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Nexus 70 - Affaire Clearstream - Interview Denis Robert - La vérité prend du temps (sept 2010)

Nexus 70 - Affaire Clearstream - Interview Denis Robert - La vérité prend du temps (sept 2010)

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11/28/2012

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L’INTERvIEw NEXUS
NEXUS
 70
septembre-octobre 2010
14
©
 
 
Propos recueillis par Pryska Ducœurjoly 
DenisRobert
D
epuis l’aaire Clearstream,astre noir de la fnance misau jour en 2001 par le travaild’investigation de Denis Robert,les règles n’ont pas changé pourles banquiers, traders et autresbrokers-dealers. Malgré la crise,l’antimatière de la fnance,invisible et en expansion, aspiretoujours l’énergie du travaildes hommes...
Bio express
N
é en 1958, Denis Robert est un journaliste etécrivain rançais. Ancien du quotidien
Libération
,chargé des « aaires politico-nancières ». Ses livreset enquêtes sur le système économique capitaliste ontgénéré de nombreuses procédures judiciaires (unecinquantaine) intentées contre lui par des banquescomme Menatep (une banque russe), la BanqueGénérale de Luxembourg (liale de Fortis) et surtoutla société Clearstream qui a déposé des plaintes endiamation à répétition en France, en Belgique etau Luxembourg. Parmi ses projets actuels, un livre-enquête à paraître en septembre 2011, une sériedocumentaire sur le web journalisme, un documentairesur le cerveau. Le tome III de sa BD doit paraître auprintemps 2011. Et une expo de ses œuvres est visibleen permanence à la galerie W (44, rue Lepic, à Paris).
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temps
 
 La vérité prend du
C
heveux en bataille, jean grimé par les marqueurs couleur, chemise décontrac-tée, Denis Robert traîne ses tongs dans l’atelier de la galerie W, à Montmartre.Rattrapé par l’artiste, le journaliste se gratte désormais la tête devant des toiles, et non devant sa co-pie. Chez Denis Robert, la fiction a toujours côtoyé la réalité. Sa vie est à la fois un gros tas de pierresapportées à la connaissance des systèmes humains et une œuvre d’art composée de romans, de docu-mentaires et de peintures. La réalité dépasse souvent la fiction, mais pas toujours. Voyageant de l’uneà l’autre, l’écrivain livre ici quelques repères. Rencontre.
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NEXUS :
 
