-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------OHADA.com :http://www.ohada.com/ PRESENTATION DE L’ACTE UNIFORME RELATIF AU DROIT DE L'ARBITRAGE ADOPTE LE 11 MARS 1999-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
PROGRAMME DE FORMATION EN LIGNE AVEC LE SOUTIEN DUFONDS FRANCOPHONE DES INFOROUTESLE DROIT DE L’ARBITRAGE
Pierre MEYERProfesseur à l’Université de Ouagadougou
U.F.R. de sciences juridique et politique
INTRODUCTION : Les sources du droit de l’arbitrage
1. Les Etats africains, membres de l’OHADA, se sont dotés en 1999 d’une législationuniforme sur l’arbitrage ; il s’agit de l’Acte uniforme du 11 mars 1999 relatif au droit del’arbitrage (J.O. OHADA, 15 mai 1999). Avant cette date, dans les Etats membres del’OHADA, les dispositions étaient, dans l’ensemble, très lacunaires et ces lacunes remontaientà l’époque coloniale. Le livre III du Code de procédure civile français de 1806 - livre consacréà l’arbitrage - n’avait pas été étendu dans les colonies françaises d’Afrique de sorte que le videlégislatif était quasiment complet. Toutefois, la loi française du 31 décembre 1925, validant laclause compromissoire dans les cas visés à l’article 631, alinéa 1er, du Code de commerce -c’est-à-dire substantiellement pour les litiges entre commerçants - avait été étendue dans lescolonies. Au lendemain des indépendances, les anciennes colonies africaines de la France setrouvaient donc dans une situation paradoxale. En effet, il existait un texte qui admettait lavalidité de la clause compromissoire - même si ce texte est restrictif - et donc forcément lalicité de la procédure d’arbitrage, comme mode de règlement privé de certains litiges. Or, iln’existait aucune norme de procédure qui permettait à cet arbitrage de fonctionner. Face à cettesituation, un certain nombre d’Etats avait perpétué ce vide législatif, dans la mesure où aucunelégislation spécifique sur l’arbitrage n’avait été mise en vigueur. En outre, la réforme de laprocédure civile, entreprise après l’indépendance dans certains pays, n’avait pas donné lieu àl’introduction de dispositions spéciales portant sur l’arbitrage juridictionnel. Telle était lasituation, au Bénin, au Burkina, au Cameroun, en Centrafrique, en Guinée, au Mali et en Côted’Ivoire, avant les réformes introduites dans ces deux pays en 1994 et en 1993. D’autresEtats avaient, à l’occasion de la réforme de la procédure civile, introduit des dispositions, plusou moins complètes, relatives à l’arbitrage. La plupart du temps, ces dispositions étaient, soitfort inspirées du droit français de l’arbitrage antérieur aux réformes intervenues dans ce paysen 1981, soit tout à fait incomplètes. Le Gabon (Art.972 à 993 du Code de procédure civilegabonais du 2 février 1977), le Sénégal avant la réforme du droit de l’arbitrage de 1998 (Art.795 à 820 du Code de procédure civile sénégalais du 30 juillet 1964), le Tchad (Art. 370 à 383