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Nexus 60 - Géopolitique - Une Union Atlantique Au Service Du Nouvel Ordre Mondial (Jan 2009)

Nexus 60 - Géopolitique - Une Union Atlantique Au Service Du Nouvel Ordre Mondial (Jan 2009)

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GÉOPOLITIQUE
NEXUS
 
n°60
janvier-février 2009
32
L
idée de favoriser l’émergence d’un bloc atlantique est ancienne. En ef-fet, on peut relever des exemples dans les travaux du journaliste américainClarence K. Streit (1896-1986) qui fut, entre autres, le correspondant du
NewYork Times
auprès de la Société des Nations (SDN). Il est l’auteur d’un ouvrageparu en 1939 et intitulé
Union now
. L’idée essentielle de cet ouvrage était deprôner l’émergence d’une union atlantique, marche-pied vers un État mon-dial. Ce concept n’a pas perdu de son actualité puisque les dirigeants euro-péens et américains travaillent à la mise en forme de cette architecture.
Le pilier européen
Si rien ne vient entraver le développement de l’Union européenne commepar exemple une crise de l’euro, celle-ci est destinée à constituer un pôlepolitico-économique doté de prérogatives variées : communautarisation detous les secteurs politiques majeurs, parlementarisation complète, propresressources
nancières, etc. Ces divers éléments ne sont qu’une strate de cetteconstruction entamée depuis la signature du Traité de Rome en 1957.En e
ff 
et, les soubassements mis en place progressivement consistent à en-raciner des principes fédéralo-ethno-régionalistes permettant de déstructu-rer, puis de restructurer le « corps européen » : la régionalisation (chartes del’autonomie locale
1
et régionale), la coopération transfrontalière, la chartedes langues régionales ou minoritaires, la convention-cadre pour la protec-tion des minorités, l’aménagement du territoire (charte de Torremolinos),le code civil européen
2
… Ces textes germano-européens sont indispensablespour permettre tous les remaniements territoriaux a
n de créer des blocspolitico-économiques rentables, appelés eurorégions, regroupant diverses ré-gions extraites du cadre étatique et permettant ainsi de les intégrer au grandcourant de la mondialisation. C’est le cas, par exemple, de la création d’euro-régions comme « Midi-Pyrénées » et « Adriatique ».Cependant, la réussite de l’entreprise ne peut être totale qu’en la coi
ff 
antd’une constitution européenne. Les refus français et hollandais se doiventd’être surmontés pour les tenants du Nouvel Ordre Européen.Ainsi, un rapport
3
, rédigé le 16 décembre 2005 par l’Anglais Andrew Du
ff 
 (Groupe Alliance des Démocrates et des Libéraux pour l’Europe) et l’Autri-chien Johannes Voggenhuber (Verts/Alliance Libre Européenne), soulignetout en regrettant le vote négatif franco-hollandais, mais en insistant surle respect nécessaire à l’égard de ses opposants, qu’il s’avère absolumentindispensable de voir aboutir cette constitution dans les termes suivants :
« (…) demande qu’en tout état de cause, tous les e
ff 
orts soient accomplis pour garantir que la constitution entrera en vigueur en 2009 »
4
.
Ce document a été adopté par le
Une union atlantique
Depuis la fi n de la guerreroide, la constructioneuropéenne s’estaccélérée. Cependant,celle-ci n’est pas unenalité. Elle doit s’insérerdans un vaste blocatlantique intégrant lecontinent nord-américain.De nombreux travauxont été élaborés afi n derenorcer les liens de partet d’autre des rives del’Atlantique. L’ensembledoit aboutir, en théoriepour 2015, à l’émergenced’une entité atlantiqueuniée gérée par uneassemblée commune.Cependant, cetteconstruction ne s’arrêtepas là. En ef et, il s’agitaussi d’intégrerà cet axe tous les payssud-méditerranéensainsi que les pays duProche-Orient. Cesambitions reposent surun ensemble de mesuresélaborées au sein denombreux
think tanks 
 européens et américains.Cette architecture enormation ouvre desperspectives immensesqui, si elles aboutissent,révolutionnerontl’histoire de l’humanité.C’est pourquoi nousétudierons, dans unpremier temps, la mise enorme de ce partenariattransatlantique pour,ensuite, analyserson extension en aveurde tout le pourtourméditerranéen.
1. Vers l’émergenced’un bloc atlantique
 
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Parlement européen, en janvier 2006, avec 385 voix pour,125 contre et 51 abstentions
5
. Cependant, le vote négatif des Irlandais en juin 2008 complique la donne. Les autori-tés bruxelloises font tout pour contourner l’obstacle.
Le pilier nord-américain
L’alter ego européen prend lui aussiforme à travers la Communauté nord-américaine
6
. Lancé en mars 2005 par leprésident Bush, le Premier ministre ca-nadien Paul Martin et le président mexi-cain Vincente Fox, cet immense projetélaboré au sein du
Council on Foreign Rela-tions
(CFR), le Conseil canadien des chefsd’entreprise (CCCE) et le
Consejo Mexicanode Asuntos Internacionales
(COMEXI, or-ganisation multidisciplinaire soutenuepar les entreprises) consiste, commel’écrit Richard N. Haass, président duCFR, à aboutir à la situation suivante :
« Le groupe de travail o
ff 
re une série de propositions détaillées et ambitieuses qui s’ajoutent aux recommandations adoptées par les trois gouvernements lors du sommet au Texas en mars 2005.La recommandation principale du groupe de travail est d’établir 
au service du nouvelordre mondial
L’alter ego européenprend forme à traversla Communauténord-américaine lancéeen mars 2005 par lesgouvernements américain,canadien et mexicain.
Par Pierre Hillard © 2008
 
