Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
2Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Cadi#1 Design d'expérience - Janvier 2008 (FR)

Cadi#1 Design d'expérience - Janvier 2008 (FR)

Ratings: (0)|Views: 150|Likes:
Premier numéro du cahier de recherche en design CADI par L'École de design Nantes Atlantique sur le thème "Design d'expérience" - janvier 2008, version française. Contributeurs : David Bihanic, Yann Le Guennec, Régine Charvet-Pello
Premier numéro du cahier de recherche en design CADI par L'École de design Nantes Atlantique sur le thème "Design d'expérience" - janvier 2008, version française. Contributeurs : David Bihanic, Yann Le Guennec, Régine Charvet-Pello

More info:

Published by: L'École de design Nantes Atlantique on Jan 16, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

04/04/2014

pdf

text

original

 
cadi
 C a h  i   e  r  d  e  r  e  c  h  e  r  c  h  e  d  e  l  ’   É   c  o l   e  d  e  d  e  s  i   g n N a n t  e  s  A  t  l   a n t  i   q u e 
nu m é  r  o 1 
- 3  , 5  0 
 €  
 D e  s  i   g n d '   e  x p é  r  i   e  n c  e  j   a n v i   e  r  0  0  8 
 
CADI, c’est quoi?
Une question centrale se pose aujourd’hui dans tous les établissements d’enseignement supérieuren design : quels sont les savoirs mobilisés dans la formation des futurs designers, d’une part,et quelle connaissance peut être dégagée de cette activité de transmission, d’autre part ?Cette interrogation forme le substrat d’une politique de recherche en design au sein de l’Écolede design Nantes Atlantique, pragmatique et résolument ancrée dans un contexte culturel,scientifique et économique.Les cahiers de recherche de l’École de design Nantes Atlantique, «CADI», seront un espacede diffusion des réflexions et travaux de production de la connaissance en cours au seinde notre établissement, mais également le témoignage de la diversité et de la qualité des apportsscientifiques convoqués dans le projet de design.Ambitieux sur le fond, responsables dans la forme, nous nous proposons de partagerune interrogation thématique forte deux fois par an, en alternant contributeurs interneset personnalités extérieures.Ce rythme semestriel sera ponctué une fois l’an par un numéro spécial dédié aux témoignagesd’experts scientifiques ayant pu encadrer des travaux de fin de cycle de nos étudiants.Ce numéro sera ainsi l’occasion de partager une vision de leur domaine d’expertiseet des problématiques contemporaines, et ce à partir du projet de design.Et comme il ne saurait y avoir aujourd’hui de questionnement en matière de designqui ne puisse être partagé globalement, «CADI» est intégralement bilingue françaiset anglais dans une volonté clairement internationale.Le premier numéro est organisé autour d’une notion et d’un terme, «Design d’expérience».Davantage usité en territoire nord-américain et largement issu de pratiques liées aux technologiesde l’information, ce terme fait écho à certaines notions philosophiques fondamentales.Il nous questionne sur la nature même de l’expérience comprise comme objet d’une pratiquede conception. C’est le sens et l’ambition de la réflexion que nous propose David Bihanicdans un texte intitulé « De la réalité de l’expérience », où il sera question de définir l’expériencecomme interrogation de la réalité projetée et actualisation de celle-ci par les sensations.Dans le fil de cette même interrogation, Yann Le Guennec nous soumet une réflexion intéressantesur une position possible du designer comme facilitateur de situations permettant une implicationdifférente des acteurs d’un système complexe plutôt que comme démiurge omnipotent, résuméedans le terme « metadesign ».Nous conclurons enfin par un entretien avec Régine Charvet-Pello, directrice de l’agence de designRCP Design Global, qui nous évoque le développement et la mise en application d’une méthodologiede conception basée sur la qualité de l’expérience sensorielle.Nous espérons que la lecture de ce premier cahier vous apportera autant de plaisir que nous avonseu à le construire. N’hésitez pas à nous questionner et à nous transmettre vos remarques,nous en prendrons connaissance avec beaucoup d’intérêt.Bonne lecture,F. Degouzon & J. Le Bœuf 3
 
