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Heidegger Entre l'Ontologie Et l'Histoire

Heidegger Entre l'Ontologie Et l'Histoire

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Published by Simon Oliai
Balanced and careful reflection on the French Reception of Heidegger since 1945
Balanced and careful reflection on the French Reception of Heidegger since 1945

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Le Portique
5-2007 | Recherches
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Simon F. O’Liai
Entre l’Ontologie et l’Histoire :
Heidegger Ni Papa Noël de la Philosophie Ni Hitler
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Le contenu de ce site relève de la législation française sur la propriété intellectuelle et est la propriété exclusive del'éditeur.Les œuvres figurant sur ce site peuvent être consultées et reproduites sur un support papier ou numérique sousréserve qu'elles soient strictement réservées à un usage soit personnel, soit scientifique ou pédagogique excluanttoute exploitation commerciale. La reproduction devra obligatoirement mentionner l'éditeur, le nom de la revue,l'auteur et la référence du document. Toute autre reproduction est interdite sauf accord préalable de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législationen vigueur en France.Revues.org est un portail de revues en sciences humaines et sociales développé par le Cléo, Centre pour l'éditionélectronique ouverte (CNRS, EHESS, UP, UAPV).
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Référence électroniqueSimon F. O’Liai, « Entre l’Ontologie et l’Histoire : »,
Le Portique
[En ligne], 5-2007 | Recherches, Lecturesphilosophiques, mis en ligne le 08 décembre 2007. URL : http://leportique.revues.org/index1389.htmlDOI : en cours d'attributionÉditeur : Association Le Jardinhttp://leportique.revues.orghttp://www.revues.orgDocument accessible en ligne sur :http://leportique.revues.org/index1389.htmlDocument généré automatiquement le 31 octobre 2010. La pagination ne correspond pas à la pagination de l'éditionpapier. Tous droits réservés
 
Entre l’Ontologie et l’Histoire :2
Le Portique
Simon F. O’Liai
Entre l’Ontologie et l’Histoire :
Heidegger Ni Papa Noël de la Philosophie Ni Hitler
« La philosophie est la lutte autonome, libre, fondamentale de l’existence humaineavec l’obscurité qui ne cesse à tout moment d’éclater en elle. Et tout éclairement ne fait qu’ouvrir des abîmes nouveaux »(Martin Heidegger)
1
12
Dans son étude de l’histoire de la réception de la pensée de Heidegger en France depuis lacélèbre traduction de Corbin aux années trente jusqu’au scandale médiatique qui suivit lapublication du livre de Victor Farias en 1987, Dominique Janicaud
2
mettait en relief, nonsans ironie et humour, le fait que la France peut probablement se targuer d’avoir transformé,pour un certain lectorat international, le penseur le plus
« allemand »
de l’histoire dela philosophie européenne du XXème siècle en véritable
« French
 
Thinker 
» de l’ère dela mondialisation. Janicaud ne croyait peut-être pas si bien résumer la consécration et ladiabolisation simplificatrices d’une pensée de
« l’histoire »,
à la fois incontournable etcontestable, dont
« l’histoire »
de la réception depuis 1945 en Europe est étroitement liée à lacréation de cette
« figure »
intellectuelle singulière que représente
«
 
 Heidegger en France »
.
34
En témoigne, une fois de plus, la publication récente, outre un cours fascinant de Heideggerlui-même sur la poésie, des plusieurs études favorables et critiques
3
de son œuvre qui nemanquent pas de mettre en relief l’exactitude du célèbre constat sartrien sur l’incapacité dela philosophie française (Foucault et Deleuze étant les notables exceptions dont la profondeméconnaissance actuelle tend à confirmer la règle) à penser la signification philosophiquede
« l’histoire ».
Autrement dit, comme le précise Sartre, à la rendre intelligible dansl’irreproductible
« particularité »
des ses moments
« décisifs ».
On ne s’étonne donc pas si, enFrance, ni les risibles
« dévots »
du
« Papa Noël »
fribourgeois de la philosophie contemporaineni les détracteurs arrogants de l’effroyable
« idéologue »
de la pérennité millénaire du Reichhitlérien ne semblent pas pouvoir reconnaître (et encore moins l’analyser en la théorisant) lavéritable signification historique de l’attrait que l’idéologie national-socialiste put exercer surdes intellectuels conservateurs et nationalistes allemands comme Heidegger entre les deuxguerres mondiales.
56
Car, ni les apologistes fervents du mage séducteur de Todnautberg qui croient pouvoirinnocenter sa pensée de toute compromission
« essentielle »
avec l’idéologie
« nazie »
en présentant celle-ci, de façon comique, comme une sorte de succédané de la
« métaphysique schopenhauerienne »
(!) ni les détracteurs acharnés du philosophe du
« racisme »
nazi et l’inspirateur intellectuel du
« négationnisme et révisionnisme »
contemporains qui, d’un revers agacé de la main, croient pouvoir écarter les analysesphilosophiques de Heidegger et se dérober à l’exigence de l’analyse patiente des notionsheideggériennes aussi novatrices que
« Umweltlichkeit »
(sous prétexte que celle-ci fut utiliséeet appréciée par d’autres amis
« nazis »
du Heidegger à l’époque de la rédaction de
 L’Être et leTemps
) ne semblent pas comprendre l’évolution de la pensée de Heidegger dans la complexitéde ses rapports avec son contexte historique et culturel. .
7
Cette incapacité française s’explique par la profonde méconnaissance et, voire même peude connaissance, qu'ont la majorité des philosophes français de la culture dynamique ethautement politisée de cette période trouble de l’histoire allemande qui est celle de laRépublique de Weimar. Et la réception de la pensée de Heidegger en France en a souffertdans la mesure où ses interprètes français ont rarement affiché l’indispensable sensibilitéà la
« complexité »
des rapports entre sa pensée et le contexte politique et culturel del’époque de sa formation, autrement dit, celui de la première moitié d’un XXème européen
 
