Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Look up keyword
Like this
2Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Les livres, Rosanvallon et la Russie

Les livres, Rosanvallon et la Russie

Ratings: (0)|Views: 41 |Likes:
Published by MK7
Présentation des livres de la semaine.
Présentation des livres de la semaine.

More info:

Published by: MK7 on Sep 20, 2008
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

01/12/2013

pdf

text

original

 
0123>
 Vendredi 19 septembre 2008
7
e s s a i s
/
 A 
lors que l’on célèbre le150
e
anniversairedelanais-sance d’Emile Durkheim(1858-1917),l’œuvredusociologuecontinuedesusciterdesinterpréta-tions contradictoires. Durkheimtoujoursvivant ?Laquestionpour-raitprêter àsourire,à proposd’unauteur avant tout considéré com-melevénérableancêtredelasocio-logie,le«pèrefondateur»deladis-cipline, un statut qui suscite plussouvent de la déférence scolairequedegrandsdébatsd’idées.Laparutiondel’ouvragedesyn-thèse dirigé par Bernard Valade
 Durkheim.L’institutionde la socio-logie
,permetdefaireunpointsurlaréceptioninternationaledecet-te œuvre. Cette réception s’estlongtemps présentée sous la for-me d’un diptyque. Sur le premierpanneau, c’est l’auteur des
Règlesde la méthode sociologique
(1895)et du
Suicide
(1897) que l’on dis-tingue : un rationaliste exigeant,désireux de
« traiter les faits sociauxcommedeschoses »
.Luifai-sant face, cette affirmation, répé-téedepuis
 Deladivisiondutravai social 
(1893) : une société se doitd’assurer l’intégration de sesmembresàdesgroupesetlarégu-lation de leurs désirs. Ainsi lasociologie se trouvait-elle définieà la fois comme une science desinstitutions et une science de lamorale.C’estpourtantautourdel’inter-prétation d’un autre livre classi-que,
Les Formes élémentaires de lavie religieuse
, que se structureaujourd’hui le débat durkhei-mien. Consacré en 1912 aux ritesetauxmythesdesaborigènesaus-traliens, l’ouvrage est réédité ces jours-ci. Longtemps considéré,pour reprendre les termes deChristianBaudelotetRogerEsta- blet, comme un de ces
« splendi-des monuments, irrémédiablement datés,situés,morts »
quijalonnentl’œuvredeDurkheim,celivrepro- voquemaintenantunregaind’in-térêt. Durkheim y apparaît eneffet commeun sociologue atten-tif à l’expérience du sacré et auxrites (religieux ou laïcs, commeles fêtes…) auxquels participentles individus, autant qu’à leurobéissance à la règle. A la fin desannées 1960, Erving Goffman,célèbrefiguredel’écoledeChica-go, avait déjà souligné cet aspectdel’héritagedurkheimien.Ilypui-saitpourobserverla
« miseenscè-ne »
de la vie quotidienne : lesrègles de politesse, par exemple,lui apparaissaient comme desrites de « réparation » permet-tant aux individus de
« sauver la face »
.Plusrécemment,auxEtats-Unis, plusieurs études ont insistésur cette dimension. Elles dessi-nent les traits d’un
« nouveau Durkheim »
pour lequel
« l’effer-vescence »
rituelle est tout aussinécessaire à la cohésion socialequelerespectdesnormes.Etonnant retour à l’origine,quandonsaitquec’estjustementen anglais que Durkheim, repre-nant les termes des observateurs britanniques, décrivait, presquehorrifié,lesscènesdedébaucheetd’effervescence sauvage (
« of thewildest excitement »
) auxquellesdonnait lieu le
corrobori 
austra-lien : lors de ces fêtes saisonniè-res,lesaborigènesfaisaientl’expé-rience des forces supérieures quilesentouraient.Derrièrecesacré,Durkheim ne décela rien moinsquelasociétéelle-même.L’ouvrage collectif dirigé parBernardValadeillustrebienlecli- vage entre ces deux lectures del’œuvre durkheimienne. Ainsi lesociologue Raymond Boudoncommente la thèse du
« nouveau Durkheim »
et lui oppose celled’un
« vrai »
Durkheim, rationa-listeetméthodologue.Icisedessi-ne donc en creux la distance quisépare désormais les étudesdurkheimiennesenFranceetauxEtats-Unis.