Pour le dire, il nous faudrait pouvoir démontrer que le rêve n’est pas une pensée ni un objetcontre l'expérience, qu’il ne relève pas d’une échappatoire à la réalité mais engage formellementdes (pré-)
visions
du monde (des réalités vraisemblables) recourant à la formulation d’hypothèses,de suppositions et autres «calculs» de prémonitions. Le rêve se saisirait alors
réellement 
au cœurd’une reformulation de l’expérience comme
devenir
(“experiencing”
7
) : l'expérience deviendraitun ensemble de données variables présupposant une succession de plusieurs résultats
effectifs
dans le temps. La réalité de l’expérience ne proviendrait alors aucunement de l’expériencede «quelque chose» mais bien plutôt d’une «méta-expérience» (sorte d’expérience de l’expérience)
8
intégrant de nouveaux environnements et contextes d’échange ainsi que de nouvelles formesde relation aux objets, devenus intelligents
9
.
7
L’“experiencing” (sous sa forme anglaise en « ing ») est un processus permanent, en perpétuelle actualisation.
8
Voir John D.Mayer et Yvonne N. Gaschke, “The Experience and Meta-experience of Mood”,
 Journal of Personality and Social Psychology
, Vol. 55, N°1, 102-111, 1988.
9
En référence à la généralisation des réseaux de télécommunication ainsi qu’à la production croissante d’objets-terminaux mobilesconnectés concourant aujourd’hui à l’émergence d’une forme de présence ubiquitaire. Ces objets technologiques sont aujourd’hui«capables de sentir et d'agir sur leur environnement (qu'il s'agisse d'un espace physique, d'une machine, d'une chaînede production ou de notre corps), ainsi que de se relier en réseau les uns aux autres.», extrait de «ProspecTIC 2010 / 1.6 - Robots,agents, objets “intelligents”et communicants», FING (Fondation Internet Nouvelle Génération), 17 octobre 2005, [en ligne],(page consultée le 16/06/07), Adresse URL : <http://www.fing.org/jsp/fiche_actualite.jsp?CODE=1127926471870&LANGUE=0>
Percevoir les événements de la réalité n’entraînerait donc plus ici une «simple» lecture du réelmais également son actualisation par la pensée. C’est précisément ce passage, ce lien «articulé»entre une réalité de l’expérience du rêve et une réalité du réel, comme espace «scénologique»d’un aménagement de possibles, qu’interroge Ferdinand Gonseth au travers de la fable de «la maisonrêvée»
10
. Ferdinand Gonseth y retrace l’histoire d’un maître bâtisseur désirant réaliser la maisonde ses rêves, celle à laquelle il a toujours songé. Pour accomplir un tel ouvrage, les ouvriers en chargedes travaux demandèrent à ce que le maître leur fournisse un plan de l’édifice ainsi qu’une descriptionprécise des matériaux qu’ils allaient devoir utiliser. L’architecte alors chargé de cette mission réalisaun plan «ordinaire», ne figurant aucune recherche de nouveauté ni d’originalité. Quelques jours plustard, le maître, venant s’enquérir de ce plan, remarqua avec stupeur la «divergence» de point de vue(présentée comme une véritable contradiction) entre le dessin réalisé par l’architecte et la maisonqu’il avait imaginée. Il rétorqua alors qu’une personne dénuée d’exigence pourrait parfaitements’en satisfaire mais que, pour sa part, il lui était tout à fait impossible de sacrifier la
beauté
de ses rêves à la pauvreté d’une réalité du réel ainsi « projetée ». Ne sachant plus que direni que faire, l’architecte s’éleva contre un projet relevant apparemment pour lui d’une impossibleambition, celui de faire d’un rêve une réalité : «ton rêve est-il réalisable ? [s’écria l’architecte]».Le maître, décidé à lui faire part de ses désirs personnels, convint finalement qu’un tel projetne pouvait aboutir sans entreprendre au préalable une révision complète des méthodes et processusde conception. Ils examinèrent donc ensemble la meilleure conduite à suivre pour accomplirce passage d’un rêve à sa «transformation» réelle. Après de nombreuses tentatives, le maître décidafinalement d’en retenir une qui semblait répondre, en partie seulement, à ses attentes : «Ce dernierplan me suffit [conclut le maître]. Je ne puis en attendre indéfiniment un meilleur.»
10
Ferdinand Gonseth,
La géométrie et le problème de l'espace
, Cahier I : «La doctrine préalable»,Le Griffon, Neuchâtel, 1945, pp. 56-57.
La moralité d’une telle histoire renverrait alors à l’éloge d’un nouveau formalisme, d’une méthodedira Ferdinand Gonseth, recherchant (probablement indéfiniment) une adéquation toujoursinsatisfaisante entre «une pensée inachevée et un réel en voie de constitution». Autrement dit,il ne s’agirait donc pas de croire en l’aboutissement d’une démarche de formalisation «concrète»des rêves mais bien plus de parvenir à traduire le niveau de distanciation qui naît de tout projetd’idées (qu’il relève d’un projet d’architecture ou de design) confronté à ses applications réelles.Car, si le rêve (comme forme d’expression idéelle) ne produit pas «en propre» une réalité neuve,il y témoignerait peut-être (au détour d’interprétations) de sa présence
