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Droit des obligations dissertation : « La faute de l’enfant » corrigé examen

Droit des obligations dissertation : « La faute de l’enfant » corrigé examen

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Droit des obligations, Droit L2, dissertation : « La faute de l’enfant » corrigé examen
Droit des obligations, Droit L2, dissertation : « La faute de l’enfant » corrigé examen

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Dissertation : « La faute de l¶enfant »Eléments de correction
Remarques générales :- Les copies qui ont eu de mauvaises notes n¶étaient pas des dissertations. Il ne s¶agissaitabsolument pas d¶une question de cours, à laquelle il fallait répondre de manière « statique », pour montrer ses connaissances. Toute dissertation suppose de développer une problématique,en vous demandant d¶abord quel est l¶intérêt du sujet, puis en construisant votre devoir autour de cette problématique.- Tombant dans le travers d¶un simple exposé des connaissances, de très nombreuses copiesont consacré des développements qui étaient hors sujet : exposer de manière détaillée lerégime de la responsabilides parents, des associations, voire des instituteurs, conduisait àsortir du sujet. La dissertation n¶était pas « les dommages causés par l¶enfant », ce qui vousaurait en effet conduit à exposer les différents régimes d¶indemnisation. Le sujet portait sur « la faute de l¶enfant » : Comment définir la faute de l¶enfant ? Comment apprécier la faute del¶enfant ? Dans ce cadre, la responsabilité des tiers répondant des dommages causés par l¶enfant pouvait simplement être évoquée dans une sous-partie pour illustrer le recul de lafaute, qui n¶est plus exigée pour engager la responsabilité des parents, voire des associations àqui l¶enfant est confié à titre permanent. Cela rend plus critiquable encore la disparition del¶élément moral de la faute à propos de l¶enfant : c¶est inutile pour indemniser les victimes,qui s¶adresseront aux parents de l¶enfant pour obtenir réparation, sans avoir à démontrer unefaute de l¶enfant.Voici le plan qui pouvait être proposé.Introduction ± exposé de la problématique :«
 L¶enfance a des manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres ; rien n¶est moins sensé que de vouloir y substituer les nôtres, et j¶aimerais autant exiger qu¶un enfant eût cinq pieds de haut que du jugement à dix ans
»
1
. A lecture du constat que formulait Rousseau,on devine que l¶application des règles du droit de la responsabilité civile à l¶égard d¶un enfantn¶est pas chose aisée, tant il est vrai que l¶on ne peut attendre de lui le comportement d¶unadulte. Le juge, confronté à la difficulté dans le silence du code civil, a toutefois dû larésoudre, non sans hésitations. L¶enfant peut-il commettre une faute, au sens des articles 1382et 1383 du code civil ? La question suppose de se demander si le discernement de l¶auteur estrequis pour retenir sa faute. A cet égard, le mouvement d¶objectivisation de la responsabilitécivile a eu une portée sur les éléments constitutifs de la faute de l¶enfant (I). Si seul l¶élémentmatériel est aujourd¶hui requis, il reste à s¶interroger sur l¶appréciation du comportement del¶enfant (II).
1
J.J. Rousseau,
 Emile ou De l¶éducation
, livre II, 1762.
 
 
 I ± L¶objectivisation de la faute de l¶enfantSi traditionnellement, l¶enfant en bas âge, appelé l¶
infans
, ne pouvait commettre de fautecivile faute de discernement (A), cette solution n¶a pas résisté à l¶objectivisation de laresponsabilité civile, l¶
infans
 pouvant aujourd¶hui commettre une faute sans même mesurer la portée de ses actes (B).A. L¶irresponsabilité traditionnelle de l¶
infans
 - La responsabilité civile, qui a pu être perçue comme un instrument de moralisation desconduites individuelles, se rapprochait de la responsabilité pénale, par une sorte de parentéhistorique. De même que l¶auteur d¶une infraction n¶encourt aucune sanction s¶il étaitdépourvu de discernement au moment des faits, l¶auteur d¶un fait personnel dommageablen¶engageait pas sa responsabilité civile s¶il n¶avait pas l¶aptitude psychologique à comprendrela portée de ses actes, ce qui était précisément le cas de l¶enfant en bas âge. Cette solution pouvait alors donner lieu à des discussions pour déterminer, dans chaque circonstance, sil¶enfant avait ou non atteint l¶âge de raison, aucun seuil n¶étant naturellement fixé.
Voir : A. TUNC, « L¶enfant et la balle », JCP 1966 I 1983, cité en cours
- Cette conception n¶a toutefois pas résisté à l¶évolution de la responsabilité civile, qui viseà indemniser une victime plus qu¶à sanctionner l¶auteur d¶une faute. La loi du 3 janvier 1968,insérant un article 489-2 au sein du code civil, a ainsi apporté un élément décisif à ladiscussion, en disposant que : «
celui qui cause un dommage à autrui alors qu¶il était sousl¶empire d¶un trouble mental n¶en est pas moins obligé à réparation
»
2
. C¶est en somme uneconception objective de la faute civile qui était ici consacrée, la condition d¶imputabilité ayantété abandonnée à l¶égard des personnes atteintes d¶un trouble mental. En toute rigueur, ilfallait donc s¶attendre à une évolution de la jurisprudence quant à l¶élément moral de la fauteà l¶égard de l¶enfant. La solution n¶était pourtant pas évidente, car elle n¶est guère favorableaux enfants victimes, dont la faute peut être opposée pour limiter voire exclurel¶indemnisation.B. La responsabilité actuelle de l¶
infans
 - Après avoir maintenu quelque temps sa jurisprudence, un revirement fut réalisé par lesarrêts Lemaire et Derguini, rendus par l¶Assemblée plénière, qui énoncent que les juges dufond ne sont pas tenus de vérifier si l¶enfant était capable de discerner les conséquences de sesactes pour retenir sa faute. Dans l¶affaire Lemaire, un enfant de treize ans avait été électrocutéalors qu¶il vissait une ampoule, sans avoir préalablement fermé le disjoncteur. L¶électricien,qui avait commis une erreur dans le montage de la douille, a ainsi pu se prévaloir de la fautede l¶enfant pour limiter l¶indemnisation. De la même manière, la faute de la jeune FatihaDerguini, âgé de cinq ans, qui s¶était élancée sur la chaussée avant de faire demi-tour, a puêtre opposée pour limiter l¶indemnisation due par le conducteur du véhicule, qui l¶avaitheurtée et mortellement blessée. Notons que la solution ne serait plus identique par application de la loi du 5 juillet 1985, bien plus favorable aux victimes, en particulier lorsqu¶elles n¶ont pas la qualité de conducteur et qu¶elles ont moins de 16 ans.
2
Cette disposition figure aujourd¶hui à l¶article 414-3 du code civil.
 
