— 2 —
Loi de finances pour 2011 (n° 2824)
La séance est ouverte à huit heures trente.
Mission « Défense » : « Environnement et prospective de la politique dedéfense » (avis)
La commission de la défense nationale et des forces armées examine pour avis, sur lerapport de
M. Yves Fromion,
les crédits de la mission « Défense » : « Environnement et prospective de la politique de défense », pour 2011.
M. Yves Fromion, rapporteur pour avis
. D’un montant de 1,79 milliard d’euros decrédits de paiement, le programme 144, relatif à l’environnement et à la prospective de la politique de défense, regroupe, comme l’an dernier, 4,8 % des crédits de la mission« Défense ». Il enregistre pour 2011 une augmentation de 0,68 % des crédits de paiement etde près de 5 % des autorisations d’engagement. Dans un contexte de gel des dépenses publiques, cette augmentation traduit la poursuite de l’effort du Gouvernement en faveur dece programme hautement stratégique. On ne peut que s’en réjouir.Je ne reviendrai pas dans le détail des crédits des actions du programme, déjàexposés par le directeur chargé des affaires stratégiques lors de son audition par lacommission. J’insisterai seulement sur deux points. En premier lieu, l’action 3, relative aurenseignement intéressant la sécurité de la France, avec 652 millions d’euros, enregistre,comme l’an dernier, une augmentation sensible, de 4,5 %, dans le droit fil des orientations duLivre blanc sur la défense et la sécurité nationale.En deuxième lieu, l’action 4, qui concerne le maintien des capacités technologiqueset industrielles et rassemble, avec 981,6 millions, 56,6 % des crédits de la mission, connaîtune baisse de 1,4 % en crédits de paiement et une hausse de 2,7 % en autorisationsd’engagement. La première sous-action, qui porte sur les études amont, est déterminante :avec 646 millions d’euros de crédits de paiement, elle est réduite de 0,86 % ; la seconde, quiconcerne le soutien et les subventions à divers organismes de recherche, dont l’ONERA,enregistre une baisse de 2,4 %.Cette décroissance est inquiétante : on sait que l’objectif souhaitable pour les étudesamont est d’environ 1 milliard d’euros par an.En outre, les études amont « nucléaire » bénéficient, avec 144 millions, d’uneaugmentation de près de 50 millions, tandis que les études amont « espace » sont réduites à la portion congrue : 17,1 millions d’euros. Cet équilibre tend à devenir un déséquilibre, qui est préoccupant. Il se fait aux dépens, nécessairement, d’autres secteurs essentiels, tels que lescybersystèmes, les drones, la surveillance de l’espace ou la défense anti-missiles, par exemple. Je repose donc à nouveau la question : ne faut-il pas envisager une nouvellerépartition de l’effort entre les domaines de recherche, bref un meilleur équilibre entre ladissuasion nucléaire et la dissuasion technologique ?