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EL WATAN 2011/01/29

EL WATAN 2011/01/29

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01/30/2011

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    P    H    O    T    O   :
       A       F       P
Marche à Alger le12 février pourexiger «le départdu système»
P7
    P    U    B    L    I    C    I    T     É
LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Samedi 29 janvier 2011
El Wata
6161
- Vingt et unième année - Prix : Algérie : 10 DA. France : 1
. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com
Le rejet de Moubarak
embrase l’Egypte
 
embrase l’Egypte
❚
UN HOMMEDANS LA FOULE
El Baradei,l’hommeprovidentiel ?
❚
COUPURED’INTERNET
Une premièremondiale parson ampleur
❚
OBAMA ETHILLARY CLINTON
La grandeinquiétudedes USA
❚
LE CAIRE, SUEZ,ALEXANDRIE
Villes en
ammes
Lire en pages 2, 3, 4 et 5 
 
I
nternet et téléphone coupés,liaisons satellitaires brouillées, journalistes locaux et étrangersarrêtés et brutalisés… Le régime deHosni Moubarak veut imposer le«huis clos» à la révolution en mar-che dans toute l’Egypte. Loin de sesatisfaire d’un déploiement impres-sionnant de son armada policière, lerégime de Hosni Moubarak met enœuvre la plus grande entreprise decensure de tous les temps. L’Egypteest coupée du monde. Une situation
«totalement inédite, totalement dif- férente des modestes manipulationsd’Internet qui ont eu lieu en Tunisieoù des chemins d’accès spécifiquesavaient été bloqués, ou de l’Iran oùla connexion était extrêmement lente. Les actions du gouvernement égyp-tien ont fait disparaître le pays de lacarte mondiale»
, a observé hier, dansson rapport rendu public, l’entreprisede veille et surveillance d’Internet,Renesys. Cibles de la violence poli-cière, les médias locaux et étrangerséprouvent toutes les peines du mondeà rendre compte de la réalité de larévolte égyptienne. D’après les der-nières informations recueillies parReporters sans frontières (RSF), plusd’une douzaine de journalistes ont étéinterpellés ces derniers jours (bilanarrêté à jeudi dernier). Les envoyésspéciaux de plusieurs autres médiasétrangers – BBC, CNN, Al Arabia, leGuardian, des chaînes de télévision japonaises, etc. – ont été égalementbrutalisés, leur matériel confisqué,empêchés de retransmettre les mani-festations du «vendredi de la colère».Hier, à 12h50, le journaliste et anima-teur vedette de la chaîne Al Jazeera,l’Egyptien Ahmed Mansour, a étéarrêté par des policiers en civil, puisrelâché deux heures après.
«J’étaisen présence d’un autre collèguequand j’ai été arrêté bien que nousayons présenté notre carte de presse ! J’ai dit aux policiers que j’allaisdire au monde entier ce que j’ai vuaujourd’hui. J’ai vu des policierstirer sur des manifestants avec uneviolence telle qu’ils ne l’auraient  pas utilisée contre leurs propresennemis !»
, témoignait Ahmed Man-sour. Les moyens de retransmissiond’Al Jazeera au Caire ont été coupés.Le reporter de la BBC a été pris àpartie par des policiers :
«Cinq agentsen civil armés de barres de fer m’ont  frappé à la tête !»
Sa caméra et son té-léphone portable ont été confisqués.Quatre journalistes français ont étéarrêtés dans la même matinée auCaire. Karen Lagon du
 Journal du Dimanche
, Adrien Jaulmes du
Fi-garo
, le photographe Albert Facellyde l’agence Sipa (travaillant pour le
 Journal du Dimanche
