’Arabie Saoudite se montre moins libéraleque les pays d’Asie du Sud-Est; le sultanat d’Oman interdit la financeislamique tandis que l’université d’Al-Azhar en Égypte a émis une
 fatwa
autorisant les taux d’intérêt. Les frontières entre ces diversespositions sont, par ailleurs, instables. La création d’instrumentsislamiques de type obligataire (au cours des années 1980 en Malaisie) aété d’abord condamnée, puis copiée par les pays du Moyen-Orient.Cette hétérogénéité explique la diversité des instruments financiersproposés par les institutions islamiques. Toutefois, la majorité desfinancements intermédiés par ces organismes s’appuient sur deuxprincipaux mécanismes: la
murabaha
et la
musharakah
. On peutcomparer, de manière très imparfaite, ces deux techniques aux deuxmodes de financement qui existent dans la finance traditionnelle: ladette et le financement en fonds propres.Dans un contrat
murabaha
, le créancier (la banque) achète unactif qu’il revend par la suite au débiteur moyennant des paiementséchelonnés sur une période donnée. Même si cette relation contractuellerappelle singulièrement un contrat de dette classique, elle s’en distinguesur, au moins, deux points importants. D’un côté, la banque est, audépart, le propriétaire effectif de l’actif que le débiteur souhaite acquérir.De l’autre côté, il n’y a pas de référence explicite à un taux d’intérêt : lecréancier se rémunère par le biais d’une commission (une majorationsur le prix d’achat du bien).
PASTRE 19/06/08, 10:25198
 
LA FINANCE ISLAMIQUE À LA CROISÉE DES CHEMINS
199 
La
musharakah
de son côté est une technique de financementcomparée, parfois, à une «joint-venture». Les acteurs qui s’engagentdans ce type de relation contractuelle partagent autant les profits queles pertes potentielles du projet d’investissement au prorata de leurparticipation. Si cette deuxième technique est plus fidèle à la philo-sophie de la loi coranique, elle reste, pourtant, beaucoup moinsutilisée.
Graphique 1Répartition de l’activité selon le type de produit (2005)
Source : Vernimmen.net.
Deux phases de développement 
Si le concept de finance islamique a une longue histoire (on peuttracer ses origines au VII
e
siècle), le renouveau d’intérêt pour cetteforme particulière de finance est, lui, relativement récent. La financeislamique «moderne» est véritablement née dans les années 1960 et aconnu, depuis, un développement aussi spectaculaire qu’hétérogène.L’évolution de la nature et des objectifs de la finance islamique permetde distinguer deux grandes étapes dans son évolution :
Les années 1960 - 1970 : la naissance 
Dès les années 1950, un petit nombre d’érudits et de scientifiquesmusulmans théorisent la possibilité de créer un système financieralternatif à la finance traditionnelle et conforme aux enseignements duCoran. Quelques années plus tard, cette idée va se matérialiser concrè-tement en inspirant la création du Pilgrims’ Administration and Fund(Tabung Haji) en Malaisie (1956) et l’expérience de Mit Ghamr enÉgypte (1963). Ces deux premières expériences illustrent, d’ores et déjà,une spécificité qui marquera la finance islamique tout au long de sonhistoire : son hétérogénéité profonde.
Murabaha59 % Autres24 %Musharaka/Mudharaba17 %
PASTRE 19/06/08, 10:25199

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