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ANTONIO GRAMSCI - Lettres de La Prison

ANTONIO GRAMSCI - Lettres de La Prison

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Published by Mohamed Rouabhi
Antoine Gramsci, secrétaire du parti communiste et député au Parlement, fut arrêté à
Rome le soir du 8 novembre 1926, dans la maison Passarge, au numéro 25 de la rue G.B.
Morgagni : il avait loué là une chambre meublée.
Antoine Gramsci, secrétaire du parti communiste et député au Parlement, fut arrêté à
Rome le soir du 8 novembre 1926, dans la maison Passarge, au numéro 25 de la rue G.B.
Morgagni : il avait loué là une chambre meublée.

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Published by: Mohamed Rouabhi on Feb 20, 2011
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LETTRES DE LA PRISON
Antonio GramsciNote de l'éditeur
Pour présenter au public français les Lettres de la prison et leur auteur, il nous a sembléutile de nous servir de l'étude que le compagnon d'armes d'Antoine Gramsci et soncontinuateur à la tête du Parti communiste italien, Palmiro Togliatti, écrivit à Paris en 1937,aussitôt après que le monde eût appris avec stupeur que celui que la protestation universellecroyait avoir arraché à ses bourreaux n'était pas parvenu au delà du seuil de la prison sur lechemin de la liberté recouvrée.Il est sûr qu'en 1937 l'œuvre que Gramsci avait écrite dans son cachot n'était connueencore ni dans son ampleur ni dans son détail. Le texte de Palmiro Togliatti n'en paraîtra queplus convaincant.Antoine Gramsci, secrétaire du parti communiste et député au Parlement, fut arrêté àRome le soir du 8 novembre 1926, dans la maison Passarge, au numéro 25 de la rue G.B.Morgagni : il avait loué là une chambre meublée.Après seize jours de détention à la prison de Regina Coeli, la "Santé" italienne, il futdirigé sur l'île d'Ustica, a quelque cent kilomètres au Nord de Palerme, où il avait à subir unecondamnation de cinq années de relégation.Il arrivait à destination le 7 décembre. Il quittait l'île le 20 janvier 1927 et il était transféréà la prison Saint-Victor à Milan, inculpé de conspiration contre les Pouvoirs de l'État, deprovocation à la guerre civile, d'excitation à la haine de classe, d'apologie d'actes criminels etde Propagande subversive.L'instruction terminée, en mai 1928, Gramsci était conduit à nouveau à Regina Coeli. SonProcès et celui de ses camarades communistes se déroulait du 28 mai au 4 juin 1928. LeTribunal spécial présidé par le général Saporiti retenait les conclusions du procureur Isgrô etcondamnait Antoine Gramsci à vingt ans, quatre mois et cinq jours de réclusion. En juillet1928, Antoine Gramsci prenait possession, à la Prison de Turi, dans la province de Bari, de lacellule 7047 qu'il ne quitterait plus que Pour mourir.Gramsci était de santé faible. En prison, son organisme débilité offrait un terrain demoindre résistance. Lorsque les troubles stomacaux lui laissaient quelque repos, intervenaientles troubles intestinaux. Il crachait du sang. Il avait de persistantes migraines. Le sommeil lefuyait : en octobre 1930, il dormit en moyenne deux heures sur vingt-quatre. Lorsqu'il luiarrivait de trouver un peu de sommeil, son gardien, qui avait reçu des ordres en conséquence,ouvrait et fermait la porte du cachot avec bruit : Gramsci, réveillé, n'arrivait plus à serendormir. Toute nourriture lui était contraire. Celle qu'il pouvait digérer ne figurait querarement au "menu" de la prison. Gramsci ne croyait Pas aux médecins. Mais il se soignait oudu moins il essayait de se soigner : le devoir était de vivre.
 
