l'Arabie préislamique
Paysage de l'Hadramaout.
L'
histoire de l'Arabie préislamique
commence dès lapréhistoire. L'Arabieétait divisées sous l'Antiquitéet à l'époque de l'Empire romain en trois régions distinctes: l'«Arabie heureuse », au Sud, qui correspond auYémen actuel ; l'Arabie centrale, peuplée de nomadeset de sédentaireset qui vivait dans l'orbite de l'Arabie heureuse, et l'Arabie septentrionale, sous influence des Empiresbyzantinsetperse. Le Coranfait référence à cette période sous le nom de
(« ignorance » ou« paganisme »), lepolythéisme y étant alors la règle, bien que des groupes  juifs (sédentaires, surtout au Yémen et dans le nord, mais aussi dans lesoasis,comme à Yathrib, aujourd'huiMédine) etchrétiens(surtout nomades, àNajrân ou dans le Yémen) y vivaient. A la fin du 
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siècleet au débutdu
e
siècle, des guerres fréquentes ruinent l'Arabie du Sud et affaiblissent les Perses et Byzantins,renforçant la situation des Arabes du Centre et du Nord, ainsi que deLa Mecque.
Dans l'Antiquité
D'aprèsCtésias, au temps des Phéniciens,les Béroses étaient composés deChaldéenset d'Arabes. Le roi arabe à cette époque était Ariée, il faisait la guerre contre Ninus,chef deBabyloneet deNinive. Selon Ferd Hoefer, une dynastie arabe avait occupé Babylone en 1400 avant J-C.Cusan - Risataim,  unmadainite(tribu qui appartient auxismaélites)était le roi de laMésopotamie. Plusieurs peuples ( phéniciens, hébreux) étaient soumis à ce roi . Les ismaélites occupaient une partie de la
 
Mésopotamie et une grande partie de l'Arabie. La guerre éclate entre les Hébreux et Cusan - Risataim à cause de Yahweh (dieu du Proche-Orient). Les Hébreux ont dénigré ce dieu et se sont mis à adorer  BaalimetAstratoh.À la fin, les Hébreux offrent leur soumission à Cusan- Risataim durant huit ans.
L'Arabie heureuse
Royaumesyéménites, 
e
siècle.On voit le royaume d'Aksoum(enÉthiopie actuelle avec une extension sur la péninsule arabique, au nord du royaumehimyarite, où se situeAden). Au nord-est du royaume himyariate, leroyaume de Sabaet le royaume deQataban.Enfin, le royaume d'Hadramaout (à la frontière actuelle d'Oman).
Le Sud était en déclin relatif , après la chute de l'antiqueroyaume de Sabaqui a duré des millénaires.Au
III
e
siècle, il se partageait entre le royaume himyarite, leroyaume d'Aksoum (dont le centre était enÉthiopieactuelle), le royaume de Saba, le royaume de Maïnet le royaume deQataban,qui finit par  l'emporter sur les autres vers le
V
e
siècle. De typehellénistique,lacivilisation de l'Arabie du Sud partageait des influencesindiennes. On y parlait le « sud-arabe », une languesémitiquedistincte de l'arabe. Dhu Nuwasfut le dernier roi de la dynastie himyarite. A la fin du
V
e
siècle, il se convertit au judaïsmeetpunit les chrétiens à cause de la persécution desByzantins. Les Éthiopiens, en majorité chrétiens,prennent la région. Vers 575, les Perses font une incursion. La domination des Éthiopiens et desPersessassanidesa été éphémère.Bénéficiant desmoussons, l'Arabie heureuse était très développée par rapport au centre. Leshabitants étaient sédentaires, habiles dans la construction de digue (digue de Marib) et l'agriculture. Ils produisaient et exportaient lescéréales,fruits, légumes, vigne,encens,épices, lamyrrhe, 
 
