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Regard éthique - La toxicomanie

Regard éthique - La toxicomanie

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Published by Council of Europe
Peut-on contraindre une personne toxicomane à suivre un traitement ? Faut-il systématiser les dépistages préventifs, notamment sur le lieu de travail ? Certaines politiques d’information ou d’éducation n’ont-elles pas pour effet de légitimer voire de banaliser l’usage des drogues ? Les coûts financiers des traitements sont-ils justifiés au regard d’autres besoins de la société ?
Telles sont quelques unes des questions abordées dans cet ouvrage consacré à la toxicomanie ou consommation de drogues illicites. Ce phénomène, qui touche un public de plus en plus jeune, constitue aujourd’hui un enjeu important des politiques publiques en Europe.
Peut-on contraindre une personne toxicomane à suivre un traitement ? Faut-il systématiser les dépistages préventifs, notamment sur le lieu de travail ? Certaines politiques d’information ou d’éducation n’ont-elles pas pour effet de légitimer voire de banaliser l’usage des drogues ? Les coûts financiers des traitements sont-ils justifiés au regard d’autres besoins de la société ?
Telles sont quelques unes des questions abordées dans cet ouvrage consacré à la toxicomanie ou consommation de drogues illicites. Ce phénomène, qui touche un public de plus en plus jeune, constitue aujourd’hui un enjeu important des politiques publiques en Europe.

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Introduction –Ethique et toxicomanie
par Patrick Sansoy
Le terme de toxicomanie recouvre des pratiques de consom-mations hétérogènes englobant la nature des produits, lesmodes de consommation, les consommateurs et les troublesdéterminés par la consommation, alors que le terme devraitseulement désigner l’ensemble des éléments qui caractérisela dépendance d’un sujet à la consommation d’une drogue:la compulsion à s’engager dans ce comportement avec uneperte de la capacité de plaisir;le maintien du comportement, malgré ses conséquencesnégatives;l’obsession concernant la recherche du produit;la présence de symptôme lors de l’arrêt brutal des admi-nistrations.Sont considérés comme drogues les produits classés commetels par les trois conventions internationales de l’Onu adop-tées au
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siècle. Ces classifications résultent des recom-mandations faites par l’OMS. On ne peut pas s’empêcher depenser que, si le tabac était apparu ces dernières années, ilaurait sans aucun doute était classé comme drogue.Le Groupe Pompidou, adossé au Conseil de l’Europe, consti-tue la première enceinte internationale à avoir abordé lesquestions de drogue sous l’angle multidisciplinaire.Apportant son éclairage à une question fort complexe, il a pucontribuer à une meilleure adaptation des réponsespubliques, tant sous l’angle préventif, sanitaire que répressif.Abordant de manière transversale des questions comme lestoxicomanes et les prisons, les femmes et les toxicomanies, laconduite de véhicule et la prise de drogues, etc., le GroupePompidou a su faire émerger des réflexions inhabituellesdans d’autres enceintes internationales.
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1.Réunion ministériellepaneuropéenne deSintra en 2000.
Regard éthique: la toxicomanie
Le Groupe Pompidou
L’engagement du Conseil de l’Europe dans la lutte contrel’abus et le trafic de stupéfiants repose sur l’action d’ungroupe de coopération pluridisciplinaire connu sous le nomde «Groupe Pompidou». Constitué en 1971 sur propositionde Georges Pompidou, alors Président de la Républiquefrançaise, le Groupe Pompidou est intégré au Conseil del’Europe en 1980. Il joue le rôle d’un forum ouvert auxministres, aux représentants des pouvoirs publics, auxexperts et autres professionnels, favorisant ainsi la coopéra-tion et l’échange d’informations.Le Groupe Pompidou compte actuellement trente-quatreEtats membres. La Commission européenne en fait égale-ment partie. Des pays non membres du groupe sont parailleurs associés à ses travaux au titre de la coopérationtechnique ou de manière ponctuelle.Le rapprochement des points de vue des pays participant auGroupe Pompidou est une œuvre de longue haleine, jalonnéede nombreuses étapes, dont l’extension de son champ d’ana-lyse à l’ensemble des produits psychoactifs
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. L’action fondée surles preuves imprègne de plus en plus la position du groupe.La diversité des modes de réponses des différents pays estapparue clairement, et cette diversité a été une source d’enri-chissement pour les pays participants. Petit à petit, ceux-ci onttenté de se construire une base commune, notamment en éla-borant leurs données épidémiologiques avec les mêmesméthodologies. Aujourd’hui, si les diversités demeurent, l’évo-lution va dans le sens d’une approche plus homogène desréponses apportées, tout en respectant la diversité des culturesmais, nous l’espérons, en respectant aussi un point de vueéthique sur ce phénomène.L’articulation, toujours délicate, entre la répression et les soinsa bénéficié d’évaluations concluantes, notamment dans lechamp de la réduction des dommages permettant de faire évo-luer les points de vue. La reconnaissance de la réalité de la toxi-comanie, à savoir une dépendance, nécessite une offre de soinsqui rend à cette population sa liberté de se soigner ou non.
 
Le regard «plus sanitaire» sur la population toxicomane, si l’onpeut s’exprimer ainsi, ne nous dédouane pas pour autant d’uneréflexion plus large sur la place qu’occupent les comporte-ments de consommations de produits psychoactifs dans nossociétés et la nature des réponses que nous tentons d’y appor-ter. C’est dans ce sens que l’ébauche d’un regard éthique etdéontologique sur les drogues et la toxicomanie nous permet-tra de mieux asseoir nos réflexions et positions.Une des difficultés majeures de l’harmonisation des points devue réside dans le fait qu’il est nécessaire de distinguer lesconsommateurs de produits psychoactifs des toxicomanes.Mais s’il n’existe pas de solutions de continuité, les options denorme, d’acceptabilité sociale, de dangerosité sont fluctuantes.Seule une réflexion commune sur les bases éthiques et déon-tologiques qui anime nos pays pourra nous assurer dans lesactions à entreprendre.L’évolution récente et rapide de la consommation, touchantdes publics de plus en plus jeunes, vient mettre au centre despriorités des actions publiques, ce qui n’a été pendant long-temps que le souci de quelques acteurs politiques et profes-sionnels.Le changement de paradigme résultant d’un regard plus sani-taire que répressif ne dispense pas, bien au contraire, d’êtreattentif au type d’actions de prévention, de soins et derecherches que nous mettons en place. La liberté de se fairesoigner, l’accessibilité au dispositif de soins, le respect de l’ano-nymat, le choix du traitement, la continuité des soins en pri-son, le traitement des femmes enceintes toxicomanes, l’accèsaux dernières informations de la recherche restent nos princi-paux sujets d’interrogation. L’information fondée sur lesconnaissances à transmettre aux citoyens doit intégrer en per-manence une évolution rapide des résultats de la recherche. Siles expertises collectives et les conférences de consensus sesont développées, elles doivent régulièrement être interrogéesau regard des avancées scientifiques.La confidentialité des données recueillies en épidémiologieauprès des personnes toxicomanes ou non doit être respectée.Cela, bien évidemment, complique la mise en place de
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Introduction

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