) et un journa-liste de Paris Match ont été libérésdans l’après-midi.RSF a fermement condamné, hier,l’arrestation des quatre journalistesfrançais et juge
«inacceptable»
lamultiplication des entraves au droitd’informer.
 Az. M.
N
os confrères égyptiens subissent depuisquelques jours diverses formes d’intimi-dation et de répression de la part des forces desécurité du régime Moubarak.Deux d’entre eux ont été arrêtés, d’autres ontété passés à tabac et le siège du syndicat égyp-tien des journalistes est assiégé par la police.Des journalistes étrangers sont par ailleurs em-pêchés de se rendre dans les régions d’Egyptesecouées par les manifestations, alors quel’accès à Internet et aux autres moyens de com-munication est quasiment impossible depuisvendredi 28 janvier 2011.Ces graves atteintes à la liberté d’expressionet de la presse se multiplient, au moment où lasociété égyptienne exprime courageusement,dans la rue, sa volonté d’en finir avec le pouvoirtotalitaire de Moubarak et réclame l’instaura-tion de la démocratie.Nous, journalistes algériens, signataires decette pétition, saluons le combat de nos confrè-res égyptiens et exprimons notre solidaritéagissante avec leur engagement aux côtés de lapopulation égyptienne. Au nom des principesuniversels du droit à l’information, à la libertéde la presse et d’expression, appelons le régimeégyptien à cesser immédiatement ses agisse-ments criminels contre les médias et ses attein-tes au droit de manifester à la population.
Les signatures sont à envoyer à cette adresse :hacen_ouali@yahoo.fr
PREMIER SIGNATAIRES
Omar Belhouchet (
El Watan
) ; Tayeb Belghiche
(ElWatan
) ; Réda Bekkat (
El Watan
) ; Ihsane El Kadi ;Mahmoud Belhimer ; Mourad Hachid (
El Watan
) ;Fodil Boumala ; Mourad Slimani (
El Watan
) ; Ha-cen Ouali (
El Watan
) ; Lazhar Djeziri (MohamedMehdi -
le Quotidien d’Oran
) ; Arezki Aït Larbi,Djamila Kourta (
El Watan
), Samir Ben (
El Watan
),Farid Alilat (DNA) Chennouf Réda (
El Khabar 
) ;Saïd Djaafer (
El Khabar 
) ; Abdelhafidh Daâ-mach (
El Khabar 
) ; Farid Maataoui (
El Khabar 
) ;Slimane Mellal (
El Khabar)
; Yacine Hamid (
ElKhabar 
) ; Abdelhafid Soualili (
El Khabar 
) ; At-man Lahiani (
El Khabar 
) ; Mohamed Cherak (
ElKhabar 
) ; Massouad Boutalaa (
El Khabar 
) ; AdelZekri (
El Khabar 
) ; Mohamed Madi (
El Khabar 
) ;Hamid Zaatchi (
El Khabar 
) ; Ghania Lassal (
ElWatan
) ; Madjid Makhedi (
El Watan
) ; Saïd Rabia(
El Watan
) ; Mahmoud Mamart (
El Watan
) ; RiadAbdechalim (
El Watan
) ; Mohand Aziri (
El Wa-tan)
; Kamel Benelkadi (
El Watan
) ; Akli Rezouali(
El Watan
) ; Kamel Yamine (
El Watan
) ; SlimaneMadani (
El Watan
) ; Tarek Aït Slamet (
El Watan
) ;Yahia Bounouar (
 Radio Kalima
) ; Abdelatif Belkaim (
El Djazaïr New
s) ; Mahdi Berached(
El Djazaïr News
) ; Samia Belkadi (
El Djazaïr  News
) ; Toufik Sissani (
El Djazaïr News
) ;Hadjer Guenanfa (
l’Expression
) ; Mohamed SaïdBoufatah (
l’Expression
) ; Samir Larabi journalisteindépendant ; Ali Benyahia (
El Watan
) ; AbdellahRabah (
le Soir d’Algérie
) ; Mehenni Mehdi (
leSoir d’Algérie
) ; Hallas Lyes (
le Soir d’Algérie
) ;Samir Sabek (
la Nouvelle République
) ; Moha-med Lemçane (ENRS). Medjahdi Mohamed , journaliste, Farouk Bouanani, journaliste (
 RadioTlemcen
) Zair Mouaffek Hussem, journaliste(
 Radio Tlemcen
) Amira Bensabeur (
la Tribune
),
Khider ouahab ; (
El Watan)
; Madjid khettar de(
 Djazaïr News
) Nordine Douici (
El Watan
).
L’ ÉVÉNEM ENT
El Watan 
 
