La Litterature Populaire Vietnamienne3
AVANT - PROPOS
I.-Dans notre précédent ouvrage “
Les chefs d’œuvre de la littératurevietnamienn
e”, nous nous sommes efforcé de révéler au lecteur étranger les trésors de notre ancienne littérature écrite. Bien que nous ayonsrésolument voulu nous cantonner dans le modeste rôle de traducteur,nous avons été amené par la force même des choses à exposer sommairement l’état d’âme des anciens lettrés, leur conception de la vie,leurs règles morales, leurs joies et leurs tristesses. Et bien que la classedes lettrés fût la classe dirigeante de la nation, il apparut, nous l’avonsremarqué, que ses œuvres littéraires n’ont traduit que très impar-faitement l’âme véritable du peuple vietnamien pris dans son ensemble.Héritiers et défenseurs des doctrines philosophiques venues de Chine,les lettrés vietnamiens se sont tenus quelque peu à l’écart des puissantscourants d’idées et de sentiments qui brassaient les couches profondesde la nation. Bien entendu, entre l’apport chinois et le fonds national, il ya eu sans cesse, surtout à partir du milieu du 18ème siècle, des échangescontinus, insuffisants toutefois pour permettre à la littérature des lettrésde représenter à elle seule le Vietnam d’autrefois.D’autre part, le lecteur a pu remarquer que les œuvres des lettrésont surtout traité des sujets métaphysiques, psychologiques et moraux :la famille, la patrie, l’amour, le destin de l’homme, la vanité des choseshumaines, etc, mais qu’il y est parlé très peu de la vie sociale etéconomique du peuple Vietnamien, de ses us et costumes. C’est là uneattitude aristocratique de lettré, certes, mais aussi une lacune regrettable,heureusement comblée par la littérature populaire.L’étude de celle-ci promet donc d’offir un intérêt psychologique etsociologique considérable.