Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
5Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Nexus 61 - VIH - Deux prix Nobel pour 'l'erreur médicale du siècle' (mars 2009)

Nexus 61 - VIH - Deux prix Nobel pour 'l'erreur médicale du siècle' (mars 2009)

Ratings: (0)|Views: 468|Likes:
Published by ustensil

More info:

Published by: ustensil on Mar 04, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

11/28/2012

pdf

text

original

 
DOSSIER
NEXUS
 n°61
mars-avril 2009
64
L
a prétendue découverte d’un rétrovirus expliquant le syndrome d’immu-nodé
cience acquise (sida) vient d’être auréolée du prestigieux prix Nobel demédecine. Démontrée par Luc Montagnier en 1983, l’hypothèse de l’origine viraledu sida serait pourtant basée sur une étude aux contours scienti
ques douteux.L’immunodé
cience acquise n’est pas un fait nouveau. Bien avant la fameusedécouverte du « virus du sida », le VIH, la communauté scienti
que savait queplusieurs causes, comme la malnutrition, un fort stress, l’usage de drogues duresou encore la prise de médicaments, étaient capables de faire chuter les défensesimmunitaires d’un individu. Ainsi, en 1981, lorsque sont apparus les premiers casdécrits par Michael Gotlieb comme le « Gay related immune de
ciency » (GRID),de nombreux scienti
ques se sont d’abord penchés sur ces causes connues, pourtenter d’expliquer le syndrome. Jusqu’à l’annonce, trois ans plus tard, d’une dé-couverte qui allait tout changer.Le sida (syndrome d’immunodé
cience acquise) était lié à un virus, et plusparticulièrement (précision qui a son importance) à un rétrovirus : à l’Insti-tut Pasteur, le professeur Luc Montagnier et sa collaboratrice Françoise Barré-Sinoussi venaient de l’isoler dans une culture de cellules extraites d’un patient àrisque. Toutes leurs recherches ont par la suite visé à démontrer le lien avec lenouveau syndrome du sida. Ils ont ensuite établi des tests de diagnostic.Vingt-cinq ans après la publication de cette première étude, l’hypothèse est dé-sormais communément admise selon laquelle un virus, transmissible sexuelle-ment et par transfusion sanguine, est à l’origine du sida. L’attribution du prixNobel de médecine 2008 vient sacraliser cette découverte du sceau prestigieux dela reconnaissance internationale.
VIH :
 
deux prix Nobel pour
Lexique
Rétrovirus.
Les rétroviridés sontconnus depuis le début du XX
e
sièclechez l’animal, et depuis 1980 chezl’homme. Cette famille comporteles oncovirus, les lentivirus et lesspumavirus. Le nom de rétrovirusvient du fait que ces virus utilisentune enzyme appelée transcriptaseinverse pour transformer leur ARN(acide ribonucléique) en ADN (acidedésoxyribonucléique) et, ainsi, semultiplier dans les cellules.
Transcriptase inverse.
Enzymeprésente dans la cellule réalisant latranscription (transfert de l’informationgénétique) de l’ARN en ADN, et nonde l’ADN en ARN, comme cela seproduit ordinairement. L’activité de latranscriptase inverse s’intègre dans lesdifférentes phases de réplication desrétrovirus à l’intérieur d’une cellule.
Le dernier prix Nobel de médecine suscitel’indignation d’une minorité dans lacommunauté scientifi que, notamment dela part des membres du Groupe pour laréévaluation de l’hypothèse VIH = sida.Certains ont même écrit au comité pourdemander le retrait de ce prix qu’ils estimentinjustifi é. Retour sur la controverse avec leDr Étienne de Harven, spécialiste incontestédes rétrovirus, l’un des tout premiersscientiques à avoir émis des doutes.
Dossier réalisé par Pryska Ducœurjoly ©2009
 