- Samedi 29 janvier 2011 - 
    P    H    O    T    O   :    D .    R .
●
Cibles de la violence policière, les médias locaux et étrangers éprouvent toutes les peines du mondeà rendre compte de la réalité de la révolte égyptienne.
UNE DOUZAINE DE JOURNALISTES ARRÊTÉS ET BRUTALISÉS
Moubarak s’attaque à la presseégyptienne et mondiale
Pétition de solidarité avec nos confrères en Egypte
Des membres du syndicat des journalistes égyptiens malmenés
 
25 JANVIER
: 7 journalistes du journal
 Al Masry Al Youm
ont été agressés alorsqu’ils couvraient les manifestations auCaire. Ahmed Al Hawari, rédacteur dusite, a été agressé par trois policiersantiémeute. Mostafa Al Marsafawia été blessé par le tir d’une grenadede gaz lacrymogène. La rédaction dujournal déclare être sans nouvellesd’un de ses collaborateurs, MohamedGamaleddine, depuis 16h (heurelocale). Par ailleurs, une équipe de lachaîne Al Jazeera a été interpellée dansle quartier de Shubra.
■
25 ET 26 JANVIER
: alors qu’il setrouvait sur Meïdan Tahrir, BilalFahem, cameraman pour la sociétéde production Cairo News Company(CNC), a reçu onze tirs de balles encaoutchouc, l’atteignant au ventre,dans le dos et à l’épaule ; il a égalementété touché au visage. Le preneur de sonKarim Atta a reçu de nombreux coupsde matraque, principalement aux bras.Tous deux ont été transférés à l’hôpital.Ils en sont sortis quelques heuresplus tard. Yahia Fahem, égalementcameraman pour CNC, a, quant à lui,été agressé devant les locaux de lasociété de production par des policiersen civil, avant d’être brièvementinterpellé.
 
25 JANVIER :
dans la soirée unphotographe de AP, Nasser GamalNasser, a été atteint au visage par unepierre lancée par un policier, alorsqu’il couvrait les manifestations.Bilan : pommette droite fracturée etappareil photo détruit. Le journalistedu
Guardian
, Jack Shenker, a étéinterpellé après avoir été violemmentfrappé par des policiers en civil, alorsqu’il couvrait les manifestations.Trois journalistes du quotidien
 AshShourouq
(Ahmed Bihnassawi,Ahmed Abdel Latif et Imen Hilal) ontété violemment pris à partie par despoliciers. Ahmed Bihnassawi a étéblessé à la tête par un offi cier qui aconfisqué son appareil photo. ImenHilal a été agressée par un offi cier alorsqu’elle couvrait les manifestationsdevant la société Sidnawi. Après l’avoirfrappée au visage, le policier a détruitson matériel photo.
 
26 JANVIER
: vers 13h (heure locale),trois journalistes de la chaîne japonaiseAsahi (Kosuke Okuno, YoshihisaNomura et Chaïmaa Sami) ainsi queleur chauffeur Hani Morsi ont étéarrêtés. Mohamed Effat, journalistepour le Daily News, a été arrêté. Il aété emmené au commissariat de QasrEl Nil, avant d’être transféré à celuide Nasr City. Vers 1h, le cameramand’Associated Press Television News(APTN), Haridi Hussein, et son assistantHaitham Badry ont été arrêtés alorsqu’ils filmaient les affrontements quiopposaient manifestants et forcesde l’ordre ; ils détenaient des cartesde presse délivrées par les autoritéségyptiennes. Ils ont été libérés le27 janvier au matin.
 
