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Un monde de machines et Astroboy à Roboland

Un monde de machines et Astroboy à Roboland

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Published by Fabien Legeron

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Published by: Fabien Legeron on Mar 18, 2011
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03/18/2011

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Un monde de machines et Astroboy à Roboland
Début, donc, du cycle "Un monde de machines" qui se tient au Forum des Images (deParis, en France, c'est-à-dire le pays qui, bien qu'il soit celui de de la Mettrie et Verne,s'obstine néanmoins à affirmer que la fiction à préoccupation scientifique n'est qu'unsous-produit américain et japonais), depuis le 2 mars et jusqu'en mai.Une programmation éclectique. Pour le moins.
Bien calé sur ses deux bons mois, le programme du cycle en profite pour pousser très loin, etmême parfois à la limite de l'intelligible, l'éclectisme dont on a pourtant déjà l'habitude avecles cycles du Forum. Dire que la programmation part dans toutes les directions est la moindredes assertions : en effet, la notion de machine a été envisagée sous toutes ses acceptions,physique, sociale, mécanique, biomécanique, systémique et même sexuelle (de loin lasélection la plus discutable, mais encore une fois, le contexte prévaut). Pour un sujet aussilarge (ou vague), le panel de notions qu'on peut y rattacher est virtuellement infini, et avec unpeu de rhétorique, on peut faire entrer n'importe quoi dans le corpus. C'est la limite querencontre,
a priori
, le cycle tel qu'il se présente.Si on peut imaginer le cheminement de pensée qui justifie l'apparition de la trilogie
Bourne
oude
Salo
de Pasolini, la présence carrément capillotractée d'un
Thelma et Louise
, par exemple,ou même d'un
Orgazmo
,
 
qui par ailleurs fait bien plaisir, a de quoi laisser dubitatif quand dansle même temps on n'a droit qu'au premier 
Tetsuo
ou au second
 
Ghost in the Shell 
. Onregrettera principalement que des films importants, voire essentiels de la thématiquecybernétique soient absents du cycle en raison des circonvolutions de droits d'exploitation :adieu
2001
,
trilogies
 
Matrix
 
et
Star Wars
,
Blade Runner 
et même
Metropolis
 
ou
 
Le Golem
...En revanche, la thématique de l'aspect social du monde du travail, qui va jusqu'au filmd'entreprise ou la publicité d'électroménager est très bien vue et apporte un regard moinsstéréotypé sur le sujet, même si on ne coupera pas au sempiternel
Les Temps Modernes
.L'équation
programmation un peu trop maline sur les bords + public à forte composantegermanopratine
se retrouvait dans la soirée d'ouverture, notamment lors du raout d'après-projection, où passaient à portée d'oreille points Godwin mal dégrossis ("t
out de même, toutesces machines, ça fait très homme parfait nazi
"...
Sic
!), inculture revendiquée comme unétendard de bon goût (les considérations entendues sur le doc de Caro, notamment quant à laculture du manga, valaient pour la plupart leur pesant de Bégaudeau) et autres amphigourisbien-mis n'ayant aucun rapport avec le sujet mais sans doute beaucoup avec lespréoccupations immédiates de ressortissants d'arrondissements périphériques à l'Île de la Cité,capables de tout ramener à Freud, Debord et BHL (encore une fois,
sic
!) à une vitesse quiforce l'admiration.Il était, avouons-le, savoureux lors du pré-programme de la soirée, d'entendre ricaner sur lekitsch de vieilles publicités d'équipements ménagers, une salle remplie à au moins 75% depossesseurs d'Iphones ! Cet ethnocentrisme tant culturel que temporel, très bien pormanifestement, confirme l'idée très en rapport au demeurant avec la thématique du cycle quinous intéresse, que nous vivons moins dans le futur vu par l'Orwell de
1984
(d'ailleursprogrammé dans le cycle), que dans le
 