NEXUS
 n°61
mars-avril 2009
65
Trouver l’erreur
Dès lors, après des décennies de recherche scientifi-que et de battage médiatique, comment imaginer quece concept puisse s’avérer erroné, que l’ensemble de lacommunauté scientifique puisse avoir tout faux, commel’assurent, notamment, les membres du « Groupe pourla réévaluation de l’hypothèse VIH = sida » (Group forthe Scientific Reappraisal of the HIV-AIDS Hypothesis,créé en 1992 en Californie) ?Parmi ces voix dissidentes qui s’élèvent pour dénoncer
« la plus grande erreur médicale du siècle »
, voici celle duDr Étienne de Harven, l’un des plus grands spécialistesdes rétrovirus (voir encadré ci-contre), chef de
le des« sceptiques » en France. Dans les lignes suivantes, rédi-gées à la suite de l’attribution de la récompense, il expli-que pourquoi le prix Nobel s’est trompé.
« Ce prix est, dans une grande mesure, fondé sur une publica-tion des lauréats en mai 1983, dans
Science
(vol 220, pp 868-871). Les conclusions présentées résultent, en majeure partie,d’observations faites au microscope électronique. Ayant été directeur de recherche sur les rétrovirus observés au micros-cope électronique lorsque je travaillais au Sloan Kettering Ins-titute de New York de 1956 à 1981, j’ai quelques compétencesscienti
ques pour émettre les interrogations suivantes relati-ves à la portée de la publication en question. Cet article est illustré ( 
g. 2)
[voir page suivante]
par une image, prise aumicroscope électronique, de coupes ultra
nes de lymphocy-tes de cordon ombilical produisant des virus. Âgées de troisjours, ces cultures de lymphocytes T, venant de deux cordonsombilicaux, avaient été “contaminées avec un surnageant 
« l’erreur médicaledu siècle » ?
Une figure de la dissidence :
 
Étienne de Harven
Docteur en médecine de l’université libre de Bruxelles (dont ilfut par la suite professeur agrégé), spécialiste en microscopieélectronique, Étienne de Harven intègre à New York l’équipede Charlotte Friend au Sloan Kettering Institute, le plus grandcentre de recherche sur le cancer des États-Unis, au seinduquel il deviendra responsable du laboratoire de microscopieélectronique. Il fait la première description mondiale d’unrétrovirus et de son bourgeonnement à la surface de cellulesinfectées. Par la suite professeur d’anatomie pathologique àl’université de Toronto, au Canada, il se consacre parallèlement à la recherche sur le marquage des antigènes à la surface deslymphocytes (globules blancs). Aujourd’hui à la retraite, installéen France, il est membre du Groupe pour la réévaluation del’hypothèse VIH = sida (Rethinking Aids) dont il a assuré laprésidence de 2005 à 2008. Il fut par ailleurs membre duComité consultatif sur le sida du président de la Républiquesud-africaine, Thabo Mbeki.
Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi après leur entrevue avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée, le 8 octobre 2008 © Lucas Dolega/epa/Corbis
 
