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Nexus 40 - Nanotechnologies, cap vers l'infiniment inquiétant

Nexus 40 - Nanotechnologies, cap vers l'infiniment inquiétant

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10
NEXUS n°40
septembre-octobre 2005
 
L
histoire se passe quelque part dans l’infiniment petit,au milliardième de mètre, au millième de micron : aunanomètre. À l’échelle nanométrique, la matière quittele domaine de la chimie et de la physique conventionnellespour pénétrer celui de la « mécanique quantique » – conférantdes caractéristiques nouvelles aux matériaux traditionnelset présentant des risques nouveaux en matière de santé. Caren intervenant simplement à une échelle réduite (à moinsde 100 nm) sans pour autant modifier la substance, on peutconsidérablement changer les propriétés d’un matériau. Lescaractéristiques – telles que conductivité électrique, réactivité,solidité, couleur et, surtout toxicité – sont susceptibles de semodifier de façon imprévisible. Par exemple, une substance quiest rouge quand elle mesure un mètre de large peut être vertequand elle ne fait plus que quelques nanomètres ; sous formede graphite, le carbone est souple et malléable, mais s’avère plussolide que l’acier à l’échelle nanométrique. Un seul gramme dematériau catalyseur composé de particules de dix nanomètresest environ cent fois plus réactif qu’un gramme de ce mêmematériau composé de particules d’un micromètre.Depuis quelques années, le domaine des nanotechnologies,qui englobe donc les manipulations de la matière à l’échelledes atomes et des molécules, converge à vitesse grand V versceux des biotechnologies et des technologies de l’informationpour modifier radicalement les fondements de nos systèmesalimentaire et agricole.Au cours des deux prochaines décennies, l’impact de cetteconvergence sur l’agriculture et l’alimentation dépassera celuide la mécanisation agricole ou de la Révolution verte, avec pourconséquence une redynamisation des industries meurtries del’agrochimie et de l’agrobiotechnologie, et soulevant un débat
DOSSIER
CAP VERS LʼINFINIMENT…INQUIÉTANT ?
Des poussières intelligentes qui informent à distance d’une présence ennemie, des vêtements qui se transforment avec le temps qu’il fait, des médicaments mieux diffusés, un dépistage très précoce des cancers… Bienvenue dans un monde nanotechnologique annoncé par certains chercheurs pour 2010 ! Autant dire demain. Alors, il est plus que temps d’envisager, derrière les fantasmes médiatisés et les promessesdes gouvernements, les dessous de cette « révolution » : menace directe sur la souveraineté alimentaire partout dans le monde, redoutable outil potentiel de surveillan-ce, une technologie taillée pour la guerre biologique, beaucoup d’inconnues en ma-tière de santé publique et d’environnement… Autant de points qui questionnent : à qui profiteront les nanotechnologies ?
Nanotechnologies
p 11I - MAIN BASSESUR LʼAGRICULTUREp 15II - UN MONDESOUS NANOSURVEILLANCEp 17III - DE LʼINTELLIGENCEDANS LʼAIRp 18IV - NANOGUÉRISONSÀ LʼHORIZON
(première partie)
ETC Group © 2004 
