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Paul Arnold - Le Socialisme Illuminé de George Sand 1976

Paul Arnold - Le Socialisme Illuminé de George Sand 1976

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Dans sa propriété de Nohant, en 1876, mourait George Sand. Loin d'être uniquement la militante féministe ou l'amante inconstante qu'on veut lui faire jouer, George Sand nous est révélée dans cet article de Paul Arnold comme une illuminée, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l'a menée à Dieu et à quel Dieu. Et c'est en même temps pour lui l'occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l'occultisme des sociétés secrètes à la franc-maçonnerie.
Dans sa propriété de Nohant, en 1876, mourait George Sand. Loin d'être uniquement la militante féministe ou l'amante inconstante qu'on veut lui faire jouer, George Sand nous est révélée dans cet article de Paul Arnold comme une illuminée, une mystique. Il nous montre par quel chemin la politique l'a menée à Dieu et à quel Dieu. Et c'est en même temps pour lui l'occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient aux environs de 1848, de l'occultisme des sociétés secrètes à la franc-maçonnerie.

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LE SOCIALISME ILLUMINE DE GEORGE SAND PAR PAUL ARNOLD
(Revue Question De. No 12. Mai-Juin 1976)
Dans sa propriété de Nohant, en 1876, mourait George Sand. Loin d'être uniquement lamilitante féministe ou l'amante inconstante qu'on veut lui faire jouer, George Sand nous estrévélée dans cet article de Paul Arnold comme une illuminée, une mystique. Il nous montrepar quel chemin la politique l'a menée à Dieu et à quel Dieu. Et c'est en même temps pourlui l'occasion de restituer pour nous tous les courants spiritualistes qui florissaient auxenvirons de 1848, de l'occultisme des sociétés secrètes à la franc-maçonnerie.
Après les tentatives sans gloire de Strasbourg et de Boulogne, le prince Louis-NapoléonBonaparte semblait avoir renoncé à ses ambitions politiques pour chercher le moyen de mettre unterme au paupérisme. Il publiait un plan trop séduisant, l'Extinction du paupérisme. Il l'envoya àGeorge Sand qui lui répondit aussitôt, point dupe, sans doute, du stratagème : «
Sachez-nousquelque gré de nous défendre des séductions que votre caractère, votre intelligence et votresituation exercent sur nous, pour oser vous dire que jamais nous ne reconnaîtrons d'autresouverain que le peuple. Cette souveraineté nous paraît incompatible avec celle d'un homme ;aucun miracle, aucune personnification du génie populaire dans un seul ne nous prouvera ledroit d'un seul [...]. Telle est la force des lois providentielles qui poussent la France à son but,que vous n'avez pas mission, vous, homme d'élite, de nous tirer des mains d'un homme vulgaire, pour ne rien dire de plus
. » Entendez le roi Louis-Philippe. Après quoi, elle félicita le prince dese préoccuper du « sort des prolétaires » : « Eh bien ! oui, là est votre grandeur ».
George Sand, Pierre Leroux et Louis Viardot fondent « la Revue indépendante »
La lettre reflétait l'opinion que, depuis 1842, défendait bruyamment la Revue indépendantefondée par Pierre Leroux, George Sand et Louis Viardot. Leroux, ancien carbonaro, saint-simonien convaincu, en était le penseur, le politicien ardent, l'économiste impitoyable, lephilosophe-théologien. Sand fournissait des romans, Viardot des traductions de classiquesespagnols et de contemporains russes. Leroux essayait là ses diatribes antigouvernementales oumétaphysiques dont aucune ne put y paraître intégralement ; et il fallut attendre 1848 et 1849pour en lire tout le texte. Attaquant la droite par ses appels « Aux philosophes » et « Auxpolitiques », dénonçant la « ploutocratie », laissant à Jacques Dupuis le soin de démontrer leserreurs du « communisme » matérialiste, Leroux prouvait, en logicien, que le gouvernementn'appartient qu'au peuple tout entier et, par son entremise, à Dieu qui seul peut guider l'homme.
Une nouvelle religion : la synthèse de la connaissance humaine
Aux politiciens et aux notoriétés en place, comme Chateaubriand et Saint-Beuve, qui luireprochaient l'hostilité au christianisme reflété, Leroux, au nom de son équipe, signifiait : «
 Nousn'acceptons pas ce reproche [...]. Si on entend par hostilité au christianisme que nous croyons àla nécessité d'une nouvelle synthèse de toute la connaissance humaine, nous acceptons pleinement la responsabilité de cette opinion ; car c'est notre pensée, notre pensée fondamentale, celle qui embrasse et relie tous nos travaux
. » Et il y insiste : «
 Nous croyons quecette synthèse des connaissances c'est le travail que la société accomplit aujourd'hui par le politique, par la science, par les arts, sans en avoir encore clairement conscience. Et de bâtir sa
 
