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le crédit affecté 1 3

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09/06/2012

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Le financement à crédit du contrat de consommation
Le crédit à la consommation consenti aux particuliers recouvre quatre types d’opérationfinancière. Le prêt personnel en est la forme la plus classique bien qu’il n’en représenteplus que 20 % ( Jean-Claude Nasse, délégué général de l’association des sociétésfinancières, Revue de droit bancaire et financier juillet-août 2005 p 80). Il consiste, pour une banque, à prêter à un consommateur une certaine somme sans affecter celle-ci aufinancement d’une opération particulière. Le contrat ne mentionne pas l'emploi quel'emprunteur compte faire des fonds et celui-ci demeure libre de les affecter comme bonlui semble. En progression constante, le crédit renouvelable, ou crédit permanent ou«
revolving 
», qui domine, avec 45%, le marché du crédit à la consommation, est uneréserve de crédit mise à disposition de l'emprunteur qui se renouvelle, dans la limite duplafond fi, au fil des remboursements. Plus marginale en revanche, 5% desfinancements accordés aux consommateurs, la location avec option d'achat, n'est pasà proprement parler un crédit ; elle permet de financer l’acquisition d’un bien en lelouant pendant une certaine durée avec la possibilité, en fin de contrat, de s’en rendrepropriétaire moyennant le versement d’une somme résiduelle. Enfin, le crédit affecté,qui représente 30 % des crédits, est spécialement accordé pour l’acquisition d’un bienou l’obtention d’une prestation de services qu'il finance et dont il est l’accessoire . Dansla plupart des cas, il est accordé par l’intermédiaire du vendeur ou du prestataire deservice qui agit en qualité de mandataire du prêteur, lui-même étant un partenairecommercial ou sa filiale. C’est à l’aide de ce type de crédit que 7 voitures sur 10, 1lave-linge sur 4, 1 téléviseur sur 3 sont achetés .( Le
Monde Argent 
dimanche 25 lundi26 novembre 2001). L'une des originalités de la loi du 10 janvier 1978, dite loi Scrivener, du nom dusecrétaire d’Etat qui en était l’auteur, a été de créer, au profit des consommateurs, uneinterdépendance entre l’opération de vente ou de fourniture de service et le contrat decrédit destiné à le financer, interdépendance que la jurisprudence refusait, et refusetoujours, de reconnaître (Cass Com 21 mars 1972, bull n°
97 P. 94,
JCP 73, ed. G. II17400 note Sayag ) . La Cour de cassation considère en effet que la cause du prêtn’est pas la vente ou la prestation de service mais la remise des fonds prêtés. Par conséquent, la disparition de celle-ci n’entraîne pas la nullité du contrat de crédit (CassCiv I 20 nov 1974, bull
n° 311 p 267,
JCP 1975, II, 18109 note Calais-Auloy, CA Aix enProvence 18 mars 1994, D 1994 IR p 232), sauf s'il est démontré que le vendeur et leprêteur ont agi de concert ( interprétation
a contrario
de Cass Com 5 mars 1996,
Bull n°75 p. 61,
Le quotidien juridique 4 juin 1996 n
°
45 p 2), notamment lorsque le vendeur arempli à l'égard de l'acheteur le rôle de mandataire de l'organisme de crédit (Cass Com25 février 1986,
Bull n° 34 p. 29
JCP ed E 1986 I n
°
15374, Cass Com 19 janvier 1993,Bull Civ IV n
°
26 RTDCom 1993.707 obs Bouloc) .Ainsi, l’acquéreur ne peut opposer au vendeur le refus de son banquier de lui consentir le prêt destiné au paiement du prix . Il ne peut donc s’en prévaloir pour obtenil’annulation de la vente. Inversement, la défaillance du vendeur dans l’exécution deson obligation de délivrance ne peut être invoquée par l’emprunteur pour être déchargédu remboursement du prêt destiné au financement .C’est pour éviter que le consommateur, qui ne parvient pas toujours à discerner lesqualités respectives du vendeur lorsqu’il intervient aussi en qualité de représentant du
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prêteur, ne soit tenu de payer le prix d’un contrat dont il n’a pas obtenu le financementou au contraire soit contraint de supporter les charges d’un emprunt qui lui est sansutilité, que la loi du 10 Janvier 1978 établit un lien de droit entre les deux contrats enfaisant subordonner la validité de l'un à celle de l'autre.Ce lien n'existe cependant pas de plein droit. Il suppose, ainsi qu'il résulte de l'article L311-20 du Code de la Consommation, que l'offre préalable de crédit mentionne le bienou la prestation de service financée. A cet effet, l’article L 311-23 du Code de laconsommation impose au vendeur ou au prestataire de service, sous peine d’uneamende de 1500 €, de préciser, le cas échéant, si le prix est acquitté, en tout ou enpartie, à l’aide d’un crédit .La première chambre civile de la Cour de cassation, qui interprète strictement l’article L311-20, considère que pour être considérée comme étant liée au financement d’unachat, l’offre de prêt doit contenir les mentions qui permettent d’identifier le bien enquestion. A défaut, le crédit s’analyse comme un prêt personnel.Ainsi, ont été considérés, en l’absence de mention expresse de l’opération financée,comme n’étant pas des crédits affectés mais des prêts personnels, le prêt consenti envue de l'achat d'un véhicule automobile dont les caractéristiques sommaires n'étaientpas indiquées dans l'acte crédit (Cass Civ I 26 novembre 1991, Bull Civ I n
°