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nouveau et intense sur les aliments « atomiquementmodifiés ». Du sol à l’assiette, les nanotechnologiesvont non seulement modifier le fonctionnementde chaque étape de la chaîne alimentaire, mais ellesvont aussi en affecter tous les acteurs. Et l’agriculturepourrait bien servir de terrain d’essai à des technologiesdestinées à la surveillance, au contrôle social, voire àla guerre biologique. 
Un gros retard d’information
Comme les nanotechnologies concernent l’ensemblede la matière, les nanobrevets peuvent avoir deprofonds impacts non seulement pour le secteur del’alimentation mais pour l’ensemble de l’économie. Lafusion des nanotechnologies et des biotechnologiestransformera radicalement les besoins industriels enmatières premières agricoles, mais on ignore encoreses conséquences sur la santé, la biodiversité etl’environnement. Aucun gouvernement n’a encoredéveloppé de réglementation concernant l’échellenanométrique ou étudié les impacts de l’invisiblementpetit sur notre société. Quelques aliments et produitsnutritionnels contenant des additifs nanométriquesinvisibles, non indiqués par l’étiquetage car ne relevantd’aucune réglementation, sont déjà disponibles dansle commerce. De même, bon nombre de pesticidesélaborés à l’échelle nanométrique sont déjà sur lemarché et ont été répandus dans l’environnement.Aux États-Unis, le débat sur les aliments transgéniques(génétiquement modifiés) a non seulement omisd’aborder les questions de santé et d’environnement,mais il a désastreusement ignoré les enjeux politiquesde la propriété intellectuelle et du contrôle sous-jacentaux situations monopolistiques. Questions cruciales :quelles vont en être les conséquences sur la société ? Etqui va en bénéficier ?La communication gouvernementale affiche huit à dixans de retard sur le besoin d’information de la société,le débat public et les politiques menées.
L
utilisation de nanoparticules dans l’agriculture soulèvedes inquiétudes environnementales et sanitaires puisqueces dernières semblent afficher une toxicité différente decelle des versions plus grosses du même composé. En 2003,le Dr Vyvyan Howard, éditeur fondateur du
Journal of Nanotoxicology 
, entreprit d’étudier la littérature scientifiquesur la toxicité des nanoparticules pour
ETC Group
et conclutqu’elle semblait plus élevée, leur taille occasionnant unepénétration plus importante des membranes protectrices de   l’organisme, qu’il s’agisse de la peau, de la barrière hémato-encéphalique ou du placenta.Une étude publiée en juillet 2004 par le Dr Eva Oberdörster arévélé que l’exposition de perches (poissons) à de petites quantitésde buckyballs (nanoparticules de 60 atomes de carbone) avaitrapidement entraîné des lésions cérébrales et le décès de lamoitié des puces d’eau vivant dans le même milieu que lespoissons. D’autres études montrent que les nanoparticulespeuvent pénétrer dans le sol de façon inattendue, drainant peut-être d’autres substances dans leur sillage. Face aux lacunes surle sujet, de nombreux spécialistes recommandent de réduire oud’interdire leur dissémination dans l’environnement.
Une agriculture asservie à l’industrie
En décembre 2002, le ministère de l’Agriculture américain arédigé le premier « état des lieux » mondial de l’application desnanotechnologies à l’agriculture et à l’alimentation.
 
