Welcome to Scribd. Sign in or start your free trial to enjoy unlimited e-books, audiobooks & documents.Find out more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
1Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
J Gleizes La Croissance Verte Est

J Gleizes La Croissance Verte Est

Ratings: (0)|Views: 100|Likes:
Published by Jacob J Lumier
Crítica ao produtivismo do ponto de vista da ecologia política que subscrevo e recomendo.
Crítica ao produtivismo do ponto de vista da ecologia política que subscrevo e recomendo.

More info:

Published by: Jacob J Lumier on May 27, 2011
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

05/27/2011

pdf

text

original

 
La croissance verte est-elle possible ?
1
La persistance d'une crise, révélée en 1973 avec le premier choc pétrolier, la fin de taux decroissance élevés en Occident, l'intensification des crises écologiques, ont amené les politiques à compléter la croissance avec des épithètes : endogène, durable, soutenable, saine,sélective, verte... Cette diversité sémantique renvoie à des registres souvent éloignés destravaux des économistes, qui ont un objectif souvent performatif.
2
La croissance n'est plus unecondition suffisante pour résoudre à la fois la question sociale et la question écologique.Parmi ces expressions, la croissance verte est celle qui a le plus de succès mais n'est-elle pasun oxymore et sinon quelles conditions devrait-elle respecter pour être possible ?
De la croissance et des économistes.
Les premiers travaux sur la dynamique de la croissance de Domar (1942) et d'Harrod (1947)ont montré son instabilité intrinsèque. Elle n'assure pas automatiquement le plein emploi.Pour simplifier, la concomitance entre la dynamique de croissance de la population active, descapacités de production et celle des revenus est difficile. Par la suite, Solow a développé unmodèle canonique néo-classique (1956) qui a permis d'expliquer la croissance élevée destrente glorieuses, en faisant du capital, une variable flexible, à travers l'investissement.
3
Faceau ralentissement de la croissance, durant les années 80, Romer, Lucas, et Barro ontdéveloppé des modèles de croissance endogène pour expliciter les conditions nécessaires àcelle-ci, et expliquer les différences de niveau de croissance entre pays. Par exemple, si en1913 le PIB argentin était de 70 % supérieur à celui de l'Espagne, en 2000, c'était un rapportinversé de 50 %. Les écarts sont encore plus importants si nous comparons la Corée du Sud àun pays d'Afrique subsaharienne.La première crise pétrolière de 1973 a été souvent interprétée comme un choc extérieur, or lahausse brutale du prix du pétrole n'a fait que révéler une crise latente. La baisse de la productivité a commencé dès la fin des années 60 et le prix du pétrole était auparavant sous-évalué, comme de nombreuses autres ressources naturelles. Le club de Rome dans son rapportde 1972
« The limits to growth »
avait pourtant alerté sur les limites de notre modèle dedéveloppement. Hormis les prévisions démographiques, les autres résultats sont toujoursvalides 30 ans plus tard.
4
La crise financière de 2007 a aussi occulté la hausse des prix desmatières premières,
5
laquelle qui comme en 1973 n'a fait que révéler la crise intrinsèque denotre modèle.
6
Ces deux évènements devraient amener les économistes à revoir le concept decapital. Il est dépendant des ressources naturelles et de l'énergie nécessaire à sa production.D'autres auteurs utilisent le terme de croissance durable ou soutenable pour tenir compte de la
1
Je remercie Thomas Coutrot et Jean-Philippe Touffut pour les remarques judicieuses faites sur les premières versions de cetexte.
2
Les théories économiques ne visent pas seulement à expliquer le monde mais elles influencent également le comportementdes agents économiques, et notamment des décideurs politiques. La dimension performative et auto-réalisatrice des théorieséconomiques impliquent que leur diffusion peut modifier les anticipations des individus. Elles peuvent également permettreune meilleure compréhension de la réalité ce qui, inévitablement, induira de nouveaux comportements. Toutefois, ladimension performative nécessite que la théorie offre une description approximativement juste de la réalité (Callon etMuniesa, 2008).
3
L'investissement correspond à la variation du capital, des immobilisations.
4
Turner (2008).
5
Rousseau (2009).
6
Diagne et Gleizes (2008).
 
