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Manuel sur le port des symboles religieux dans les lieux publics

Manuel sur le port des symboles religieux dans les lieux publics

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Published by Council of Europe
Le manuel explique les dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme concernant la liberté de pensée, de conscience et de religion. Il décrit les concepts clés de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et examine la distribution des rôles et des responsabilités entre l’Etat et les citoyens.
La question centrale est celle du port de symboles religieux dans les lieux publics. L’auteur commence par faire le point sur certains aspects fondamentaux tels que la « visibilité » des religions et des croyances dans la sphère publique et la notion de « port de symboles religieux ». Il énumère ensuite les questions essentielles à examiner par les pouvoirs publics avant de prendre des mesures concernant le port de symboles religieux. Enfin, le manuel tente d’appliquer les principes énoncés à certains domaines clés tels que la fonction publique, les écoles et les universités, le secteur privé et le système judiciaire.
Le manuel explique les dispositions de la Convention européenne des droits de l’homme concernant la liberté de pensée, de conscience et de religion. Il décrit les concepts clés de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et examine la distribution des rôles et des responsabilités entre l’Etat et les citoyens.
La question centrale est celle du port de symboles religieux dans les lieux publics. L’auteur commence par faire le point sur certains aspects fondamentaux tels que la « visibilité » des religions et des croyances dans la sphère publique et la notion de « port de symboles religieux ». Il énumère ensuite les questions essentielles à examiner par les pouvoirs publics avant de prendre des mesures concernant le port de symboles religieux. Enfin, le manuel tente d’appliquer les principes énoncés à certains domaines clés tels que la fonction publique, les écoles et les universités, le secteur privé et le système judiciaire.

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I
 
I
Introduction générale
Ce manuel est le résultat de l’intérêt et de l’importancecroissants autour des questions liées à la manière dont la li-berté de religion et de conviction doit s’exercer de nos joursen Europe. De tout temps et à diérents égards, la religionet les convictions ont soulevé des questions en onction ducontexte social et politique général. Les réponses apportéesont considérablement divergé d’un pays à l’autre. Dès lors,compte tenu de l’évolution du contexte, il n’est pas sur-prenant de voir surgir de nouvelles questions portant surla jouissance de la liberté de pensée, de conscience et dereligion, qui appellent à la réexion et nécessitent des ré-ponses. L’histoire de l’Europe est étroitement liée à l’évolu-tion des tendances en matière de convictions religieuses etnon religieuses.
De ait, le système des Etats souverains quicaractérise l’Europe moderne est né du combat visant à sé-parer la gouvernance politique de la gouvernance religieuseet de ses afliations. L’histoire de l’Europe est malheureuse-ment jalonnée de nombreux conits entre les adeptes desdiérentes convictions religieuses, ainsi que de persécu-tions, menées par les religieux et les non-religieux, enversceux qui ne partageaient pas ou rejetaient les systèmes decroyance des groupes dominants au sein des sociétés dontils aisaient partie.Ces conits ont suscité des réactions variées au l desépoques. Les protagonistes commencèrent par essayer de« résoudre » le problème en cherchant à aboutir à une situa-tion dans laquelle chaque communauté politique oriraitune hétérogénéité religieuse, appliquant ainsi la maximelatine
cuius regio, eius religio
. Cette maxime signie que lesconvictions religieuses du peuple doivent être les mêmesque celles de ses gouvernants. En ait, une telle approche
Pour une présentation générale, voir l’ouvrage écrit par MalcolmEvans,
 Religious Liberty and International Law in Europe
(Cam-bridge : Cambridge University Press, 997, réimprimé en 2008).
 