Dans
La Domination du monde 
1
,
roman inspiré devotre enquête sur Clearstream, vous écriviez, en 2006 :
« Ils ont créé l’outil parait pour se goinrer, s’en mettre jusque-là. Ils se jouent des rontières… Jamais aucun ap- pareil répressi ne les rattrapera. Ils ont pourtant de sérieux dégâts 
.
» 
Après la crise, nous avons été bercésde discours sur la moralisation du capitalisme. Les chosesont-elles changé ?Denis Robert :
Oui et non. Le public a pris conscience del’importance de ces questions, mais en coulisse le bu-siness continue. On voit bien, par exemple actuelle-ment, en Russie, comment les spéculateurs s’en don-nent à cœur joie sur le cours du blé, dont la récolteva être catastrophique cette année du fait desincendies. Non, rien n’a changé. Les îles Caïmanrestent florissantes et tout va bien au Luxem-bourg. Le discours sur la fin des paradis fiscauxest sans doute l’un des plus beaux mensongesmédiatiques des dirigeants du G20. Non seu-lement les paradis fiscaux existent encore,mais ils sont aussi un excellent leurre po-litique. On peut les contraindre à fermerici ou là, ils réapparaîtront ailleurs. Cen’est pas en agissant sur eux qu’on s’ensortira.
Existe-t-il un moyen ecace pourlutter contre le blanchiment del’argent et le crime fnancier ?
Il faut mettre en place descontrôles stricts sur les sociétéschargées de transférer les valeursd’un pays à l’autre, d’une banqueà l’autre, d’une société off shore àl’autre. Les chambres de compensa-tion internationales, Clearstream etEuroclear, brassent à elles deux l’essen-tiel du marché obligataire mondial. Au-jourd’hui, l’argent se transforme dès qu’ilentre dans une banque. On peut comparerles flux financiers aux flux autoroutiers. Il estpossible aujourd’hui de mettre en place des sys-tèmes de contrôle informatique qui étudient lesmouvements de fonds et cherchent la traçabilitédes valeurs. Les chambres de compensation interna-tionales jouent là un rôle clé. Les initiés savent bienque beaucoup de valeurs passent par là. Ce sont despièces maîtresses dans les circuits financiers. Presquedes points de passage obligés. De la même manière queles automobilistes sont contrôlés en permanence, il fau-drait mettre en place des radars, des péages et des gen-darmes sur ces circuits financiers. La solution est dansles mains du politique, du G20, qui pourrait placer soustutelle les sociétés chargées du transfert transfrontalier.Des milliers de comptes y sont ouverts par des banquesou des sociétés financières ayant leur siège dans des pa-
.
Clearstream, aaire à tiroirset à double ond...
M
is en examen pour
« recel d’abus de confance et de vol »
, sur une plainte de Clearstream,Denis Robert est sorti blanchi par le jugementdu tribunal de Paris rendu début 2010. C’estla clôture du procès de l’aaire Clearstream2 (volet politique), liée aux aux listings postéspar un corbeau en 2004 et qui auront bien baladé le juge d’instructionRenaud Van Ruymbeke
1
. Il est nettement ressorti que le journaliste n’avaitrien à voir avec les aux listings. Ces derniers, abriqués de toutes pièces,étaient le ruit d’une entreprise de déstabilisation politique au sommet del’État, alors que les listings produits par Denis Robert (aaire Clearstream1, 2001) sont, eux, bel et bien authentiques. Cette manipulation médiatiqueaura opportunément servi à discréditer le travail du journaliste et à détournerdénitivement l’attention du public sur le ond de l’aaire.Clearstream ne s’est jamais retrouvée sur le banc des accusés, malgré la gra-vité des soupçons qui pèsent encore sur elle (contrôle, traçabilité, comptes nonpubliés). En eet, du côté du pouvoir judiciaire, l’instruction au Luxembourg a étébien vite enterrée (non-lieu en 2004) dans des conditions assez douteuses. Maispas acile de aire avancer un tel dossier dans un pays où le ministre du Trésorest aussi le ministre de la Justice… Du côté du pouvoir politique, les parlementaireseuropéens n’ont jamais été capables d’imposer une commission d’enquête
2
. Pourtant,l’aaire Clearstream 1, déclenchée par Denis Robert avec
Révélation$
et
La Boîte noire 
,c’est un grand coup de projecteur sur des aits incroyables :
Absence de contrôle.
Il existe deux structures bancaires privées dans le monde dans les-quelles seules les banques et institutions nancières peuvent ouvrir des comptes pour s’échan-ger des valeurs sans contact direct entre elles. Appelées chambres de compensation, il s’agitde Clearstream et d’Euroclear. Par-delà les rontières et malgré les confits internationaux,l’argent peut acilement passer de compte en compte en quelques clics. Plus besoin de dé-placements physiques des titres ou de l’argent. Plus besoin non plus de valises.Créé en 1970, le clearing est l’outil par excellence de la mondialisation nancière, etparadoxalement le moins connu. Toutes ces valeurs qui se déplacent virtuellement auxquatre coins de la planète restent en ait dans les cores-orts de Clearstream ou d’Eu-roclear qui ont oce d’intermédiaires, de gares de triage et de stockage. En l’oc-currence, 10 000 milliards de dollars pour Clearstream. Exactement le montant dela dette des États-Unis… C’est aussi le montant des dépenses eectuées par lesprincipales économies de la planète pour sortir de la récente crise économique.
« Quelque 10 000 milliards de dollars ont été mobilisés, dont une grande partie sous orme de garanties bancaires. Ce qui, pour les États-Unis, représente 25 %de leur PIB, et pour la Grande-Bretagne, 94 % »
, selon
L’Expansion
3
.Autrement dit, l’abîme nancier de la crise économique (et bancaire) de 2008-2009, que doivent supporter les États (et donc les citoyens, hausses d’impôtset réduction des acquis sociaux à la clé), correspond exactement aux va-leurs détenues par les banques du monde entier chez Clearstream (sansparler d’Euroclear, environ 15 000 milliards de dollars en réserve…).Selon la mission parlementaire Peillon-Montebourg
4
saisie de ce dossier,
« l’absence de contrôle international public sur ces structures et les cri- tiques ormulées par de multiples interlocuteurs relatives à l’identifca- tion des intervenants dans ces systèmes méritaient d’en approondir la connaissance »
… Bel euphémisme.
Comptes non publiés.
Denis Robert a accusé Clearstream deproposer des comptes non publiés à ses clients. Non seu-lement à des banques, pas toujours « clean » (blanchi-ment, nancement du 11-Septembre
5
…), mais aussi à desentreprises et des particuliers. Plusieurs témoins armentque des comptes auraient servi à eectuer des transerts de

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