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la même. expérience, car l'Orthodoxie, dans l'Histoire, est le lieugéométrique vivant de la plénitude divine.Saint Séraphim a vécu en Russie, vers la fin du XVIIème siècle, débutdu XVIIème. Il passa la plus grande partie de sa vie dans les forêts,comme ermite ou anachorète. Ce n'est qu'assez tard qu'il s'ouvrit aumonde extérieur, commença sa vie de staretz (maître spirituel) et se mit àdiriger les âmes. Des foules vinrent alors vers lui.Il avait un don de prophétie et de clairvoyance tout à faitextraordinaire, et un don de connaissance directe, pour ainsi dire, deschoses. Il s'adressait à ses visiteurs presque toujours en ses termes: " Ma joie, Christ est ressuscité! ". Parfois, il connaissait, sans qu'on lui ait dit,le nom et les questions intimes de ceux qui venaient quérir son aide, et illeur donnait des conseils, non seulement sur leurs problèmes spirituels,mais aussi sur leurs problèmes domestiques, toujours dans les termes dela plus profonde tendresse. Ses miracles furent également nombreux.Il mourut dans la nuit du 1er au 2 janvier 1833, nuit qu'il passa enprière. On le trouva à l'aube, à genoux, les doigts croisés sur l'Évangileouvert, la tête penchée en avant. On s'aperçut qu'il était mort en prière.L'humilité de saint Séraphim n'avait d'égal que la richesse de son cœuret la profondeur de sa compréhension. Son enseignement nous intéresseparticulièrement, quoi qu'il n'ait rien écrit lui-même. La tradition a faitvoguer jusqu'à nous sa mémoire et ses paroles. Dans le texte que nousprésentons ici, nous voudrions attirer l'attention sur quelques pointsparticuliers.Le but de la vie chrétienne est l'acquisition du Saint Esprit reçu et vécuexpérimentalement par nous. Ce but dépasse l'obéissance, la moralité, laconnaissance. Les vertus et les bonnes œuvres en elles-mêmes ne sauventpas l'homme; nous devons chercher Dieu.Ce que nous appelons faire la charité, faire le bien, n'a pas de valeurcéleste si nous le faisons en dehors de Dieu. Ce n'est ni par émotivité, nipar idéalisme, ni par intérêt qu'il nous faut parvenir à agir, mais par Dieuen nous, dans l'union de nous et de Dieu. Tant que Dieu n'est pas " sourceen nous ", nos actes sont le fruit de notre psychologie, au lieu que notrepsychologie s'efface pour laisser agir la nature spirituelle . Ce ,chemin,quoique simple, est long et difficile. Il est conforme à la tradition "hésychaste ", qui nous apprend à sortir du " mental " et à faire descendrel'intellect dans le cœur, pour y vivre leurs ineffables " noces ".
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