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d’ici 2010 une communauté économique et sécuritaire en Améri-que du Nord, dont les limites seraient dé 
nies par un tarif doua-nier commun et un périmètre de sécurité externe »
.
Commele rappellent les di
ff 
érents concepteurs, l’ALENA (Accordde Libre-Échange Nord-Américain), entré en vigueur le1
er
janvier 1994, a permis de constituer la première ébau-che d’entité économique uni
ée. Désormais, dans le cadred’un mondialisme cherchant à permettre l’émergence devastes entités continentales uni
ées, plus exactementstandardisées, il s’agit de passerà la vitesse supérieure. Aprèsl’adoption en mars 2005 par lesdirigeants des trois pays d’unPartenariat nord-américainpour la Sécurité et la Prospé-rité
(PSP, Security and Prospe-rity Partnership of North Ame-rica, SPP)
8
,
les auteurs de cerapport passent en revueles trois points essentiels àrégler :
« Les menaces com-munes envers notre sécurité,les dé 
s communs contrenotre croissance et notredéveloppement économi-que et le dé 
commun quereprésente le niveau inégal dedéveloppement économique »
9
.
Une monnaie unique
En guise de conclusion, il est clai-rement spéci
é que
« les dé 
s mon-diaux, auxquels l’Amérique du Nord est confrontée, ne peuvent être relevés unilatéra-lement ni même bilatéralement, non plus qu’àtravers les modèles existants de coopération. Ilsdemandent une coopération approfondie basée sur le principeénoncé conjointement en mars 2005 par le Canada, le Mexiqueet les États-Unis, selon lequel notre sécurité et notre prospérité sont mutuellement dépendantes et complémentaires. L’établisse-ment, d’ici 2010, d’une communauté économique et de sécurité pour l’Amérique du Nord, est un objectif ambitieux, mais réali-sable, qui est en harmonie avec ce principe (…) »
10
.
 En
n, le projet consiste à favoriser, dans l’es-prit de ses promoteurs, une monnaie uniquepour l’ensemble de la Communauté nord-américaine. Robert A. Pastor, vice-présidentdu groupe de travail élaborant les structuresde cette communauté au sein du CFR, suggè-re, en remplacement du dollar américain, dudollar canadien et du peso mexicain l’instau-ration de l’amero
11
qui serait à ce bloc géo-économique nord-américain ce que l’euro està l’Union européenne.En plus de l’unité monétaire, il s’ensuivraitla création d’une
« super Fed »
, une Banquecentrale nord-américaine (
North American Central Bank
),sœur jumelle de la Banque centrale européenne (la BCE)
12
 à Francfort. La crise partie des États-Unis en août 2007pourrait se révéler fort utile dans la mise en place de ceprojet proposé comme solution de rechange aux popula-tions a
ff 
olées et devenues perméables à ce type d’idées.
Créer un véritable G-2
Les liens politico-économiques n’ont fait que croître de partet d’autre de l’Atlantique depuis la SecondeGuerre mondiale. La chute du mur de Ber-lin a été un accélérateur du processus.Comme le rappelle Werner Wei-denfeld, haut dirigeant de deuxgrands
think tanks
[groupesd’experts] allemands,la Fondation Ber-telsmann et le
Centrum für an-gewandte Politik-forschung
(CAP) :
« Les données écono-miques parlent d’elles-mêmes. Plus de 50 % desrevenus des compagniesaméricaines dérivent dumarché européen. L’Europereste le partenaire le plusimportant du monde améri-cain des a
ff 
aires. Les entrepriseseuropéennes assurent plus d’unmillion d’emplois rien que pour laseule Californie. Les investissementseuropéens au Texas dépassent l’ensemble desinvestissements américains au Japon. Des deux côtés de l’At-lantique, plus de 12,5 millions de personnes vivent des liens écono-miques transatlantiques »
13
.
Les travaux émanant de ces thinktanks évoquent même l’idée de créer entre les États-Uniset l’Union européenne un véritable G-2
14
. Même si la coo-pération étroite entre dirigeants américains et allemands aabouti, en juillet 2003, à la dé
nition d’une politique intitu-lée :
« USA-UE : recommandations stratégiques pour une nouvellealliance globale »,
de nombreux éléments ontpréalablement balisé le chemin. En e
ff 
et,dès 1990, une
« Déclaration transatlantique »
15
est élaborée entre les États-Unis et la Com-munauté européenne (ancienne UE) stipu-lant la nécessité économique et politique derenforcer les liens.Ces derniers sont passés à la vitesse supé-rieure par la mise en forme du
New Tran-satlantic Agenda
(NTA) de décembre 1995
16
 accompagné d’un
Joint EU-US Action Plan
 s’appliquant à 150 domaines spéci
ques
17
.Cependant, ces avancées n’ont été possi-bles qu’en raison de l’action décisive d’un
Remplaçant ledollar américainet canadienet le peso mexicain,l’amero seraità ce bloc géo-économiquenord-américaince que l’euro est àl’Union européenne
®
G.M.

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