Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
1Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Séance n°5 – 22 février 2011

Séance n°5 – 22 février 2011

Ratings: (0)|Views: 31|Likes:
Published by 31071978

More info:

Published by: 31071978 on Feb 23, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

05/12/2014

pdf

text

original

 
1
Séance n°5 – 
22 février 2011
Genre, pouvoir et politique aujourd’hui
 
  IntroductionOn commence par écouter 2 exposés. Le premier porte sur le débat autour de la question de laparité en politique. Le second concerne les mesures prises pour l’amélioration de lareprésentation des femmes en politique dans un pays, dont le choix est laissé à la candidate.
 
Le cours d’aujourd’hui porte sur la question de la place du genre en politique, ce qui nesignifie pas qu’on va seulement s’interroger sur la place des femmes dans le monde politique.Notre analyse du jour prétend être plus large.On peut effectivement partir d’un constat : de nos jours encore, le rapport entre femmes etpolitique se traduit toujours en terme d’exclusion. On va donc commencer par apporterquelques éléments statistiques afin de le souligner, et tâcher d’avancer quelques hypothèsesexplicatives de cette exclusion persistante.Puis on présentera quelques-unes des mesures qui ont pu être prises pour pallier cette inégaleprésence des hommes et des femmes dans le champ politique.Enfin, on se placera sur le terrain du symbolique 
I.
 
Bilan de la situation
 
[Doc.1]
Pour construire ce bilan, on a notamment eu recours à des éléments mis en ligne par l’UIP,l’Union InterParlementaire, qui est l'organisation internationale des Parlements, créée en1889. Foyer de la concertation interparlementaire à l'échelle mondiale, l'Union œuvre pour lapaix et la coopération entre les peuples et l'affermissement de la démocratie représentative enétroite collaboration avec l’Organisation des Nations Unies. Notons qu’on s’intéresse iciprincipalement à la représentation des femmes dans les instances législatives. Il en vaautrement de l’accès au pouvoir exécutif…En février 2008, M. Anders B. Johnsson, secrétaire générale de l’UIP, déclarait en présentantles statistiques des femmes dans les parlements et les gouvernements à la presse à New York :« À ce rythme, on n'atteindra pas la parité au Parlement avant 2050 ». Au 1
er
janvier 2010,19 % des parlementaires dans le monde sont des femmes, un niveau record certes, mais uneavancée insuffisante. Après les renouvellements intervenus dans 63 pays (78 Chambres) en2007, une progression du nombre de femmes a été enregistrée dans 58 % des cas, les femmesemportant 16,9 % de tous les sièges parlementaires renouvelés en 2007. Depuis, la situation aencore évolué dans le sens d’un progrès en faveur d’une meilleure représentation des femmesdans ces instances législatives, où elles sont maintenant 19 %.Il faut souligner que le mode de désignation choisi a de l’importance. Ainsi, parmi les femmesayant emporté des sièges parlementaires, 1 764 ont été élues au suffrage direct, 116 ausuffrage indirect, et 133 ont été nommées. On parle de suffrage indirect, comme c’est le casen France pour les élections sénatoriales, lorsque ce sont de « grands électeurs » qui votent.Dans ce cas, il faut déjà être élu pour pouvoir voter : les femmes étant moins nombreuses queles hommes à assumer des charges électorales, elles sont peu nombreuses à être « grandesélectrices », ce qui s’en ressent dans la composition des chambres hautes qui sont souventélues au suffrage indirect.Les femmes emportent 30 % ou plus des sièges à renouveler dans 24 chambres (basses ouuniques). Fait intéressant, 7 parlements peuvent se vanter aujourd'hui de compter plus de
 
2
40 % de femmes dans leurs rangs. Rejoignant le Rwanda et la Suède, en tête depuis plusieursannées maintenant, Afrique du Sud a élu 40 % de femmes à sa chambre basse, et Cuba,l’Islande, les Pays-Bas et la Finlande suivent de près.Les chambres hautes du Parlement ont également enregistré d'importants progrès. Au Sénatdu Burundi, les femmes occupent 43,6 % des sièges, et il y a 47,2 % de sénatrices au Sénatbolivien.
 A.
 