 
- La solution, si elle est d¶une logique apparente, n¶est donc guère satisfaisante lorsquel¶enfant est victime. En outre, elle n¶est guère utile lorsque l¶enfant est l¶auteur du dommage,dès lors que sa faute n¶est plus requise pour engager la responsabilité de ses parents, voire del¶association à qui est confié à titre permanent l¶enfant. En dépit des critiques, la Cour decassation a toutefois maintenu ce cap
3
.A défaut de pouvoir invoquer le défaut de discernement, l¶étude de l¶élément objectif de lafaute prend alors toute son importance.II ± L¶appréciation de la faute de l¶enfantComment apprécier la faute de l¶enfant ? Si la Cour de cassation semble prôner uneappréciation abstraite de la faute (A), la solution est toutefois souvent tempérée par les jugesdu fond prenant en compte l¶âge de l¶enfant, pour retenir une appréciation plus concrète de lafaute (B).A. L¶appréciation abstraite de la fauteA s¶en tenir à une approche abstraite, en comparant le comportement de l¶agent à celuid¶un homme prudent et avisé, on devine que la faute de l¶enfant sera facilement retenue. C¶estqu¶un enfant n¶est précisément pas un être parfaitement raisonnable faute d¶avoir souventatteint l¶âge de raison, et l¶on ne peut attendre de lui qu¶il adopte l¶attitude du bon père defamille. La jurisprudence se révèle ainsi étonnamment sévère à l¶égard des enfants, la simpledésobéissance ou la turbulence à l¶occasion d¶un jeu ayant pu, par exemple, caractériser lafaute d¶un jeune enfant. NB : Vous disposiez ici d¶un exemple cité en cours : Cass, 2
ème
civ, 28 février 1996, Bull.II n° 54 et D. 1996, p. 602 note Duquesne.En l¶espèce, une enfant jouait visiblement à cache-cache. La petite Sonia, âgée de 8 ans, étaitcachée sous la table. Elle en sortit brusquement, et bouscula un certain David, mineur, quitenait une casserole d¶eau bouillante. Sonia est brûlée. Les juges du fond ont considéré qu¶iln¶y avait pas de faute de la victime, qui devait donc être totalement indemnisée. Ils précisentque «
le comportement de l'enfant, compte tenu de son jeune âge, ne peut être considérécomme constituant une faute ayant concouru à la réalisation de son dommage puisqu'il était  parfaitement prévisible et naturel dans le contexte au cours duquel il s'est produit 
».La Cour de cassation censure cette analyse, en considérant «
qu'un tel comportement constituait une faute ayant concouru à la réalisation du dommage »
.Cette prise en compte de la faute de l¶
infans
, si elle est en phase avec la faveur donttémoigne notre droit envers les victimes lorsque l¶enfant est l¶auteur d¶un dommage, n¶estguère acceptable lorsqu¶il en est victime. Aussi les juges du fond tempèrent souvent lasolution en retenant une appréciation plus concrète de la faute de l¶enfant
3
Voir, notamment, cité dans le code : Cass, 2
ème
civ, 28 février 1996, Bull. civ. II n° 54, D. 1996, p. 602 note F.Duquesne ; RTDCiv. 1996, p. 628, obs. P. Jourdain ; D. 1997, Somm. p 28 obs. D. Mazeaud ; JCP 1996, I 3985 n° 14, obs. G. Viney ; Cass, 2
ème
civ, 19 février 1997, Bull. civ. II n° 54. Les juges du fond semblent cependantse départir parfois de cette analyse. Voir notamment, affirmant qu¶il ne peut être reproché une quelconque fauteà un enfant de deux ans et demi: CA Chambéry, 12 avril 2005, Resp. civ. et assur. 2005, comm. 314.D. 1996, p. 602, note F. Duquesne ; D. 1997, Somm. p. 28 obs. D. Mazeaud.
 

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