Un large
I
- MAIN BASSE SUR LʼAGRICULTURE
Uniformisée, automatisée, lʼagriculture version nanométrique promet des lendemains qui chantent à lʼindustrie agroalimentaire. On commenceà libérer dans la nature des plantes atomiquement modifiées, des nanopesticides, nanofibres et autres nanocapsules sans en connaître lʼimpactsur les sols et les organismes vivants, animaux ou humains.
 
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DOSSIER 
éventail de décideurs politiques, de représentants d’universitésagronomiques, de chercheurs du privé, se sont réunis àl’université de Cornell (New York) pour partager leur visiondu remaniement de l’agriculture provoqué par l’émergence des nanotechnologies.Il ressort de ces débats que l’agriculture version nanométriquedoit être plus uniforme, davantage automatisée, industrialiséeet réduite à ses plus simples fonctions. La ferme serait alors uncentre de bioproduction étendu pouvant être contrôlé et dirigédepuis un ordinateur portable et les aliments seraient fabriquésà partir de substances sur mesure assurant une distributionefficace de nutriments à l’organisme.Grâce aux nanobiotechnologies, l’agriculture pourra récolterdavantage de matières premières à des fins industrielles. Dansun même temps, les produits agricoles tropicaux tels que lecaoutchouc, le cacao, le café et le coton – ainsi que les petitsexploitants qui les cultivent – deviendront désuets et inutilesdans cette nouvelle nanoéconomie de « la matière flexible »où les propriétés des nanoparticules industrielles pourrontêtre ajustées pour créer des substituts moins chers et « plusintelligents ».Tout comme l’agriculture transgénique a engendré une nouvelleconcentration d’entreprises tout au long de la chaîne alimentaire,la nanotechnologie brevetée, déployée depuis les graines jusqu’àl’estomac, depuis le génome jusqu’au gosier, renforcera l’emprisede l’industrie agroalimentaire sur l’agriculture et l’alimentationmondiales – tout cela, ostensiblement, dans le but affiché detraiter la malnutrition, de sauvegarder l’environnement etd’offrir un choix plus large aux consommateurs.
Des plantes atomiquement modifiées
Depuis deux générations, les chercheurs manipulent l’alimentationet l’agriculture à l’échelle moléculaire. L’agronanotechnologiefranchit un pas de plus en maillant l’ensemble de la chaînealimentaire industrielle. Avec les nouvelles nanotechnies de mélangeet d’exploitation des gènes, les plantes génétiquement modifiéesdeviennent des plantes atomiquement modifiées.On peut conditionner des pesticides avec uneplus grande précision pour neutraliser lesnuisibles indésirables et trafiquer lesarômes artificiels ou nutriments poursatisfaire le palais. Le projet d’une agriculture industrielle automati-sée à commande centrale utili-sant des capteurs moléculaires,des systèmes de distributionmoléculaires pour un coût de main-d’œuvre réduitest désormais réalisable.Les processus naturels ont déjà été largement réorganisés. Afin d’augmenter le rendementdes cultures durant la Révolution verte, les scientifiques del’hémisphère nord ont cultivé des plantes semi-naines capables demieux absorber les engrais synthétiques et, ce faisant, augmentantles besoins en pesticides.
Les herbicides, eux, sont préservés
Pour renforcer cette dépendance, l’industrie de la biotechnologieagricole a conçu des plantes capables de tolérer des produitschimiques toxiques. Les sociétés de l’agrobiotechnologie avaientle choix : mettre au point de nouveaux produits chimiques pourrépondre aux besoins des plantes ou manipuler les plantes pourrépondre aux besoins des herbicides industriels. Elles ont choisi depréserver leurs herbicides.Aujourd’hui, l’industrie des nanotechnologies suit le mêmechemin, recherchant comment asservir la vie et la matière auxbesoins de l’industrie. Des chercheurs sont en train d’élaborerde nouvelles techniques faisant appel aux nanoparticules pourintroduire subrepticement de l’ADN étranger dans des cellules. Par exemple, à l’
Oak Ridge National Laboratory 
, laboratoire duministère américain de l’Énergie qui a joué un rôle majeur dans
D
es bactériesvivantes dans desnanomachines
 
L
es bactéries vivantes pourraient un jour êtreutilisées comme composants transformablesde circuits électroniques à l’échelle nanométrique, oumême comme échafaudages pour construire desnanomachines. « La nature a créé ces incroyablesmatériaux de construction, explique Robert Hamers del’université de Winsconsin-Madison. Notre méthodeconsiste simplement à les saisir très délicatement. »En effet, son équipe utilise des électrodes pourmanipuler les cellules bactériennes individuelles. Pourl’instant, les nanostructures doivent être assembléesmanuellement. Mais il devrait être possibled’automatiser le processus utilisant des bactériesquand des composants marqués avec des moléculesbiologiques particulières s’accoleront à des protéinescomplémentaires sur la surface des bactéries.Les électrodes de type Hamers pourraient égalements’appliquer aux biodétecteurs potentiellement capablesde déceler des agents biologiques tel qu’un anthraxà partir des modifications du courant d’une électrodeau moment où des spores commencent à y adhérer.
(Source :
New Scientist 
, 2 avril 2005)
 
