[3]
On m'accusa aussi de permettre la révolte contre les gouvernants, et cela pour la simple raisonque je ne les citais pas dans le sermon.
Or citer les gouvernants durant le prêche est uneinnovation, qu'aucun prédécesseur ne pratiquait
.On m'accusa aussi d'extrémisme et de rechercher la difficulté dans la religion, et ce en raisondu fait que je me contente - lorsque je réponds aux questions et émets des fatwas - de suivreles avis reconnus du
Madhhab
2
sans en diverger, alors que de leur côté, ils se permettent de letransgresser et émettent des fatwas qui facilitent la vie à la personne concernée et correspondà ses passions, même si c'est un avis marginal dans le
madhhab
ou dans un autre. Or lesImâms parmi les savants sont contre ce genre de pratique. J'ai d'ailleurs approfondi cela dansl'ouvrage Al Muwâfaqât.On m'accusa aussi d'être un ennemi des alliés de Dieu
Awliyâ
Dieu, saints ou élus en raison dufait que j'ai exprimé mon animosité envers certains pauvres derviches innovateurs qui ontcontredit la Sounna, s'auto-proclamant - selon eux - guides des hommes, et j'ai parlé en publicde certains comportements de ces gens qui s'affilient aux soufis sans pour autant leurressembler.On m'accusa aussi de diverger des
Ahl Sounna Wal Djamâ'ah
(Les gens de la Sounna et duGroupe), et ces gens se basent sur le fait que le Groupe que le Prophète nous a ordonné desuivre - qui est le Groupe Sauvé - est la masse des musulmans, alors qu'ils n'ont pas comprisque le Groupe est la voie du Prophète -
salla Alla
‘
aleyhi wa sallam
-, des compagnons et ceuxqui les ont suivi avec perfection. Et cela nous le clarifierons plus tard.Or ils ont menti sur tous ces points et ont trompés les gens, mais la louange revient à Dieuquelle que soit la situation.J'étais donc dans une situation qui ressemblait à la situation du très connu Imâm AbdurrahmânIbn Battah El Hâfidh, avec les gens de son époque lorsqu'il dit : « Je m'étonnerais toujours desdifférentes situations que j'ai vécues durant mes voyages et mes haltes, que ce soit avec mesproches ou autres, avec ceux qui me connaissent ou non. En effet, je me suis rendu compte -que ce soit à la Mecque, dans le Khurâsân ou en tout autre endroit - que toute personne que jerencontrais était ou bien une alliée ou une ennemie, qui m'appelaient à suivre ses dires, àcroire ses paroles et à témoigner en sa faveur.Si donc je reconnaissais la véracité de ses dires et lui accordais mon approbation - comme lefont les gens aujourd'hui - la personne me considérait comme un allié. Si par contre, jem'opposais à une seule lettre de son discours ou à un seul de ses actes, elle me considéraitcomme un ennemi.Si j'affirmais que le Coran et la Sounna était en contradiction avec une de ses paroles, elle medisait : "
Tu es un Khâridjite !
".Si je lui lisais un hadith parlant du Tawhîd (Unicité de Dieu), elle me disait : "
Tu es unMushabbih (
Anthropomorphiste
) !
".Si c'était au sujet de la vision de Dieu (par les croyants au Paradis), elle me disait : "
Tu es unSâlimî !
".
2
Ecole de jurisprudence NdT.