DOSSIER
NEXUS
 n°61
mars-avril 2009
66
acellulaire issu de la coculture infectée”. Cette cocultureconsistait en une culture de lymphocytes T humains normauxmélangés à la biopsie d’un ganglion lymphatique d’un patient “considéré comme exposé au risque” de développer le sida. L’in-terprétation faite par les auteurs de la
gure 2 est qu’elle dé-montre que les lymphocytes ombilicaux ont été infectés, avec succès, par de prétendus rétrovirus
[voir lexique p. 64]
 provenant de ce patient. (…) Incontestablement, la
gure 2illustre bien des ré-trovirus typiques (detype C), bourgeon-nant à la surfaced’un lymphocyte. Enrevanche, l’origine deces rétrovirus demeu-re hautement contes-table. Les auteursde l’étude assurent qu’ils proviennent duganglion du patient,via le “surnageant dela coculture”. Maiscette interprétationn’est pas démontréede manière satisfai-sante par les donnéesprésentées. En fait,pour valider cetteinterprétation, on seserait attendu à voir :1) la preuve, par microscopie électronique, de la multiplicationde rétrovirus dans la “coculture” et 2) la preuve, également par microscope électronique, de la présence de particules ré-trovirales dans le “surnageant acellulaire de la coculture”. Àpartir du moment où ces deux preuves font totalement défaut,comment les auteurs peuvent-ils prétendre avoir infecté leslymphocytes du cordon ombilical avec le “surnageant acel-lulaire de la coculture” ? (…) Les auteurs ont considéré queleur coculture était infectée sur l’unique base d’une activité de transcriptase inverse
[voir lexique page 64]
identi
éedans des fractions obtenues dans des gradients de sucrose.Cependant, on sait que les fractions isolées dans le sucrose àla densité de 1,16 g/ml contiennent de grandes quantités dedébris cellulaires qui peuvent fort bien être responsables del’activité de transcriptase inverse observée
. En résumé, onnous demande de croire que ces lymphocytes du sang du cor-don ombilical ont été infectés avec succès par le surnageant d’une coculture dont la contamination virale n’a jamais été démontrée. (…) Comme indiqué plus haut, la
gure 2 montredes rétrovirus de type C bourgeonnant à la surface d’un lym-phocyte. S’ils ne viennent pas du surnageant des cocultures,d’où peuvent-ils provenir ?
Du sang placentaire
« Il y a une autre explication possible à l’image représentéedans la figure 2, une explication qui n’a visiblement pas re-tenu la moindre attention de Barré-Sinoussi, Montagnier 
etal.
La culture de lymphocytes choisie vient du sang du cor-don ombilical, donc du placenta. On sait très bien, depuis la
n des années 1970 (Sandra Panem’s work, in
Current TopPathol
, 1979, 66 : 175-189), que le placenta humain contient normalement un grand nombre de rétrovirus de type C (HER-Vs). Les lymphocytes placentaires sont donc susceptibles decontenir les mêmes HERVs capables de bourgeonner à lasurface des celluleset de former des ré-trovirus complets, detype C, observablesau microscope élec-tronique, plus parti-culièrement lorsqu’ilssont stimulés par lesconditions de cultu-res. (…) Barré-Si-noussi
et
 
al.
évitent d’expliquer pourquoileurs expériences nemarchaient appa-remment pas avec des lymphocytes pro-venant de sang péri-phérique, et non dusang du cordon om-bilical. L’explicationla plus simple est que les lymphocytesdu sang humain périphérique (non-placentaire) ne contien-nent pas de HERVs. (…) Mon avis est que la
gure 2 illustrant l’article en question ne démontre pas de manière convain-cante que les rétrovirus observés proviennent e
ff 
ectivement du patient “à risque de sida”. Il n’existe donc aucune raisonscienti
que de dé 
nir ces particules comme des “LAV” (lym-phadénopathy associated virus) ou des “VIH”. Cette inter-prétation a induit en erreur le comité du prix Nobel dont larécente décision s’avère hautement contestable ».
Note
*Précision extraite des
10 Plus Gros Mensonges sur le sida
 d’Étienne de Harven et Jean-Claude Roussez (Éd. Dangles,septembre 2005) :
« Deux méthodes sont employées pour purifier les virus, c’est-à-dire les isoler du reste de la préparation. Lapremière est basée sur l’ultrafiltration qui bloque les particules au- dessus d’une certaine dimension (…). La seconde méthode utilise la centrifugation à très grande vitesse. Au fur et à mesure que cette opération se déroule, la préparation se sépare en différentescouches en fonction de la densité des éléments qui la composent.De la même manière que la densité de l’eau pure est de 1 g/ml,la bande de densité à laquelle les rétrovirus sédimentent dans une solution de sucrose est celle de 1,16 g/ml. Le problème de cette méthode des gradients de densité, abondamment utilisée par leslaboratoires de recherche, est que les rétrovirus ne sont pas seulsà occuper cette bande de 1,16 g/ml. Des débris cellulaires,comme ceux que l’on nomme “micro-vésicules” sédimentent aumême niveau, dans le même gradient. Récolter du matériel àcette densité ne suffit donc pas pour proclamer l’isolement d’unrétrovirus, loin de ! ».
La fi gure 2 illustrant l’article de Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi paru en 1983dans
Science 
.

Activity (5)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads
MasterHealer liked this
RepYx liked this
arsenebon liked this

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->