 pyramide sociale et religieuse : Où réside la souveraineté ? Trois voix s'élèvent qui proclament à la fois la vérité et l'erreur. La première voix dit : "La société est dans le peuple , le vrai législateur, c'est tous."SOCIALISME. La seconde voix dit : "La société est dans la raison , le vrai législateur, c'est chacun." INDIVIDUALISME. La troisième voix dit : "La société est en Dieu ; le vrai législateur, c'est quelqu'un ou quelques-uns, ce n'est pas tous, ce n'est pas chacun." REVELATION 
. »Et Leroux rectifie : «
 Le vrai législateur, c'est chacun par tous au moyen de la science et del'amour 
. » Préfiguration de la lettre de Sand au prince Napoléon, mais aussi explication desardeurs et des désillusions de l'équipe entière en 1848. Tandis que Proudhon
 — 
définissait laRevue indépendante : « Dieu et les prunes »
 — 
prenait ses distances par rapport au syndicalismemystique à la Cabet, Leroux courait les clubs pour prêcher la liberté et l'égalité fondées sur laRévélation.
Pour George Sand, l'action politique était une voie d'accès vers la religion
Comme tant d'autres intellectuels, comme Baudelaire brusquement sorti du dandysme pourarborer une cravate rouge (voir mon
 Esotérisme de Baudelaire
), George Sand descend dans larue. Après avoir, le 9 mars, écrit de Nohant : «
 La république est conquise, elle est assurée, nous y périrons tous plutôt que de la lâcher 
», elle participe aux journées d'avril pour tâcher de sauverce qui peut l'être encore. Elle ne tarde pas à pressentir que la bataille est perdue. Et elle assiste,atterrée, au triomphe de la « réaction » : «
 J'ai bien peur que l'idée de République a été tuée dansson principe et dans son avenir, du moins dans son prochain avenir. Aujourd'hui, elle a été souillée par des cris de mort 
. »Elle rentre à Nohant, déçue, tâche, de loin, d'agir encore et s'interroge : «
 Je pousse loin lescrupule, quand il s'agit de conseiller et d'agiter le peuple dans la rue [...]. Sommes-nous mûrs pour rendre un bon compte à Dieu et aux hommes ?
» écrit-elle à Théophile Thoré en fuite. «
 D'où peut sortir la lumière, au milieu d'un tel conflit d'idées fausses et de formules menteuses ?
»demande-t-elle à Mazzini. Car, pour elle, la politique n'est pas une idéologie, mais la souffranceet la pitié en action : «
 Je souffre, écrit-elle à Barbès détenu au donjon de Vincennes, pour tousles êtres qui souffrent, qui font le mal ou le laissent faire sans le comprendre ; pour ce peuple quiest si malheureux et qui tend le dos aux coups et les bras à la chaîne.
» Elle se détournera del'action politique pour devenir derechef « la bonne Dame de Nohant » toujours prête à secourircelles ou ceux qui, individuellement, s'adresseront à elle. Et pour secouer sa peine et sa tristesse,elle écrit, avec un sourire grinçant, en un style rabelaisien un peu bien forcé, le roman champêtrepas seulement champêtre, on le verra
 — 
de la
Petite Fadette
, sorcière amoureuse.Car toute cette agitation menée avec une passion de femme n'est pour elle que la voie d'accèsd'une religion qui réaliserait le johannisme, christianisme tout amour, épuré, respiritualisé,enrichi par une manière de pythagorisme.Au départ de tout, bien avant ses maîtres à penser, les Leroux, les Lamennais, les Fourier, la jeune Aurore Dupin-Dudevant, la future George Sand a connu, au couvent, une crise mystique
 
