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Interview de Nezzar Par SAS

Interview de Nezzar Par SAS

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Published by adel514
Interview du général Khaled Nezzar par Sid-Ahmed Semiane au sujet de Chadli, octobre 88, le FIS, le terrorisme, etc.
Interview du général Khaled Nezzar par Sid-Ahmed Semiane au sujet de Chadli, octobre 88, le FIS, le terrorisme, etc.

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12/30/2012

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KHALED NEZZAR 
NOUS NE SAVIONS PAS
Entretien réalisé par Ahmed SEMIANE, Octobre: Ils parlent, Alger 1998
 En 1988 le général major Khaled Nezzar est chef du Commandement terrestre. Il est chargé  par Chadli de rétablir l'ordre sous l'état de siège. Khaled Nezzar sera chef d'état-major del'Armée, ministre de la Défense et membre du Haut comité d'Etat (HCE).
Vous dites qu'avant de parler d'octobre, il est nécessaire, en fait, de remonter plus loindans le temps
Oui, tout à fait. Je pense que nos maux, disons les périodes douloureuses que nous avonstraversées, Il faut aller les chercher très loin dans l'histoire Bien avant octobre 88Je ne remonterai pas jusqu'à la Révolution, même si nos maux viennent de là en fait
On peut même aller plus loin encore et remonter sans trop de difficultés jusqu'auMouvement national
?Bien sûr, on peut aller très loin, jusqu'au Mouvement national mais je me contenterai de m'arrêter simplement à la mort du président BoumedieneBoumediene, qui fut un grand homme dans pas mal de domaines, a quand même commisquelques erreurs comme tout être humain.Et je pense que la plus grave erreur stratégique qui nous a amenés à l'avènement de Chadli esttout simplement le vide qu'a laissé Boumediene après sa mort.Il est vrai qu'il est mort subitement. Il est vrai aussi qu'il se préparait à prendre certainesdécisions qu'il n'a pu prendre. Sa mort qui fut donc subite ne lui a pas permis de laisser deremplaçant.Et à l'époque le vide a été comblé comme on le sait. La situation était tellement grave qu'il fallaità tout prix parer au plus pressé en désignant quelqu'un à sa place.On pouvait soit puiser dans le bureau politique soit ailleurs Et un choix a été fait Chadli. Maismalheureusement ce n'était pas le meilleur.
Sur quels critères finalement s'est effectué ce choix
?Alors là, je ne sais pas si vous avez lu le livre
la Nomenklatura!
On y explique très bien le phénomène, le livre explique en fait comment, au sommet, on arrive à désigner les responsables.Et le livre le décrit très bien. Au niveau du sommet, les responsables désignent toujours celuiqu'on peut facilement manipuler. On ne se désigne pas soi-même, on ne va jamais directement aufeu. On désigne quelqu'un d'autre. C'est toujours ainsi que cela se passe, dans tous les pays desystème unique, de parti unique.
En fait, on choisit le moins brillant
?Le moins brillant, le plus malléable, Oui Et à la mort de Boumediene, les quelques jours qui l'ontsuivie, et même avant, on s'est tout de suite penché sur cette question Des gens se sont penchéssur ce problème. Et des noms ont été avancés. Et finalement on s'est arrêté sur Chadli.
 
Alors que Chadli, à l'époque, n'était pas une figure très connue
?Il avait une responsabilité de chef de Région et il était sur le point de partir...
En retraite
?Pas en retraite, non. Mais avec ce que préparait Boumediene, la restructuration qu'il voulaitentamer, Boumediene voulait créer un bureau politique où seraient rassemblés tous ces anciens.Chadli devait rejoindre ce bureau politique Ce n'était pas quelque chose de très connu à l'époquemais en ce qui me concerne, Chadli lui-même m'en avait parlé en me disant qu'il était partantPourquoi ?Parce que Boumediene voulait un peu élaguer, ayant des projets concernant l'armée, il voulaitintégrer d'autres personnes, certaines compétences au niveau des commandements, et c'est pour cela d'ailleurs que certains officiers devaient quitter l'ANP. Entre autres Chadli, pour rejoindre le bureau politique.
Concernant le bureau politique, là aussi, apparemment, les choix se faisaient, un peucomme l'explique le livre La Nomenklatura auquel vous faisiez référence tout à l'heure,c'est-à-dire qu'on optait en somme, toujours, pour les moins brillants
?En ce qui concerne Boumediene, il faut savoir une chose, son objectif c'était quoi'? C'était ledéveloppement du pays. Donc, ce n'était ni l'armée ni le parti.Pour lui, l'armée avait le temps de s'organiser et j'ai eu l'occasion de l'entendre, à l'époque, alorsque nous n'avions même pas de commandement, l'armée était administrée, mais non commandée.Je me souviens, il nous avait dit, alors qu'on lui posait les problèmes de commandements. "J'aifait une expérience, je ne veux pas en faire une deuxième. Vous avez le temps, instruisez-vous,formez-vous et le jour viendra, lorsqu'il faudra emmener de la ferraille, ça ne posera aucun problème. Je vous ai réglé les problèmes de bon voisinage..." mais, malheureusement, l'affaire duSahara occidental a éclaté tout de suite après. Donc deuxième erreur stratégique de Boumediene.On peut dire, peut-être, que dans sa vie il n'y eut que deux erreurs. Je ne m'attarderai pas sur certain détails, certaines autres considérations sur lesquelles je ne pourrai pas apporter un pointde vue, telle la révolution agraire, je ne peux pas parler de tout cela. Mais je peux parler dechoses auxquelles j'ai été confronté et que je connais très bien.J'ai parlé de deux erreurs stratégiques tout à l'heure. La première, sa mort qui a laissé un videimmense alors qu'il n'avait préparé personne pour le remplacer, et la deuxième, commise avant,est la restructuration de l'armée qu'il n'estimait pas très urgente.Pour lui, et il l'expliquait en disant que l'objectif était le décollage économique. Personnellement j'adhérais à ce point de vue. Donc, s'agissant de l'armée, du parti, c'était pour lui quelque chosede secondaire comme je vous l'ai déjà dit.En prenant la décision d'emmener des gens comme Chadli au niveau du bureau politique, ilsavait, lui, au fond de lui-même, que ce n'étaient pas là des compétences qui pouvaientréellement assumer des postes de responsabilité dans le pays.Je crois qu'il s'apprêtait aussi à installer des jeunes cadres au plus haut niveau de la hiérarchiemilitaire en mettant, toujours, certains anciens au niveau du parti. Mais le plus urgent, l'essentiel pour lui, fut l'industrialisation.Boumediene avait aussi un rôle politique important qui était régional, mais également mondialOn sait que certains chefs d'Etat des pays en voie de développement venaient demander conseil àBoumediene avant de se déplacer.
 
