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Mon oncle Bernard était ingénieur : il alla servir dans l'Em-
J'étais né presque mourant; on espérait peu de me
Je sentis avant de penser : c'est le sort commun de l'hu-
J'avais un frère plus âgé que moi de sept ans. Il apprenait
Je suis persuadé que je lui dois le goût ou plutôt la passion
L'attrait que son chant avait pour moi fut tel que non seule-
Je cherche où est le charme attendrissant que mon coeur
Deux ans passés au village adoucirent un peu mon âpreté
La simplicité de cette vie champêtre me fit un bien d'un
Pendant deux ans entiers je ne fus ni témoin ni victime d'un
Lambercier des marques d'inquiétude et de peine. Cela seul
Comme mademoiselle Lambercier avait pour nous l'affec-
Lambercier
J'ai fait le premier pas et le plus pénible dans le labyrinthe
Qu'on se figure un caractère timide et docile dans la vie
Je n'avais pas encore assez de raison pour sentir combien les
Je sens en écrivant ceci que mon pouls s'élève encore ; ces
M. Lambercier vint aussi à son ordinaire assister à l'opération,
On croira que l'aventure finit mal pour les petits architectes
On se trompera : tout fut fini. M. Lambercier ne nous dit pas
M. Lambercier s'entendait de loin; et ce qu'il y eut de plus
A dix ans j'en jugeais mieux que César à trente
L'idée de ce noyer et la petite histoire qui s'y rapporte
Mes amours ou plutôt mes rendez-vous avec celle-ci
Ainsi se perdait en niaiseries le plus précieux temps de
Rien ne m'a mieux appris la différence qu'il y a de la dépen-
Courage!... La plume me tombe des mains
Voilà pourquoi je serre bien et ne convoite rien
Mon désintéressement n'est donc que paresse : le plaisir
Nous ne nous sommes jamais écrit ni revus ; c'est dommage
Il était d'un caractère essentiellement bon : nous étions faits
LIVRE SECOND
UTANT le moment où l'effroi me
J'étais touché de reconnaissance et de respect pour le bon
Craignant donc que mon abord ne prévînt pas en ma
Louise-Eléonore de Warens était une demoiselle de la Tour
Il y avait six ans qu'elle y était quand j'y vins; et elle en
Ses erreurs lui vinrent d'un fonds d'activité inépuisable
Ses talents ont été déplacés; et ce qui eût fait sa gloire dans
Il y eut certainement quelque chose de singulier dans mes sen-
Il fut question de ce que je deviendrais; et pour en causer
Madame de Warens voulut savoir les détails de ma petite
Je trouvais toutes ces charités bien dures ; j'avais le coeur
Mon voyage étant ainsi réglé par ceux qui prenaient soin
Je m'acheminais gaiement avec mon dévot guide et sa
La petite communauté fut assemblée en l'honneur du nou-
Le sophisme qui me perdit est celui de la plupart des
Je passai plusieurs jours à me livrer uniquement au plaisir
C'est peut-être pour cela même que l'image de cette
Elle m'avait dit plusieurs fois qu'elle voulait me faire
La table ne se trouva pas assez grande pour le nombre
Madame Basile le lui dit tout naïvement. Il demande si je
Cependant ses libéralités avaient un peu remonté mon
Je me rappelle pourtant fort bien qu'elle avait marqué
Madame de Vercellis ne m'a jamais dit un mot qui sentît
Nous la perdîmes enfin. Je la vis expirer. Sa vie avait été
Elle avait légué un an de leurs gages à ses bas domestiques;
Que n'ai-je achevé tout ce que j'avais à dire de mon séjour
L'âge est encore une attention qu'il est juste de faire; à peine
LIVRE TROISIEME
ORTI de chez madame de Vercellis
La fin de ce discours démentit cruellement les brillantes espé-
Comme on ne m'avait guère examiné sur mes petits talents
Vienne. Il survint des mouvements à la cour qui se firent
Le vieux comte de Gouvon allait répondre; mais ayant
On ne vit de la vie un pareil étonnement. Mais ce qui me
M. l'abbé de Gouvon était un cadet destiné par sa famille
Genève. Quelle perte j'allais faire! J'en sentis bien toute la
Héron? Ce principe fut le fondement sur lequel nous bâtîmes
Que le coeur me battit en approchant de la maison de
Etait-ce la crainte de ne pas obtenir les secours dont j'avais
