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La Force par S. de Guaita

La Force par S. de Guaita

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12/14/2013

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כ
(S
ECTION
11)
La Force
(onze) =
Énergie
=
Ses moyens de déploiement
(Force de la Volonté).
C
HAPITRE
IV FORCE DE LA VOLONTÉ
 
a volonté ! Le Tarot des bohémiens porte inscrit, sur son feuilletonze, le simple et majestueux emblème de cette déesse.
L
On y voit une jeune fille, debout dans les plis d'un manteaud'apparat, et coiffée du signe cyclique de la Vie universelle
,dompter sans le moindre effort un lion en fureur, dont elle clôt desdeux mains la gueule rugissante. Sur son, visage transpart lasérénité de la Force consciente d'elle-même; l'attitude est si calmequ'on y lirait l'indolence, si la virilité de l'acte n'infligeait un démentià l'expression placide des traits.Son genou fait saillie sous la robe, il semble ployé
1
. Cet indicedonne à penser que l'hiéroglyphe original la peignait assise. Sansdoute un cartier malhabile, reproduisant l'emblème primitif, auracru pouvoir supprimer le fauteuil, sans prendre soin de redresserentièrement la posture du sujet.Ce détail fautif se trouve corrigé dans le Tarot d'Etteilla, qui date de lafin du xviie siècle. La esse y est peinte sur un trône; contre songenou repose la tête du lion apaisé, qui va s'endormir. Une fois, parhasard, Etteilla nous semble avoir vu juste.Qui ne connt, au moins de nom, ce perruquier gendelettres,contemporain de Mesmer et de Cagliostro? Peu enthousiaste de songagne-pain cosmétique, il s'en élut un autre, et cultivafructueusement les hautes sciences, en particulier celle du Tarot, quele savant Court de Gébelin venait de mettre à la mode: bref, le dignecoiffeur, qui se nommait tout simplement Alliette, s'établit astrologue,devin et philosophe hermétique, sous son nom inversé d'Etteilla. Il nemanquait ni de clairvoyance naturelle, ni d'une certaine éruditiontumultueuse et mal digérée. En son domicile de la rue de l'Oseille, auMarais, Etteilla, « professeur d'Algèbre (comme il s'intitulait),astrophilastre et restaurateur de la cartomancie pratiquée chez lesÉgyptiens, » donna, moyennant salaire honnête, des consultations etdes leçons particulières. La vogue lui fut bientôt acquise; il fit fortuneet roula carrosse. Malheureusement, il se mêla d'écrire, et sesœuvres, qu'on unit d'ordinaire en deux forts volumes, ornés defigures en taille douce, — ne donnent pas l'idée de ce que pouvaientêtre ces fameuses consultations divinatoires, qui ont fait courir toutParis. Dod'une perspicacipeu commune, et d'une grandeaisance dans le maniement des nombres et des figures, il étonnaitchez lui, le crayon ou le compas à la main, parmi les bizarreries de sesdiagrammes et le bariolage de ses tarots. Mais l'illusion tombe, enface de son œuvre écrite. Cette nible compilation, sans ordre niclarté, trahit le, manque d'instruction première et ne soutient pas lalecture... Etteilla fit pis encore: il publia une édition
expurgée
du Tarot !On peut dire que la fantaisie laborieuse mais biscornue de cesingulier correcteur a bouleversé de fond en comble les arcanes duLivre de Thoth, intervertissant l'ordre des lames, et parfoissubstituant aux vieux symboles magiques les caprices d'une
1 Voir les
é
ditions anciennes du Tarot.
 
imagination superlativement brouillonne et déréglée. Une fois oudeux, néanmoins, il a rencontré juste, — et c'est, en vérité, le cas dufeuillet qui nous occupe.La onzième clef du Tarot s'explique et se commente d'elle-même. Ladéesse, assise ou debout, signifie toujours la Volonté vivante, dont lavertu, décuplée par l'entraînement, dompte sans effort la rébellion desforces instinctives et passionnelles.Le lion, qui symbolise ces dernières, figure aussi leur milieu nourricier,la lumière astrale, dont il est un des plus antiques hiéroglyphes. Àce point de vue, le pentacle exprime l'empire qu'exerce la Volonté surles fluides hyperphysiques, les Esprits élémentaires et les Lémuresqui hantent la région sans limite.L'apocryphe des
Oracles de Zoroastre,
que nous avons déjà cité, àpropos des mirages errants, signe le
lion
comme la figuresynttique en quoi se sument, quand le voyant prolonge sonextase, toutes les Puissances hallucinantes du royaume astral.«
Cernes omnia leonem
2
»
, dit le texte latin.« Le signe [zodiacal] du lion (peut-on lire au très estimable traité de
Light of Egypt),
symbolise la force, le courage et le feu...Kabbalistiquement, le signe du Lion figure le cœur du Grand Homme,et représente le centre vital du système circulatoire fluidique del'humanité, C'est aussi le tourbillon de feu de la vie physique
3
. » Telles sont les forces, également insurrectionnelles dans le monde etchez l'homme (dans les sphères du Macrocosme et du Microcosme), etque la Volonté domine et dirige magiquement, — comme l'adepte desmystères chaldéens faisait des lions sacrés, nourris dans le temple envue des épreuves, et qu'il
 
devait rendre dociles au magnétisme du gesteet de la voix.Quant à l’Héroïne symbolique de l'emblème, nous la préférons assise, carelle représente alors la Volonté robuste, sur le trône de l'inébranlableRaison. Et le fauve, vaincu par le double prestige de la majesté jointe a ladouceur, repose son animal apprivoisé sur les genoux de l'Immortelle.L'indication n’est point négligeable encore, que fournit le
signe, vitaluniversel
placé sur la tête de la déesse. Il proclame, — ce huai renversé,— qu'en tous lieux
de
l'univers eu la vie étend son empire, la Volontéhumaine peut saisir le sceptre, et que sa spre d'action n'a pasd'autres frontières que celles mêmes de l'existence, soit occulte soit
2 Le chapitre des D
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mons et des Sacrifices, o
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se lit cette phrase, constitue une page essentielle, au point devue des rites th
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urgiques: Eliphas L
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vi en a donn
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mie belle traduction (Histoire de la Magie, pages 58-60).Ces curieux Oracles, recueillis dans les livres des alexandrins, qui volontiers s'y r
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rent, ont
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spar Fran
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ois Patricius, en t
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te de sa Magia Philosophica (Hamburgi, 1593, pet. in-8
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). On les trouve
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galement in-extenso dans le Trinum magicum (Francofurti, 1616 ou 1663, in-12, pages 326-401). Lacitation que nous avons faite se trouve
à
la page 345 de ce dernier recueil.3 La Lumi
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gypte (traduction fran
ç
aise), Paris, Chamuel, 1895, in-4
°
, fig. (Page 185, passim).

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