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AMOUR ET AMITIE – I
(Père François Potez)
 Je t’aime… C’est un super-pote… Lui et elle, ils sont « ensemble » depuis plus d’un an…C’est avec elle que je suis sorti deux ou trois fois… Elle, c’est ma meilleure amie… Lui ? Il sela joue un peu mytho !…
Comment se repérer dans ce dédale d’expressions vagues qui ne disent plus grand chose ?Comment décoder un vocabulaire totalement piégé, employé à tort ou à travers ? Commentaider, guider ou se guider soi-même ? Comment faire la différence entre une amitié pure,stable, saine, gage du vrai bonheur, et ces relations amicales ou amoureuses qui empoisonnentsouvent la vie, après avoir grisé un temps ?L’Amitié est-elle seulement possible ? Les médias, les rallyes ou l’Eglise ont des positions etdes discours si souvent contradictoires dans ces domaines !… Pourquoi faut-il que lasouffrance se mêle toujours de ces questions-là ?…Voici quelques pistes pour démêler tout cela et y voir un peu plus clair (1)
I – Débroussaillage.*Une distinction essentielle d’abord :
-
l’amitié est toujours réciproque
, sinon ce n’est pas une amitié. Et c’est une relation personnelle, de personne à personne. Elle se découvre progressivement.-
 L’amour, lui, n’est pas toujours réciproque.
C’est un « mouvement vers », un élan. Il peut devenir, quand il est plus parfait, un choix, une décision, un engagement.
*Mais il faut détailler davantage :
 
1 – Les degrés dans l’amour, en généralLe verbe aimer a plusieurs sens : il est évident que je n’aime pas mon chien comme j’aimele bon vin, et que l’amour de Dieu n’a pas grand chose à voir avec l’amour de soi…Il y a donc plusieurs degrés dans l’amour :-
l’amour instinctif.
J’aime dormir, j’aime manger ; c’est instinctif. Facile…-
l’amour affectif.
Ici, c’est beaucoup plus complexe. Entrent en ligne de compte lesensible, l’imaginaire, la mémoire, la passion et toute la psychologie en général.J’aime un bon verre de bière, dans un bon fauteuil, devant un beau coucher de soleilsur une mère bien bleue. J’aime Mozart… ou les Beatles. J’aime Fabiolon : c’est mon petit chien à moi… Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…-
l’amour spirituel.
Là, ce n’est pas facile, parce que c’est presque trop simple. Jel’aime. Point. Qui ? Un ami, une amie, Dieu. C’est réfléchi, c’est libre, c’est grand,c’est clair. Mon intelligence et mon cœur (ma volonté), ma conscience sont tout entiersimpliqués dans cet amour. C’est moi qui aime, avec tout ce que je suis, toute ma personnalité : « Je » aime. A ce degré, et à celui-là seulement, l’amour peut-êtrequalifié véritablement d’amour humain.
 
2 – Points communes dans l’amour en généralBien entendu, si c’est toujours le même verbe « aimer » que j’emploie, c’est qu’il y a des points communs :
l’attirance d’abord 
, qui est toujours le point de départ de tout : le gros plat de nouillesqui m’attire, quand j’ai faim ; Fabiolon aussi, qui sait susciter les caresses ; Patrick,Sophie ou…aussi – je n’insiste pas ! Et Dieu aussi après tout, mais là, c’est différent ;c’est surnaturel et ça ne se sent pas.Trois questions pour voir plus clair :- De quelle manière suis-je attiré(e) ?
-
Qu’est-ce qui est attiré en moi ?- Qu’est-ce qui m’attire dans telle chose, ou chez untel, chez unetelle ?
la réponse
: Toute attirance demande une réponse positive ou négative, et ceci à chaquedegré :-manger, dormir ? « J’en ai besoin ». Ou au contraire, « pas maintenant, ce n’est pas lemoment ».-au plan affectif : « J’ai envie, je craque ». Ou au contraire, « je goûte avec mesure, meretiens ».-au plan spirituel : « Je veux, je choisis ». Ou « non, je ne veux pas. »
 La conséquence
: enfin, ou le fruit qui caractérise l’amour, à tous les degrés : laconséquence d’un amour instinctif (disons aussi besoin naturel) bien mesuré, c’est lasanté. Le fruit de l’amour sensible, c’est le plaisir (qui n’est pas toujours mauvais !). Et lefruit d’un amour spirituel bien vécu c’est la paix et la joie. Disons même carrément, le bonheur.3 – Les quatre grandes étapes de l’amour A ces différents degrés d’amour, à ces différentes espèces d’amour, correspondent engénéral dans le temps, quatre grandes étapes. Ces étapes marqueront et qualifieront la maturitéen même temps que la perfection de l’amour.
l’amour de soi
S’aimer soi-même est élémentaire mais ce n’est en vérité par si fréquent. C’est l’enfantqui se situe lui-même au centre du monde, à la fois réel et imaginaire (c’est tout un pour lui).Il n’a pas pris encore la mesure de l’altérité, de ce qui n’est pas lui. Mais il a besoin de repèreset de références fortes et stables, à commencer par ses parents et sa famille.
l’amour de l’autre pour soi
C’est la recherche en quelque sorte d’une compensation affective : tout amour commence par un certain manque, c’est vrai. Certains désirs, en particuliers des sirs sensibles,apparaissent à l’âge de l’adolescence et sont nouveaux. Il faudra les assumer, sans se laisser engloutir. Ca non plus, ça n’est pas simple et on aura besoin de l’aide bienveillante etréconfortante des aînés.
 