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Les études toxicologiques de certaines nanofibres de carbone ont démontréune inflammation des cellules.
la production d’uranium enrichi pour le
Manhattan Project 
(miseau point de la bombe atomique), des chercheurs ont élaboréune nanotechnique permettant l’injection d’ADN dans desmillions de cellules à la fois. On synthétisedes millions de nanofibres de carboneauxquelles sont fixés des brins d’ADNsynthétique sur une puce de silicium. Lescellules vivantes sont alors projetées contreles fibres et, transpercées par ces dernières,reçoivent une injection d’ADN. « C’estcomme lancer une poignée de balles debaseball contre une planche à clous...Nous jetons littéralement les cellules surles fibres, puis nous enfonçons les cellulesdans la puce afin de faire pénétrer un peuplus les fibres dans la cellule », expliqueTimothy McKnight, ingénieur à l’
Oak Ridge Laboratory 
.Une fois injecté, l’ADN synthétiqueproduit des protéines aux caractéristiquesnouvelles.
Oak Ridge 
a amorcé unecollaboration avec l’
Institute of Paper Science and Technology 
dans le cadre d’un projet visant à utiliser cette technique pour lamanipulation génétique du pin blanc, première source de pâte àbois pour l’industrie du papier aux États-Unis.Contrairement aux méthodes de manipulation génétiqueexistantes, cette technique élaborée par les scientifiques d’
Oak Ridge 
ne transmet pas, en théorie, les traits modifiés auxgénérations suivantes car l’ADN reste attaché à la nanofibrede carbone et s’avère incapable de s’intégrer au propre génomedes plantes. Par conséquent, il n’est possible de reprogrammerqu’une seule génération de cellules, ce qui, selon ces mêmeschercheurs, devrait apaiser les inquiétudes relatives aux plantesgénétiquement modifiées pour lesquelles les gènes sont transférésentre organismes n’ayant aucun lien de parenté ou bien sontprélevés et réarrangés au sein d’une espèce.
Des « Terminator » en puissance
 
Si cette nouvelle technique permet aux chercheurs d’activer oude désactiver à leur guise un trait essentiel telle que la fertilité,les sociétés de semences vont-elles utiliser ces minusculesterminateurs pour empêcher les agriculteurs de récupérer etde réutiliser les graines récoltées, les obligeant alors à revenirchaque année sur le marché des semences commerciales pourse procurer le trait génétique activé dont ils ont besoin ?Cette approche soulève aussi un certain nombre de questions desécurité : que se passera-il si ces nanofibres sont ingérées par lafaune ou par l’homme dans l’alimentation ?Quels seraient les impacts écologiques siles nanofibres entraient dans les cellulesd’autres organismes et leur faisaientexprimer de nouvelles protéines ? vont aller les nanofibres quand la plante sedécomposera dans le sol ? On a comparé lesnanofibres de carbone aux fibres d’amianteparce qu’elles ont une forme similaire. Lesétudes toxicologiques initiales de certainesnanofibres de carbone ont démontré uneinflammation des cellules.Une étude menée par la NASA a révélé uneinflammation des poumons plus sévère quedans les cas de silicose, même si le lauréatdu prix Nobel Richard Smalley, président de
Carbon Nanotechnologies Inc 
. accorde peu depoids à ces préoccupations : « Nous sommessûrs qu’elle ne révèlera aucun risque pour la santé mais pourl’instant, l’étude [toxicologique] se poursuit. »
Un riz thai nano-idéal
 
En mars 2004, l’
ETC Group
a produit un rapport sur une initiativede recherche thaïlandaise visant à modifier atomiquement lescaractéristiques de variétés de riz locales. Dans le cadre d’unprojet de trois ans mené par le laboratoire de physique nucléairede l’université de Chiang Mai, des chercheurs ont « percé » lamembrane d’une cellule de riz afin d’y insérer un atome d’azotedestiné à stimuler le réarrangement de l’ADN du riz. Pourl’instant, ils ont ainsi réussi à modifier la couleur d’une variétélocale qui du pourpre est passée au vert.  Dans une interviewtéléphonique, le Dr irapat Vilaithong, directeur du centrede recherche sur les neutrons rapides de Chiang Mai, a déclaréà
Biodiversity Action ailand 
(BIOTHAI) que leur prochainecible était le célèbre riz thaïlandais Jasmin dont ils entendentdévelopper des variétés cultivables tout au long de l’année, avecdes pédoncules plus courts et une plus belle couleur de grain.Selon le Dr Vilaithong, un des attraits de cette nanotechnologie,à l’instar du programme de recherche d’
Oak Ridge 
, est d’éviter defaire appel au principe controversé de la modification génétique.« Nous évitons au moins ça », a-t-il déclaré. Mais en aïlande,l’opinion publique reste sceptique quant à cet « avantage ».
 