Le continent américain et les pays nordiques confirment leur progression[Doc.2]
Le continent américain avait enregistré certaines avancées impressionnantes pour les femmesen 2007 : 28 % en moyenne des sièges renouvelés dans les 10 chambres sont allés à desfemmes, ce qui a porté à plus de 20 % en moyenne la proportion des femmes dans lesparlements de la région. Ceci est dû à des progressions non négligeables à Trinité-et-Tobago,en Argentine, aux Bahamas et au Guatemala.
 
Les pays nordiques continuent d'élire le plus fort pourcentage de femmes dans leursparlements. La moyenne régionale est passée à 41,6 % après que le Danemark, la Finlande etl'Islande ont élu un nombre important de femmes. Les Etats insulaires du Pacifique ont le plusfaible taux de femmes au Parlement en 2007, soit 1,8 %. Aucune femme n'a été élue dans lesEtats fédérés de Micronésie et à Nauru.Les avancées les plus marquées ont été réalisées en 2007 par le Kirghizistan, où l'on est passéde l'absence totale de femmes au Parlement au chiffre de 25,6 % suite aux élections tenues en2007. Cela s'explique par l'introduction de la représentation proportionnelle où les partispolitiques sont tenus de présenter au moins 30 % de femmes sur leurs listes. 
B.
 
Le cas rwandais[Doc.3 et Doc.4]
Le Rwanda est le pays le plus paritaire du monde depuis les élections législatives d’octobre2003, les premières après 9 ans de gouvernement de transition post-génocide (1994). À cettedate, 39 femmes sont élues sur 80 sièges, soit 48,8 % de femmes élues à la Chambre desdéputés. Depuis, de nouvelles élections législatives se sont tenues en 2008, confirmant que lepli de la parité était pris : les femmes sont même plus nombreuses que les hommes auparlement rwandais (56,3 %) ! Il faut dire que le Rwanda s’est doté en juin 2003 d’uneConstitution prévoyant un quota de 30 % de femmes élues, quota largement atteint et mêmedépassé. Avant cette date, les femmes représentaient 25,7 % des femmes élues au Parlement.Ces progrès très sensibles sont rendus possibles notamment par le travail effectué enpartenariat avec l’Union interparlementaire et le Programme des Nations unies pour ledéveloppement (PNUD).On peut tenter de dégager quelques facteurs explicatifs spécifiques
1
:
-
 
la garantie constitutionnelle
-
 
un système de quotas
-
 
des structures électorales innovantesL’étude de ce cas un peu particulier permet de mettre en évidence les mécanismes à l’œuvre,et notamment de souligner les liens qui existent entre la représentation des femmes politiqueet un mouvement des femmes organisé, qui a permis d’obtenir des changements significatifs
 
1
Elizabeth Powley, « Rwanda :Women Hold Up Half the Parliament »http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:-JJ9Squ9QOoJ:www.genreenaction.net/IMG/pdf/FAITmemoire_revision_21.pdf+femmes+%2B+politique+%2B+%22cas+rwandais%22&hl=fr&gl=fr&pid=bl&srcid=ADGEEShhoEOlThkhXJOhGDaRILoUu3kpaZNnqvNE0wWPLzPF057wO_V0FfOrnn2Lky9yuYsvcR1FM64O2pfKVtPrQIptu_AUVe6ZsvVuMxAsjBgq1uMWYUxECudgsRx59aEhw4NsHpXO&sig=AHIEtbQr3_9YYXYmCr5CG1G8CfzqJFFpSA
 