l’amour de l’autre pour lui-même
On se met à chercher vraiment le bonheur de l’autre, aux dépens même éventuellement deson propre bonheur (en apparence tout au moins). seulement commence l’amour véritablement humain. C’est Jésus qui en donne le secret : «
Tout ce que voudriez que l’on fasse pour vous, faites-le aux autres
». Et c’est Lui encore qui nous en donne la force. Car «
 sans moi, vous ne pouvez rien faire
» dit-Il.
 Avec celui /celle qu’on aime, l’amour des autres
C’est l’ouverture aux enfants, à la société. Faute de parvenir à cette étape ultime, on pourra bien vivre un très bel amour, il sera encore un peu individualiste : c’est la mort de la famille etde la société.-Ces amis qui s’aiment beaucoup mais qui ne s’ouvrent pas au groupe ou à lacommunauté : ils sont toujours à part…-Ces époux qui ne veulent pas d’enfants, ou pas trop, ou pas pour le moment : ilmanque une dimension essentielle à leur amour. L’amour véritable commencer avecl’ouverture et l’accueil d’un troisième.-Ces chrétiens qui se réclament de l’amour du Christ mais qui ne veulent pas entendre parler de l’Eglise.
II – L’Amitié.
Là aussi, il faut faire le tri… car il y a amitié et amitié !1 – Les amitiés qui ne durent pas toujours.Pour ne pas dire qu’elles sont éphémères… ce ne sont pas à proprement parler des amitiés,mais c’est souvent un début.
celles qui sont fondées sur l’utile
:Ce sont les relations, les camarades, les copains, les amitiés estudiantines. Il ne faudrait pas pour autant mépriser ces relations-là ! Elles sont en général très nécessaires pour grandir, pour s’aider et s’entraider, pour se « faire les dents » du raisonnement ou pour affiner sesconvictions personnelles. Et même aussi après tout pour se payer un peu de bon temps. LeBon Dieu ne le défend pas, et même Il s’en réjouit si on pense à ne pas L’exclure de tout ça.Ce qui serait mauvais, c’est la complicité, dans son sens négatif, qui consiste à s’entraîner mutuellement dans une affaire ou une situation louche. C’est malheureusement extrêmementfréquent, jusque dans la politique de haute volée… «
les méchants n’ont pas d’amis, ils n’ont que des complices
», dit Salluste.
celles qui sont fondées sur l’agréable :
Ces amitiés-là non plus ne sont pas toutes mauvaises, heureusement ! Quoi de plusagréable que de retrouver un(e) ami(e) simple et gentil(e) pour un camp ou pour une balladeen montagne ? Quoi de plus agréable, pour un garçon qui a un peu de tact, que d’inviter une jeune fille délicate et habillée avec goût pour danser une belle grande valse ? Ils sont un peumalhabiles au début… et après ? Ce qui serait mauvais, et même dangereux, c’est que cetteamitié dévie peu à peu pour devenir une « petite amitié » : quoi de plus ridicule qu’un « petitami » ou une « petite amie » ? Et puis d’abord pourquoi « petit » ?! J’ai en horreur ce qui est« petit » : l’amitié, c’est fait pour devenir une grande chose ! Ne réduisons pas, ne galvaudons pas l’amour en rapant dans le flirt et toutes ces sortes de relations plus ou moinsgélatineuses.

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funfanleft a comment

Chevalier de Maison Rouge, Il est interessant. L'amitié sous toute ¨ses formes