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Des microcapsules dans le miel
 Des pesticides contenant des nano-ingrédients actifs sont déjàsur le marché, et de nombreuses sociétés agrochimiquesmondiales de premier plan étudient leur développement.Une approche plus sophistiquée de leur formulation résidedans l’encapsulation, technique consistant à enfermerle nano-ingrédient actif dans une sorte de minuscule« enveloppe » ou « coquille ». On trouve déjà depuis plusieursdécennies sur le marché des ingrédients alimentaires et desproduits agrochimiques microencapsulés. Selon l’industrie,la reformulation de pesticides en microcapsules a entraîné « des changements révolutionnaires », y compris la possibilitéde contrôler les conditions de libération de l’ingrédient actif.Selon l’industrie agrochimique, reformuler des pesticidesen microcapsules peut également étendre la protectionconférée par un brevet, augmenter la solubilité, réduire lecontact ingrédients actifs/ouvriers agricoles et présenterdes avantages environnementaux tels que la réduction descoefficients de drainage.Pour autant, la microencapsulation soulève certainesinquiétudes :• Tant l’activité biologique que la durée d’exposition del’environnement et des travailleurs sont augmentés ; lesinsectes bénéfiques et la vie du sol risquent d’être affectés.• Les nanopesticides pourraient-ils être absorbés par lesplantes et se retrouver dans lachaîne alimentaire ?• Ces pesticides peuvent être plusfacilement pulvérisés sous forme depoudre ou gouttelettes – entraînantainsi un risque d’inhalation etconstituant peut-être une plusgrande menace pour la sécurité etla santé de l’homme.• Les pesticides se présentantsous forme de nanocapsules oude nanogouttelettes pourraient-ils afficher une toxicité différente,pénétrer dans le corps et affecterla faune via de nouvelles voiesd’exposition, par exemple la peau ?• Ils risquent d’être détournés comme vecteurs d’armesbiologiques.• Quels autres déclencheurs externes pourraient affecterla libération de l’ingrédient actif (par exemple, liaisonchimique, chaleur ou décomposition de la capsule) ?• Les microcapsules sont de la taille du pollen et risquentd’empoisonner les abeilles et/ou d’être rapportées auxruches et incorporées au miel. En raison de leur taille, « lesinsecticides microencapsulés sont considérés comme plustoxiques pour les abeilles domestiques que n’importe quelleautre formulation existante. » L’effet des nanocapsules est-ilainsi plus létale ?• On ignore comment les nanocapsules « non explosées 0 »se comporteront dans l’intestin humain si elles sont ingéréesavec des aliments.
Cultivateurs de particules
À l’avenir, les nanoparticules industrielles ne seront peut-êtrepas produites dans un laboratoire, mais pousseront dans deschamps de cultures génétiquement modifiées, phénomèneque l’on pourrait appeler « culture des particules ». Onsait depuis quelque temps que les plantes peuvent utiliserleurs racines pour extraire des nutriments et des minérauxdu sol mais des recherches de l’université du Texas-El Pasoconfirment que les plantes peuvent également absorberdes nanoparticules susceptibles d’être industriellementrécoltées. Lors d’une culture expérimentale de particules, ona fait pousser de la luzerne sur un sol artificiellement enrichien or dans l’enceinte de l’université. Lorsque les chercheurs ont examinéles plantes, ils ont découvertdes nanoparticules d’or dans lesracines et tout le long de la poussedes plantes présentant les mêmespropriétés physiques que cellesproduites à l’aide de techniqueschimiques conventionnelles, quisont coûteuses et néfastes pourl’environnement.
 
