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La dépossession économique de la Kabylie (exemple de l'oléiculture)

La dépossession économique de la Kabylie (exemple de l'oléiculture)

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Published by D.Messaoudi
Le plan du régime algérien pour entraver l'autonomie économique de la Kabylie. Un texte de Rachid Oulebsir, à lire et à diffuser.
Le plan du régime algérien pour entraver l'autonomie économique de la Kabylie. Un texte de Rachid Oulebsir, à lire et à diffuser.

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Published by: D.Messaoudi on Apr 23, 2011
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La dépossession économique de la Kabylie(exemple de l’oléiculture)
Contribution au débat sur la Kabylie : Etat des lieux et projet d’autonomie régionale
Par :
RACHID OULEBSIR
Ecrivain, essayiste, chercheur en Culture populaire.Diplômé d’études approfondies en Economie politique des universités Paris-13-Villetaneuse et Paris-1- PanthéonSorbonne (1978)
 
Introduction
L’Etat algérien, de par son essence jacobine, a pour réflexe vital de centraliser tous les pouvoirsde décision, de l’élaboration à l’exécution, de toutes natures, politique, financière, judiciaire,militaire, policière, culturelle, cultuelle… Mais c’est sans doute dans la sphère économique qu’ilarrive à asseoir son hégémonie de sorte à s’assurer, de façon pérenne, la dépendance de lapopulation de ses principaux réseaux monopolistes de distribution de biens de consommationimportés, grâce à une importante rente pétrolière, traditionnellement des marchés occidentaux ettout récemment des économies d’Extrême-Orient.Reproduisant les pratiques et les réflexes du colonialisme français, il installe une suprématie sanspartage, luttant sans merci contre toute autonomie économique régionale en se rendant maîtredes activités économiques et sociales qui constituent le socle identitaire et l’expression de lapersonnalité culturelle de nombreuses régions d’Algérie. C’est le cas de la viticulture pour l’ouestdu pays, de l’agrumiculture pour la Mitidja, de la culture des dattes pour les oasis, de l’alfa pour les régions steppiques, de la céréaliculture pour les hauts plateaux et de l’oléiculture pour laKabylie.Prenant en étau l’activité économique par la monopolisation du financement en amont, et del’achat du produit final en aval, il se rend maître de l’activis’adjugeant le segment del’exportation qui réalise la valeur ajoutée de toute la branche. Quand les acteurs économiquesd’une branche donnée résistent à cet accaparement de la richesse qu’ils ont produite, l’Etatn’site pas à truire l’activiéconomique en question et anéantir les savoir-faire quitransmettent, perpétuent et pérennisent socialement la pratique économique visée.L’oléiculture en Kabylie est l’exemple même d’une politique de dépossession planifiée et exécutéeassidûment par l’Etat pour soumettre une population fière de ses particularismes culturels et deses réflexes de résistance à la pénétration des multiples colonisateurs.La présente contribution au débat sur la Kabylie ne prétend pas à l’exhaustivité, mais exprimetout l’intérêt de la question économique, centrale dans la construction d’un projet d’autonomie
 