a
GillesBastin
 Signalonsaussilarééditionde
LaProhibi-tiondel’incesteetsesorigines
(Petitebiblio-thèquePayot,141 p.,7,5 ¤)
.
« Nouveau » contre « vrai » Durkheim ?
Regards transatlantiques sur le fondateur de la sociologie
«C’estdésormaissouslesappa-rencesd’affablescommunicants,habilesmetteursenscèned’uneproximitécalculée,quepeuventrenaîtred’anciennesetterriblesfiguresduretournementdeladémocratiecontreelle-même.Eneffet,jamaislafrontièren’aétéaussiténueentrelesformesd’undéveloppementpositifdel’idéaldémocratiqueetlesconditionsdesondévoiement.C’estlàoùlesattentesdescitoyenssontlesplusfortesquelesconduitespoliticien-nespeuventdorénavantêtrelesplusgrossièrementdévorantes.D’oùl’impérieusenécessitédeconstituerlaquestionenobjetper-manentdedébatpublic.Faire vivreladémocratieimpliqueplusquejamaisdeporterunregardconstammentlucidesurlescondi-tionsdesamanipulationetlesrai-sonsdesoninaccomplissement. »
L
’idée que les démocratiessontencrise,depuislachu-te du Mur de Berlin, estomniprésente et susciteunintensedébat:est-celefaitdelacriseéconomique,del’impuissan-ce des politiques ou encore d’unindividualismeforcenéquidétrui-raitleliensocial ?L’originalitédutravail de Pierre Rosanvallon estde proposer des clefs d’analysepour comprendre les récentestransformationsdeladémocratie.Dans
La Contre-démocratie
(Seuil, 2006), l’historien avaitdécrypté une double tendance :d’uncôté,l’expansiond’uneactivi-dite
« contre-démocratique »
(contrôle, surveillance, pres-sion…) de citoyens moins passifsqu’on ne le dit ; mais aussi, del’autre, la fragilisation inquiétan-te de la politique institutionnali-sée, marquée par une certainedésaffectionélectorale.D’oùleris-que d’une
« impolitique »
: le
« citoyen-surveillant »
tendrait àéclipser le
« citoyen-électeur »
.Pour comprendre cette tension,Rosanvallon rappelle aujour-d’hui,dans
 LaLégitimitédémocra-tique
,lafausseévidenceduprinci-pe« majoritaire ».En théorie, en effet, tout sem- ble simple : la légitimité du pou- voir démocratique découle de la volontélibrementexpriméeparlepeuple. Pourtant, on sait que, enfait, cette volonté n’est jamais« générale » : la majorité n’estqu’une fraction, même dominan-te, du peuple. A l’époque où s’im-pose le suffrage universel, le pro- blème est esquivé. Mais, dès lesannées 1880, ce modèle vacille :en France ou aux Etats-Unis, les vertusduvotenevontplusdesoi.L’antiparlementarisme,ladénon-ciation des partis, la critique duclientélisme marquent une crisedelalégitimitéélectorale.Rosanvallon montre commentces difficultés ont conduit lesdémocraties à mettre en place un
« systèmededoublelégitimité »
:sil’élection reste le principe clé, onassiste, depuis la fin du XIX
e
siè-cle, à la montée en puissance del’administration publique. Lacréationduservicepublicàlafran-çaise et l’élaboration d’une admi-nistration rationnelle aux Etats-Unis sont aussi des réponses auxdéfaillancesdelalégitimitéélecto-rale. Alors que l’administrationavait été conçue comme dépen-dante du politique, les scandalesde corruption et de népotismeconduisent à lui conférer la tâchede garantir, à sa façon, la quêteimpartiale et désintéressée du« biencommun ».Mais, dans les années 1980, lesystème entre en crise. Celle-ciseraitliéeàl’évolutiondel’écono-mieetdelasociétéversunmodèleplus« individualisé ».Larhétori-que néolibérale aurait en outrecontribué à miner l’idée que lepouvoir administratif incarneraitl’intérêt général, tandis que descitoyens mieux éduqués deve-naient plus critiques. A quois’ajoute une
« désacralisation del’élection »
:l’idéedupeupleenest venue à désigner l’addition desituations de « minorité », liéesauxsouffrancesd’un
« peupleinvi- sible »