Tito, Castro
?Oui, mais aussi les chefs d'Etat de pays africains, de pays arabes. Boumediene était très connu pour ses prises de position, surtout en ce qui concerne le Sud et le Nord.C'est donc ce vide qui a provoqué l'avènement de Chadli. Disons que l'arrivée de Chadli atotalement renversé la hiérarchie des valeurs qui existaient au temps de Boumediene.Boumediene avait des idées pour ce qui est de l'armée, de l'avenir...
En somme qu'on soit d'accord ou pas, vous estimez que Boumediene avait réellement unevision de société?
Oui il avait une vision de société à lui. Malheureusement il est peut-être parti un peu trop vite etn'a laissé personne pour le remplacer. D'ailleurs même Chadli ne voulait pas de cetteresponsabilité.
Donc, vous confirmez que Chadli ne voulait pas du Pouvoir
?Oui. Personnellement, comme j'ai travaillé avec lui, des amis sont venus me voir pour me direque Chadli ne voulait pas accepter c'est un pas en avant deux en arrière, il hésite, toi qui astravaillé avec lui, toi qui étais son adjoint, essaye de le convaincre. N'étant pas convaincu moi-même, je ne l'ai pas fait. J'ai tenté d'expliquer que Chadli pouvait à la rigueur servir dans l'arméemais pas en tant que président de la République. L'armée avait peut-être besoin de quelqu'un de plus ou moins sage, mais en tant que président! Personnellement je ne le voyais pas. C'est pourquoi je ne l'ai pas fait D'autres personnes se sont chargées de le faire, celles qui avaient desintérêts bien sûr. Celles-là ont réussi à le convaincre.
Mais quelle était la nature de ces intérêts
?Tirer les ficelles
Ceux qui avaient opté pour ce choix, leurs ambitions se limitaient-elles à des ambitions depouvoir seulement ou au contraire, étaient-elles autres
?Aucune autre ambition sinon le pouvoir et ce qui va avec. Quelle pourrait être cette autreambition! Mettre quelqu'un à la présidence alors qu'il n'avait pas les capacités nécessaires pour être président? L'ambition ne pouvait être autre que celle-là! Et ceux qui l'ont mis à la tête del'Etat n'étaient pas des gens de sa catégorie. C'étaient des hommes bien-pensants, instruits,comme feu Merbah, qui eut à jouer le rôle primordial, Belloucif, Benyellès et bien sûr desmembres du bureau politique tel Belhouchet, surtout.Ils ont tout mené, tout fait. Bon, il y en avait pas mal d'autres qui ne sont pas nécessairement ducercle de l'armée mais d'ailleurs et qui avaient, eux aussi, des ambitions de pouvoir. Enfin ce sontlà les principaux intérêts. Voilà donc comment Chadli est arrivé au pouvoir. Son avènement atotalement bouleversé l'échelle de la hiérarchie que Boumediene partant de son expérienceacquise pendant la Révolution avait établie en sa qualité de chef d'état-major. Mais après sa mort,tout le monde pouvait prétendre à n'importe quoi à partir du moment où on avait désignén'importe qui. Cet opportunisme s'est manifesté même au sein de l'armée.
L'arrivée de Chadli a donc perturbé le fonctionnement de l'institution militaire
?Totalement. Quand un Mustapha Belloucif "paranoide" se retrouve secrétaire général alors qu'iln'avait connu de l'ALN que le secrétariat et que Boumediene l'avait exclu de son cercle, c'est une

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