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Les Aroumains en Roumanie depuis 1990.- N.Trifon

Les Aroumains en Roumanie depuis 1990.- N.Trifon

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01/24/2011

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Les Aroumains en Roumanie depuis 1990 : comment se passer d'une (belle-)mère patrie devenue encombrante
In: Revue d’études comparatives Est-Ouest. Volume 38, 2007, N°4. Les politisations de l'identité dans les Balkanscontemporains. pp. 173-200.
AbstractAromanians in Romania since 1990:How to do without a cumbersome fatherland?The self-identification of a significant number of Aromanians as a distinct group in Romania came as a surprise. Not only is their Latin- based language close to Romanian; but also, during the last decades of the Ottoman Empire, Romania funded schools for Aromanians living along the borders shared by Greece, Albania, Macedonia and Bulgaria. The Aromanians in Romania movedfrom this area, and most of them settled in southern Dobruja between 1925 and 1932. Following a description of the argumentsused, in 2005, by advocates and opponents of granting Aromanians the status of "national minority", the stakes are evaluated atthe scale of Romania and of the Balkans. Questions are raised about the formation of a sense of identity in Aromaniancommunities and the forms of political activism arising out of it.RésuméL'auto-identification d'une partie significative des Aroumains comme groupe distinct de la nation roumaine a surpris. En effet, leur langue, issue du latin, est a priori proche du roumain et, pendant les dernières décennies de l'existence de l'Empire ottoman, lesécoles destinées aux Aroumains vivant dans la région située au carrefour de la Grèce, de l'Albanie, de la République deMacédoine et de la Bulgarie actuelles étaient financées par l'État roumain. Or c'est de cette région que proviennent lesAroumains de Roumanie, installés pour la plupart comme colons dans la Dobroudja du Sud pendant la période 1925-1932.L'auteur se propose de reconstituer le débat ayant opposé partisans et adversaires du statut de minorité nationale pour lesAroumains tout au long de l'année 2005 et d'analyser ses enjeux, tant en Roumanie qu'à l'échelle des Balkans. Il interroge cefaisant les modes de construction des identités au sein des communautés aroumaines, ainsi que les formes de mobilisationauxquelles elles donnent lieu.Citer ce document / Cite this document :Trifon Nicolas. Les Aroumains en Roumanie depuis 1990 : comment se passer d'une (belle-)mère patrie devenue encombrante.In: Revue d’études comparatives Est-Ouest. Volume 38, 2007, N°4. Les politisations de l'identité dans les Balkanscontemporains. pp. 173-200.
 
