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Delay Jacques Exception Francaise

Delay Jacques Exception Francaise

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Published by Nunusse
Un document exclusif Lenculus pour The Savoisien
Je dois à E. Balladur le déclic qui m’incita à formuler ma version de cette exception française qu’il glorifia si imprudemment dans son discours d’investiture en avril 1993. Certes, la France est belle, grande, riche et généreuse comme il le proclama. Mais elle pourrait aussi être forte, sans la lâcheté de ses responsables politiques et l’inconscience de ceux qui les élisent. Il y a plus de vérité dans le cliché du béret – baguette – saucisson – gros rouge, que dans le tableau idyllique qu’en dépeignent les chantres de notre République, cache-sexes de nos maladies honteuses. L’« Exception » française, l’authentique, il fallait la chercher ailleurs. C’est ce trésor inépuisable des singularités les plus typiques de l’homo gallicus que nous tenterons de découvrir ensemble. Miroir fidèle des tempéraments nationaux, c’est à l’histoire « revue et corrigée » que je demanderai d’éclairer cette exploration. Et la nôtre est particulièrement fertile en évènements tragiques et turbulences précisément imputables au particularisme – pour ne pas dire à la fantaisie de ses acteurs. La fluidité du texte en souffrira, tant celle-ci ouvre de pistes à l’investigation de ses effets dévastateurs sur la santé de notre pays et de son rayonnement. Le lecteur n’en sera pas perdu pour autant, s’il se saisit du fil d’Ariane jeté dès les premières pages, pour le guider tout au long d’un parcours sinueux vers le dénouement désastreux de la mésaventure révolutionnaire.
Attendez-vous à une vision iconoclaste des avatars de ces soixante dix dernières années dont la France parait ne pas vouloir se relever. Ne vous étonnez pas non plus de la déposition du témoin d’une tranche de cette histoire élevé à l’ancienne école de la République. La pensée y était encore libre. Une époque aussi où l’Empire était encore debout. Celle d’un modèle de colonisation bienfaitrice et civilisatrice dont le rôle globalement positif n’est contesté que par l’histoire revisitée des intégristes de l’idéologie « fratriote ». Ceux-ci ne la voient pas telle qu’elle l’a été, en consonance avec le contexte du moment, mais telle qu’ils l’eurent souhaitée, vue à travers le prisme déformant de leur angélisme. J’ai eu le bonheur et la fierté de vivre cette époque, celle d’une communauté francophone en plein épanouissement dans les années trente. Un empire comme on l’appelait sans rougir. Et j’ai vécu aussi les événements précurseurs de sa dislocation.
Tout allait bien de Casablanca à Tunis et Libreville, quand survint la déchirure du front populaire. Et dans son sillage, l’énorme onde de choc de 1940 qui ébranla tout ce que nous avions construit patiemment outre Méditerranée. J’ai eu certes le privilège de pouvoir admirer sur place ce que la France peut être fière d’y avoir fait, mais c’est une tristesse d’autant plus forte que j’ai éprouvée à mesurer ce qu’elle y avait abandonné. D’où une vision bien différente de ce que, pour des raisons dont l’origine remonte deux cents ans plus tôt dans notre histoire, l’école, les médias et les barons de notre république s’évertuent à déformer grossièrement.
Dans le cortège sans fin de nos exceptions, il y a en bonne place cette improvisation constitutionnelle qu’on dirait avoir été conçue pour gripper la machine de l’Etat. Ce système extravagant, nos juristes ne l’ont pas inventé. Ce sont les leaders politiques qui l’ont voulu par accord tacite. La cohabitation. La gauche et la droite se mettant en ménage à plusieurs reprises en seize ans (20.03.86 / 10.05.88) – (29.03.93 / 10.05.95) – (02.06.97 – 2002) Un accouplement aussi fécond que celui d’une carpe et d’un lapin. Spectacle consternant d’une sorte d’excroissance maligne que notre démocratie chancelante s’est montrée incapable de soigner. Un mal qui remonte à la rage d’une révolution qui a mal tourné. Un changement radical qu’elle a opéré dans le comportement et l’état d’esprit des Français. Déflagration contestataire de l’ordre établi dont l’onde de c