336), lecrédit offert par un club sportif, mandataire de la société de crédit, pour financer l’abonnement au club consenti le même jour, alors qu’il portait le cachet du prestatairede service et que l’emprunteur avait sollicité un crédit uniquement parce qu’il entendaits’abonner à un club de gymnastique (Cass civ I 29 juin 2004, bull n° 188, D 2004,comm p 2565 obs Florence Auby, bull n° 188, Les Annonces de la Seine 2005 n° 65,supplément n° 1 obs Joco Westley, également Cass Civ I 27 mai 1998, RD Bancaire etbourse, juillet-août 1998 n° 68 p 140), ou l’offre préalable de prêt, établie sur unformulaire à en-tête de l’organisme prêteur, mentionnant pourtant le nom d’une sociétéprestataire de service (CA Versailles, 1ere ch B, 16 avril 1999, BICC 15 février 2000 n°202 p 25 dans le me sens CA Aix en Provence 7 juin 2005, Contrats, conc.,consom., 2006 ; comm. 10 note G. Raymond,– dans un sens contraire, les décisionsde quelques juridictions du fond : TI Montpellier 3 septembre 2004, CA Montpellier 26novembre 2003 D 2004, comm p 2565 obs Florence Auby – cf également TI Saintes 16novembre 2005, contrats, conc. Consom., 2006, comm ; 37 note G. Raymond, quisaisit la Cour de justice des communautés européennes sur le point de savoir si lesarticles 11 et 14 de la directive n° 87/102/CEE du Conseil du 22 décembre 1986 relativeau crédit doivent être interprétées en ce sens qu’ils permettent au juge d’appliquer lesrègles d’interdépendance entre le contrat de crédit et le contrat de fourniture de bien oude service financé grâce à ce crédit, lorsque le contrat de crédit ne fait pas mention dubien financé ou a été conclu sous la forme d’une offre de crédit sans mentions du bienfinancé dans quelles conditions existe ).Il convient cependant d’observer que la première chambre civile semble depuis infléchir sa position. Dans un arrêt récent, elle admet en effet l’application des dispositions del’article L 311-20 à une offre de crédit ne mentionnant pas la prestation de servicefinancée (il s’agissait, comme dans la plupart des cas, de l’abonnement à un club desport) s lors que les juges du fond avaient souverainement apprécque leprofessionnel l’avait été volontairement soustrait à ces dispositions par une fraude à laloi (Cass civ I 7 février 2006, pourvoi n° 04-11.185, à paraître au bulletin, D 2006, Act.
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Jur. P 649 obs C. Rondey, Contrats, conc. Consom. 2006 comm. 55 note G. Raymond). Ainsi, pour la haute juridiction, l’absence de mention du bien financé dans le contrat decrédit n’est plus un obstacle à la mise en œuvre du mécanisme prévu à l’article L 311-20 dès lors qu’il peut être démontré par le consommateur à partir d’éléments de fait -comme par exemple les circonstances qui ont entouré la conclusion du contrat oul’utilisation par le vendeur d’imprimés d’offre de crédit mis à disposition par l’organismede crédit - qu’il existe une connexité entre l’opération principale et le contrat de crédit.
I Effets du contrat principal sur le contrat de crédit
L'article L 311-20 du Code de la Consommation prévoit que
"lorsque l'offre préalable
(de crédit)
mentionne le bien ou la prestation de service financé, les obligations del'emprunteur ne prennent effet qu'à compter de la livraison du bien ou de la fourniturede la prestation. En cas de contrat de vente ou de prestation de service à exécutionssuccessives, elles prennent effet à compter du début de la livraison ou de la fournitureet cessent en cas d'interruption." 
Le contrat de crédit est ainsi affecté de deux conditions, suspensive et résolutoire : il estconclu sous la condition suspensive de la livraison du bien mais également sous lacondition résolutoire de la validité du contrat principal.
a) Condition suspensive
Le contrat de crédit est souscrit de plein droit sous la condition suspensive de laréalisation de la vente.Tant que la condition suspensive ne s'est pas réalisée, c'est-à-dire tant que le bien n'apas été livré ou la prestation de service n’a pas été réalisée, le contrat de crédit ne peutêtre exécuté. Le déblocage des fonds par le prêteur au profit du vendeur ne peut doncintervenir avant que celui-ci ait exécuté sa prestation, ce qui évite les manoeuvresfrauduleuses de sa part ou l'inconvénient de faire supporter à l'emprunteur des chargesd'intérêt avant qu'il ait reçu le bien financé.Lorsque l'opération financée est simple ou s'exécute en un trait de temps, par exemplela vente d'un téléviseur ou l'installation d'un système d'alarme, le point de savoir à partir de quel moment débutent les obligations du prêteur ne pose pas de difficulté majeure.Tel n’est pas le cas en revanche lorsqu’il s’agit d’une opération complexe, qui mêle unevente à une prestation de service ou qui comporte la livraison de plusieurs biens.La Cour de cassation a considéré dans un premier temps, à l’occasion d'un contratportant sur la commande d'une cuisine aménagée qui comportait à la fois la vented'éléments de cuisine et leur montage au domicile de l'acheteur, que la livraison deséléments de cuisine réalisait la condition suspensive du contrat de crédit même si leur installation restait à faire, de sorte que la société de crédit ne commettait aucune fauteen débloquant les fonds au vendeur après la seule livraison en l'absence d'oppositiondu consommateur (Cass Civ I 10 juillet 1995, bull n° 316 Audijuris septembre 1995 n
°
56 p 11 note Vigneau).La première chambre civile semble être revenue depuis à une solution plus favorable
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