les aromates,etc., commerçant avec l'Inde(laRoute de l'encens), le golfe Persique,l'Éthiopie,  l'Afriqueet, de façon importante, avec l'Empire romain. Les routes étaient prospères pendant le temps de la paix (accord signé entre les Arabes et lesRomains à l'époque de l'empereur romain et arabePhilippe l'Arabe (204-249 ap. J.-C.)). LeYémen était une société monarchique et la religion était polythéiste. Plusieurs inscriptions découvertes dans la région laissent penser qu'une partie de la population savait écrire
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.Les Arabes du Centre et du Nord, appelés « Arabes de la tente » (
sarakênos
en grec, d'où vient lemotsarrasin), travaillaient dans l'Arabie heureuse en tant que mercenaires.
Le centre et le Nord
Ces régions étaient influencées par la culturearaméenne hellénisée. Les pistes commerciales étaient établies. Leroyaume de Hîra,au nord est, était chrétien nestorienet vassal de l'empire perse sassanide,tandis que celui desGhassanides,chrétiensmonophysites, était sous l'influence de l'Empire byzantinLesNabatéensfondent leur royaume et la ville dePétrafut la capitale.Trajan concrétise une province romaine au nord de la Nabatène. De 244 à 249, Philippe l'Arabe dirigeait toute la province. Au sud la Syrie était connue sous le nom dePalmyre,Odenathus("Udhayna") était le premier souverain puis sa femme Zénobie("Zayneb") le remplaça.Aurélien prend la région puisque presque la totalité de la population était semi-nomade ou nomade. L'histoire demeure sombre au sujet des autresdynastiesLihyan etThamud. Des inscriptions relèvent l'existence des deux pays. LeCoranmentionne Thamud. En 384, le traité de paix entre les Sassanides et les Romains fait arrêter les guerres dans larégion. Cette paix durera jusqu'en 502. Les Byzantins et les Perses pratiquaient les routes de larégion qui étaient sûres
4
.Entre le
IV
e
et le
VI
e
siècle, la région se dégrade. LesByzantinset les Sassanides s'en sont désintéressés.
La société bédouine
La sociétébédouine demeure tribale. L'élevage de chameauxet de petit bétail était important pour la survie. Les nomades vivaient en dominant les sédentaires
1
, les protégeant en échange d'untribut.Si celui-ci n'était pas versé, ils pratiquaient desrazzias, peu meurtrières, qui visaient surtout à s'emparer du butin
1
. Outre ces activités, les bédouins servaient d'escorte aux caravanes, prélevant droits de passage et pillant les caravanes non défendues.La religion des tribus était lepolydémonisme:on adorait « dans le désert des pierres, des météorites, des arbres, des sources ». Chaque objet sacré était entouré d'un
, ou lieu de culte, objetdetabousreligieux.Subdivisées en clans, les tribus arabes avaient un chef (
ou 
), choisi ni par élection ni par filiation, mais par consensus. Le fils aîné du chef défunt était en général choisi Lafiliation était
 
Nasr
(رس ْ [nasr],
vautour 
)Divinité préislamique d'une tribu duYémen.
Sûwa`
(و َ ُ [sūwa`])Divinité préislamique qui avait son sanctuaire près de Yanbu sur laMer Rouge.
Tâghût
(توغاط [tāġūt],
idole; faux dieu; démon
)Être rebelle, divinité ou simple démon de la rébellion à mettre au nombre des djinns ?
Wadd
(د ّ [wadd],
amour 
)Wadd est une divinité de l'amour et de l'amitié.
Yaghûth
(ثو [yaġūθ], Yaghûth)Divinité du secours vénérée au Yémen.
Ya`ûq
(قوع [ya`uq],
il défend; Ya`ûq
)Divinité protectrice, vénérée au Yémen.
Jibt
( ْج ِ [al-jibt],
 Jibt 
)Idole citée une seule fois en compagnie des tâghûts.
Divinité préislamique non citée par le Coran
( َهُ [hubal])Idole de forme humaine, importée deSyriequi serait le patron des caravaniers et père de plusieurs autres idoles de l'ancien temple mecquois. Hubal est une divinité lunaire, dont lenom est peut-être à relier avecBaal. C'est cette idole queAbû Sufyânsalua après sa victoire àUhud
Animaux sacrés cités dans le Coran
« Dieu n'a institué ni Bahîra, ni Sâ'yba, ni Wasîla, ni Hâm. Les incrédules ont forgé desmensonges contre Dieu. Beaucoup d'entre eux ne comprennent rien. » — 
 Le Coran
Bahîra
(ري ِب َ [ba
 īra])
Sâ'yba
(ةئ ِآ َ [sā'iba],
négligé; libre; intouchable
)
Wasîla
(ةليص ِ َ [wa
 īla])
Hâm
(ماح [
ām])Ces quatre noms s'appliquent à différentes catégories de chamelles que les Arabess'abstenaient de tuer pour les réserver à leurs divinités et qu'ils laissaient paître librement dansl'enceinte des sanctuaires.D'aprèsTabari le roi perse Jemchîdserait l'inventeur du culte des idoles .
Mariage arabe préislamique
 