régionale. Aussi l’oléiculture considérée comme « le pétrole de la Kabylie », doit-elle être située àsa juste mesure, par un état des lieux sans complaisance, loin de l’image d’Epinal idéalisée etrépandue par de nombreux romantiques éloignés du dur combat populaire pour le painquotidien.
1-La situation actuelle de l’oléiculture en Kabylie
Tazemourt, l’olivier, est l’une des armoiries du blason identitaire de la Kabylie, à ce titre ilsymbolise les valeurs du montagnard kabyle faites d’endurance, de fidélité, d’hospitalité, degénérosité, de solidarité et d’éternelle résistance. De par sa rusticité, l’olivier est l’arbre adapté auclimat capricieux et au relief difficile de la montagne kabyle. Aussi constitue-t-il, depuis la nuit destemps, la principale richesse agricole de la région. De nos jours, sur les 20 millions d’oliviersconstituant le verger algérien, 12 millions sont cultivés en Kabylie. (Voir tableau 2)Ces chiffres, importants dans l’absolu, doivent être relativisés à deux niveaux :
-
Le verger oléicole n’a pas évolué depuis l’indépendance ! Nous avions le même verger en1962 ! Aucune plantation nouvelle de cette culture stratégique n’a été enregistrée depuisl’indépendance. Bien au contraire, les milliers d’arbres emportés par les incendies et levieillissement n’ont pas été remplacés. Ce n’est que durant la dernière décennie que les paysansde Kabylie ont repris en mains l’oléiculture malgré la perte des savoir-faire et des conduitesculturales ancestrales.
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La seconde remarque concerne l’importance relative de cette richesse naturelle. A titrecomparatif, la Tunisie possède un verger estimé à 55 millions d’oliviers, le Maroc à 40 millionsd’arbres alors que la Grèce dont la surface est comparable à celle de la Kabylie cultive plus de70 millions d’oliviers ! Nous sommes donc très loin de nos voisins, et sans aucune communemesure avec les gros producteurs d’olives et d’huile d’olive que sont l’Espagne avec plus de 250millions d’oliviers, l’Italie et ses 200 millions d’arbres. (Voir tableau 1). Le conseil oléicoleinternational (COI) a recensé plus de 900 millions d’oliviers dans le monde, dont 90% sontcomplantés sur le pourtour diterranéen et 10% entre le Moyen-Orient et l’Amérique. Enconclusion, la situation de l’olivier en Kabylie n’est pas florissante comparée à celle de la Tunisie,de la Grèce ou du Maroc. La quantité d’olives récoltée annuellement ne cesse de diminuer rapportée à la population, tandis que le savoir-faire se perd à grande vitesse et que la qualité del’huile laisse à désirer en regard des paramètres et des standards du marché mondial. La leçon àtirer de ce déclin est qu’en l’état actuel des choses, la population de Kabylie ne peut vivre desseuls revenus de l’oléiculture. La sauvegarde des savoir-faire en matière d’oléiculture constitue lapremière condition de la relance urgente de cette noble profession.
 
