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Impact de la crise politique sur le secteur agricole (INSTAT - 2002)

Impact de la crise politique sur le secteur agricole (INSTAT - 2002)

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Published by HayZara Madagascar
Depuis janvier 2002, Madagascar est entré dans une phase de crise politique qui a eu des répercussions tant sur la vie économique que sociale du pays. Quand la place de l’agriculture dans le quotidien de la large majorité de la population est aussi importante qu’à Madagascar et que la pauvreté qui sévit est tout autant un phénomène rural qu’agricole (Razafindravonona et al., 2001), les éventuels impacts sur le secteur agricole mérite largement l’attention.

Pour ce faire, nous nous sommes servis des données collectées sur 72 Communes dans les provinces d’Antananarivo, Fianarantsoa et Mahajanga pendant le mois de Juin par le Programme Ilo, en collaboration avec l’INSTAT et FOFIFA. Les fivondronana d’appartenance de ces Communes ont été choisis de manière à être représentatifs de leurs provinces respectives. La présente étude porte essentiellement sur les impacts de la crise politique sur les secteurs agricole et de l’élevage.
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INSTAT 2002
Depuis janvier 2002, Madagascar est entré dans une phase de crise politique qui a eu des répercussions tant sur la vie économique que sociale du pays. Quand la place de l’agriculture dans le quotidien de la large majorité de la population est aussi importante qu’à Madagascar et que la pauvreté qui sévit est tout autant un phénomène rural qu’agricole (Razafindravonona et al., 2001), les éventuels impacts sur le secteur agricole mérite largement l’attention.

Pour ce faire, nous nous sommes servis des données collectées sur 72 Communes dans les provinces d’Antananarivo, Fianarantsoa et Mahajanga pendant le mois de Juin par le Programme Ilo, en collaboration avec l’INSTAT et FOFIFA. Les fivondronana d’appartenance de ces Communes ont été choisis de manière à être représentatifs de leurs provinces respectives. La présente étude porte essentiellement sur les impacts de la crise politique sur les secteurs agricole et de l’élevage.
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INSTAT 2002

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PROGRAMME ILO CORNELL UNIVERSITY CRISE POLITIQUE POLICY BRIEF 
en collaboration avec INSTAT et FOFIFA
No. 7 Juillet 200
ETUDE DE L’IMPACT DE LA CRISE POLITIQUE SUR LE SECTEUR AGRICOLE
i
Introduction
Depuis janvier 2002, Madagascar est entré dans unephase de crise politique qui a eu des répercussionstant sur la vie économique que sociale du pays.Quand la place de l’agriculture dans le quotidien dela large majorité de la population est aussiimportante qu’à Madagascar et que la pauvreté quisévit est tout autant un phénomène rural qu’agricole(Razafindravonona et al., 2001), les éventuelsimpacts sur le secteur agricole mérite largementl’attention.Pour ce faire, nous nous sommes servis des donnéescollectées sur 72 Communes dans les provincesd’Antananarivo, Fianarantsoa et Mahajangapendant le mois de Juin par le Programme Ilo, encollaboration avec l’INSTAT et FOFIFA. Lesfivondronana d’appartenance de ces Communes ontété choisis de manière à être représentatifs de leursprovinces respectives. La présente étude porteessentiellement sur les impacts de la crise politiquesur les secteurs agricole et de l’élevage.Etant donné l’urgence de la situation, on a optépour l’obtention des données au niveau de chaqueCommune par l’intermédiaire d’un focus group –entretien de groupe réunissant tant des responsablescommunaux que divers acteurs sectoriels. Cetteprocédure présente l’avantage de réunir desdonnées ayant le consentement de la majorité dansun bref délai. L’inconvénient est le problème dequantification exacte.
1. Impact sur la production de cette année
 La production de cette année n’est pas affectée par la crise et ses impacts.
Comme le calendrier cultural était déjà entaméavant le début de la crise, le Tableau 1 nous montreque les rendements de cette année-ci sont environles mêmes que ceux de l’année dernière. Ceci est lecas dans les trois provinces enquêtées.
Tableau 1: Rendements de 2001 et 2002 (en kg/hectare) –perception des focus group
ProduitsAnnée 2001Année 2002
Riz25662433Mais18311857Patate douce55765616
2. Le revenu agricole et le revenu de l’élevage
Selon les estimations du focus group, le revenuagricole et le revenu de l’élevage ont diminué respectivement de 38% et 31% en comparaison del'année dernière.
Dans l’ensemble, le revenu agricole et le revenumonétaire de l’élevage ont diminué respectivementd’environ 38% et de 31% par rapport à leur niveaurespectif de l’année précédente (Tableau 2). Parmiles trois provinces, Mahajanga a le plus souffert carelle voit ses revenus agricole et d’élevage réduits demoitié. Avec un effet relativement moindre dans lesecteur élevage, la province de Fianarantsoaenregistre aussi une baisse considérable de sonrevenu agricole. Ceci est surtout problématiqueétant donné que Fianarantsoa est la province la pluspauvre de Madagascar (Razafindravonona et al.,2001). Le milieu rural de la provinced’Antananarivo a le moins souffert.
Tableau 2 : Perception du changement du revenu monétaireet des quantités commercialisées par rapport à l’année 2001(%)
Secteur agricoleSecteur élevageRevenuQuantitéRevenuQuantitéAntananarivo-12,9-07,9-14,2-06,7 Fianarantsoa-49,4-33,3-27,6-36,0Mahajanga-49,6-32,0-51,0-37,0
 Ensemble-37,6-24,5-31,2-26,8
Cette baisse générale est due à une combinaison defacteurs relatifs à la crise politique. Le manque decarburant pour le transport et la présence desbarrages anti-économiques ont conduit, enmoyenne, à une diminution du surplus commercialet un changement des prix appliqués auxproducteurs.
 2.1. Changements dans les quantités commercialisées
La baisse du revenu peut être imputée à la baisse dela quantité commercialisée par les producteurs encomparaison de l’année dernière. D’une part, enprévision de la période de soudure et du fait del’incertitude liée à l’issue de la crise politique, lespaysans ont préféré réduire la part de leurproduction destinée à la vente, pour assurer leursécurité alimentaire. D’autre part, l’écoulement des
 
