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QUATRIEME PARTIESYNTHESE ET CONCLUSIONS
 
 
CHAPITRE VII
 
RÉSULTATS ET COMMENTAIRES
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INTRODUCTION
Le présent chapitre a pour objectif de synthétiser l’ensemble des résultats desdifférentes analyses. Il fait non seulement le bilan de ces résultats sur le plantraductologique et linguistique, que nous avons appelé ‘microniveau’, mais il évalueégalement les hypothèses émises au départ dans un sens culturel et social plus large,que nous avons appelé ‘macroniveau’. Le microniveau correspond aux stratégiesconcrètes utilisées pour réaliser le macroniveau. L’analyse des deux niveaux nouspermettra aussi de fournir des indications relatives au skopos de la traduction.L’analyse a porté sur deux types de corpus, l’un écrit, l’autre oral. Ce double choix se justifie par le fait que l’écrit est un phénomène relativement nouveau dans latraduction des langues nationales. L’oral, toujours contextuel, permet d’analyser unepratique sociale précise dans laquelle les langues se côtoient. Il donne de plusl’occasion d’analyser les situations réelles dans lesquelles les langues fonctionnent.L’analyse des données écrites porte sur la traduction du Nouveau Testament quiprésageait un phénomène intéressant de traduction interculturelle et de rapport entreles langues. En effet, les églises d’Afrique ont réclamé au Concile Vatican II unchristianisme africain qui passerait aussi par la langue. Si cette revendication deséglises d’Afrique était tout d’abord liée à la culture, elle permet aussi d’analyser lerapport entre les langues nationales et le français qui a servi de support pour laplupart des textes bibliques au Burkina.Avant de poursuivre la présentation de cette synthèse, un bref rappel du contexte del’étude, des objectifs et des hypothèses formulées au départ, s’impose. Laconfiguration sociolinguistique du Burkina, comme nous l’avons vu au chapitre IV,est celle d’une société diglossique où les langues sont utilisées dans des domainescomplémentaires, comme dans la plupart des anciennes colonies d’Afrique. Dans cecontexte, la traduction paraît une activité paradoxale, car les fonctionssociolinguistiques complémentaires des diverses langues semblent la rendresuperflue. Pourtant, elle est de plus en plus pratiquée de nos jours au Burkina danstous les domaines (sanitaire, religieux, politique, etc.). Notre objectif était d’analyserla place et le rôle de cette pratique de traduction dans les sociétés diglossiques,surtout pour les langues minoritaires, entendues dans le sens de langue
s
 politiquement faibles et dominées ; toutes les langues dites nationales au Burkinapourraient être considérées comme telles par rapport au français. Nous avons choiside travailler spécifiquement sur le dioula, mais les résultats devraient être applicablesaux autres langues nationales.
 
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Pour mener à bien cet objectif, il fallait voir tout d’abord comment se fait latraduction au sein des langues de fonctions différentes dans les sociétés diglossiqueset ensuite analyser de manière générale les choix linguistiques opérés lors desinteractions bilingues ou multilingues qui ont lieu surtout à l’oral. Le cadre spécifiquede cette analyse, était le discours religieux chrétien et plus précisément le
 Layidukura,
qui est la version du Nouveau Testament en dioula, ainsi que les prêchesbilingues (français dioula) oraux enregistrés à l’église catholique et à l’église del’Alliance Chrétienne de Bobo.Les hypothèses de départ avancées pour l’analyse au niveau global étaient lessuivantes :1.
 
La traduction contribue au développement du lexique et d’une culture de l’écritdans les langues nationales dans les anciennes colonies africaines et plusprécisément au Burkina Faso.2.
 
La pratique de la traduction du français vers les langues nationales dans lesanciennes colonies francophones et notamment au Burkina Faso, comme toutepratique sociale, a une portée idéologique. La traduction peut être le lieu oùapparaît l’enjeu idéologique de l’emploi des différentes langues : elle peutconfirmer le prestige du français, mais aussi servir à émanciper les languesvernaculaires (le dioula dans ce cas), si on se réfère par exemple à l’essorqu’ont connu les langues vernaculaires par rapport au latin en Europe.Pour vérifier ces hypothèses sur le plan pratique, nous avons analysé les stratégies detraduction à travers une analyse traductologique détaillée, complétée par unediscussion sur l’emploi de différentes langues en général, nourrie par certainesapproches de l’alternance codique.Le présent chapitre comportera deux parties : une première partie présentera le bilande la procédure d’ensemble suivie pour faire l’analyse, de même que l’analyse elle-même, et l’autre fournira des éléments d’interprétation dans un cadre plus large. Ils’agira de voir à la lumière des résultats obtenus, si les hypothèses de départ seconfirment ou pas, et de répondre aux questions de départ.
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RAPPELS SUR LA METHODOLOGIE
Notre choix de la version des textes bibliques a porté sur le Nouveau Testamentdioula dénommé
 Layidukura
publié en 1996 et re-édité en 1999. Nous avons tentéd’identifier les versions source ayant été utilisées pour produire ladite version. Nousdisons bien «tenté», parce que l’exégète Elie Sanon, l’un des responsables de latraduction de cette version, nous a indiqué comme versions source des traducteurs,des textes français et anglais, mais aussi la Bible en grec (entretien du 12 juillet 2001).Il a en outre reconnu que la plupart des traducteurs locaux n’ont accès qu’au français.Les autres versions mentionnées auraient pourtant été prises en compte à différents
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