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Emanciper la ville et le citoyen: le mouvement civique urbain hongkongais (Article publié dans : Monde chinois n° 24, "Médias & pouvoir en Chine", Hiver 2010-2011, pp. 94-105)

Emanciper la ville et le citoyen: le mouvement civique urbain hongkongais (Article publié dans : Monde chinois n° 24, "Médias & pouvoir en Chine", Hiver 2010-2011, pp. 94-105)

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Published by Pierre Martin
Article publié dans : Monde chinois n° 24, "Médias & pouvoir en Chine", Hiver 2010-2011, pp. 94-105

Résumé: depuis 2003 environ, un mouvement civique urbain s’est développé autour de la défense du patrimoine et de la contestation des grands projets d’infrastructures et de renouvellement urbain mis en place par l’administration au nom de la transformation de Hong Kong en « ville globale ». Abordant ce mouvement comme « praxis cognitive » et empruntant aux théories culturelles des mouvements sociaux, cet article attache une importance particulière à l’analyse du discours qu’il développe. Il montre comment, par ce discours, le mouvement est parvenu à s’affranchir de la gamme étroite de préoccupations à laquelle se confinent généralement les mouvements urbains pour se constituer en une force civique de premier plan.

Abstract : since about 2003, a civic urban movement has emerged in Hong Kong, which has been fighting for more heritage protection and contesting the grand infrastructure and urban renewal projects launched by the government in the name of the transformation of Hong Kong into “Asia’s World City”. Analyzing the movement as a “cognitive praxis” and borrowing from the cultural approach of social movements theory, this article lays significant emphasis on the analysis of the critical discourse it has developed. It shows how, through that discourse, the movement has managed to free itself from the limited range of issues urban movements are conventionally concerned about, to develop into a full-fledged civic force.
Article publié dans : Monde chinois n° 24, "Médias & pouvoir en Chine", Hiver 2010-2011, pp. 94-105

Résumé: depuis 2003 environ, un mouvement civique urbain s’est développé autour de la défense du patrimoine et de la contestation des grands projets d’infrastructures et de renouvellement urbain mis en place par l’administration au nom de la transformation de Hong Kong en « ville globale ». Abordant ce mouvement comme « praxis cognitive » et empruntant aux théories culturelles des mouvements sociaux, cet article attache une importance particulière à l’analyse du discours qu’il développe. Il montre comment, par ce discours, le mouvement est parvenu à s’affranchir de la gamme étroite de préoccupations à laquelle se confinent généralement les mouvements urbains pour se constituer en une force civique de premier plan.

Abstract : since about 2003, a civic urban movement has emerged in Hong Kong, which has been fighting for more heritage protection and contesting the grand infrastructure and urban renewal projects launched by the government in the name of the transformation of Hong Kong into “Asia’s World City”. Analyzing the movement as a “cognitive praxis” and borrowing from the cultural approach of social movements theory, this article lays significant emphasis on the analysis of the critical discourse it has developed. It shows how, through that discourse, the movement has managed to free itself from the limited range of issues urban movements are conventionally concerned about, to develop into a full-fledged civic force.

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Published by: Pierre Martin on Jan 28, 2011
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24
revue
Monde chinois
Médias &pouvoiren Chine
 
