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CHAPITRE : LA FAMILLE UNE REALITE ECONOMIQUE,SOCIALE ET, … POLITIQUE
INTRODUCTION :
A partir de vos connaissances issues du cours de seconde, rappelez :
Les principes sur lesquelles étaient établies la famille dans les sociétés traditionnelles, et en particulier dans la société d’Ancien Régime français :- choix du conjoint (influence des parents, place des sentiments, vision du couple et de sa durée)- place et rôle des individus (père, mère, enfants ) dans la famille
Comment a évolué la famille depuis deux siècles, montrez en les aspects présentés comme- positifs- négatifs.
Pourquoi aujourd’hui de nombreux observateurs parle t’il d’une crise de la famille :- Qu’entend t’on par-là ?- Quels en sont les indicateurs ?- Quels en seraient les remèdes ?
SECTION I – LA FAMILLE DANS LA SOCIETE D’ANCIEN REGIME
I – LA FAMILLE : UNE AFFAIRE DE FAMILLE
Document 1 :A :Les théologiens avaient élaboré la distinction entre amour de concupiscence - condamnable - et amour d'amitié.Ils s'appuyaient sur saint Jérôme : « Adultère est aussi l'amoureux trop ardent de sa femme. » Et de répéter que« rien n'est plus honteux que d'aimer une épouse comme une maîtresse ». Pierre Lombard considérait commela moins honnête des raisons qui entraînent au mariage « la beauté de l'homme ou de la femme qui poussesouvent les cœurs enflammés par l'amour à rechercher la possibilité de rassasier leur désir " ». Cette conceptionest fondamentale à la définition de la societas maritalis, comme forteresse contre le désordre des passions, etcomme institution vouée à la perpétuité. Traduite en prescriptions précises dans les manuels des confesseurs, lamorale matrimoniale est particulièrement tatillonne sur la question sexuelle, objet d'une série impressionnantede péchés codifiés. Cette morale conjugale convient parfaitement à la théorie du pacte de famille, où lesindividus sont entièrement soumis aux intérêts du lignage. Après tout, l'amour conjugal prescrit par Pothier nesuppose nulle inclination.Source : I.Thery, Le démariage, 1996B :Totalitaire - holiste au sens de Louis Dumont -, la famille impose ses vouloirs à ses membres, qu'ellesubordonne à ses fins. Choix du métier, du conjoint, du domicile, même du nombre des enfants sont dictés par l'intérêt du groupe, dont le père est le chef. La limitation des naissances, par retard de l'âge au mariage, coïtinterrompu, voire continence, est en France très précoce.Source : M.Perrot, Histoire de famille, Mouvements, avril 2000Questions :- Pour quelles raisons se marie-t-on dans l’Ancien Régime ? Quel rôle joue l’amour ?- Quelle est la liberté des individus dans la formation du couple ?- Le recours aux méthodes contraceptives est-il récent ?
 
II – UNE FAMILLE PATRIARCALE
Document 2 :Le mariage, consolidé par les deux Réformes, a donné au père – déjà héritier d'une partie de la patria potestasromaine, au moins dans les États et les provinces de l'Europe méridionale - un rôle essentiel au sein de lafamille : une sorte de monarchie paternelle s'est mise en place. Les devoirs et les droits du père sont alorsomnipotents, mais ils sont tempérés par les lois des Églises, et par le rôle de conseillère que joue la mère. (…)Cette société naturelle a besoin d'une autorité qui a le pouvoir d'obliger, de coordonner et de diriger lesvolontés des membres vers une même fin, qui se confond avec le bien commun de la famille. C'est pour tendreà ce bien commun que les membres de ce corps social doivent obéir ; en obéissant,ils accomplissent un devoir envers eux-mêmes. L'autorité paternelle leur est nécessaire. (…) le Créateur a placéle père et la mère : l'un et l'autre ont un droit naturel à exercer cette autorité. Mais le père l'emporte sur la mère,car c'est lui qui peut le mieux gouverner la société domestique : il lui procure les ressources, il veille à sesintérêts économiques, il préserve son unité et la relie aux générations précédentes.(…)L'autorité paternelle a un double but :-assurer la vie et l'éducation de l'enfant ;-maintenir l'unité familiale.Ce sont ces devoirs qui conditionnent les pouvoirs du père. Tout d'abord, le père, selon ses capacitésmatérielles et son état physique, doit assurer la vie de l'enfant, c'est-à-dire l'entretenir, le secourir s'il est débilede corps et d'esprit, tant qu'il le peut, lui procurer un établissement convenable par une formation, unapprentissage, des études.Il a aussi le devoir de l'assister, même après sa majorité. Il a encore le devoir d'éducation, c'est-à-dire de formation intellectuelle, et surtout morale et religieuse. Il a enfin le devoir, vis-à-visde ses enfants et de sa famille, d'assurer la stabilité, la prospérité et la pérennité de celle-ci. Prolonger la race,au sens de famille régnante descendant d'un ancêtre commun, ou la parentèle, au sens de ceux qui descendentd'une même souche, est une nécessité pour les pères porteurs de la couronne, du nom, de l'honneur et des biensqui leur ont été légués par leurs propres pères. Cette conception est universelle dans la société d'ordre. Le pèrea pour mission d'assurer sa descendance, mais aussi, par ses conseils et son exemple, de montrer quelle est lameilleure voie pour parvenir à la prospérité familiale et patrimoniale.Source : A.Molinier, renniser et concevoir, in Histoire des pères et de la paternité, Larousse 1999Questions :- Qui dispose de l’autorité et du pouvoir dans la famille ? Pour quelles raisons ?Comment est exercée cette autorité ? Quelles en sont les contraintes, pour ceux qui la subissent mais aussi pour celui qui la détient ?
III - PLACE ET ROLE DE L’ENFANT DANS LA FAMILLE
Document 3 :Le système éducatif postule que l'enfant doit être « réformé », que sa nature, mauvaise ou informe, doitêtre modifiée selon un ensemble de règles que l'enfant doit respecter et finalement incorporer. Latransformation intérieure de l'enfant se manifestera par une série de comportements (la bonne tenue à table, par exemple) qui définissent une personne conforme, c'est-à-dire, dans l'esprit du temps, un adulte.Source : F.De Singly, Le père de famille est devenu Pygmalion, in L’autorité malmenée, Le Monde desdébats, mars 1999Questions :-Expliquer la premre phrase du texte-En quoi nous paraît-elle choquante ?
IV – LA FAMILLE, UNE INSTITUTION
 