marquéparlaprécarité.La thèse de Rosanvallon estque ces difficultés ont imposé lanaissance de trois nouvelles for-mesde légitimité, dontilproposeune conceptualisation novatrice.Chacune est porteuse d’avancéesdémocratiques,maisaussideper- versions.Ellesvisencorrigerleslimitesdeladémocratieélectoraleafin de mieux prendre en comptelatotalitédescitoyens,etnonàbri-derlepouvoirdémocratique.
« Impartialitéradicale »
 Ainsi,cequeRosanvallonnom-me la
« légitimité d’impartialité »
s’incarnedansles« autoritésindé-pendantes ».Parexemple,laCom-mission nationale de l’informati-que et des libertés (CNIL) appa-raîten1978suiteàl’émotionsusci-téeparleprojetdugouvernementd’attribuer un numéro d’identitéàchaquecitoyenetd’interconnec-ter sur cette base tous les fichiersde l’administration. Sur ces cas-là,Rosanvallonsoutientquel’im-partialitérépond bien à une aspi-ration démocratique : la vocationdes autorités indépendantes estdecréerune
« sociétéd’impartiali-té radicale »
.Lemeilleurexemplerécentenest laHauteAutoritédeluttecontrelesdiscriminationsetpourl’égalité(Halde).Demême,Rosanvallonexploreles promesses de la
« légitimité deréflexivité »
, qui consiste en desmécanismes correcteurs et com-pensateursdeladémocratieélecto-rale. Ainsi, les institutions vouéesau contrôle de constitutionnalitéontunsensdémocratique:enréac-tivantla
« mémoirecollective »
desdroitset desprincipesfondamen-taux, les Cours constitutionnellesrappellent au pouvoir issu desurnesquelesouverainneselimitepas à son expression majoritaire.Mais la
« réflexivité »
passe aussipar les mouvements sociaux, lessciences sociales, ou les théoriesdeladémocratie…Enfin,la
« légitimitédeproximi-té »
éclaire le lien de confiancequelepouvoirdoittisseravecdescitoyenssoucieuxdedignietdereconnaissance : la
« police de proximité »
enestunexemple.Cet-teattentionauconcretetàladiver-sité des situations peut participerd’unequêtedelégitimitédémocra-tique ; elle répond aussi à l’idéequ’aucun citoyen ne doit êtreoublié, que la démocratie nes’épuise pas dans l’élection. Maisla proximité a aussi ses perver-sions,dontla« pipolisation »despolitiquesestlecaslepluscarica-tural.Surce dossier,Rosanvallonoffrederichesaperçustirésdel’ac-tualité, sans toutefois retracer lagenèsedesévolutionsrécentesenmatièredecommunicationpoliti-que, notamment sous l’influenceduNewLabourdeTonyBlair.Rien n’est donc joué, prévientRosanvallon, dans ces nouvellesformesdelégitimité.A sesyeux,ilseraitdésastreuxquelacomplexifi-cation et le
« décentrement »
salu-tairesdesdémocratiesdécrédibili-sentlapolitiquecommeconfronta-tionélectoraledesprogrammesetdes valeurs. Car l’urgent est biende
« repolitiser »
nosdémocraties:lesnouvelleslégitimitésnetrouve-ront leur pleine portée émancipa-trice pour la communauté politi-que que dans ce cadre. Là résidel’intérêtdel’approchedeRosanval-lon : contre une vision restrictivequ’ilrejettesouslenomde
« libéra-lisme frileux »
, il souligne que lasortie du malaise démocratiquepasseaussiparlaréhabilitationde vraisclivagespolitiques.
a
SergeAudier
 
Éditions de l’Olivier
Peut-être unehistoire d’amourMartinPage
roman
Rencontre avec...
Jacques
VILLEGLÉ
à l’occasion de l’exposition :
« Jacques VILLEGLÉ Une comédie urbaine »
Samedi 20 septembre 2008
à partir de 17h00
Métro : Hôtel de Ville,Châtelet, Rambuteau,
KILLOFFER 
Sortir du désenchantement démocratique
Pierre Rosanvallon explore les nouvelles figures de la légitimité politique
Durkheim.L’institutionde la sociologie
dirigéparBernardValade
PUF,« Débatsphilosophiques »,176p.,12 ¤.
LesFormesélémentairesde la viereligieuse
d’EmileDurkheim
NouvellepréfacedeJean-PaulWillaime,PUF,« Quadrige »,648 p.,16 ¤.
LaLégitimitédémocratiqueImpartialité,réflexivité,proximité
dePierreRosanvallon
Seuil,« Leslivresdunouveaumonde »,368p.,21¤.
Extrait
« La Légitimitédémocratique » (page 316)

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->