contrainte environnementale. En faisant cela, ils affaiblissent la notion originelle dedéveloppement soutenable (s
ustainable development 
), finie en 1987 dans le rapportBruntland, préparatoire au premier Sommet de la terre de Rio de 1992. Alors que ledéveloppement soutenable doit permettre l'équilibre entre la sphère économique, sociale etécologique, la croissance durable assure la prééminence de la sphère économique.La croissance est une notion quantitative, celle du PIB alors que le développement est unenotion qualitative, incluant la justice sociale, la qualité de la vie, le niveau d'égalité... Lacroissance soutenable ne tient compte que de l'aspect normatif du s
ustainable development 
,celui de pourvoir aux besoins d'aujourd'hui sans compromettre les possibilités des générationsfutures d'en faire autant. Tous les aspects qualitatifs sont négligés. Cette approche peutamener à des synthèses entre des modèles néo-classiques et d'économie écologique,
7
sansaborder la dimension politique et qualitative de ce type de croissance.
Sustainable
est un terme dont la traduction alimente une autre confusion entre la notion de
durabilité 
et celle de
 soutenabilité 
. La durabilité renvoie à la notion de prolongation d'unmodèle de croissance ou de développement alors que la soutenabilité renvoie à la capacité decharge d'un écosystème. La croissance durable de facto est un pléonasme.Avant d'aborder les liens entre sphère économique et écologique, nous pouvons rappeler quela croissance n'a pas permis de résoudre la question sociale. Le chômage a, par exemple, entre1975 et 2009, augmenté en France de 275 % alors que le PIB a plus que doublé sur la même période. Sans insister sur ce point, le principal argument avancé est de dire que la croissance aété insuffisante pour pouvoir continuer les conquêtes sociales des trente glorieuses etaujourd'hui pour les préserver, ou les élargir à l'ensemble de l'humanité.L'épithète le plus souvent utilisé est
vert 
et l'expression la plus courante, celle de
croissanceverte
. Il existe une sorte de fétichisme du mot croissance qui permet d'éviter certains débats defond quand cela ne permet pas de faire du greenwashing, de l'éco-blanchiment. Elle pose demanière générale un postulat de base, l'absence de contrainte sur le capital, soit parce que denouvelles ressources naturelles seront découvertes, soit parce que le progrès technique,scientifique permettra toujours de trouver des alternatives. Un postulat complémentaire estsouvent ajouté, celui que laisser faire le marché ou le conditionner faiblement par des mesuresincitatives, suffirait. La croissance verte apparaît alors être la solution miracle. Elle estdifficile à définir car elle est déclinée sous de nombreuses variantes. Parfois, on parle de NewGreen Deal. Dans sa forme la plus progressive, la logique générale est la suivante : Lesnombreux investissements qu'elle impliquerait, permettraient une nouvelle relance de typekeynésienne, de réduire les inégalités et de régler simultanément les crises écologiques. Nous allons détailler les différents défis que devraient affronter une croissance verte pour ne pas devenir un oxymore.
Le dérèglement climatique oblige à agir immédiatement et modifier notre modèle dedéveloppement.
L'économiste Nicholas Stern dans un rapport éponyme sur l’économie du changementclimatique, en 2006, est le premier économiste à mesurer l'impact d'une inaction politiquecontre le dérèglement climatique. À l'époque, il aurait suffit d'investir 1 % du PIB d'ici 2050 pour stabiliser dans l'atmosphère les gaz à effet de serre (GES) à 500-550 particules par 
7
Ayres et Warr (2004).
 
million (ppm) équivalent CO2
8
pour atténuer fortement les effets du changement climatiquesinon nous risquerions une récession jusqu'à 25 % du PIB mondial. Les bénéfices d’uneaction forte et rapide dépassent largement les coûts mais tout retard entraînera une hausse plusque proportionnelle de ceux-ci, à cause de l'irréversibilité de certains effets et de l'inertie des pnones thermodynamiques. Le quatrième rapport du GIEC (Groupe d’expertsintergouvernemental sur l’évolution du climat) de 2007 a montré que le niveau actuel du stock de GES dans l’atmosphère est d'environ 430 ppm, contre seulement 300 ppm avant lavolution industrielle. Ce niveau de concentration a d’ores et provoqunréchauffement de 0,7Celsius entre 1906 et 2005 et va entraîner un réchauffementsupplémentaire d’au moins un autre demi degré au cours des prochaines décennies.
9
L'échec de la négociation de Cancùn et les derniers résultats scientifiques rendent aujourd'huices hypothèses dépassées et nécessitent des politiques encore plus ambitieuses. Le dernier rapport du GIEC a clairement présenté les enjeux et réévalué l'impact des GES. Un niveau de550 ppm est déjà aujourd'hui trop risqué.
Les dernières statistiques sur les températures sontcatastrophiques. Le bulletin climatique mondial
de juin 2010, émis par le National ClimaticData Center, a montré que la température moyenne du premier semestre de 2010 a battu lerecord de la température moyenne globale combinée des océans et des continents, (0,68°C audessus de la moyenne centennale contre 0,66°C en 1998).Pour mieux comprendre l'enjeu, nous pouvons utiliser l'équation de Kaya ou de Ehrlich quimet en relation l'émission des gaz à effet de serre et leurs sources principales, l'intensité encarbone de notre modèle énergétique, l'intensité énergétique de notre modèle de croissance, larichesse moyenne par habitant et la population mondiale :émission de GES = intensité énergétique * intensité carbone * richesse par habitant * populationLa population mondiale devrait augmenter de 50 % par rapport à 2000 pour atteindre 9milliards d'habitants en 2050. Par ailleurs, le GIEC recommande une division par 3 des GES pour éviter un emballement climatique. Ces deux paramètres fixés, nous pouvons calculer lesobjectifs nécessaires de gains en intensité pour un niveau croissance donnée.Entre 2000 et 2010, malgré une croissance faible par habitant (0,24 % par an), les GES ontfortement augmenté (40 %), bien plus que la population (17 %) car il n'y a pas eud'amélioration de l'intensité carbone et énergétique.Pour 2050, l'effort à faire pour éviter un emballement climatique oblige nos économies àatteindre des niveaux de performances technologique record pour rattraper le retard pris audébut du XXIèmesiècle. Dans le cas où la richesse moyenne par habitant croîtrait de 2 % par an pour permettre une réduction des inégalités, il faudrait sur la même période réduire de 77% l'intensité en CO2de l'énergie produite et de 64 % l'intensité énergétique de la production.Si les gains ne se réalisent pas, nous entrons dans une ère incertaine de dérèglementsclimatiques qui entraîneront mécaniquement une baisse de la croissance, voir dans le pire descas de la population (sécheresses, inondations, maladies tropicales, guerres...). Or, aucunmodèle de croissance verte n'intègre ces objectifs macro-économiques et jusqu'à présent
8
Tous les GES sont transformés en équivalent CO2en fonction de leur impact sur l'effet de serre.
9
PNUE (2008).
10
PNUE (2008)
11
 
Statistique températuremondiale, premier semestre 2010, National limatic Data Center 

You're Reading a Free Preview

Download
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->