– chasseurs et bombardiers – et plus de 1.000 hélicoptères de combat ou de transport.L'armée de terre touchera un équipement renouvelé : transports de troupes, matériel deprotection radiologique, chimique et biologique dernier cri, armes ‘intelligentes’ et informa-tisées… De larges crédits seront accordés aux nouvelles technologies, notamment pour rattraper le retard dans les systèmes C4ISR. Le complexe militaro-spatial sera réorganiséet développé sur deux axes : la radionavigation et les systèmes d’alerte précoce
”.Le nombre de missiles et de charges nucléaires sera réduit d’un tiers d’ici 2016, dansle cadre des nouvelles négociations de désarmement. Mais 10 % du budget global dela réforme seront consacrés au perfectionnement de la force de frappe. Selon YouriSolomonov, constructeur en chef de l'Institut de technologie thermique de Moscou,“
d’ici à 2012, l’armée sera dotée du missile balistique Topol-M. Les forces stratégiques tou-cheront les nouveaux missiles RS-24 Yars, sans équivalents dans le monde. La marine, elle,recevra huit sous-marins nucléaires stratégiques de type Youri Dolgorouki, munis de douzemissiles Boulava et seize torpilles Tsakra (SS-N-15)
”.
Conséquences de la modernisation de l’armée russe
Comme ce fut le cas en France, cette modernisation militaire débouchera sur une ré-duction drastique des personnels. Plus de 200.000 officiers seront mis à la retraite d’icitrois ans, soit 61% du corps. Forte d’un million d’hommes, l’armée russe sera réduitede 17 %. Toutes armes confondues, les unités seront réduites de 75 %, l’armée de Terrepassant notamment de 1.890 unités à 172. Selon Serdioukov, le but est de disposer, surle modèle européen, de “
forces plus compactes, mobiles, mieux équipées, mieux articuléeset plus aptes aux opérations extérieures
”.Le choix des nouveaux matériels technologiques illustre aussi un changement d’étatd’esprit. En effet, aux yeux du pouvoir politique, il doit permettre de limiter les pertes,ce qui illustre l’attention inédite portée aux hommes dans la future Armée rouge. Med-vedev veut en effet encourager les carrières militaires et limiter le nombre de réfrac-taires à la conscription. Il entend, à cette fin, lutter contre la corruption endémique etla “
dedovchtchina”
: un système de veille permet dès à présent aux victimes de porterplainte et nombre de cadres ont déjà été limogés pour fraudes ou mauvais traitements.
Les partenariats en matière d’industrie militaire
Autre signe d’ouverture : des partenariats d’armement avec des pays étrangers semettent en place pour concrétiser les objectifs de la réforme de modernisation. Fin janvier, la France et la Russie ont ainsi signé un accord prévoyant la fabrication dequatre navires de type Mistral pour la marine russe, deux étant produits en Franceet deux en Russie. Le contrat butte toutefois encore sur des questions de transfertde technologies. Elles seront abordées en marge de la visite de Dmitri Medvedev enFrance, lors du sommet du G8 à Deauville, les 26 et 27 mai.Pour ses fantassins, la Russie se tourne aussi vers la France : elle négocie l'achat d’équi-pements FELIN (Fantassin à équipements et liaisons intégrés) du français Sagem DéfenseSécurité, “
capable d'assurer,
dixit Popovkine,
un haut niveau de combativité et de mobilitédu soldat
”. Un contrat a aussi été signé avec l'italien Iveco pour la fourniture de véhiculesblindés. L’Allemagne, quant à elle, fournira des blindages légers. D’autres contrats de-vraient voir le jour : la Russie cherche en effet des partenariats pour l’acquisition de fu-sils de précision, de drones et de divers équipements destinés à l’aviation.Dans la revue
DSI
(Hors-série n°17), l’analyse d’Alain de Neve, chercheur à l’Institutroyal supérieur de Défense de Bruxelles, laisse supposer qu’en matière d’industrie spa-tiale, les partenariats pourraient également se multiplier avec la Russie. “
Les activités spa-tiales furent longtemps perçues, en Russie
[post-soviétique]
, comme un luxe hors de portée.Le secteur n’eut alors d’autre choix que de se tourner vers l’établissement de coopérations in-ternationales ou la commercialisation de ses activités
”. Actuellement, les systèmes satellitairesd’observation et de reconnaissance militaire constituent l’un des talons d’Achille de laRussie, bien que Moscou injecte des crédits pour renouveler son parc de satellites.
Fondements géopolitiquesde la nouvelle doctrine militaire russe
La nouvelle Armée rouge doit être adaptée, selon le général Vladimir Popovkine,vice-ministre de la Défense, “
aux nouveaux enjeux mondiaux
”. Dans
DSI
, Joseph Hen-rotin, chargé de recherche au CAPRI (Centre d’analyse et de prévision des risquesinternationaux), note : “
S’étendant jusqu’à 2020, la nouvelle doctrine militaire semblelaisser moins de place à la question nucléaire. Cependant, la doctrine nucléaire elle-mêmereste classifiée et a déjà suscité de nombreux commentaires
”. Nikolaï Patrouchev, se-crétaire du Conseil de Sécurité de la Fédération de Russie a en effet déclaré que“
Moscou est en droit d’effectuer des frappes nucléaires préventives
”. En ce sens, analyseHenrotin, “
le nucléaire reste perçu comme le bouclier permettant de continuer à préser-ver la Russie en attendant la reconstitution de forces classiques
”.La nouvelle doctrine militaire instaure également l’usage d’armes non létales commecelles permettant de mener des cyber-attaques, très tôt conceptualisées et parfaitement
“La modernisationmilitaire déboucherasur une réductiondrastique des personnels.Plus de 200.000 officiersseront mis à la retraited’ici trois ans, soit 61%du corps. Forte d’un milliond’hommes, l’armée russesera réduite de 17 %.”
CLES
- Comprendre Les Enjeux Stratégiques - Note d’analyse n°26 - avril 2011 - www.grenoble-em.com
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“Pour ses fantassins,la Russie négocie l'achat des équipements FELIN(Fantassin à équipementset liaisons intégrés)du Français Sagem capabled'assurer, un haut niveaude combativité et de mobilitédu soldat.”
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