Inventaire des ornements liturgiques de l’archevêché de Montpellier déposés au musée Fabre, Montpellier
Répondant au souhait de Michel Hilaire, Directeur du musée Fabre, une mission
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de chercheur de l’Inventairegénéral du Conseil régional de Languedoc-Roussillon a été menée à bien en août et novembre 2010.Cent dix neuf pièces ou ensembles ont été vus, datables du début du XVIIIe siècle à la première moitié du XXesiècle, qui n'offrent pas la cohérence d'une sacristie d'église, mais constituent une collection composite d’œu-vres intéressantes. Tous ces ornements n’ont plus été portés à partir de 1940 environ
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.Certaines pièces sont de celles que l'on ne trouve guère que dans les cathédrales, telles les mitres (sept, desnuméros 78 à 83 et n°119), les glands de ceinture de prélat (n° 77), les mozettes de chanoines (n° 84 à 94),les sandales liturgiques (n° 112 et 113), les gants pontificaux (n° 76) ou les éléments de cappa magna (n° 13à 19). Des cadeaux honorifiques vont également avec la présence à Montpellier d'un prélat tenant un certainrang, et en communion avec ses pairs, ce qui explique l'écrin de mitre de Carcassonne (n° 68), la chasubled'Annecy (n° 32), la plume de Léon XIII (n° 97), la mitre de M
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Veuillot (n° 82) ou les divers éléments venantde Pie IX (n° 95 et 117) et de Pie X (n° 118).L’ensemble a été influencé par la longue présence à Montpellier (1873-1921) du cardinal de Cabrières, donton sait qu’il aimait beaucoup le rouge (n° 21, 29 et 30). Il est aussi intéressant de savoir qu’il a beaucoup faittravailler les Visitandines d’Annecy, dont les mains soigneuses étaient capables de reporter des broderiesd’un fond sur un autre (n° 30).Le plus précieux ornement est sans conteste l'ornement réversible blanc/rouge n° 36, du XVIIIe siècle, oeu-vre de brodeurs d'argent et d'or professionnels. La comparaison de cet ornement avec d'autres réversibles etnotamment avec celui dit de Madame Louise, fille de Louis XV, à la basilique de Saint-Denis, incite à des re-cherches complémentaires.La reconnaissance d'ornements vendus localement est toujours intéressante, et les soeurs Malentino, activesà Montpellier vers 1895-1915, ont cousu leur marque sur deux chasubles (n° 40 et 43) et une chape (n° 23);elles se disent chasublières et, se fournissant en tissus, galons et broderies d'applications auprès des fabri-cants, elles ont effectivement pu confectionner ces trois pièces.Concernant les aubes, cotta et rochets, l'analyse n'a pas été celle d'un spécialiste de la dentelle. Même si au-cune pièce ne paraît ancienne, l'intérêt se porte sur l'aube n° 8, très riche, avec rehauts de soie, sur le rochetn° 106, constitué d'assemblage de carrés en filet ou brodés et le rochet n° 105, pour la finesse des broderiesblanches sur batiste.Si deux chasubles se distinguent par la coupe (n° 28 et 29), d'autres le font par la qualité de leur tissage (n°31, 34). Les restaurations, voire le recyclage des soieries - broderies changées de supports de la chasublen° 30, orfrois de la chape n° 26, conopée n° 52 – sont des pratiques généralisées dans toutes les églises deFrance, surtout au sortir de la Révolution ; on reste néanmoins dubitatif devant certains montages (n° 54).Cette première analyse inspire quelques suggestions de suites à donner :- établir des protections monuments historiques pour un certain nombre d’ornements ;- considérer comme une urgence la restauration de l’écran brodé (n° 67)- poursuivre la recherche concernant les ornements réversibles ;- organiser une exposition-dossier sur les pièces remarquables de la collection.
1 - Six jours d’analyses sur place, dont deux accompagnés du photographe ;six jours de recherches complémentaires et rédaction, trois journées de maquettiste.2 - Merci au Père Hees, archiviste diocésain, pour les renseignements fournis.