Les Arabes pratiquaient lapolygynie et certaines formes proche de la polyandrie avantMahomet. Ces dernières furent prohibées pour le fait de la difficulté à déterminer le vrai père pour les règles d'héritage.
Selon les chroniciens musulmans, il existait sept types de
mariage arabe avantMahomet
. Cet articletraite de ces types de mariage dontMahomet ne garda que la première en y ajoutant quelques règles.
Nikah tahlil
Cela consistait à demander la fille chez ses parents, le mari donnait unedoten échange du mariage àsa future femme. Cela autorisait les rapports sexuels avec celle-ci appelé
tahlil 
. Ce type de mariageavec des témoins et un contrat écrit a été conservé par Mahomet.
Nikah istibza
Le terme arabe
istibda’ 
signifie la recherche d’une progéniture et se faisait comme suit : dans le butd'avoir une progéniture noble, le mari envoyait sa femme chez une personne considérée commenoble et évitait toute relation sexuelle avec elle jusqu'à ce qu'elle tombait enceinte de l'autre.L’enfant né de ses relations était rattaché à son mari. L’initiative venait parfois de la femme. On peutcomparer ce mariage à l’insémination artificielle où la femme recourt au sperme d’un autre hommeque le sien pour des raisons de stérilité. Ce type de mariage a été interdit par Mahomet.
Nikah badal
Le terme arabe
Nikah al-badal 
signifie mariage par échange d’épouse : Deux hommes échangent lesfemmes en les divorçant préalablement. Ceci fut interdit aussi.
Nikah hidn
Le nikah hidn, consistait à ce qu'une femme disposait un drapeau devant sa porte et accueillait deshommes (sexuellement) lorsqu'elle tombait enceinte et accouchait, tous les hommes qui ont eu unrapport avec elle se rassemblaient, et un
kaif 
(à partir des formes des pieds des mâles et ceux dunourrisson) déterminait qui était le père. Ce mariage a également été prohibé par Mahomet.
 
Nikah tarjih
Le nikah tarjih se faisait ainsi, jusqu'à dix mâles avaient des rapports avec une même femme, lorsquecelle-ci tombait enceinte, elle choisissait comme père celui qu'elle désirait; l'homme ne devait pasrefuser. Cela fut également prohibé enislam.
Nikah shighar 
Le nikah shigar se faisait de cette façon : Un homme donne en mariage sa fille ou sa sœur, contre la fille ou la sœur d'un autre, sans payer de dot. Cette pratique a encore cours dans les pays arabesmême si un récit deMahometl’interdit . Les juristes musulmans sont partagés concernant la validitéde ce mariage. Certains estiment qu’il est valide, mais chacune des femmes a droit à la dotd’équivalence. D’autres estiment qu’il s’agit d’un mariage nul. D’autres encore le considèrent commenul ou valide selon l’expression utilisée.
Nikah mut'a
Pour un nikah mut'a l'homme convenait avec une femme d'une durée pour un mariage, toujours une esclave, jamais une femme libre. Ce type de mariage a été également prohibé selon les quatreécoles sunniteset leschiites ismaéliens. Selon leschiites imamites et certains savants sunnites, ce mariage est toujours autorisé.
Nikah mudamadah
Le terme
mudamadah
signifie avoir des rapports avec un autre homme que le mari. En période defamine, des tribus pauvres poussaient leurs femmes à se rattacher à des hommes riches lors desmarchés publics. Par la suite, elles revenaient vers leurs maris avec ce qu’elles avaient acquis commenourriture et biens .
Nikah mukhadanah
Le terme
mukhadanah
signifie l’amitié. Ce genre de rapports se passe entre une femme et plusieurshommes, au maximum dix. Lorsqu’elle tombe enceinte et enfante d’un fils, elle les convoque etdésigne celui qu’elle considère comme étant le père sans que ce dernier ne puisse s’y opposer. Si ellemet au monde une fille, elle la garde pour elle de peur de la voir enterré vivant. On trouve un écho dece mariage dans leCoran(4:25).
Nikah dhawaq
Le terme
dhawaq
signifie dégustation. Cette coutume aurait été largement répandue parmi les arabespréislamiques. Ils n’aimaient pas être liés par des mariages permanents et préféraient le mariagedhawaq, ce terme provenant du nom d’une femme appelée Dhawaqah. Cette dernière se mariait avecles hommes les uns après les autres pour les déguster. La littérature rapporte de nombreux cas defemmes agissant de la sorte. L’une d’elle, appeléeUm Kharijah, avait épousé une quarantaine

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