Me voilà donc enfin établi chez elle. Cet établissement ne
Elle augmenta beaucoup mes dispositions à l'attendrissement
Je faisais de ce charmant paysage encore un des bienfaits de
On ne trouvait pas chez madame de Warens la magnifi-
Qu'on ajoute à cette disposition le local de ma situation
Mon temps ne se passait pourtant pas tout entier à ces
Madame de Warens m'envoya chez lui deux ou trois
Deux choses presque inalliables s'unissent en moi sans
De là vient l'extrême difficulté que je trouve à écrire. Mes
Ce qu'il y a de plus fatal est qu'au lieu de savoir me taire
La maîtresse de la maison se fit apporter une opiate dont
M. Gros se prêta de bon coeur au projet de Maman. Il se
Son caractère ne démentait point sa physionomie; plein de
C'est à peu près à ce temps-ci que se rapporte un événe-
J'étais destiné à être le rebut de tous les états. Quoique
M. Gâtier eût rendu de mes progrès le compte le moins
A ce mot de musicien français le coeur tressaillit au bon
Le Maître : il aimait passionnément son pays et son art. Il
J'eus bientôt de quoi me rassurer. Il chanta ses deux récits
M. Le Maître avait les goûts de son art; il aimait le vin
M. Le Maître au moins jusqu'à Lyon, et de m'attacher à lui
Je crois avoir déjà remarqué qu'il y a des temps où je
De tout ce que j'ai dit jusqu'à présent il en est resté
LIVRE QUATRIÈME
Le seul parti que j'avais à prendre pour avoir des nou-
J'y restai donc : mais je me conduisis assez mal. Je n'allai
Venture me dit qu'il avait parlé de moi à M. le Juge-Mage ;
M. Simon parut content de mon maintien : c'est à peu
J'eus la constance de travailler pendant quinze jours à ce bel
Venture m'avait appris cet air avec la basse sur d'autres
On s'assemble pour exécuter ma pièce. J'explique à chacun
Les écoliers ne se présentaient pas en foule ; pas une seule
Il y a longtemps que je n'ai parlé de ma pauvre Maman ;
Nous commençâmes notre tournée par le canton de Fri-
Les choses ne se passèrent pas aussi simplement qu'à Fri-
Je ne fus pas même intimidé. J'exposai succinctement et
Ce que m'avait dit M. de la Martinière me donna de la
M. de la Martinière voulut voir de mon style, et me
J'allais m'attachera un militaire et devenir militaire moi-même;
A la manière dont je fus reçu de tous ceux pour qui j'avais
Paris. Madame de Merveilleux me parut avoir été belle ; ses
Dix volumes par jour n'auraient pas suffi. Où prendre du temps
Jamais je n'ai si bien senti tout cela que dans le retour dont
Voilà le seul souvenir bien distinct qui me reste de ce qui
Il me semble de voir assez clairement la suite de tout ce que
J'aimais mieux employer quelques sous qui me restaient à
C'est une chose bien singulière que mon imagination ne se
Je me rapprochais avec attendrissement de l'excellente amie
Plus près de Chambéry j'eus un spectacle semblable en
J'arrive enfin; je la revois. Elle n'était pas seule. M. l'Inten-
LIVRE CINQUIEME
J'y trouvai son ménage à peu près monté comme aupara-
Cette scène tragique se passa peu après mon arrivée : et il la
Le lavis des mappes de nos géomètres m'avait aussi rendu
Je me souviens qu'une fois madame de Luxembourg me par-
Ce qu'il y avait de plaisant était qu'ayant honte d'un penchant
J'ai eu dans la suite occasion de remarquer dans mes voyages
Ce P. Caton fit connaissance avec Maman chez le marquis
Nous allions avec Canavas et l'abbé Palais faire de la musique
Nous dînions souvent à son petit couvert ; car ce qu'il y avait
Même en supposant mes progrès futurs aussi grands que je me
Madame Lard ajoutait à sa vivacité naturelle toute celle que sa
Madame Lard s'occupait trop de moi pour que je ne m'occu-
Madame de Menthon dit un jour à un de ces messieurs que
Phoebus avec les dames
Vouloir rendre les jeunes gens attentifs à ce qu'on leur veut
On croira que ces huit jours me durèrent huit siècles : tout
Elle n'eût donc guère abusé de ce faux principe pour elle-
Je sais d'avance qu'en lui donnant un caractère sensible et