Il suffit d’extraireles métaux en dissolvant le matériauorganique.Des expériences initiales ont montréque les particules d’or prenaientdes formes aléatoires, mais lamodification de l’acidité du support de culture sembleengendrer des formes plus homogènes.
 
Les chercheurstravaillent actuellement avec du blé et de l’avoine en plusde la luzerne pour produire des nanoparticules d’argent,d’europium, de palladium, de platine et de fer. Pour la
 
Les microcapsules sont de la taille du pollen et risquent d’empoisonnerles abeilles et/ou d’être rapportées aux ruches et incorporées au miel.
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production à l’échelle industrielle, les chercheurs supposentque les plantes à particules peuvent être cultivées à l’intérieursur des sols enrichis en or ou dans des mines aurifèresdésaffectées. 
Des risques de dérives eugéniques
Implanter des dispositifs de localisation dans les animaux n’estpas nouveau (qu’il s’agisse des nuisibles, des précieux animauxd’élevage ou de la conservation de la faune). On utilise déjà dediverses façons des puces injectables afin d’améliorer le bien-être et la sécurité des animaux (pour étudier leur comportementdans la nature, assurer la traçabilité de la viande).À l’ère de la nanotechnologie cependant, équiper les animaux dela ferme de capteurs, de puces médicinales et de nanocapsulesréduira encore un peu plus les bêtes à de simples unités deproduction industrielle. Les animaux pourraient égalementservir de cobayes à des applications moins réjouissantes ouplus risquées, susceptibles d’être étendues à l’homme. Utiliserla microfluidique pour l’élevage risque d’accélérer l’uniformitégénétique au sein des espèces de bétail et offre aussi la perspectived’appliquer de nouvelles technologies nano-eugéniques à l’homme.La capacité de réguler les animaux à distance pourrait égalementavoir des effets néfastes puisque le bétail passera de plus longuespériodes sans être soigné directement par l’homme.Ces mêmes technologies transférées à l’homme soulèvent deprofondes inquiétudes quant à la qualité de vie et aux libertésciviles. En octobre 2004, la Food and Drug Administration (desÉtats-Unis) a autorisé l’usage de micropuces implantables chezl’homme afin d’offrir un accès facile aux antécédents médicauxd’une personne (première autorisation de micropuces à des finsmédicales aux États-Unis).La technologie des capteurs pourrait profiter à des exploitationsagricoles à grande échelle hautement industrialisées qui sontdéjà en train d’adopter des tracteurs équipés du système GPS etautres techniques d’agriculture de précision.En définitive, les capteurs sont susceptibles d’augmenter laproductivité, de faire baisser les prix à la ferme, de réduire lamain d’œuvre et de conférer un petit avantage sur le marchémondial aux plus gros exploitants de fermes industrielles. Cene sont pas les petits exploitants qui vont profiter des réseauxde capteurs omniprésents, mais les gros négociants en grainsqui sont en mesure de rassembler des données de plusieursmilliers d’exploitations afin de déterminer quelles sont lesespèces cultivées, par qui et quel en sera le prix, en fonction dela demande du marché et des prix mondiaux.
La distance se substitue à l’intime
 Les capteurs vont marginaliser les atouts les plus précieuxdes exploitants : leur connaissance intime du lieu, du climat,des sols, des graines, des récoltes et de la culture. Dans unmonde contrôlé par la technologie sans fil, tout cela estréduit à des données brutes en temps réel, interprétées puisexploitées à distance. Pourquoi employer des exploitantsintelligents quand des capteurs et des ordinateurs peuventgérer des « exploitations intelligentes » à leur place ?Certains pourraient également insister pour que les réseaux decapteurs agricoles soient utilisés comme systèmes de surveillancecivile motivés par la « sûreté nationale ». 
Pourquoi employer des exploitants intelligents quand des capteurs etdes ordinateurs peuvent gérer des « exploitations intelligentes » à leur place ?

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