produits s’est fait au compte-goutte à cause desbarrages anti-économiques, de la pénurie decarburant et du manque de collecteurs. D’un autrecôté, on voit des Communes où lacommercialisation augmente afin de financerl’achat des PPN pour lesquels les prix ont flambé.
Schéma 1 : La quantité commercialisée a diminué  parce que le nombre de collecteurs de produitsagricoles a diminué.
31% des focus-group des communes disent que lescollecteurs étaient rares l’année dernière (Tableau3). Ce pourcentage a augmenté à 76% cette année-ci. Deux faits ont spécialement contribué à ladiminution des collecteurs: le manque de carburantet la présence des barrages anti-économiques,associée aux coupures de ponts dans certainesprovinces.Le tableau 3 montre qu’à mesure qu’on s’éloignedes capitales de provinces, principaux centres deconsommation, la raréfaction des collecteursdevient plus problématique tant pour le secteuragricole que pour le secteur élevage. De ce fait pourles régions éloignés des centres urbains deconsommation, 42% de la récolte de riz seulement aété exportée hors des limites communales cetteannée contrairement aux 56% de la production pour2001.
1
Tableau 3 : Fréquence des collecteurs dans le secteuragricole : pourcentage de réponses « collecteurs fréquents »et « collecteurs rares » (%)
Année 2001Depuis la criseFré-quentsRaresFré-quentsRaresPar distance à la capitale de provinceProche37,745,820,862,5Moyenne62,533,308,391,7Grande83,312,520,875,0
 Ensemble61,130,616,776,4
Par provinceAntananarivo45,845,825,070,8Fianarantsoa79,112,520,866,7Mahajanga58,333,304,291,7
 Ensemble61,130,616,776,4
Schéma 2 : La quantité commercialisée a diminué  parce que l’incertitude face au futur s’est accrue pour les paysans.
 
1
 
A l'extrême nord de la province de Mahajanga, dans leFivondronana de Bealanana, le riz part traditionnellement vers lacapitale. A cause du barrage au niveau de Maevatanana qui abloqué tout approvisionnement d’Antananarivo, aucun collecteurn'est venu pour acheter du riz. Ainsi, les revenus agricoles ontbaissé de 75 à 50% face à une baisse de la quantitécommercialisée de 75%.
 