Entre l’Ontologie et l’Histoire :3
Le Portique
très agité. Pourtant, pareille sensibilité est indispensable à la compréhension du cheminementd’un penseur aussi complexe que Heidegger.Elle pourrait, dans le cadre d’une analyse à lafois historique et philosophique des transformations successives de la pensée de Heidegger,faciliter
« l’appropriation critique »
des éléments de son
« questionnement »
dont lapertinence à l’avenir de la philosophie dépasse, sans jamais l’occulter, la biographie politiquedu philosophe allemand. Lequel est devenu, grâce à la mondialisation sans précédent del’héritage philosophique européen, un phénomène philosophique aux dimensions carrémentinternationales.
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Ainsi, dans les débats actuels autour de l‘impact intellectuel de
« Heidegger en France »
, lecontexte culturel de Weimar (dont la pensée de Heidegger s’est fort imprégnée) et levocabulaire conceptuel singulier du philosophe qui, à son tour, l’a profondément marqué
4
sont souvent traités comme des simples reflets caricaturés d’une
«Vérité »
que les deux campsadverses semblent tenir pour absolue.
10
Peu importe que cette
« Vérité »
soit celle de
« l’Oubli de l’Être »
pour la chapelle de ladévotion heideggérienne de France ou celle du
«Nazisme »
pour les contrôleurs autoproclaméset anti-heideggériens de l’appellation de
« philosophe »
dans l’Hexagone.
11
Les
« dévots »
français du maître du Fribourg ne comprennent pas que si l’on veutsérieusement interpréter le devenir de son œuvre protéiforme, on ne peut pas se contenter dece que l’on appelle en France
« l’explication »,
souvent littérale et peu éclairante, du texteheideggérien. On ne peut pas se passer de la tâche
« critique »
- pour emprunter une célèbreformule de Heidegger lui-même-de
« penser »
le contexte historico-culturel dans lequel lephilosophe allemand, après s’être enthousiasmé pour la
« révolution »
national-socialistemême avant 1933 et obstiné à croire à la
« Grandeur »
de la
« Vérité »
de son
« Mouvement 
»
(« Bewegung »)
jusqu’à la fin de sa vie, en arrive à élaborer la notion de
« l’Oubli de l’Être »
Seinvergessenheit 
»).
1213
Une notion dont la barbarie
« arraisonnante »
et auto-destructrice du régime nazi, aprèsla débâcle de Stalingrad en 1943, représenterait l’ultime incarnation pour un Heideggerdéçu par le régime nazi et toujours incapable de la moindre auto-critique de sa penséede
l’historicité » (« Geschichtlichkeit »).
Et qui n’en reste pas moins, comme bonnombre d’autres déçus du régime, un
« patriote
 
allemand »
, c’est-à-dire, ni un partisaninconditionnel de Hitler ni un
“résistant”
à la manière des putschistes de juillet 1944 ou celledes véritables héros de la résistance allemande au
« nazisme »,
Hans et Sophie Scholl del’organisation estudiantine
« La Rose Blanche ».
Mais l’arrogante et intolérante
« orthodoxie »
heideggérienne de France s’obstine à ne faire que de la glose révérencieuse des écrits deHeidegger sans tenir compte de leurs implications politiques souvent catastrophiques. Desécrits dont l’appropriation
« classicisante »
ne pourrait nullement expliquer, à titre d’exemplesignificatif, le changement radical de la conception heideggérienne du rôle international del’Allemagne nazie après la défaite décisive de Stalingrad. Rejettant, comme Nietzsche l’auraitformulé, toute
« perspective »
d’une
« critique historique »
de l’évolution de la
« pensée »
de leur maître, la cohorte d’admirateurs
« dévots »
de Heidegger en France refuse, toutsimplement, de reconnaître la pertinence de l’histoire culturelle et politique de l’Europe (entre1914 et 1945) à la compréhension des métamorphoses de
« l’ontologie »
de leur maître.
1415
En revanche, les détracteurs moralisants et souvent prétentieux de Heidegger en France,à l’inverse des ses inflexibles
« dévots »,
refusent de reconnaître la pertinence destransformations successives de
« l’ontologie »
de Heidegger à la compréhension de
« l’histoire »
de l’évolution de sa pensée et de son époque. Et ils n’ont que faire desanalyses philosophiques de Heidegger. Ainsi, ils refusent, assez obstinément, de reconnaîtrela divergence entre l’interprétation heideggérienne (certes contestable et empreinte del’idéologie nationaliste de son époque) de
« l’auto-affirmation »
 
(« selbstbehauptung »)
dela
« race-nation »
allemande et les idées comparables des idéologues
« nazis »
comme

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