27 JANVIER
: Amru Salaheddin,photographe pour le quotidiend’opposition
 Al Wafd 
, a été arrêté, ainsique Ibrahim Mamdouh Siam de RadioHorytna, Samuel Al Ashy de l’agencede presse Reuters, Abdel RahmanIzz Ad-Din Imam de Al Doustour. Ontégalement été arrêtés le rédacteur enchef adjoint du magazine
 Al Idhaa wa Al Tilfaza
, Sami Al Belchy, et Sherif Arif,rédacteur en chef adjoint de
 Al Ahrar 
,ainsi que Mohamed Abdul Quddus etKarim Mahmoud, membres du Syndicatdes journalistes.
(Source : RSF)
CHRONOLOGIE
«La liberté d’expression doit être totalement respectée en Egypte»,
a déclaré, hier à Davos(Suisse), le secrétaire général des Nations unies,Ban Ki-moon. Interrogé sur la situation en Egypteet au Moyen-Orient, le secrétaire général del’ONU a également invité les autorités politiquesde la région à considérer cette situation commeune
«opportunité à s’engager sur les moyensde répondre aux aspirations légitimes de leurs peuples»
. M. Ban a souligné qu’il suivrait«attentivement» la situation dans la région enTunisie, en Egypte et maintenant au Yémen etailleurs.
«Toutes les parties concernées ou lesdirigeants doivent s’assurer que la situation danscette région, particulièrement en Egypte, ne doit paset ne devra pas conduire à davantage de violence»
,a-t-il déclaré. Les manifestations, qui ont débutémardi en Egypte, dans la foulée de la Tunisie, sontles plus importantes depuis l’arrivée au pouvoiren 1981 de M. Moubarak, critiqué notamment pourn’avoir jamais levé l’état d’urgence en place depuisprès de 30 ans. Depuis mardi, cinq manifestantset deux policiers ont été tués et des dizaines depersonnes blessées.
BAN KI-MOON APPELLE AU RESPECT DE «LA LIBERTÉ D’EXPRESSION»
 