 Manuel sur le port des symboles religieux dans les lieux publics
niait l’idée même de conviction pour la plupart des su- jets car elle signiait que leurs convictions dépendaientd’autrui : si leurs souverains venaient à changer de convic-tions, le peuple devait lui aussi modier les siennes. Il vasans dire que pour ceux qui prenaient leurs convictions ausérieux, cet état de ait était insupportable et déclenchaitinévitablement des conits. Pour apaiser ces tensions, lesEtats décidèrent alors de reconnaître la légitimité d’unnombre limité de croyances dont ils autorisaient la pratiquesur leurs territoires. Cependant, tant que la gouvernanced’un Etat reposait sur la primauté d’un modèle particulierde conviction religieuse, le risque de persécution persistaitsi les convictions minoritaires cessaient d’être tolérées. Enoutre, tant que l’afliation religieuse était perçue commeune marque d’« appartenance » à l’Etat lui-même, ceux quichoisissaient de ne pas adhérer aux traditions religieusesdominantes étaient inévitablement considérés comme unemenace potentielle pour les élites politiques. De plus, mêmesi cette menace était inexistante, ils pouvaient être présen-tés comme un danger quand cela servait les intérêts desautorités, ce qui les rendait vulnérables en permanence.Dès le début du XVII
e
siècle, des personnalités inuentesréclamèrent une approche diérente. Peu avant le début dela guerre de Trente Ans qui déchira l’Europe centrale et, àla suite des Traités de Westphalie de 648, donna naissanceau système moderne de souveraineté européenne, le juristeinternational de renom Alberico Gentili écrivait :
« La religion est une aaire d’esprit et de volonté, qui s’accom-pagne toujours de liberté […] La religion doit être libre. [S]i véritablement la proession d’une autre orme de convictionreligieuse par leurs sujets ne nuit pas aux princes, nous som-mes [...] injustes [...] si nous persécutons ceux qui proessentune autre religion que la nôtre » (traduction non ofcielle).
Cet appel résonne encore aujourd’hui et n’est toujours pastotalement entendu. Depuis le triomphe du siècle des lu-mières, comme l’attestent les écrits de Locke, et sa mise enœuvre au cours des Révolutions de la n du XVIII
e
siècle,l’idée que tout individu a droit à la liberté de pensée et deconscience en matière de religion et de conviction a nipar s’établir et est désormais universellement reconnue. Laplus grande difculté consista alors à trouver un moyen
2 Alberico Gentili,
 De Iure Belli Libri Tres
, livre I, chapitre IX.
 
Introduction générale
d’appliquer ce principe à une époque qui reconnaissait ledroit des Etats à régler leurs propres aaires, sans subir lapression des autres.Là encore, des approches diérentes urent adoptées.Certains Etats perpétuèrent l’ancienne tradition consistantà établir des relations conventionnelles par traité qui leurpermettaient d’exercer un certain degré de surveillance, voire d’intervention, sur la manière dont les ormes parti-culières de croyances étaient traitées. D’autres insistèrentsur le maintien du respect des droits des croyants en casde transert de la souveraineté d’un territoire d’un Etat à unautre. Ces pratiques convergèrent entre le milieu et la ndu XIX
e
siècle, quand il devint de plus en plus courant dedemander aux Etats nouvellement constitués de s’engagerquant au traitement réservé aux groupes potentiellement vulnérables, au moment de leur reconnaissance en tantque membres de la communauté internationale. Mais lesmoyens de mettre ces engagements en pratique sans entraî-ner les Etats dans un conit demeuraient introuvables. Lesprémices d’une solution apparurent après la première guer-re mondiale quand nombre des Etats nouvellement créés outerritorialement recongurés en Europe centrale et orien-tale prirent des dispositions concernant les populationsminoritaires. Cela incluait notamment des engagementsrelatis à leur liberté de religion et de conviction, qui devaitêtre surveillée et garantie non pas par d’autres Etats, maispar la communauté internationale sous l’égide de la Sociétédes Nations. Ces mesures ne sufrent malheureusementpas à empêcher les horreurs qui connurent leur apogée aucours de la seconde guerre mondiale, mais elles posèrentles bases pour l’émergence du système moderne de protec-tion des droits de l’homme. Ce dernier ournit désormaisles moyens et les mécanismes permettant de protéger lesdroits, non seulement des minorités dans certains paysd’Europe, mais de tous les individus relevant de la juridic-tion des Etats membres du Conseil de l’Europe. En outre,si sur le plan historique, la priorité ut surtout donnée auxquestions liées à la religion et à ses adeptes, la structure desdroits de l’homme adopte une approche diérente.Les droits de l’homme s’intéressent à la personne humainedans son ensemble et à sa place dans la société dont elleait partie. Ils ne cherchent pas à diérencier une personned’une autre, ni à valoriser un groupe ou un quelconque en-semble de convictions (religieuses ou autres) davantage que
Lesdroitsdel’hommes’intéressentàlapersonnehumainedanssonensembleetàsaplacedanslasociétédontelleaitpartie.Ilsnecherchentpasàdiférencierunepersonned’uneautre,niàvaloriserungroupeouunquelconqueensembledecroyances(...)davantagequelesautres.

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