A – LA FAMILLE SOUS L’ŒIL DE LA COMMUNAUTE
Document 4 :
 
Dès la formation du couple, au cœur même du cérémonial religieux, des rituels mettent l'accent sur ladétention de l'autorité. Ils font appel à l'efficacité du symbole qu'une identité culturelle partagée permet àtout le groupe de saisir immédiatement. Lutte autour du passage de l'anneau au doigt de la femme, genou placé par l'époux sur le tablier de sa femme, autant de signes de l'intérêt accordé au fait de savoir qui « portera la culotte ». Le couple vit en effet sous l'œil de la communauté et cette intervention externe a unedouble face. Ce que nous considérons comme appartenant au domaine privé, relations affectives etsexuelles, sont, d'une certaine façon, de l'ordre public. La tension entre mari et femme est réduite parce quela vie sociale s’organise en groupes. La communauté locale ne tolère pas les déviances et contrôle l’imageque donne le ménage, en lui infligeant, si nécessaire, des blâmes publics. On connaît les charivaris ou promenades à âne imposés aux veufs qui, se remariant avec des filles trop jeunes ou trop éloignéessocialement, prélèvent sur le stock des mariables une conjointe destinée aux garçons. De même les marisqui se laissent battre par leur femme, mettant ainsi en danger l'ordre social en acceptant l'irruption d'unmonde à l'envers dans leur vie conjugale, sont publiquement stigmatisés.Source : M.Segalen, Sociologie de la famille, A.Colin, 1981Questions :-La notion de vie privée a-t-elle un sens dans les sociétés traditionnelles ? Pourquoi ?-La société tolère-t-elle que l’homme ne dispose pas de l’autorité dans la famille ? Pourquoi ? 
B -LA FAMILLE, UNE AFFAIRE D’ETAT
Document 5 :La monarchie exprime de plus en plus nettement la volonté qu'a l'État de contrôler les mariages, dansl'intérêt du lignage et de l'ordre social tout entier. Elle ne cesse de rappeler que le mariage n'est passeulement l'union de deux individus, mais la source de la famille, séminaire de la société civile. C'est cequ'affirme nettement le préambule de la Déclaration de Saint-Germain de Louis XIII, en 1639 : « Commeles mariages sont le séminaire de l'État, la source et l'origine de la société civile et le fondement desfamilles qui composent les républiques, qui servent de principe à former leur police et dans lesquelles lanaturelle révérence des enfants envers leurs parents est le lien de légitime obéissance des sujets envers leur souverain... » On retrouvera cette conception dans le Traité du mariage, composé sur ordre de Colbert en1670 : « Le mariage n'est pas seulement fondé sur l'intention et les principes de la nature, il tient aussifortement aux lois de la police civile, ou plutôt il en est le premier fondement parce que cette société quicompose la famille est la source et le séminaire de la société publique. »Source : I.Thery , op citéQuestions :- Quelle place occupe la famille dans la société ?- Pourquoi l’Etat intervient-il dans un domaine qui ne semble pas à priori être le sien ?
CONCLUSION
:Document 6 :En un temps très court (1791-1793), on assiste donc à un renversement radical de valeurs séculaires, quiconduisit à l'exécution du monarque alors que le régicide était jusqu'alors considéré comme le crime le plusgrave et le plus impardonnable puisqu'il associait la mort du père à celle du représentant de Dieu sur terre.Autrement dit, le 21 janvier 1793, à travers Louis Capet guillotiné, c'est un ensemble de référencesfondamentales, de la puissance paternelle à l'omnipotence divine, qui disparaissent publiquement ou, à toutle moins, qui sont bafouées. « En coupant la tête du roi, écrit Balzac dans les Mémoires de. deux jeunesmariés, la République a coupé la tête à tous les pères de famille. » Et Le Play fera, plus tard, cerapprochement caractéristique : « Le 7 mars 1793, six semaines après la condamnation à mort du roi LouisXVI, la Convention interdit aux pères de famille la faculté de disposer de leurs biens par testament» (l'Organisation de la famille). Mais, si les Conventionnels sont des fils qui tuèrent leur père, c'est aussi parce que la Révolution se fondait sur d'autres valeurs. Avec finesse, Lynn Hunt remarque qu'au corps patriarcal de l'ancienne monarchie se substitue une triade féminine des sœurs (liberté, égalité, fraternité)auxquelles se joindra un frère : le peuple. La famille révolutionnaire s'apparente ainsi à une familleégalitaire, sans père ni mèreSource : A.Cabantous, La fin des patriarches, in Histoire des res et de la paternité, op. ciQuestions :- Que traduit le régicide ? En quoi dépasse-t-il la seule mort du roi ?
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