Meilleur des Mondes
 
imaginé par Huxley : une strictesociété des loisirs dont on n'imagine même plus qu'elle puisse avoir des frontières ou desmanquements, et où chacun est très content de la place qu'il occupe dans une société/époquedont il n'a ni les moyens ni le désir de penser autre chose que du bien... Quitte à ne pas voir 
 
dans le ridicule de l'autre (ici, les ménagères des années 50) le strict miroir du sien (il seraitintéressant de mettre en regard les publicités d'époque et le marketing contemporain), et à secontenter de montrer du doigt. Bref. 
Astroboy à Roboland
Étrangement, le documentaire réalisé il y a deux ans pour Canal + par Marc Caro est biendans cette tonalité gourmande mais partielle qui semble caractériser la programmation ducycle.A priori sympathique, le film pèche tout de même par son incapacité à choisir entre ledocumentaire de création, voire d'ambiance, et la vulgarisation la plus pédagogique et terre-à-terre que sans doute on lui réclamait. Sur ses très (trop) courtes 52 minutes, le film tente desurvoler l'impact culturel, puis effectif, de la science-fiction robotique du vingtième sièclenippon sur la technologie qui voit le jour sous nos yeux à l'heure actuelle, en prenant commefil rouge la figure d'Astroboy. Pas anodin quand on sait l'importance du personnage dans lacaractérisation même de son pays, comparable à celles de Superman pour les États-Unis oud'Astérix pour nos rivages. A peine esquissé, ce motif cède la place, via un chapitrage pasidiot autour de l'anatomie du personnage, à un survol des avancées technologiques en matièrede locomotion, sensorialité, préhension, etc., des robots modernes.Par-dessus tout ça, est saupoudré au petit bonheur une assez vague évocation des enjeuxculturels sur la semblance que l'on réclame de nos robots et les émotions investies dans ceux-ci. Beaucoup trop de sous-sujets pour un 52 minutes, dont le projet de base n'est en aucun casd'offrir des spéculations pointues sur son objet. On restera donc sur sa faim sur tous les sujetsabordés, en ayant le sentiment de n'avoir rien appris sur aucun. Frustrant, d'autant queplastiquement le même sentiment d'entre-deux se fait jour : des plans très bien construits,troublants dans le brio qu'a parfois Caro à filmer les machines comme si elles étaient vivantes(de son propre aveu, il a construit quelques séquences comme un docu animalier), côtoientdes interview assez platement cadrées, voire des séquences entières où la réa semble avoir abdiqué. Trop ambitieux pour sa durée, et surtout trop brouillon pour son propos, ledocumentaire noie les pistes passionnantes qu'il ouvre et les constructions thématiques qu'ilmet en place sous cette impression, partiellement fausse, de demi-échec.Cette dispersion semble malheureusement l'apanage de Marc Caro réalisateur ; directeur artistique de génie (on regrettera d'ailleurs de ne pas voir 
Vibroboy
dans la programmation ducycle), développeur d'univers visuels d'une rare cohérence de par chez nous (il suffit de voir les films de Jeunet depuis qu'il a arrêté de collaborer avec lui), faisant preuve d'une granderigueur éditoriale dans la distribution de DVDs il y a quelques temps, Caro est un réalisateur perfectible. Dès qu'il est derrière une caméra pour raconter une histoire, on le sent peu à l'aiseet pour tout dire encore peu solide – 
Astroboy à Roboland 
 
confirme ce que
Dante 01
 
laissaitsupposer. Il y a peu à douter que dans des conditions de production optimales, lui laissantvraiment les coudées franches pour créer à nouveau des univers-mondes, le monsieur donnerasa mesure (dans le cas de
Dante 01
, adapter du Bordage n'était peut-être pas non plus l'idée dusiècle pour un premier long). On attendra beaucoup plus de ses interventions diverses,toujours plaisantes et intéressantes, que de ce documentaire qui ne lui rend pas assez justice.
Mâche bien, c'est plein de boulons mais ça tient au corps
Attention, qu'on se comprenne bien : le cycle
 
« Un Monde de Machines » est concocté par 

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