L
e régime du raïs Hosni Mouba-rak est sérieusement menacé parune révolte populaire qui secouel’Egypte depuis quatre jours. Plusieursvilles du pays ont vécu un vendredi trèsmouvementé où des milliers d’Egyp-tiens sont sortis dans les rues pour exi-ger le départ du président Hosni Mou-barak (82 ans) au pouvoir depuis 1981.S’il est difficile de prédire une chuteimmédiate du clan Moubarak, commece fut le cas pour le président tunisien,les Egyptiens ne jurent que par sondépart. Le scénario tunisien n’est pasà exclure. Le régime de Moubarak leredoute et le peuple égyptien en rêve.L’évolution spectaculaire desévènements indique une fin tragiqued’un régime qui dirige l’Egypte, depuis30 ans, d’une main de fer. La journéed’hier a été un tournant important dansle face-à-face qui oppose le pouvoir duCaire aux millions d’Egyptiens très encolère. Face à la déferlante populaire età l’incapacité de la police de contrôlerla situation, le président Moubarak, ensa qualité de chef des forces armées, adécrété un couvre-feu dans trois villes(Le Caire, Alexandrie et Suez) et afait appel à l’armée «pour apporter del’aide aux forces de police».Des camions et des blindés de l’arméeont investi les principaux boulevardsde la capitale et de la ville de Suez,hier soir. Ils ont pris position devant lesbâtiments publics.Cependant, le couvre-feu est défié parles manifestants qui se sont attaqués,en début de soirée, au siège central deParti national démocratique au pouvoir(PND) que dirige Hosni Moubarak.L’imposant bâtiment qui abrite leslocaux du PND est dévoré par lesflammes. Le feu aurait menacé lemusée d’Egypte qui se trouve au centrede la place Tahrir (Libération) nonloin du siège de la Ligue arabe, alorsque la compagnie aérienne égyptienneEgyptAir a décidé de suspendre tousses vols pour une durée de douzeheures. Ainsi, la contestation est àson paroxysme. Et face à la violenterépression des forces de sécurité, lesmanifestations se sont radicalisées. Endébut de soirée, les manifestants onttenté de prendre d’assaut le ministèredes Affaires étrangères et le siège dela Télévision égyptienne, alors que lesaffrontements se sont poursuivis duranttoute la journée d’hier, faisant plusieursblessés et des centaines d’arrestations.Des informations ont fait état de troispersonnes assassinées par balle àAlexandrie et une autre au Caire. Lepays du Nil a donc connu un vendredi decolère, où toutes les villes égyptiennesont été investies par des manifestantsdès la fin de la traditionnelle prière duvendredi. Le leader de l’opposition,Mohamed El Baradei, a été assignéà résidence surveillée après avoirparticipé à la prière dans une mosquéeau centre du Caire.Alors que le pouvoir est de plus en pluscontesté et le peuple déterminé à fairetomber «le pharaon du Caire», aucuneréaction officielle n’a été enregistrée,hormis celle du président de lacommission des affaires étrangèresdu Conseil du peuple (le Parlement),Mustapha El Fakih, qui a demandéde dissoudre le gouvernement
«quiest rongé par la corruption et quiest incapable de mettre en œuvre sa politique
». Pendant ce temps, lescapitales occidentales n’ont pas cesséd’appeler les autorités égyptiennes
«aurespect de la liberté d’expression et demanifestation du peuple égyptien».
La secrétaire d’Etat américaine, HillaryClinton a exprimé, lors d’un point depresse, «la profonde préoccupation»de son pays face à la dégradation dela situation en Egypte, et demande aurégime de Moubarak
«d’opérer desréformes économiques et socialesimmédiatement»
, tout en assurant lesoutien de son pays au pouvoir duCaire. Tandis que les Egyptiens exigenttout simplement
«le départ de Hosni Moubarak du pouvoir et l’engagement que son fils ne se présente pas àl’élection présidentielle
» prévuepour septembre prochain. La France,quant à elle, appelle à
«la retenue et au dialogue»
, a déclaré la ministrefrançaise des Affaires étrangères,Michèle Alliot-Marie, faisant partde «sa vive préoccupation» face auxrécents événements.De son côté, la chancelière allemandeAngela Merkel a appelé, depuisDavos (Suisse), le président égyptienHosni Moubarak à assurer la libertéd’expression et à faire cesser lesviolences de rue qui ont fait au moinshuit morts. Se disant «choquée» par lesimages provenant des rues égyptiennes,Mme Merkel, dans une courtedéclaration à la presse, a déclaré :
«Celane sert à rien d’enfermer les gens et delimiter les possibilités de l’information,nous devons parvenir à un dialogue pacifique en Egypte.» «La stabilité du pays est naturellement d’uneexceptionnelle signification, mais pasau prix de la liberté d’opinion
», a-t-elleajouté. L’Union européenne a demandéaux autorités cairotes de libérer
«immédiatement toutes les personnesarrêtées pendant ces évènements»
. LaFédération internationale des droitsde l’homme (FIDH) a joint sa voixpour dénoncer la répression quis’abat sur le peuple égyptien. Dansune déclaration rendue publique hier,l’organisation a appelé avec forceles autorités égyptiennes
«à mettreun terme à la répression violente desmouvements pacifiques de protestationsociale et démocratique et à rétablir immédiatement l’accès à internet et aux services de téléphonie mobile».
En somme, au moment où les regards
du monde entier sont braqués sur leNil, le président Moubarak se muredans un silence troublant. Une attitudeperçue par de nombreux observateurscomme un «signe de panique qui s’estemparé du régime». Hosni Moubarak est apparu, face à cette révolte, tel