Pour les Communes où la récolte du riza déjà été achevée au moment de la visite des enquêteurs, 10%de la production seulement ont pu être exportés hors des limitescommunales comparé à un taux de 60 à 90% pour l'annéedernière.
Le Tableau 4 nous renseigne sur le fait que lesrégions "dépendantes" se sont plus prémuniescontre les risques. En effet, la part de leurproduction rizicole qu'elles ont exportée cette annéea enregistré une baisse de 9 points de pourcentagepar rapport à 2001. La commercialisation desproduits a aussi diminué de 28%. Parallèlement, lesCommunes "autosuffisantes", quoique présentant lemême type de scénario, ont enregistré des taux deplus faible ampleur : exportation de riz de 53% à49% et baisse de la quantité commercialisée de18% par rapport à 2001.
Tableau 4 : Exportation de riz en dehors de chaqueCommune et commercialisation agricole par les paysans
Pourcentage de laproduction de rizexporté en dehors dela Commune (%)Quantité com-mercialisée parrapport à 2001pour2001pour2002(%)Antananarivo2622-10Fianarantsoa4033-42Mahajanga3923-37Régionsimportatricesde riz ensoudure
 Ensemble3425-28
Antananarivo4743
+05
Fianarantsoa5453-20Mahajanga5646-25Régions nonimportatricesde riz ensoudure
 Ensemble5349-18
 Ensemble des 3 provinces
 3932-24
Schéma 3 : La quantité commercialisée a augmenté dans certaines régions à cause du besoinadditionnel en liquidités pour les paysans dû aux prix plus élevés des PPN.
Toutefois certaines Communes rurales fontexception sur les schémas précédents : les paysansont augmenté la part de leur production agricolecommercialisée pour qu’ils puissent disposer desressources nécessaires à l'achat des PPN, dont lesprix ont flambé.De plus, le fait que le prix du paddy ait augmentépar rapport à l’année dernière dans la provinced’Antananarivo a favorisé la commercialisationdans certaines zones de production. Les régionsconcernées sont celles éloignées de la villed’Antananarivo. En ne considérant que ces régions,les revenus agricoles ont augmenté par rapport àl'année dernière.
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Par exemple, à Ankazobe, le revenu agricole a augmenté de31% et le surplus commercialisé de 25%. Pour Soavinandriana,la Commune d'Ampefy – producteur de haricot – a marqué unehausse de 10% du revenu agricole et de 15% de la quantité deproduction agricole vendue.
 
D’autre part, dans ces régions, le nombre decollecteurs n’a diminué que dans de rares cas ; engénéral, les paysans ont pu vendre leurs productionscar à défaut de la situation de quasi-monopole desgrands collecteurs habituels, le nombre de petitscollecteurs a apparemment augmenté. L’effet àterme de cette stratégie de commercialisation seral’arrivée précoce de la période de soudure parrapport aux autres années.
 2.2. Changements des prix
Comparé à 2001, les prix ont enregistré une baissesubstantielle quoique variable selon les provinces.
Le niveau plus bas des prix appliqués au producteura entraîné la baisse des revenus agricoles. Ainsipour plus de la moitié des Communes visitées, lasituation du prix au producteur est devenu‘problématique’ depuis le début de la crise politique(Tableau 5).
Tableau 5 : Pourcentage des Communes où prix des produitsagricoles aux producteurs problématiques (en baisse) depuisla crise (%)
Secteur agricoleSecteur élevageAntananarivo41,608,3Fianarantsoa87,575,0Mahajanga58,050,0
 Ensemble62,543,2
Quant au riz, la figure 1 montre que le prix dupaddy a diminué de 20% comparé à la mêmepériode de l’année dernière. La provinced’Antananarivo semble la moins touchéeconcernant les prix. En effet les zones ruralesd’Antananarivo ont enregistré une hausse du prixdu paddy de l’ordre de 22% cette année par rapportà 2001. Les provinces de Fianarantsoa etMahajanga ont plus souffert de cette baisse des prixcar l’exportation vers la capitale a été réduite demanière drastique, voire rendue impossible. Lesrares collecteurs qui sont arrivés sur place ont doncfixé les prix à un niveau assez bas.Pour le secteur élevage, on a relevé une situationproblématique pour les prix des produits d’élevagedans 8% des Communes en 2001. Ce pourcentage aaugmenté à 62% depuis la crise politique pour lesmêmes raisons que dans le secteur de l’agriculture.
3. Impact sur la main d’œuvre agricole
La réduction de la mobilité des personnes et ladiminution du revenu agricole ont aussi perturbé lemarché de travail agricole. Il est estimé que lerecours à la main-d’œuvre agricole salariée a baisséd’environ un quart par rapport à son niveau de 2001(Tableau 6). La province de Mahajanga subit laplus forte baisse, comme elle est celle aussi où labaisse des revenus monétaires agricoles est la plusmarquée. La province d’Antananarivo a connu labaisse la plus faible.
Tableau 6 : Perception du changement dans l’utilisation dela main-d’œuvre agricole salariée entre 2001 et 2002 (%)
Taux de croissance (%)Antananarivo-09,8Fianarantsoa-23,5Mahajanga-37,0
 Ensemble-23,2
 3.1. Changement de l’utilisation
Figure 1: Prix de paddy en milieu rural050010001500200025003000Avril/Mai 01Juillet/Sept. 01Oct/Dec 01Jan/Mars 02Avril/Mai 02Juin 02
   F  m  g   (   1   k  g   d  e  p  a  y  y  q  u  a   l   i   t  e   C   2   )
AntananarivoFianarantsoaMahajangaTotal

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