Le siège du Conseil lgislati (Legislative Council,« LegCo » par la suite) occup par environ 10 000protestataires opposs à la construction d’uneligne de train rapide controverse entre HongKong et Canton (Express Rail Link, « XRL » par la suite) lors du week-end du 15 janvier 2010, arvl l’insatisaction grandissante d’un secteur de plus en plus important et dsinhib de lasocit hongkongaise envers la gouvernance duterritoire et les projets d’inrastructures devantassurer l’avenir de Hong Kong comme villeglobale et son intgration à la Chine populaire. Sila ligne verra bien le jour, la gestion de la crise par l’administration a ajout au discrdit dont sourecette dernière parmi les protestataires, remis augoût du jour le dbat sur les sièges onctionnelsdu LegCo et contraint le che de l’excuti DonaldTsang Yam-kuen à reconnaître, pour la premièreois, que les alas de l’conomie n’taient pasles seuls responsables du mcontentement desHongkongais
1
. Depuis, l’apparente nouveautdu mode de mobilisation et du rpertoired’action de ceux qui se nomment « post-80 »,nbuleuse de jeunes activistes pour la plupartns après 1980 qui s’est trouve être au cœur de la campagne, a ait couler beaucoup d’encre.L’attention porte sur la violence prsume de leursactions, le degr de leur engagement, et le rôledes nouvelles technologies de communication(Facebook, Twitter et les sites de « journalismecitoyen ») dans la mobilisation. La plupartdes analyses ayant cherch à comprendre lesrevendications des maniestants rattachentleurs actions au paradigme des « NouveauxMouvements Sociaux » (NMS) et y voient lenouveau symptôme de la transition de HongKong d’une culture matrialiste vers une culturepost matrialiste
2
. Elles voquent un tournant,oubliant que les mêmes diagnostics avaient djàt rendus quelques annes auparavant
3
.En dpit d’un même noyau d’activistes à l’œuvrelors des deux campagnes et de grandes similaritsdans les actions menes, peu nombreux sont lesobservateurs ayant su reconnaître le lien entre cettecampagne et celle de Lee Tung Street (entre 2003et 2007)
4
et, surtout, celle pour la prservationde deux embarcadères de erry de Central (Star Ferry Pier et Queen’s Pier), en 2006 et 2007
5
.Cette dernière avait pourtant consacr le retour au premier plan d’une politique de l’identit(
identity politics
) disparue avec les annes 1970
6
 et entrouvert la porte d’une nouvelle politique des valeurs considrant comme dpasss à la ois lesmodes d’engagement classiques et les clivagespolitiques conventionnels. Occupant le mêmesillon, la campagne contre le XRL n’est donc pasun phnomène isol. Elle est le dernier pisoded’un mouvement plus large d’activisme urbaindont le dveloppement a t continu depuis 2003environ, et qui, outre les rsidents des sites aectspar les projets de renouvellement urbain ou dedveloppement autour desquels le mouvement s’estsouvent articul, mobilise intellectuels, architectes,proesseurs, journalistes, artistes, tudiants,travailleurs reelance… En outre, parce qu’ellescherchent les causes de l’engagement civique dansles dauts structurels de la socit hongkongaise,la très large majorit des analyses s’est ocalisesur les rustrations et le mcontentement ressentipar les acteurs du mouvement, omettant presquesystmatiquement l’analyse du versant positi dece dernier.Concevoir le mouvement comme un « processusd’innovation » et se pencher sur la culture, lesides et les idaux qu’il met en avant est pourtantla condition permettant de rvler sa vritable
Pierre Martin
émanciper la ville et le citoyenLe mouvement civique urbain hongkongais
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Le mouvement civique urbain hongkongais
originalit – une mise en discours critique desproblmatiques lies à la gestion de l’espaceurbain qui rvèle, en creux, un projet positi pour la ville – ainsi que son importance pour le dveloppement politique de Hong Kong. Il estgnralement admis que la base de l’hgmoniedont jouit l’administration hongkongaise depuisla n des annes 1970 repose sur le pacte taciteselon lequel elle se doit de maintenir l’ordre, la justice et l’tat de droit, et subvenir aux besoinsde base de la population locale
7
. Que reste-t-ilde ce pacte à un moment où les contours de cequi constitue ces besoins sont redessins pour yinclure des lments de prservation culturelle etde justice (aussi bien sociale que politique) ? Àpartir d’observations et de dix entretiens semi-directis raliss entre vrier et avril 2009 avecdes activistes, des conseillers lgislatis, et desproessionnels de la culture et du patrimoine dela Rgion administrative spciale (RAS), cet articleentend rpondre à plusieurs questions : pourquoiest-ce sur le terrain spcique du patrimoine etde la planication urbaine qu’a merg ce quiconstitue aujourd’hui la orce la plus critiquede l’administration hongkongaise ; où se situentles lments novateurs du mouvement ? ; luigarantissent-ils une capacit transormationnellesubstantielle pour la socit hongkongaise ?
Le contexte : la ville prisonnière
Un mouvement social est souvent perçu soitcomme le rsultat d’une conguration idaleentre, d’une part, une structure d’opportunitpolitique avorable et, de l’autre, l’existence degries au sein de la socit civile (
deprivationapproach
), soit comme la cration d’acteurspolitiques pour qui l’action collective constitue unmoyen supplmentaire d’atteindre leurs objectis(
ressource model
). Si l’on accepte de dplacer l’attention de la mcanique des mouvements vers leur signication et de les percevoir, noncomme rsultat ou comme moyen, mais comme« praxis cognitive » – processus au cours duquels’articulent et se mettent en pratique une vision etun idal –, alors une attention particulière doit êtreporte au contexte historique et culturel qui le voitnaître
8
. Dans notre cas, un dtour par le contextepolitique et urbain de Hong Kong post-1997, quiest l’environnement dans lequel ces valeurs et cesidaux se sont consolids, doit nous permettrede comprendre pourquoi le mouvement a mergsur le terrain spcique du patrimoine et de laplanication urbaine.
 Ville globale, ville coloniale
Les analyses envisageant le retour de HongKong dans le giron de la mère patrie comme unenouvelle orme de colonisation sont nombreuses etmanent d’auteurs aux prols varis
9
. La passationde pouvoirs entre la Couronne britannique et laChine populaire s’est inscrite dans le cadre d’unprojet nationaliste dcoulant de ce que FrançoiseMengin nomme la « politique irrdentiste dePkin »
10
, celle-là même qui, aujourd’hui, travailleau corps le modèle « un pays-deux systèmes » etignore le local avec superbe. Puisqu’au nord, lartrocession a t perçue comme « le retour à laChine – et non au peuple hongkongais – d’unragment spoli du territoire chinois »
11
, la questionde la dcolonisation n’a jamais t aborde,sinon au travers de slogans : des promesses de« libration » et de gouvernance autonome deHong Kong par les Hongkongais eux-mêmes(
gangren zhi gang
,
港人治港
) d’ailleurs demeureslettre morte. Alors que les pouvoirs lgislatisdu LegCo ont t diminus au lendemain de lartrocession et que la structure politique de HongKong, domine par un Che de l’excuti appointpar et principalement responsable devant Pkin,est devenue « de plus en plus autoritaire »
12
, legrand dessein concoct pour Hong Kong par laCommission pour un dveloppement stratgique(Commission on Strategic Development) n’estguère plus que la codication de la politique miseen œuvre par l’administration britannique dans lesannes prcdant sa dmise. Le projet dmiurgique visant à transormer Hong Kong en la « villemondiale d’Asie » (
 Asia’s world city 
) ne ait pas

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