qui faillit la conduire au noviciat. Une des pages les plus sûres de
l'Histoire de ma vie
, souventquelque peu arrangée, conte son « ravissement » préparé par une période d'intense dévotionapparue «
tout à coup comme une passion qui s'allume dans une âme ignorante de ses propres forces
». Ce n'était pas une méditation sur la théologie, pas non plus l'absorption de la consciencedans la prière en foi pure, les deux avenues qui mènent à la sainteté ou, si l'on préfère, à laconnaissance intuitive. Non, c'était une voie bien sandienne déjà, la lecture des légendes et desvies de saints : «
 La foi, le courage, le stoïcisme des confesseurs et des martyrs m'apparaissaient comme de grandes choses et répondaient à quelque fibre secrète qui commençait à vibrer enmoi
. » Cet aspect éminemment, chaleureusement humain de la religion vivante aimantait son
cœur et allait susciter l'événement : elle était restée seule à l'église, ardemment concentrée : «
 J'avais tout oublié. Je ne sais ce qui se passait en moi. Je respirais une atmosphère d'une suavité indicible, et je la respirais par l'âme plus encore que par les sens. Tout à coup, je ne sais quelébranlement se produit dans tout mon être, un vertige passe devant mes yeux comme une lueur blanche dont je me sens enveloppée. Je crois entendre une voix murmurer à mon oreille : "Tolle,1ege." J 
e me retourne, croyant que c'est (sœur) Marie Aldicia qui me parle. J'étais seule. Je ne
me fis pas d'orgueilleuse illusion, je ne crus point à un miracle... Seulement, je sentis que la foi
 s'emparait de moi, comme je l'avais souhaité, par le cœur. Je sent 
is encore que j'aimais Dieu,que ma pensée embrassait et acceptait pleinement cet idéal de justice, de tendresse et de sainteté que je n'avais jamais révoqué en doute, mais avec lequel je ne m'étais jamais trouvée encommunication directe
. »Les mondanités familiales mirent un terme à cette tentation où les religieuses qui l'entouraientvoyaient un signe à éprouver. Mais l'aventure de « l'âme » divorçant du corps allait être lapréoccupation constante de la jeune romancière, avec déjà les premiers échos dans
 Lélia
. Ilfaudra pourtant le saint-simonisme élargi et la dialectique fougueuse de Pierre Leroux, à partir de1832, pour la doter d'un cadre métaphysique suffisamment rigide et en apparence indiscutable,rassurant, où s'adosser et adosser l'imagination romanesque. Leroux s'en prend aux Lavater, auxFourier et autres philosophes scientistes qui «
ne voient pas que, dans tous leurs phénomènes,l'Univers ou Dieu intervient soit comme fait ou totalité, soit comme cause ou attraction, soit comme manifestation présente ou mouvement 
».Cette affirmation de pure foi bridait les curiosités de la romancière qui courait, comme toute
l'élite, de la phrénologie à la physiognomonie et au magnétisme par lesquels s’exprimaient alors
les rapports de la métaphysique et de la psychologie avec la science d'observation. Car aucune deces théories ne la convainquait sans reste, et tout au plus croyait-elle aux « influences », sur lesystème nerveux d'autrui, des personnes sympathiques et des personnes antipathiques, « car,avoue-t-elle, je l'ai éprouvé et suis forcée d'y croire ».
George Sand et l'occultisme : « Il y a une science occulte dont je me pique mais... »
Il devait bien y avoir une connaissance occulte ; son secret même suscitait encore plus saméfiance et son hostilité
 — 
comme exemple d'inégalité et couverture du vice
 — 
qu'il n'excitaitsa curiosité. Albert, le héros de
Consuelo et de la Comtesse de Rudolstadt 
(parue par tranchesdans
la Revue indépendante
, ne ménage pas Cagliostro qui lui fait horreur et demeure fortréticent pour le comte de Saint-Germain qui, certes, « avait une grâce d'enthousiasme et de folie[...] s'il était charlatan et même jésuitique à beaucoup d'égards, il y avait au fond de tout cela une

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