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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N° 79 
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ELOGE DU LIBRAIRE
Alberto Manguel a écrit une série detextes pour le journal espagnol
El Pais 
, désormais traduits en françaispar François Gaudry, préfacés parEnrique Vila-Matas et édités parL’Escampette (78 p., 12
). Chaquetexte est un éloge, de la Bible, dublasphème, de l’horreur, du plaisir,des animaux, etc. Voici un extrait deson éloge du libraire : «On a dit queles prêtres de l’Egypte anciennefurent les premiers libraires car ilsoffraient aux familles des défunts le
Livre des morts 
, qui était ensuite
Economie du livre :soutenir la diversité
culture
D
2004 et à l’anniversaire de la Loi Lang
1
enavril 2006, nous soulignions les difficul-tés auxquelles étaient confrontés libraireset éditeurs indépendants en Poitou-Charentes. Ces contraintes étaient d’uneampleur telle que chacun se demandaitcombien de temps il allait pouvoir tenir.En effet cette activité mêle à la fois desattentes d’intérêt public et des contraintespurement commerciales. Aujourd’hui, lescontraintes économiques sont les mêmes,mais éditeurs comme libraires vont pou-voir vraisemblablement souffler un peu.En effet, le 19 novembre 2007, la commis-sion permanente Vivre ensemble du Con-seil régional Poitou-Charentes a adoptéun plan inédit de soutien aux lieux dediffusion du livre concernant les librairieset les éditeurs. Ce dispositif comprend lacréation d’une charte et d’un label Librai-ries indépendantes régionales d’excellence(LIRE). L’obtention de ce label permettraaux libraires de solliciter une aide à l’ex-ploitation plafonnée à 15 000
par an etune aide à l’investissement plafonnée à40 000
par an. Les éditeurs aussi béné-ficient d’aides au projet éditorial plafon-née à 10 000
par an, à la promotionplafonnée à 5 000
par an ou à l’investis-sement plafonnée à 15 000
par an.Patrick Frêche a ouvert la Librairie durivage en juin 2005 à Royan. Son projet :faire vivre, autour du livre, un lieu derencontre. Il souligne l’ambiguïté de lalibrairie dont le succès tient parfois aufait que les gens n’y sont pas immédiate-ment enveloppés dans une relation com-merciale. Et, pourtant, les libraires sontaussi des commerçants qui doivent main-tenir la qualité du service tout en assurantune logistique millimétrée : «On se sentcomme un marin qui colmate.» «La loiLang était parfaite, dit-il, elle a sauvé lalibrairie indépendante mais elle n’est plussuffisante. Ce dispositif régional recon-naît nos problématiques tout en mettant,en face, des moyens pour les résoudre.Nous jugerons ensuite de son efficacité.La charte et le label mettent en avant ladimension qualitative du libraire commepartenaire de la vie culturelle et membred’un réseau. Cet aspect se double demesures quantitatives, innovatrices etpansant partiellement une des plaies denotre métier : une trésorerie tendue, tou- jours dans le rouge.»Pour Olivier Barreau, directeur de Gesteéditions, «c’était urgent d’aider les li-braires et les éditeurs indépendants. Etsi cela n’avait pas été fait, cela aurait étécomme tirer un trait sur l’exception cul-turelle. Aujourd’hui, les autorités et leslibraires chantent d’une même voix.»D’ailleurs, sans aides, cet éditeur n’auraitpas pu se lancer dans la librairie. Enassociation avec Stéphane Emond, li-braire et propriétaire de la librairie desSaisons à La Rochelle, celui-ci a créé LaLibrairie à Niort en novembre 2006.D’abord installée dans l’ancien muséedu Pilori, elle va prochainement emmé-nager près du marché. «S’il n’y avaitpas eu d’aides, La Librairie n’aurait paspu se rapprocher de l’hypercentre prèsdu marché à Niort ni doubler sa surfacede vente. Nous aurions eu du mal àfonctionner et nous ne passerions pas de3 à 5 libraires.» Aux conseils d’Anne-Marie Carlier, venue des réputées San-dales d’Empédocle de Besançon, vien-dront s’ajouter les éclairages de 4 autreslibraires. «Nous voulons que cette li-brairie réponde à deux exigences : ex-pertise et temps accordé au client.»Loïc Néhou des éditions Ego Comme X,à Angoulême, spécialisées dans la bandedessinée intimiste, a ouvert une sectionlittéraire en septembre 2006 avec
 L’illu-sionniste
de Virginie Cady,
Sida Mental
de Lionel Tran et une réédition de
Projet d’éducation prioritaire
de VincentRavalec. Toujours guidé par son intérêtpour le récit de l’intime, les mémoires etles autobiographies. «Nous publions leslivres que nous pensons nécessaires. Sinous ne le faisions pas, ces livres n’exis-teraient pas.» L’activité est donc ryth-mée par la nécessité et… les finances :«Nous ne faisons des livres que quandnous avons de l’argent. De fait, sansaides nous sommes énormément retar-dés. Le montant annuel maximum del’aide au projet éditorial est de 10 000
.Ce qui représente le coût d’impressiond’un livre.»
