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Juin Hubert ---- le livre des déserts

Juin Hubert ---- le livre des déserts

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Published by Re Chab
Récits poèmes édités à l'origine chez Falaize, 1957
Récits poèmes édités à l'origine chez Falaize, 1957

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01/22/2011

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PORTIQUEJ
E
te devine sans te voir, et je te touche, et l'arbre en moi frémit quis'éveille au chant.
Je
loue en toi ce corps saisonnier qui te captive et t'usurpe, ce corps qui telivre aux cadences fluviales.
De
ma voix qui t'enrobe se dégage un réveil d'arbre. Voici l'arbre, clair compagnon du deuil et de la gloire;voici l'arbre, et son écorce de murmures, et ses feuilles, épervierschanteurs de psaumes.
es-tu, toi que j'aimais jusqu'à vouloir vieillir entre tes migrations,toi à qui j'offrais mon univers d'échos
et
mesvoies navigables ?L'arbre se dresse dans ma voix pareil à l'absence d'un corps! Arbre! compagnon de voyage,te voici qui calligraphie le soleil entre tes branches —et tes racines se nourrissent aux géographies de la mort.Je t'aime, mon arbre riverain. Je parle pour l'arbre.Je loue l'absence de cette absente, ma dormeuse du règne végétal.
 
 
LA CONSTRUCTION DU TEMPLE1
PAR 
 
des routes de neige, des sentiers sous les barques peintes, dessourires aux faces de nos femmes fardées... oui! par des routesoublieuses, coiffées de vent violent, déracinéesd'orages,et brusquement calmes, et brusquement lisses. 0 routes lisses... peau dema bien-aimée — ouverte dans l'étreinte — route sous lesoleil à coups d'épées ouverte jusqu'au sang... Routesmonumentales,où nous allons, la dague au côté pareille au signe immobile clouant debétel la bouche de nos bien-aimées...Silence! silence où les routes s'éveillent et s'ouvrent pour la marche! — « Vous serez assis à l'ombre des montagnes, et vos doigts immobilesseront dans la lumière la preuve de vos armes. » — « Par les sentiers arides, qui sont tantôt de flots et tantôt derocailles,vous parviendrez à vos navires pour y charger le sel, » dit-elleencore...Mais nous étions perdus dans les déserts, et cette voix en nous quicherchait à se taire enseignait à nos voixdes légendes emplies de grands tumultes et devagues!Sur ce même trépied, couvert d'orties et de venin! sur ce socleérigé du plus profond des mers, sur ce roc soudain qui bonditde la nuit et renverse les cieux, ô morne étendue d'eau 1 ô mer qui siffletes grands chiens! nousfûmes ancrés depuis les crépuscules, et aux dés de l'Histoireinstruits de nos noms et de nos actes, pareils aux greffes du printemps quis'étreignent dans un envolde graines et de fanes... Aujourd'hui.Et seuls sous les panaches de ces mots accourus au grand trot deslégendes, nous sommes, nous avons noms et actes comme argile etterreau, mortels de défier la mort ensemencée, et grands de ce caprice denaissance qui nous soustrait aux caprices des dieux...
Oui,
nous sommes dans la loi, et portons lumière et ténèbre ainsique des torches voisines! Et que me fait cette lente femme surgie despréhistoires, qui n'aplus de visage et caresse mes lèvres! Et que me fait l'ortie blême à l'assautdes rivages, lorsque la mers'épouvante de son propre retour!
Et
que me faitla nuit béante entre mes os!
 
 Malheur! Bonheur! ô termes l'un et l'autre captifs du papier et de l'encre! Arches dans la nuit des temps! Bornes indéchiffrables aux frontièresdes eaux!Une mouette naît au cœur des vagues, s'ébroue. L'homme s'allonge auxcôtés de la femme, lettre majuscule sur
le silence 
immense de nosplages.L'homme marqué de rouge s'avance vers l'autel des Andes, sonpoignard est sans prix qui s'en prend au soleil et le mord à la face etfait trembler la terre comme un faisceau de capucineshappé par la tempête... Voix! Voix de l'univers cerné d'insectes! Et lessoleils venaienten multitude vers la pierre du sacrifice, des soleils innombrables jaillissaient du cœur
de
l'homme en marchepar les Andes, l'homme des nuits solitaires,l'homme de l'invention des temps.
« Vous chargerez le sel aux flancs de vos mémoires, » dit-elle. Etles coursiers fouettés de pluie, vêtus de brume, écartaient du licolles tentures de l'aube.Quatre fois seize furent contraints à ce voyage sans retour. 0 nous voici,hommes de foi dans la cité moderne : Paris de nosnaissances, capitale violette.Nous voici,témoins des origines fabuleuses, héros des puissances du cœur—«ô! ô vilmétal de vivre lorsque
tout
se détourne
de
l'ombre! »Comme une main soudain en un seul cri fermée, et poignant lecrépuscule de nos peuples, fut cesévère exil.

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