Un document exclusif Lenculus pour The Savoisien
Je dois à E. Balladur le déclic qui m’incita à formuler ma version de cette exception française qu’il glorifia si imprudemment dans son discours d’investiture en avril 1993. Certes, la France est belle, grande, riche et généreuse comme il le proclama. Mais elle pourrait aussi être forte, sans la lâcheté de ses responsables politiques et l’inconscience de ceux qui les élisent. Il y a plus de vérité dans le cliché du béret – baguette – saucisson – gros rouge, que dans le tableau idyllique qu’en dépeignent les chantres de notre République, cache-sexes de nos maladies honteuses. L’« Exception » française, l’authentique, il fallait la chercher ailleurs. C’est ce trésor inépuisable des singularités les plus typiques de l’homo gallicus que nous tenterons de découvrir ensemble. Miroir fidèle des tempéraments nationaux, c’est à l’histoire « revue et corrigée » que je demanderai d’éclairer cette exploration. Et la nôtre est particulièrement fertile en évènements tragiques et turbulences précisément imputables au particularisme – pour ne pas dire à la fantaisie de ses acteurs. La fluidité du texte en souffrira, tant celle-ci ouvre de pistes à l’investigation de ses effets dévastateurs sur la santé de notre pays et de son rayonnement. Le lecteur n’en sera pas perdu pour autant, s’il se saisit du fil d’Ariane jeté dès les premières pages, pour le guider tout au long d’un parcours sinueux vers le dénouement désastreux de la mésaventure révolutionnaire.
Attendez-vous à une vision iconoclaste des avatars de ces soixante dix dernières années dont la France parait ne pas vouloir se relever. Ne vous étonnez pas non plus de la déposition du témoin d’une tranche de cette histoire élevé à l’ancienne école de la République. La pensée y était encore libre. Une époque aussi où l’Empire était encore debout. Celle d’un modèle de colonisation bienfaitrice et civilisatrice dont le rôle globalement positif n’est contesté que par l’histoire revisitée des intégristes de l’idéologie « fratriote ». Ceux-ci ne la voient pas telle qu’elle l’a été, en consonance avec le contexte du moment, mais telle qu’ils l’eurent souhaitée, vue à travers le prisme déformant de leur angélisme. J’ai eu le bonheur et la fierté de vivre cette époque, celle d’une communauté francophone en plein épanouissement dans les années trente. Un empire comme on l’appelait sans rougir. Et j’ai vécu aussi les événements précurseurs de sa dislocation.
Tout allait bien de Casablanca à Tunis et Libreville, quand survint la déchirure du front populaire. Et dans son sillage, l’énorme onde de choc de 1940 qui ébranla tout ce que nous avions construit patiemment outre Méditerranée. J’ai eu certes le privilège de pouvoir admirer sur place ce que la France peut être fière d’y avoir fait, mais c’est une tristesse d’autant plus forte que j’ai éprouvée à mesurer ce qu’elle y avait abandonné. D’où une vision bien différente de ce que, pour des raisons dont l’origine remonte deux cents ans plus tôt dans notre histoire, l’école, les médias et les barons de notre république s’évertuent à déformer grossièrement.
Dans le cortège sans fin de nos exceptions, il y a en bonne place cette improvisation constitutionnelle qu’on dirait avoir été conçue pour gripper la machine de l’Etat. Ce système extravagant, nos juristes ne l’ont pas inventé. Ce sont les leaders politiques qui l’ont voulu par accord tacite. La cohabitation. La gauche et la droite se mettant en ménage à plusieurs reprises en seize ans (20.03.86 / 10.05.88) – (29.03.93 / 10.05.95) – (02.06.97 – 2002) Un accouplement aussi fécond que celui d’une carpe et d’un lapin. Spectacle consternant d’une sorte d’excroissance maligne que notre démocratie chancelante s’est montrée incapable de soigner. Un mal qui remonte à la rage d’une révolution qui a mal tourné. Un changement radical qu’elle a opéré dans le comportement et l’état d’esprit des Français. Déflagration contestataire de l’ordre établi dont l’onde de c

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