Les Aroumains
en
Roumanie depuis
1990
Comment
sepasser
d'une
(belle-)
mère
patrie
devenue encombrante
Nicolas
TRIFONÉcrivain
(ntrifon@electre.com)
Résumé
:
L'auto-identification
d'une
partie
significative
des
Aroumains
comme
grou
pe
istinct
de
la
nation
roumaine
a
surpris.
En
effet,
leur
langue,
issue
du
latin,
est
a
priori
proche
du
roumain
et,
pendant
les
dernières
décennies
de
l'existence
de l'Empire
ottoman,
les
écoles
destinées
aux
Aroumains
vivant
dans
la
région
s
ituée
au
carrefour
de
la
Grèce,
de
l'Albanie,
de
la
République
de
Macédoineet
de
la
Bulgarie
actuelles
étaient
financées
par
l'État
roumain.
Or
c'est
decette
région
que
proviennent
les
Aroumains
de
Roumanie,
installés
pour
la
plupart
comme
colons
dans
la
Dobroudja
du
Sud
pendant
la
période
1925-1932.
L'auteur
se
propose
de
reconstituer
le
débat
ayant
opposé
partisans
et
adversaires
du
statut
de
minorité
nationale
pour
les
Aroumains
tout
aulong
de
l'année
2005
et
d'analyser
ses
enjeux,
tant
en
Roumanie
qu'à
l'échelle
des Balkans.
Il
interroge
ce faisant
les
modes
de
construction
des identités
au sein
des
communautés
aroumaines,
ainsi
que
les
for
mes
de
mobilisation
auxquelles
elles
donnent
lieu.
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174
Nicolas
Trifon
Descendants
des
populations
romanisées
à
l'époque
de
l'administration
romaine
des
Balkans,
les
Aroumains
ont
longtemps
pratiqué
le
nomadis
me
astoral
et
exercé
des
professions
liées
à l'élevage,
au
transport,
puis
à
l'artisanat
ou au
commerce.
De
confessionorthodoxe,
ils
sont
dispersés
dans des
régions
situées
au
nord
de
la
Grèce,
au
sud
de
l'Albanie,
en
Ré
publique
de
Macédoine,
en
Bulgarie
et,
depuis
les
années
1920,
dans
la
Dobroudja
roumaine.
Telle
est
la
fiche
signalétique
qu'un
fonctionnaire
balkanique
honnête
et
un
tant
soit
peu
compétent
pourrait
établir
de nos
jours
sur
les
Aroumains à
l'intention
d'un
étranger
l'interrogeant
à
leur
sujet.
Il
n'en
restera
cependant
pas
et
s'empressera d'apporter des
pré
cisions
variant
selon
la
nation
au
service
de
laquelle
se
trouve
l'administra
tion
ont
il
relève.
En
effet,
pour
les
uns,
les
Aroumains
seraient
à
l'origine
des Grecs
ayant
adopté
le
latin
lors
de
l'occupation
romaine,
pour
d'autres,
des
Illyriens,
comme
lesancêtres
des
Albanais. Pour
d'autres
encore,
ils
sont
apparentés
aux
Roumains
dont
ils
constitueraient
la branche
méri
dionale
coupée
par
l'invasion
slave,
tandis
que
d'aucuns
voient en
euxles
reliquats
d'une population
romanisée assimilée depuis
longtemps
par
les
Slaves.
L'accent
sera
mis sur leurs
contributions
au
mouvement national
du
pays
ils
vivent
et
sur
la
place
de
choix
qu'ils
occupent
au
sein
de
la
nation en
titre,
nation dont
ils
maîtrisent
si
bien
la
langue
;
le
fait
que
celle-
ci
ne
soit
pas
leur
langue
maternelle
sera
présenté
comme
un
accident
his
torique
incongru,
voire fâcheux,
mais
qui
ne saurait
porter
à
conséquence
en
raison
du
recul
de
sa
pratique
parmi
les
jeunes
générations.
En
privé,
notre
fonctionnaire
risque
cependant
de s'écarter
quelque
peu
de
la
ver
sion
officielle.
«
On
ne
sait
pas d'où
ils
viennent
ni
ce
qu'ils
se
disent
entre
eux
ni
ce
qu'ils
pensent
de
nous,
sont-ils
d'ailleurs
vraiment
des
nôtres
?
»,s'interrogera-t-il
en
reprenant
au
passage
les
stéréotypes
peu
engageants
circulant
sur
la
rusticité,
la
richesse
ou
la
perfidie
de
ces
étranges
Koutso-
valaques
(en
Grèce),
Tchobanes
(en
Albanie),
Tsintsars
(en
Bulgarie
et
en
Serbie)
ou
Macédoniens (en
Roumanie)1.
Toujours
bien
enracinée, la
version
populaireprécède
sans
doute
la
ver
sion
officielle
qui,
elle,
neremonte
qu'à
l'institution,
à
partir
du
milieu
du
XIXe
siècle,
des
nations
modernes
dansles
Balkans
et
des
légendes
censées
renforcer
leurlégitimité.
En
revanche,
ce
n'est
que
depuis
quelques
années
que
l'on
peut obtenir
dans
les
pays
balkaniques
des
renseignements
aussi
neutres
sur
les
Aroumains
que
ceux
figurant
dans
la
«
fiche
signalétique »
1.
Kutsovlachos
signifie
«
valaque
boiteux
»,
çoban
«
berger
»
et,
par
extension,
«
rustre»
;
la
prononciation
du
son
«
ts
»
serait
à
l'origine
du
mot
cincar,
synonyme
parfois
d'«
avare
»
et
de
«
commerçant
sans
scrupules
».
En
Roumanie, makedoni
est
rarement
péjoratif.
Le
mot
vlasi
dési
gne
en pays
slave
tant
les
Aroumains
que
les
Roumains,
notamment
du
Timok.
Il
est
neutre,
alors
que
vlachos
en
grec
veut
dire
au
figuré «
péquenot,
plouc
».
Macédoroumains, Roumains
du
Sud
et
Grecs ou
Hellènes
vlachophones (Vlachofonos
Ellinos)
sont
des
néologismes.
Rares
sont
les
peuples
qui
aient
donné
lieu
à
autant
d'exonymes
que
les
Armani
et,
en
Albanie,
les
Rrâmâni(du
latin
romanus,
comme
pour les
Roumains).
Volume
38,
Décembre
2007

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