L'intimité dans laquelle je vivais avec elle l'ayant mise à
Ainsi s'établit entre nous trois une société sans autre exem-
Minerve à maintenir un intarissable flux de paroles : la belle
L'impatience qu'ils m'avaient donnée autrefois n'était pas di-
Chères et précieuses larmes! Elles furent entendues et cou-
Cette perte causa à Maman autant de préjudice que de dou-
Le sentiment profond de la détresse où ses dépenses peu
Ici l'on va voir encore une de ces inconséquences dont ma
Il avait à Paris des correspondances qui lui fournissaient ces
Cette perte me fit revenir à Chambéry tout de suite sans
Quoique ce malheur m'eût refroidi sur mes projets de
Il dîna chez madame de Menthon ; j'y dînais aussi ce jour-là
Il me dit : Combien voulez-vous faire de parties ? je ferais
Maman fit et me fit faire connaissance avec lui. Cette connais-
La correspondance de Voltaire avec le prince royal de Prusse
Le goût que je pris à ces lectures m'inspira le désir d'apprendre
Les prétextes ne me manquaient pas pour tous ces voyages;
Mais je n'en étais pas encore à cette première fermentation de
Ces pertes réchauffèrent un peu son amitié pour le plus proche
Ce livre est resté parmi ceux de madame de Warens; j'ai tou-
Je me la figurais à sa place; je me la créais de mille façons
La musique était pour moi une autre passion moins fou-
Toutes les fois qu'avec le livre de Philidor ou celui de
Le remède à cela se présenta comme de lui-même. Maman
Profitant maintenant du dégoût que je lui trouvai pour la
Une malheureuse crainte la retint. Elle n'osa quitter sa
Ici commence le court bonheur de ma vie ; ici viennent les
Je donnerai de ces souvenirs un seul exemple qui pourra
J'avais été jusqu'alors grand dormeur. La totale privation du
Autre bizarrerie. On voit que toute la doctrine du péché ori-
La mort de Jésus-Christ lui paraissait un exemple de charité
Mais toute cette morale était subordonnée aux principes de
M. de Tavel, ou plutôt elle prétendait n'y rien voir de contraire
M. Salomon, devenu depuis peu son médecin et le mien ; hon-
Je pris beaucoup de goût à celle de M. Salomon ; il me sem-
Ne sachant à quel point le sort ou la mort pouvait arrêter
Je trouvai dans l'exécution de ce plan un autre avantage
Je passais delà à la géométrie élémentaire; car je n'ai jamais
Je retournais à mes livres : mais mes occupations de l'après-
Je me dis : Je m'en vais jeter cette pierre contre l'arbre qui
Puisse-t-il durer aussi longtemps que j'en conserverai le goût!
Il ne finira qu'avec moi
M. Fizes. L'espoir de guérir me fait retrouver du courage et
Nous nous trouvâmes un dimanche à Saint-Marcellin. Ma-
Nous avions laissé à Romans madame du Colombier et sa
Notre intelligence n'échappa pas au marquis. Il n'en tirait
Nous étions dans un pays et dans une saison de bonne
Si ce que je sentais pour elle n'était pas précisément de
Je ne me souviens pas de l'endroit où nous quitta le mar-
Des amours de voyage ne sont pas faits pour durer. Il
Elle jugea par mon équipage que je ne nageais pas dans l'opu-
J'achevais ma route en la recommençant dans mes souve-
Mal à mon aise au dedans de moi sur la résolution que
L'un des avantages des bonnes actions est d'élever l'âme et
L'empressement d'arriver me fit faire plus de diligence que
Oh ! si les âmes dégagées de leurs terrestres entraves voient
En un moment je vis évanouir pour jamais tout l'avenir de
Ainsi commencèrent à germer avec mes malheurs les vertus
M. de Mably lui-même voyait cela tout aussi bien que moi
Ce qui rendait mon état plus insupportable était la compa-
Affreuse illusion des choses humaines ! Elle me reçut tou-
Mon cher cabinet était ma seule distraction. A force d'y
Telles ont été les erreurs et les fautes de ma jeunesse. J'en
TABLE DES GRAVURES
FRONTISPICE.— Portrait de Rousseau à 18 ans
Je traversai le ruisseau 180
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P. 1
Rousseau [=] Confessions 1

Rousseau [=] Confessions 1

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