Anh-Gaëlle Truong 
www.librairie-du-rivage.comhttp://lalibrairieniort.hautetfort.comwww.ego-comme-x.com
ans les dossiers que nous consacrionsà l’économie du livre en octobre
déposé sur la tombe de l’être cherpour guider son âme à travers lerègne des ténèbres. Cette fonction,cette obligation, cette tâche est,aujourd’hui encore, celle de noslibraires. Les œuvres qu’ils nousvendent – avec enthousiasme,passion, affection – peuventdevenir, pour ceux qui savent s’enservir, des compagnons de voyage,des guides ou des conseillers pourtraverser le royaume de ce mondeet, pour ceux qui y croient, leroyaume du monde à venir.»
1. Cette loidu 10 août 1981fixe un prix uniquedu livre.
La bibliothèqued’AlbertoManguel.
   M  a  r  c   D  e  n  e  y  e  r
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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
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FRANCK GÉRARDET JEAN-PAUL CHABRIER
Le photographe Franck Gérard avoyagé sur la ligne de bus n° 7 poursaisir le mouvement de la ville dePoitiers puis il a réalisé 57 portraitsdans la cité Pierre-Loti. Lesphotographies ont été exposées à lagalerie Louise-Michel, dans les buset divers lieux. De grands portraitsfixés sur des immeubles de la citéLoti sont toujours visibles. Jean-Paul Chabrier, qui vient de publier un
Vers de Nord 
(L’Escampette), a écritun texte à partir des photographiesde Franck Gérard intitulé «La vierêvée, la vie photographiée».A paraître début 2008.
communes Arc en Sèvre (La Crèche etSaint-Maixent), livre son point de vuesur la relation nécessaire entre libraires etbibliothécaires. «Je ne peux pas imaginerne pas travailler avec les libraires les plusproches de nos bibliothèques. D’une partc’est pratique, d’autre part ce peut êtreenrichissant : les libraires sont au cou-rant de l’actualité, ils peuvent nous con-seiller et ce sont des partenaires privilé-giés. Or, nos modes de consultation,
PUBLIE.NET
François Bon lance en janvier uneplate-forme de téléchargementvouée aux textes de littératurecontemporaine : publie.net. «Il nes’agit pas d’empiéter sur le domainedu livre, prévient l’écrivain, maisd’être présent dans un écosystèmedifférent, susceptible pourtant d’êtretraversé d’enjeux essentiels pour lalangue, ses formes, sa friction avecle monde.» Nous reviendrons sur ceprojet dans lequel on retrouve DenisMontebello et Jean-LouisSchoellkopf, Raymond Bozier, EricChevillard, Olivier Rolin…
SLibraires et bibliothécaires
même en marché négocié, ne facilitentpas la tâche des libraires. On leur de-mande une grande quantité de piècesadministratives ainsi que des descriptifssubstantiels et ils n’ont pas assez de tempspour monter les dossiers. Alors, à monniveau, j’essaie de leur faciliter le travailen demandant un descriptif simple.»Sylvie Deborde souligne aussi la néces-sité, pour garantir la qualité des fonds, dela présence d’un bibliothécaire dans lacommission d’ouverture des plis aprèsappel d’offres.
CLUBS DE LECTEURS
Les éditeurs font naître des livres.Les libraires et les bibliothécairesont un rôle de passeur entre cesœuvres et leurs lecteurs.Mais les lecteurs aussi ont un rôled’une dimension plus riche quecelle de simple «receveur». Ilstransmettent à leurs enfants, ilsconseillent à leurs collègues etparfois se réunissent pourdialoguer autour d’un ou plusieurslivres.Dans la région, des clubs delecture existent à Saujon, à LaRochelle ou à Ruffec.Dans cette ville charentaise, au
ylvie Deborde, conservateur des bi-bliothèques de la communauté de
CaFé Livre, les discussions desrencontres se sont enflamméessur
Belle du Seigneur 
,
L’Elégance du Hérisson, Le Liseur 
ou
Le Puits de Solitude 
. Et, finalement, c’estd’eux-mêmes que les lecteursparlent et de la relation unique quis’est instaurée entre un livre, unauteur et eux.Ces échanges donnent à chacunenvie de lire et surtout de releverun défi : trouver, dans sa proprebibliothèque, le titre quiconviendrait à son voisin, lui qui atant livré de ses goûts et de sesirritations.
Ci-dessus :Franck Gérard,
En l’état, Un voyage dans la ville, parc de Blossac,Poitiers 2007.
   F  r  a  n  c   k   G   é  r  a  r   d
Actu79.pmd 11/01/2008, 14:557

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