2-Les étapes de la dépossession
L’Etat algérien est responsable de ce déclin de l’oléiculture de Kabylie et du reste du pays. Nousdonnerons dans cette partie les jalons de cette politique de dépossession de la paysanneriekabyle entreprise sciemment par les pouvoirs publics.Durant la colonisation française les gouvernements militaires et civils avaient rivalisé dans lestechniques de spoliation et de dépossession des paysans algériens de leurs meilleures terres. Unarsenal juridique impressionnant (Sénatus-consulte de 1863, loi Warnier de 1881, loisd’expropriation de 1899…) organisait et exécutait le transfert des terres indigènes vers lespropriétés des colons, même les terrains de parcours collectifs et les terres des Zaouiasn’avaient pas échappé au séquestre. Démanteler la propriété collective, base économique de latribu et saper ainsi la cosion de son tissu social, telle était l’objectif de l’Etat colonial.L’introduction du salariat et de la monnaie était conditionnée par la désintégration de la propriétécollective, libérant ainsi la main-d’œuvre paupérisée et corvéable dont avaient besoin les colonsconquérants dans leurs grosses propriétés de la Mitidja, de l’oranais et des hautes plainesintérieures dont les monocultures alimentaient le marché de la métropole.En Kabylie le lien social, particulièrement solide avait tenu jusqu’à la fin du 19
ème
siècle. La défaitequi avait suivi la grande insurrection de 1871 avait sonné le glas pour les tribus kabyles qui se
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disloquaient libérant les individus qui n’avaient plus d’autre choix que vendre leur force de travailaux colons ou dans les usines de la métropole, ce fut le début de l’émigration vers la Franceaprès le grand exode vers les grandes villes de l’est et de l’ouest.A l’indépendance, l’Etat algérien, optant pour l’idéologie socialisante, a continué dans la logiquecentralisatrice jacobine coloniale pour s’assurer la main mise totale sur toutes les régionsd’Algérie, uniformisant culturellement la mosaïque sociale, normalisant les conduites par l’unification de la langue et la neutralisation de la diversité par une école tournée vers le moyen-âge.Le pouvoir algérien, pour des raisons historiques, avait un contentieux à régler avec la régionkabyle qui avait gardé son autonomie même durant la guerre de libération ( Wilaya trois).Larébellion de 1963 ,connue sous le nom de maquis du FFS, lui offrit le prétexte de la répression etde la mise en pratique d’une politique de soumission de la région par l’organisation de ladépendance économique des populations vis-à-vis des circuits étatiques de distributions desbiens de consommation importés. Pour garantir le succès de cette entreprise funeste, le pouvoir de Benbella s’attaqua dés 1963 à l’autonomie économique de la région qu’assuraient les apportsen devises fortes de l’émigration et la richesse tirée de l’oléiculture, activité structurante et colonnevertébrale de l’économie locale. (La production d’huile d’olive de toute l‘Algérie provenait de laKabylie)Ne pouvant réduire de son importance ou l’interdire, le Pouvoir d’Alger décida de mettre la mainsur cette richesse, en nationalisant dés 1964 le transport et la commercialisation de l’huiled’olive, principalement son exportation, de sorte que toute la région produise pour les caisses del’Etat ! Après avoir soumis les rentes de l’émigration à la ponction (Les mandats envoyés enFrancs français, étaient perçus en dinars avec une parité qui ne reflétait nullement le pouvoir d’achat réel des sommes envoyées), le pouvoir algérien entama un processus de dépossessiondes fellahs de Kabylie de leur principale richesse : l’huile d’olive !Le premier effet de la nationalisation de l’activité d’exportation fut l’exclusion des oléifacteurs(Producteurs d’huile) du marché mondial espace la Kabylie avait conquis ses lettres denoblesse (médaille à l’exposition universelle de Bruxelles en 1910 pour l’huile de la Soummam,multiples distinctions dans les nombreuses foires agricoles de Paris durant l’époque coloniale). Letier de gociant d’huile d’olive sur les places internationales fut donc interdit auxprofessionnels de Kabylie dés 1964, interdiction non levée à ce jour ! Cette mesure d’apparenceanodine a enclenché le processus d’abandon de l’olivier qui a duré près d’un demi-siècle,conséquent à l’impossibilité d’écouler l’huile d’olive produite alors en grande quantité que lemarché national ne pouvait absorber. L’Etat étant le seul acheteur, il fixait le prix qu’il voulait etfaisait des marges substantielles sur le dos des producteurs qu’il était censé protéger ! Il organisaainsi la paupérisation de la paysannerie kabyle et son exode vers les grandes villes réduisant latransmission des savoir-faire vitale pour le maintien et le développement de l’activité oléicole.Poursuivant dans cet élan de déstructuration de la branche oléicole, le pouvoir algérien créa unparc de transformation étatique par l’importation et l’installation dans les zones oléicoles les plusimportantes de Kabylie, de moulins modernes pour concurrencer les paysans sur le terrain descoûts de production ! Ces machines automatisées à forte capacité de transformation sont entréesen rivalité avec les vieux pressoirs d’Aristée encore en fonction en Kabylie ajoutant une touche àla politique de dépossession des paysans de leur principale richesse.Dés 1970, l’olivier de Kabylie est réduit au statut d’arbre décoratif ! La mise en place du modèleBoumédiéniste dit des « Industries industrialisantes » avait notablement accéléré l’exode despaysans vers les grandes villes emportant avec eux le savoir-faire et les compétences dont senourrissait l’activité économique locale. L’importation de l’huile d’olive de Tunisie vint compléter cette mise à mort voulue de l’oléiculture de Kabylie !
3-Tentatives populaires de relance et blocage de l’Etat
L’oléiculture, principale activité structurante de l’économie locale, a connu un déclin programméqui a duré une cinquantaine d’années, de sorte que la moitié du verger actuel, à l’abandon, estimproductif. Les pratiques rituelles de production ancestrales et les savoir-faire perdus n’ont pas
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D.Messaoudi added this note
Qui dira que ce n'est pas un plan pour détruire l'économie nationale et nous faire dépendre des barons de l'import-export détenue principalement par "nos" responsables irresponsables et mafieux ? (http://www.lesoirdalgerie.com/article...)
D.Messaoudi added this note
Un article au sujet des huileries: http://www.lexpressiondz.com/article/...
D.Messaoudi added this note
Voici un article de El Watan qui dénonce la destruction d'un autre élément de l'économie nationale par le régime algérien afin de favoriser l'import-export que la mafia politico-militaire monopole: (http://www.elwatan.com/entretien/hoci...). Ces salauds ont bien appliqué l'adage "djouwweε kelbek itebεek" (affa
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