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4 La Politique Linguistique Amazigh

4 La Politique Linguistique Amazigh

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05/25/2011

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4 La politique d¶arabisation
 
 Au lendemain de l¶indépendance, les dirigeants marocains ont commencé uneambitieuse politique d¶arabisation qui devait progressivement remplacer le françaispar l¶arabe classique, en réalité l'arabe moderne. Tout a commencé en 1961 lorsquele gouvernement a tenté d¶arabiser l¶enseignement. Puis l'Administration et lesservices de police ont été mis à contribution.
 
En 1980, l¶arabisation était complétée pour les quatre premières années du primaire.L¶arabisation comptait entre 30 % à 50 % au secondaire. Par la suite, legouvernement tenta d¶arabiser la fonction publique mais sans succès, lesfonctionnaires résistant farouchement à leurs privilèges; le gouvernement dutcapituler. Quant à l¶environnement, c¶est-à-dire les situations véhiculées par lesmédias, la signalisation routière, l¶affichage, l¶étiquetage, etc., le Maroc entreprit unearabisation en douceur qui se solda par un demi-échec. Au Maroc, l¶affichage estresté français, sauf pour les édifices gouvernementaux qui sont devenus bilingues. À première vue, le Maroc ne semble pas avoir cru bon de proclamer dans un articleparticulier de sa constitution que l¶arabe était la langue officielle du pays. Pourtant,cette proclamation existe dès la première phrase du Préambule de la Constitution de1996:
 
P
réambule
 
Le royaume du Maroc, État musulman souverain, dont la langue officielle est l'arabe,constitue une partie du Grand Maghreb arabe.
 
C'est en vertu de cette disposition que l'arabisation s'est instaurée au Maroc, mais ils'agit, de toute évidence, de l'arabe classique (standard), non de l'arabe marocain.
 
4.1 La politique dans l¶administration publique
 
Étant donné que la Constitution du Maroc (1996) ne contient aucune dispositionlinguistique dans ses articles internes, l'arabe classique (standard) est la langueofficielle dans les faits (
de facto
) et non de par la loi (
de jure
), du fait qu'aucun typed'arabe n'est formellement nommé.
-
La législature
 
La langue arabe (?) est utilisée dans la rédaction des lois, des règlements, desdécrets ou du Bulletin officiel (B.O.). Les lois sont toutes rédigées et promulguées enarabe, puis elles sont, la plupart du temps, traduites en français. Ainsi, le B.O.comporte deux versions: l'une en arabe, l'autre en français. Seule la version arabefait foi, le français étant une langue traduite. Dans les débats parlementaires, deuxlangues sont utilisées: l¶arabe standard et l¶arabe marocain.
-
La justice
 
En matière de justice, seul l¶arabe est utilisé dans les documents écrits, alors quel¶arabe marocain et l'arabe officiel sont les langues admises et employées dans les
 
plaidoyers et les communications orales. Il est possible d'utiliser le berbère (oun'importe quelle de ses variétés), mais il faut alors une traduction en arabe destinéeau juge et au personnel judiciaire. Dans ce cas, le berbère (ou ses variétés) demeureune langue traduite, ce qui nuit aux amazighophones qui devraient avoir les mêmesdroits à une défense équitable que les autres citoyens marocains arabophones. Lefrançais peut être utilisé pour les étrangers (accusés ou témoins). Quoi qu'il en soit,le juge doit toujours formuler sa sentence en arabe standard.
-
L'administration publique
 
Dans l¶administration publique, les communications orales avec les citoyens sedéroulent normalement en arabe marocain, mais elles peuvent s¶effectuer en arabestandard ou en français. Dans les zones berbères, les fonctionnaires peuventcommuniquer en l¶une ou l¶autre des langues berbères, notamment en tachelhit, entamazight ou en tarifit. Quant aux missives officielles, elles sont généralementdisponibles et en arabe et en français, mais la version arabe n¶est à peu près jamaisutilisée. Dans les hôpitaux ou autres établissements de santé, les soins sont assurésen arabe marocain et en français, sauf dans les régions berbères où ils peuvent êtredispensés oralement en berbère. En somme, le français continue d¶exercer dansl¶administration publique une hégémonie très grande au Maroc.
 
Concernant la correspondance officielle, l¶usage du français a longtemps étéautorisé. Mais la circulaire no 53/98 datée du 11 décembre 1998, et émanant dupremier ministre (Abderrahmane Youssoufi), apporte cette directive:
Conformément à la Constitution qui fait de l¶arabe la langue officielle de l¶État, toutes les Administrations, les Institutions publiques et les Communes sont dorénavant tenuesd¶utiliser la langue arabe dans leurs correspondances à usage interne ou externe [...]. Par conséquent, toute correspondance dans une autre langue est formellement interdite [«].
 
