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FOUCAULT, Michel (2001). Dits Et Ecrits II (1970-1975)

FOUCAULT, Michel (2001). Dits Et Ecrits II (1970-1975)

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Dits et écrits II (1970-1975)
Titre 
MICHEL FOUCAULTDITS ET ÉCRITS1954-1988II1970-1975
|PAGE 7 
197072
Préface à l'édition anglaise
«Foreword to the English Edition» («Préface à l'édition anglaise»; trad. F. Durand-Bogaert),
in
Foucault (M.),
The Order of Things,
Londres, Tavistock, 1970, pp. IX-XIV.Il faudrait peut-être intituler cette préface «mode d'emploi». Non qu'à mes yeux le lecteur nesoit pas digne de confiance -libre à lui, bien entendu, de faire ce qu'il veut du livre qu'il a eul'amabilité de lire. Quel droit ai-je donc de suggérer qu'on fasse de ce livre un usage plutôt1
 
qu'un autre? De nombreuses choses, alors que je l'écrivais, n'étaient pas claires pour moi:certaines semblaient trop évidentes, d'autres, trop obscures. Je me suis donc dit: voicicomment mon lecteur idéal aurait abordé mon livre si mes intentions avaient été plus claireset mon projet mieux à même de prendre forme.1) Il reconnaîtrait qu'il s'agit là d'une étude dans un champ relativement négligé. En France,au moins, l'histoire de la science et de la pensée cède le pas aux mathématiques, à lacosmologie et à la physique -sciences nobles, sciences rigoureuses, sciences du nécessaire,toutes proches de la philosophie: on peut lire, dans leur histoire, l'émergence quasiininterrompue de la vérité et de la raison pure. Mais on considère les autres disciplines-celles, par exemple, qui concernent les êtres vivants, les langues ou les faits économiques-comme trop teintées de la pensée empirique, trop exposées aux caprices du hasard ou desfigures de la rhétorique, aux traditions séculaires et aux événements extérieurs, pour qu'onleur suppose une histoire autre qu'irrégulière, On attend d'elles, tout au plus, qu'ellestémoignent d'un état d'esprit, d'une mode intellectuelle, d'un mélange d'archaïsme et desupputation hardie, d'intuition et d'aveuglement. Et si le savoir empirique, à une époque etdans une culture données, possédait effectivement une régularité bien définie? Si lapossibilité même d'enregistrer des faits, de s'en laisser convaincre, de les gauchir en traditionsou d'en faire un usage purement spéculatif, si même cela n'était pas soumis au hasard? Si les
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erreurs (et les vérités), la pratique des vieilles croyances -au nombre desquelles comptent nonseulement les vraies découvertes, mais aussi les idées les plus naïves -, si tout cela obéissait,à un moment donné, aux lois d'un certain code de savoir? Si, en bref, l'histoire du savoir nonformalisé possédait elle-même un système? Telle a été mon hypothèse de départ -le premierrisque que j'ai pris.2) Ce livre doit être lu comme une étude comparée, et non comme une étudesymptomatologique. Mon intention n'a pas été, à partir d'un type particulier de savoir ou d'uncorpus d'idées, de brosser le portrait d'une période ou de reconstituer l'esprit d'un siècle. J'aivoulu présenter, les uns à côtés des autres, un nombre bien précis d'éléments -la connaissancedes êtres vivants, la connaissance des lois du langage et la connaissance des faitséconomiques -et les relier au discours philosophique de leur temps, pendant une période quis'étend du XVIIe au XIXe siècle. Cela ne devait pas être une analyse du classicisme en1
 
général ou la recherche d'une
Weltanschauung,
mais une étude strictement «régionale» 1.Mais, entre autres choses, cette méthode comparative produit des résultats qui sont souventétonnamment différents de ceux que livrent les études unidisciplinaires. (Le lecteur ne doitdonc pas s'attendre à trouver ici juxtaposées une histoire de la biologie, une histoire de lalinguistique, une histoire de l'économie politique et une histoire de la philosophie.) Certaineschoses ont pris le pas sur d'autres: le calendrier des saints et des héros a été quelque peumodifié (une place plus grande est faite à Linné qu'à Buffon, à Destutt de Tracy qu'àRousseau; Cantillon à lui seul s'oppose à tous les physiocrates). Les frontières ont étéredessinées, des rapprochements opérés entre choses habituellement distinctes, etinversement: au lieu de relier les taxinomies biologiques à un autre savoir concernant l'êtrevivant (la théorie de la germination, ou la physiologie du mouvement animal, ou encore lastatique des plantes), je les ai comparées à ce qu'on aurait pu dire, à la même époque, dessignes linguistiques, de la formation des idées générales, du langage d'action, de la hiérarchiedes besoins et de l'échange des marchandises.Cela a eu deux conséquences: j'ai d'abord été conduit à abandonner les grandes classificationsqui nous sont à tous, aujourd'hui, familières. Je ne suis pas allé chercher, dans le XVIIe etdans le XVIIIe siècle, les commencements de la biologie du XIXe (ou de la philosophie, oude l'économie). Mais j'ai vu l'émergence de figures1. J'utilise parfois des termes comme «pensée» ou «science classique», mais ils renvoientpresque toujours à la discipline particulière qui est examinée.
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propres à l'âge classique: une «taxinomie» ou une «histoire naturelle» relativement peucontaminée par le savoir qui existait alors dans la physiologie animale ou végétale; une«analyse des richesses» qui se souciait peu des postulats de l'«arithmétique politique» qui luiétait contemporaine; enfin, une «grammaire générale» qui n'avait rien de commun avec lesanalyses historiques et les travaux d'exégèse que l'on poursuivait simultanément. Il s'agissait,en fait, de figures épistémologiques qui n'étaient pas surimposées aux sciences telles qu'ellesfurent individualisées et nommées au XIXe siècle. J'ai vu aussi l'émergence, entre cesdifférentes figures, d'un réseau d'analogies transcendant les proximités traditionnelles: entrela classification des plantes et la théorie de la frappe des monnaies, entre la notion decaractère générique et l'analyse des échanges commerciaux, on trouve, dans les sciences del'époque classique, des isomorphismes qui semblent faire fi de l'extrême diversité des objets1

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