Jamais, ce grand caractère ne faiblit. Il lui fut proposé cent fois de demander sa grâce. Ilne consentit jamais à le faire. "Il y a là une forme de suicide et je n'ai nullement l'intention deme suicider", répondait-il.Chaque jour, il lutta contre ce qu'il appelait la routine pénitentiaire. Il s'était fait un plan detravail. Malgré les souffrances physiques et morales, la censure et le contrôle del'administration Pénitentiaire, l'impossibilité de se référer à une documentation indispensableet de recevoir en temps voulu le matériel bibliographique qui lui aurait fait besoin, il couvritd'une écriture fine et serrée trente-deux cahiers, trois mille pages manuscrites correspondant àquatre mille pages dactylographiées. Gramsci traite des intellectuels italiens et de leur missionà travers l'histoire, de Machiavel, d'Ugo Foscolo, de Dante, de la Réforme, de la Renaissance,du roman feuilleton, du folklore, de la langue littéraire et des dialectes, du théâtre, de l'écolelaïque, de l'américanisme, du Risorgimento et de Benedetto Croce et de cent autres sujets. Sesconnaissances sont universelles. Ses jugements fermes, de valeur définitive, étonnentcependant par les nuances qu'y introduit le plus grand humaniste de l'Italie d'aujourd'hui.Alors que dans les Lettres le drame vécu par Gramsci dans sa Prison est visible, avec sesmisères, ses tortures, avec la bataille que l'esprit a décidé de mener -, dans les Cahiers, ainsique le précise l'éditeur italien, il n'y a plus de trace de l'enfer cellulaire, seul demeure le fruitd'une pensée géniale, la marque d'une volonté de lutte indomptée et d'une admirable force decaractère.Le sort fait à Gramsci par le fascisme souleva la Protestation universelle. En France,parmi beaucoup d'autres, protestèrent Romain Rolland et Henri Barbusse, en Angleterrel'archevêque de Canterbury. Mussolini fut contraint de reculer, ou de faire semblant dereculer. Gramsci quitta le bagne de Turi pour une clinique de Formia, puis il fut conduit dansune clinique de Rome. Il était trop tard pour qu'il pût être sauvé. Le 27 avril 1937, sa peine,qui avait été hypocritement réduite de dix ans, étant venue à expiration depuis trois jours,Antoine Gramsci rendait le dernier soupir.Qu'il soit dit Pour compléter le schéma à Peine esquissé de cette grande existence et pourfaciliter la lecture des Lettres que la plus grande Partie de celles-ci sont adressées auxmembres de la famille de Gramsci : à sa femme, à ses enfants, à sa mère, à ses sœurs, à sabelle-sœur. La maman et les sœurs, Thérésine et Gracieuse, vivaient en Sardaigne. Le frèreCharles était employé à Milan. Le frère Gennaro avait émigré en France.Gramsci avait connu sa femme, Julie (Julca) Schucht dans une maison de repos deMoscou au début de 1923. Un premier enfant, Délio, était né à Moscou en août 1924 alors queGramsci était retourné en Italie. La maman et Délio rejoignirent le père à Rome fin 1925. Ilsle quittèrent au printemps suivant pour rentrer à Moscou, où, en août 1926, julien vint aumonde. Tout cela veut dire que Gramsci a connu son premier enfant quelques mois seulementet qu'il n'a jamais connu son second fils. Il faut beaucoup penser à cela en lisant certaines"lettres de la prison".Il faut aussi penser que Julie, durement touchée par l'arrestation de son mari, eut à souffrird'une maladie nerveuse que l'on s'efforça de cacher au prisonnier, mais assez vainement.Gramsci se douta vite qu'on ne lui disait pas la vérité et cela fut à l'origine d'âpres discussions,d'accès de mauvaise humeur, de colères même. Et Julie ne put jamais, et pour cause, venir enItalie ainsi que Gramsci l'aurait tant désiré.
 
Un personnage important dans ce drame de l'enfermé est la belle-sœur de celui-ci, la sœurde Julie, Tatiana (Tania). Son affection pour Gramsci était fraternelle, et illimitée l'admirationqu'elle avait pour lui. Onze années durant, Tatiana ne vécut que pour soulager les souffrancesde Gramsci, pour lui rendre moins dure la vie de la prison. De faible constitution elle-même,elle surmonta toutes les fatigues pour bien accomplir le grand devoir qu'elle s'était imposé.C'est elle qui recueillit le dernier soupir de Gramsci, qui prit soin de sa tombe et qui sauva lesprécieux cahiers écrits dans la prison. Tatiana Schucht est morte en 1943 en Union soviétique.Les Lettres de la prison ont été publiées pour la première fois en Italie en 1947. Ellesrecueillirent aussitôt un immense succès auprès de l'ensemble des critiques et de l'immensemajorité du public italien. Elles arrachèrent des cris d'admiration à Benedetto Croce. Ellesobtinrent le Prix Viareggio.La publication des Lettres fut suivie, entre 1948 et 1951, par celle des 32 "cahiers de laprison" réunis en six volumes (Le Matérialisme historique et la philosophie de BenedettoCroce, Les Intellectuels et l'organisation de la culture, Le Risorgimento, Notes sur Machiavel,sur la politique et sur l'État moderne, Littérature et vie nationale, Le Passé et le présent). Nulhomme de savoir ne peut décemment ignorer cette œuvre. Il n'est pas possible de s'occuperdes choses de la culture italienne sans s'y reporter.Le volume que nous présentons au public français ne contient ni toutes les lettres écritespar Gramsci dans les dix années de son emprisonnement ni toutes celles publiées dansl'édition italienne. Il s'agît d'un choix que nous regrettons de n'avoir pu faire plus complet,mais d'un choix très large et qui suffira amplement à donner un cadre à une existenceexemplaire, à dire quelles furent les vertus, les hautes préoccupations intellectuelles etmorales, la vaste et Profonde humanité de l’homme, de l'humaniste, du militantrévolutionnaire que fut Antoine Gramsci.
Antonio Gramsci,Chef de la classe ouvrière italiennepar Palmiro Togliatti
Lorsque Antonio Gramsci, député au Parlement italien et par conséquent couvert parl'immunité garantie par la Constitution fut, en 1928, accusé de crimes qu'il n'avait pascommis, traîné devant le Tribunal spécial de Rome, le Ministère public ne se donna nullementla peine de démontrer que les accusations portées contre lui étaient fondées en fait. Dans l'acted'accusation la principale imputation consistait purement et simplement dans la démonstrationque Gramsci était le chef reconnu du Parti communiste, parti qui était encore légal lorsqueGramsci fut arrêté. Mais le Ministère public fut plus cynique encore et plus brutal. "Nous
devons empêcher,
dit-il,
ce cerveau de fonctionner pendant vingt ans."
En s'exprimant ainsi lebourreau fasciste camouflé en juge ne révélait pas seulement
l'ordre qu'il
avait reçu desautorités fascistes et de Mussolini lui-même, l'ordre de condamner Gramsci de telle manièreque cela équivaille à sa suppression physique; mais aussi le même bourreau déchirait tous lesvoiles des formes et des artifices juridiques, il mettait à nu d'une manière brutale la raisonmême du procès, de la condamnation et de la persécution qui a mené Gramsci à la mort, àsavoir la peur et la haine de classe implacable des castes réactionnaires qui gouvernaient notrepays. Cette haine a poursuivi Gramsci après le procès et la condamnation, inexorablement, jusqu'à la mort. Pour satisfaire à cette haine Gramsci a été assassiné.

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