Cette circulaire n'empêche pas les rapports informels qui peuvent se faire enfrançais. Autrement dit, les activités des ministères sont menées en arabe, enfrançais ou dans les deux langues.Les ministères de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur, de la Santé, del'Agriculture, des Finances, etc., dont les documents administratifs sont entièrementarabisés, utilisent l'arabe à l'écrit, mais le français dans les domaines techniques etspécialisés. À l'oral, c'est l'arabe marocain qui prévaut.Le ministère des Affaires étrangères utilise l'arabe avec les pays arabophones, lefrançais avec les pays francophones, l'anglais pour les pays anglophones etl'espagnol pour les pays hispanophones. Néanmoins, le français est généralementemployé comme langue de communication internationale.
 
5
La politique linguistique à l'égard de l'amazigh
 
La politique linguistique d¶arabisation laisse peu de place à la berbérophonie, uneuphémisme pour signifier que la visibilité de la langue amazighe est quasimentnulle. Les Berbères, qui constituent au moins 40 % de la population marocaine,appuient le gouvernement dans sa politique de pragmatisme et de cohabitation
 
linguistique de l'arabe avec le français, mais l¶arabisation est un couteau à deuxtranchants, car elle se fait toujours aux dépens des Berbères. L¶ensemble dusystème administratif et politique marocain est largement dominé par la languearabe. Quant au système judiciaire, il est entièrement arabisé, notamment depuis undahir de 1965. Par ailleurs, dans le Préambule de la Constitution marocaine, iln'existe aucune trace de la berbérité marocaine :
Le Royaume du Maroc, État musulman souverain, dont la langue officielle est l'arabe,constitue une partie du Grand Maghreb Arabe. État africain, il s'assigne, en outre, commel'un de ses objectifs la réalisation de l'unité Africaine.
 
En ce sens, il ne faut pas se faire trop d'illusion sur l'implantation systématique duberbère (amazigh) au Maroc. Depuis quelques années, le discours politique acommencé à changer, car il est difficile pour le gouvernement d'ignorer totalementles 40 % de berbérophones du Maroc. Certains faits laissent croire que les Berbèresentendent bien ne pas laisser mourir leur langue. Cependant, les résistances desdirigeants marocains sont encore grandes à l'égard de l'amazigh et les préjugés,tenaces. C'est pourquoi la reconnaissance de ce que les autorités marocainesqualifient de dimension amazighe» demeure strictement conjoncturelle et tactique,notamment avant les périodes électorales, afin de calmer les revendicationsberbères et d'amorcer en douce de nouvelles tactiques d'arabisation.
5
.1 Les associations berbères
 
Les associations berbères se sont multipliées au Maroc et la langue berbère,totalement ignorée dans les dernières décennies, est de plus en plus utilisée dans lavie sociale. Ainsi, dans les zones berbérophones, les fonctionnaires marocains
 p
euvent 
± ce n¶est pas obligatoire ± communiquer en l¶une ou l¶autre des languesberbères, notamment en tachelhit, en tamazight ou en tarifit. Évidemment, lesassociations berbères ne dépendent pas de la politique gouvernementale, mais ellespeuvent influencer celle-ci par des moyens de pression. Au nombre de ces associations, mentionnons l'Association Tafsut (Agadir),l'Association recherche culturelle et éducative (Agadir), l'Association Douar Aourir (Agadir), l'Association Tiwitza tagadirt aabadu (Agadir), l'Association culturelle Azekka (Azilal), l'Association Tamesna (Casablanca), l'Association culturelle Souss(Casablanca), l'Association Tizi (El Hajeb), l'Assosiation Tidukla (El Jadida),l'Association Asafar (Errachidia), l'Association culturelle Asirem (Errachidia), etc.; il yen a des dizaines du genre. Beaucoup d'associations ont leur siège sociale enFrance: le Mouvement culturel Berbère-France, le Collectif culturel berbère,l'Annuaire berbère, Asaru, l'Union des femmes pour la culture berbère, Espacefranco-berbère de Creteil-Azul, Arbalou à la rencontre des Berbères de l'Atlas,l'Association des chrétiens originaires de Kabylie et leurs amis, la Fédération desassociations berbères, la Maison de Kabylie, le Mouvement culturel berbère,l'Association Tamazgha, l'Association berbère de Montréal, l'Associationsocioculturelle Le printemps amazigh», etc. Il existe également des associationsberbères dans d'autres pays.
5
.2 Le système d'éducation
 

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