un homme malade. Ses jours sont-ilscomptés ?
 Hacen Ouali
Des membres de la garde présidentielle protégeant, hier, les alentours du building de la Télévision publique au Caire
Obama : «La violencen’est pas une solution»
Le président américain,Barack Obama, a armé quela violence n’était
«pas une solution aux problèmes enEgypte».
Tout en qualifiantM. Moubarak de
«partenaireimportant»
, la Maison-Blanche a dit ne pas vouloirprendre parti. Par ailleurs,le département d’Etats’est dit «préoccupé» parl’interruption des servicesde communication publicsdont l’Internet en Egypte, aaffi rmé hier le porte-paroledu département d’Etat,Philip Crowley.
«Nous sommes préoccupés, parce que les services internet en Egypte, dont les messages SMS, sont coupés et les médias publics sont interrompus»
, a indiqué le porte-parole américain.L’accès au réseau internet était inaccessible hier en Egypte, ontfait savoir plusieurs usagers au Caire et en province, alors quedes appels ont été lancés pour de nouvelles manifestationsanti-gouvernementales dans la journée. M. Crowley a ajoutéque
«Washington suit de près la situation prévalant dans ce pays»
, exprimant «son regret» après la mort de manifestantslors du mouvement de protestation contre le régime en Egypte.Le porte-parole du département d’Etat a aussi affi rmé que
«Washington veut voir des réformes politiques en Egypte et le peuple égyptien participer au processus politique».
 V 
ingt-quatre heures après son retour aupays, Mohamed El Baradei a été assi-gné à résidence à son domicile situé dansla banlieue cairote par le pouvoir égyptien.L’opposant, présenté comme l’alternative laplus consensuelle en ce moment pour fédérerl’opposition égyptienne et mener à bon port lemouvement de révolte, avait, dans la matinée,participé aux manifestations de rue qui ontébranlé Le Caire. Mohamed El Baradei estrentré la veille de son séjour viennois pour vi-vre avec ses compatriotes ce «moment crucialdans la vie de l’Egypte». Ce sont là les motsde l’ancien chef de l’Agence internationalede l’énergie atomique (AIEA) et prix Nobelde la paix en 2005 à son arrivée à l’aéroportcairote. Quelques heures auparavant, l’hom-me avait déclaré qu’il était prêt à assumer latransition politique en Egypte.
«Si la populationveut que je mène la transition, alors je ne la décevrai pas»,
a-t-ildéclaré à des journalistes à l’aéroport de Vienne, avant de prendrel’avion qui l’a ramené en Egypte dans la soirée.L’on ne sait pas très bien quel poids peut avoir Mohamed El Bara-dei dans le contexte de révolte déclenché depuis quatre jours.L’on sait que durant au moins l’année écoulée, il a pu se construirela stature du leader potentiel pour liguer les Egyptiens autour de lanécessité du changement à la tête de l’Etat.Une ambition qu’il réadapte désormais en fonction des évolu-tions récentes au pays du Nil, en se proposant comme l’hommepolitique pouvant assurer la transition. Et sur ce plan, au-delàde l’engagement, El Baradei a de quoi rassurer les Egyptiensavec son aura internationale, et le fait qu’il n’ait pas frayé avecl’opposition traditionnelle égyptienne encoremoins avec le pouvoir en place. Le leader del’Association nationale pour le changement,association créée l’année dernière dans la fou-lée de son implication dans les perspectives dela présidentielle égyptienne, avait ainsi essuyéune virulente et insidieuse campagne de déni-grement de la part des soutiens à Moubarak,lui reprochant notamment de vivre loin despréoccupations des Egyptiens, de défendre desvaleurs qui ne sont pas celles de sa société etsurtout d’être un cheval de Troie servant desintérêts étrangers. Ce sont sans doute ces accu-sations que tenté de battre en brèche El Baradeien rentrant au pays la veille de ce «vendredi dela colère» et en allant au charbon aux côtés desEgyptiens. La réaction du pouvoir de Mouba-rak, qui a perdu la voix durant toute la journéed’hier, et a géré de manière chaotique les évè-nements (déploiement massif de policiers, puis retrait des placespubliques et enfin l’imposition du couvre-feu et le déploiement del’armée) veut bien dire que la panique a gagné les hautes sphèresde l’Etat égyptien après l’implication directe d’El Baradei dans laprotestation. Aucun autre opposant n’a été inquiété hier, en effet.Ce traitement «particulier» est perçu déjà comme une erreur tac-tique, une autre du régime Moubarak, qui, certes, sent venir sa finet n’arrive plus à contenir l’expression de son affolement.C’est Mohamed El Baradei qui en engrange le bénéfice d’avoirété, jusque-là, le seul opposant à avoir été suffisamment dange-reux pour le régime en place pour le pousser à la mesure, un peusurréaliste en la circonstance, de l’assigner résidence au momentoù tout le pays se retrouve au bord du chaos.
 M. Slimani
El Watan 
 
- Samedi 29 janvier 2011 - 
L’ ÉVÉNEM ENT
    P    H    O    T    O   :    A    F    P
DES MILLIERS DE MANIFESTANTS ONT BRAVÉ LES FORCES DE SÉCURITÉ
Le rejet de Moubarak embrase l’Egypte
El Baradei, l’homme providentiel ?
Mohamed El Baradei 
Barack Obama
●
Le couvre-feu est violé par les manifestants qui se sont attaqués, en début de soirée d’hier, au siège central de Parti national démocratiqueau pouvoir (PND) que dirige Hosni Moubarak.

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