absente
pesant néanmoinssur le monde, faisant de la réalité elle-même le lieu de «projection» de son idéal : «Sous le monde réel[écrivait Victor Hugo], il existe un monde idéal.»54
DE LA RÉALITÉDE L’EXPÉRIENCE
David Bihanic
«Tout ce que nous voyons ou croyons n'est qu'un rêve dans un rêve.»
1
Dépassant le concept de simulation illusoirement et «projectivement» corrélée au réel, le designd’expérience parviendrait de nos jours à aménager de nouveaux espaces de conception. Réclamantla participation d’une multiplicité de sensations, il définirait une formalisation «globale » supposantune implication du sujet «agissant» (en faveur d’une «expérience holistique»). Il engagerait alors,par le
sentir
, d’autres champs de valeurs et de significations déplaçant l’ensemble des opérationsd’interaction, d’échange (servant habituellement les fonctions de communication) au seind’un processus d’appropriation, de réalisation de l’expérience. Cette dernière fournirait ainsi au sujet«(inter)agissant» de quoi se reconnaître lui-même. L’exposant à une «événementialité»
2
,elle engagerait le sujet au cœur d’un processus d’identification de soi dans la relationqu’il établit à son environnement. L’expérience, ayant valeur d’ «introjection»
3
(comme réalitéfantasmée, rêvée), se verrait donc ici confrontée à la réalité de l’événement. Elle tracerait alorsun passage allant du
sensible
au
sens
passant par l’identité du sujet (servant égalementsa «constitution»). Le design d’expérience parviendrait donc ainsi à définir une nouvelle réalitédu réel au travers de l’expérience entremêlant ce qui relevait jadis du
dedans
et du
dehors
(comme espace et lieu de réalité). Ramenant à une manifestation de l’événement et corrélativementà la «réalisation» du
soi
, il convoquerait par là la nécessité du rapport entre expérienceet subjectivité, entre événement et signification.
1
Extrait d’un poème d’Edgar Poe datant de 1827 intitulé “A Dream within a Dream [Un rêve dans un rêve]” (trad. S. Chabrières).
2
En faveur d’une réalité objective de l’événement ; selon la définition de Bill Readings faisant suite à Jean-François Lyotard :“The fact or case that something happens, after which nothing will be the same again.”Bill Readings,
Introducing Lyotard. Art and Politics
, Routledge, 1991, p. xxxi.
3
Ce concept psychanalytique, introduit en 1909 par Sándor Ferenczi dans un célèbre article intitulé «Transfert et introjection»*,renvoie au «statut» du moi comme représentation du
dedans
et du
dehors
(en faveur d’un idéal du
moi
).* Voir Sándor Ferenczi, « Transfert et introjection », in
Psychanalyse I 
, Oeuvres complètes - Tome I : 1908-1912, Payot, Paris,1968, pp. 93-125.
LA VIE RÊVÉE
Les réalités «visées» par le design d’expérience parviendraient à transformer la conscience qui perçoitet se représente le monde. Dotée de nouvelles formes d’intentionnalités (au sens phénoménologiquedu terme), cette dernière s’ouvrirait à des espaces à la fois mouvants, multiples et infinis parvenantà «nous»
distraire
du réel sans pour autant nous en détourner. Ne désignant donc pas une formeséparée de l’ « exister », la conscience (saisie dans l’expérience) renverrait ici à la découverted’un nouvel imaginaire du réel.Le design d’expérience définirait alors une «mise en situation/scène» des formes «premières»de l’expérience (reliant la perception à l’imagination) favorisant l’apparition de réalités «activables».Faisant du réel le lieu par essence de l’expérience, il témoignerait ainsi d’une volonté d’utopie venantcompléter, transformer le monde en changeant la vie : «[…] une utopie nécessaire pour vivre l'instantprésent dans la perspective de son dépassement»
4
. De l’expérience naîtrait donc une réalité revêtantla forme «transfigurale» du rêve, celui d’un «rêve habité» duquel surgiraient de nouvellesorganisations du sens «expérientiel» ouvrant à d’autres fonctions du réel (susceptiblesde le transformer) — nous objectons à l’inutilité des sensations l’émergence d’une puissancede la «réalité effective», celle-là même décrite par Olivier Long comme «puissance d'événementimmanente au réel [à propos du virtuel]»
5
. Dès lors, de nombreuses interrogations émergentde la tension entre l'incertitude propre à l’expérience
6
du rêve, celui d’un agencement de possibleset les conditions de sa relève « réalisante » par le design : comment l’expérience du rêve (entenducomme projection idéelle d’un
futur
) accède-t-elle à l’expression de la réalité elle-même?Comment cette réalité de l’expérience (dont nous nous réclamons) peut-elle nous affecteraussi durablement que le réel?
4
Michèle Riot-Sarce,
Le réel de l'utopie, essai sur la politique au XIX siècle
, Paris, Albin Michel, 1998, Avant-propos.
5
Voir Olivier Long, «L’intelligence artificielle : une idiotie?»,
Figures de l’Art 
, n°6, 1er janvier 2002.
6
En raison de sa dimension intérieure vivante et sensible.

Activity (2)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->