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01/19/2011

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Lettre de Jean Vanier
Lettre de Jean Vanier - septembre 20101
Trosly, septembre 2010Chers amis,
Les hirondelles sont pares, oui elles sont pares! Le nid est vide. Ici àOrval, tous les jours, je venais voir ces trois ou quatre petes hirondellesdans leur nid. Au fur et à mesure que maman hirondelle les nourrissait avecson grand bec, ses petes grandissaient. Elles étaient de moins en moins àl’aise dans leur nid, entassées les unes sur les autres. Au moment venu, cespetes ont commencé à voler sans leçons de leurs parents, la nature estcomme cela. Le vol de la liberté. Puis les hirondelles sont pares, le nid estvide et plus tard semble-t-il, elles vont parr pour le soleil de l’Afrique; ellesreviendront le printemps prochain pour faire leurs nids à leur tour. C’est ainsi la vie. On naît, on grandit, onvoyage, on bât sa maison, on est fécond, les pets s’en vont et puis on s’envole vers un ciel, un autre ciel.C’est comme cela pour nous tous. L’an dernier, je vous parlais de l’envolvers Dieu, le 24 août, de Jacqueline d’Halluin. Cee année, c’était l’envol demon frère Bernard, un an et demi plus âgé que moi. Il vivait au sud de Paris.J’aimais tellement aller le voir quand je le pouvais, hélas pas très souvent.C’est Laurence, sa lle que j’aime beaucoup, qui nous faisait alors la cuisine(des huitres et toujours un gigot d’agneau). Bernard et moi, quand nouséons jeunes, éons très proches. Nous dormions dans la même chambreet nous faisions plein de bêses ensemble. Alors à Marcoussis, où Bernardvivait, nous parlions en riant de nos bêses d’enfants. Cela nous faisait dubien. Il y avait comme une connivence entre nous. À 13 ans, je suis par pourl’Ecole des ociers de marine en Angleterre. Par la suite, nos routes ne sesont pas beaucoup croisées mais nos rencontres étaient toujours joyeuses.Son départ m’a touché. J’ai perdu un frère qui était aussi un ami. Merci àtous ceux qui m’ont écrit des mots de sympathie à l’occasion de son décès.C’est le cycle de la vie: nous sommes programmés pour grandir mais aussi pour s’aaiblir et puis pourmourir.
 
Il y a aussi l’évoluon de l’humanité et de l’univers – ce que les hirondelles n’ont pas! En eet, leur espècene semble pas beaucoup évoluer. Les premiers hommes et femmes, qui semble-t-il, sont nés en Afrique ily a des millions d’années, se sont répandus à travers la terre et se sont constués en groupes, en clans, entribus avec leurs cultures, leurs tradions. Il y avait des conits à l’intérieur des tribus et entre les tribus;il y avait des meurtres et il y avait des guerres. Ces êtres humains, hommes et femmes, ont progressé, ilsont découvert plein de choses, ils ont grandi en connaissance et parfois en sagesse. Ils étaient incapablesde rester enfermés dans la nitude. Il y a dans le cœur humain et dans l’intelligence humaine, un désir des’ouvrir vers l’universel, l’universel horizontal mais aussi l’universel vercal. Une recherche pour le sens, la
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Lettre de Jean Vanier - septembre 2010 22
source et la nalité de la vie. Oui, il y a eu cee extraordinaire évoluon de l’humanité en maturité plusgrande et parfois en déchéance à travers des millions et des millions d’années. Chaque généraon découvraitdes choses nouvelles. Cee évoluon a été belle et profonde mais aussi douloureuse. Les armes en bois sontdevenues des armes nucléaires aujourd’hui.La relaon entre les êtres humains s’est transformée, elle a mûri, elle évolue vers plus de douceur et detendresse, vers un accueil mutuel les uns des autres et parallèlement, on observe des formes nouvellesde violence. Les liens qui unissaient les gens les uns aux autres, ont été aaiblis par un désir de libertépersonnelle et individuelle. L’évoluon est belle et douloureuse.Il y a aussi l’évoluon de L’Arche. C’est vrai que j’ai été le premier à accueillir deux personnes, Raphael etPhilippe venant d’une instuon où ils souraient, pour vivre avec elles et créer une nouvelle forme decommunauté. Cela m’a pris du temps pour me considérer comme fondateur car je ne savais pas où j’allaisni comment L’Arche pourrait ou devrait se développer. Aujourd’hui, 46 ans après, je peux dire que je suis leplus heureux des fondateurs! Je n’ai plus de responsabilité dans l’organisaon de L’Arche, Jean-Christophe etChrisne sont au gouvernail de l’ensemble de nos communautés. Je suis émerveillé de leur sagesse, de leurfaçon de conduire l’ensemble. Je suis dans l’acon de grâce pour eux et pour tous les autres responsablesqui portent la vie internaonale, la vie des communautés, comme je suis dans l’acon de grâce pour ceux etcelles qui font pare de cee grande famille, qui veut être un signe d’une évoluon vers la paix et vers l’unitédu genre humain, non pas par la force mais par l’amour.Je peux dire la même chose pour Foi et Lumière. Je ne suis plus dans une communauté de Foi et Lumière maistout ce que j’entends de ces communautés me donne beaucoup de joie. Les plus faibles et les plus vulnérablesconnuent leur mission d’amour pour ouvrir les cœurs et pour donner une vision nouvelle de notre société.Une société où ce n’est pas la force et le pouvoir qui doivent dominer mais une vie d’amour pour chaquepersonne telle qu’elle est. J’encourage Marie-Hélène Mathieu à connuer à écrire son livre sur l’histoire deFoi et Lumière. Je peux vous assurer, ayant lu certaines pares, que ce sera un livre merveilleux!Je suis profondément heureux avec ma vie, je ne voyage pas en dehors de la France (sauf pour venir àOrval!). C’est vrai que j’aurais tant aimé visiter Jacqueline Sanon et les communautés d’Haï et d’autrescommunautés dans le monde. Mais, il fallait, je crois, que je cesse de prêcher la vie communautaire pour lavivre tout simplement dans mon foyer et ma communauté. Ne plus parler de la force et de la faiblesse quihabitent chaque personne mais les vivre dans mon propre corps quand mes jambes sont faguées et la têteembrouillée. Accueillir progressivement la faiblesse et non juste la subir; accueillir la réalité avec joie et savoirréagir avec sagesse car c’est dans la réalité qu’on trouve Dieu et le vrai bonheur.À la n du mois de juillet, jai donné ma démissioncomme Président du Conseil d’Administraonde la Ferme. C’était un cadeau pour moi d’êtreun souen pour Odile Ceyrac à la naissance dela nouvelle Ferme en 2000 puis, pour VeronikaOrubay qui l’a suivie comme responsable en2006. C’est Jean-Claude Mallet, un ami de longuedate, qui a pris ma succession. J’en suis si heureux!Ma joie est de pouvoir connuer à y donnerdes retraites, de parler de l’Evangile et de Jésusprésent dans les personnes les plus démunieset de la beauté cachée dans chaque personnequelles que soient ses faiblesses et ses dicultés.Mon rôle aujourd’hui c’est d’essayer de vivre etd’annoncer L’Arche par ma vie, par les pets gestes
repas au Val Fleuri, Trosly © Elodie Perriot 

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