3
des rôles de genre dans le Rwanda d’après-génocide, ainsi que l’engagement particulier duparti au pouvoir au Rwanda , le RPF (
Rwandan Pa triotic Front 
, le
Front PatriotiqueRwandais
, dont le président Paul Kagamé est membre
2
), en matière de genre.Les femmes rwandaises ont joué un rôle spécifique dans le génocide (800 000 morts en 100jours). D’abord, elles y ont participé activement, ce qui a choqué un certain nombred’analystes surpris de voir des femmes faire preuve d’une telle violence (contre l’idée d’unenature féminine douce…). Ensuite, et surtout, elles en ont été des victimes spécifiques.Catherine Newbury et Hannah Baldwin signalent : « On ciblait toutes les femmes tutsisimplement parce qu’elles étaient tutsi
3
. Un grand nombre d’entre elles ont été tuées, souventaprès avoir subi violences sexuelles et tortures. Mais on attaquait aussi les femmes de l’élite,les femmes éduquées, sans distinction ethnique. Les soldats du FPR ont assujettis les femmeshutu à la violence pour se venger des violences commises par les hommes hutu ».L’anthropologue Christopher Taylor note lui aussi que le fait de prendre pour cible lesfemmes est un phénomène qui différencie les violences de 1994 de celles de 1959, 1964 et1973. Si l’utilisation du viol comme stratégie d’agression délibérée dans la guerre civileyougoslave a attiré l’attention internationale (selon les estimations, entre 20 000 et 50 000femmes auraient été violées à cette occasion), s’agissant du conflit au Rwanda, il faudraitselon
Human Rights Watch
multiplier ce nombre par cinq (100 000 à 250 000 femmesviolées). L’ampleur de la violence est encore plus surprenant si on prend en compte le faitque, historiquement, dans les discours nationaliste rwandais, on conceptualisait les femmescomme des entités sexuées mais pas ethnicisées. En effet, le terme
kinyarwanda nyampinga
 faisait référence aux femmes en tant que citoyennes dépourvues d’une identité ethnique.Le rôle des femmes dans le génocide de 1994 au Rwanda, en tant que victimes ou criminelles,peut être analysé en partie en fonction du rôle joué par les femmes dans la conception del’origine communes d’une nation ou d’un peuple. Leur statut de reproductrices et le rôlequ’elles jouent dans la procréation pour le groupe mène à des exactions particulières contreelles, en tant que victimes, et par elles, en tant qu’auteurs des crimes. Amina Mire soulignel’importance symbolique du corps féminin dans le discours nationaliste/anticolonial, quil’identifie uniquement dans sa capacité reproductive, la tâche principale des femmes étant dedonner naissance aux fils de la nation et aux agents du corps politique. Par conséquent, lesfemmes sont entrées dans l’imaginaire politique non pas comme des sujets ayant leurs propresbuts politiques, mais comme les mères des enfants de la nation et les femmes des hommes quisont les vrais sujets politiques. Dans le cas de Rwanda, le désir d’une pureté ethnique relayépar les extrémistes Hutu a été l’un des catalyseurs de la violence. Les propagandistes faisaientsouvent référence à la Révolution de 1959, encourageant la population hutu à « finir leboulot ». Nina Yuval-Davis
4
explique que ceux qui sont préoccupés par la pureté de la racesont aussi souvent préoccupés par les rapports sexuels entre les membres des différentescommunautés. De son côté, dans son analyse des aspects « genrés » du génocide, Taylor
5
 aussi remarque qu’« avec l’intensification du processus de dichotomisation des identités dansles années ayant précédé le génocide, les femmes tutsi sont devenues quelque peu liminales,susceptibles de subvertir complètement la différenciation des catégories de Hutu et de Tutsi ».Cette préoccupation, ainsi que la question des rapports entre les sexes, est un cadre d’analyse
 
2
Plutôt sensibilité de gauche. Élu avec 93 % des voix en 2010 après la disqualification de la plupart de sesadversaires : jeu démocratique douteux…
3
L’essentiel des populations massacrées sont tutsis, les massacreurs étant hutus, mais il ne faut pas aller tropvite…
4
S. Blizzard,
Women’s Roles in the 1994 Rwanda Genocide and the Empowerment of Women in the Aftermath
,M.A. Thesis.
5
Christopher Taylor,
Terreur et sacrifice : une approche anthropologique du génocide rwandais
, OctarèsÉditions, Paris, 2000.

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->