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L’objet mystérieux
Capone Julien
 
Ça y est, la voilà prête. Le grand jour est arrivé. Eva va enfin voir ce Baptiste avec qui ellediscute tant sur Internet et qu’elle n’a toujours pas rencontré.Voilà 6 mois qu’ils se connaissent et aucun des deux n’avait eu la présence d’esprit deproposer une rencontre dans le monde réel.On pourrait croire qu’il y ai des milliers de kilomètres qui les sépare alors que finalement, ilne s’agit que de quelques arrondissements. La ville de Paris est-elle devenue si grande quemême le changement d’arrondissement reste un voyage long et périlleux ?C’est vrai, il faut l’avouer, Baptiste a fait le premier pas, sans vraiment le savoir, pour proposer cette rencontre. C’était un soir de fin juin qu’il avait lancé les agréables hostilités.Ce doux monstre au cœur tendre avait dit à Eva qu’il allait lui offrir quelque chose lors de leur première entrevue. Curieuse au plus haut point, elle avait essayé toutes les manièrespossibles et imaginables pour découvrir ce que ça allait être. La seule piste qu’il lui avaitdonné fut un texto avec marqué :«L’objet possède obligatoirement une des trois couleurs du drapeau du Pays Basque et uneautre couleur dans les deux autres. Cependant, on ne peut jamais avoir les trois en mêmetemps ».Ce cruel Baptiste aime jouer avec la curiosité de la douce demoiselle.Malgré les nombreuses propositions d’objets potentiels qu’elle lui avait soumise, aucune nes’est révélée vraie.Ne tenant plus et n’ayant plus d’idées, Eva proposa, à ce damoiseau, qu’ils se voient pour qu’il lui donne ce mystérieux objet.Après d’interminables et indénombrables discussions, il en était ressorti que l’endroit de leur rencontre serait sur les Champs Elysées, devant le Starbuck. Ensuite, ils iraient y boire unsucculent frappucino moka ou déguster un inoubliable cappuccino.Malgré ces 6 mois de discussions effrénés à parler de tout et de rien, il y avait une chosequ’ils ignoraient encore l’un l’autre : Leur passion commune pour les Starbuck.De plus, celui-ci était stratégiquement bien placé. Chacun avait le même temps de trajet jusqu’à leur point de rendez-vous.Eva qui habite non loin de la station de métro la Muette n’avait qu’à prendre le métro 9 endirection « Mairie de Montreuil » et descendre à l’arrêt Franklin-D Roosevelt.Pour Baptiste, le chemin était un tant soit peu plus compliqué et ce qu’il ne voulait pas,arriva : Prendre un métro à Opéra. Il a toujours su que cette station de métro continuerait àl’embêter jusqu’à ce qu’il craque et déménage.Si cette station l’enquiquine, ce n’est pas parce qu’aucun métro ne la dessert mais plutôt lecontraire. Il se devait d’être toujours très vigilant pour être sûr de prendre le bon métro et nepas prendre la ligne 7 au lieu de la 3 quand il voulait aller à la station République pour rejoindre son école d’arts appliqués où il étudie : l’Ecole Duperré.Dans le cas présent, pour voir la demoiselle, il faut qu’il prenne la ligne 3 puis la 9.
 
Il est 15h23 en ce doux jour du 4 juillet 2008.Ils devaient se rejoindre à 16h00 devant la galerie marchande où se situe leur Starbuck.Eva se regarde un dernière fois dans la glace près de la porte d’entrée de son appartement.Il n’y avait rien à redire, elle se plaisait et était intimement convaincu que Baptiste allait aussiaimer. Elle décrocha ses clés et partit en oubliant presque de fermer à clés… Son esprit étaitailleurs...Pour sa part, Baptiste retourna tout l’appartement de fond en comble . Il ne trouvait plus lesclés. Finalement, il les retrouva sur la porte d’entrée de son appartement. Son esprit semblaitaussi être ailleurs…Juste avant de partir, il eu tout de même la présence d’esprit de prendrel’objet fraichement acheté une petite heure auparavant dans un magasin non loin de chez lui.La voilà arrivée dans son métro. Ce n’est pas l’heure de pointe, elle avait réussi à trouver une place où s’assoir… Et elle se mit à réfléchir en patientant que le métro arrive à bon port.Elle réunissait, dans sa tête, toutes les informations qu’elle avait trouvé sur le drapeauBasque… Du rouge… du blanc… du vert… Rien ne lui venait si ce n’est des idées farfeluescomme par exemple une banane d’extérieure verte et rouge à l’intérieure.Cette demoiselle avait épuisé toute son imagination jusqu’au moment où elle leva la tête. Enface d’elle, un homme de la trentaine avec une belle demoiselle… elle tenait à la main droiteun objet qui correspondait aux minces indications donné par Baptiste quelques joursauparavant.C’est vrai, elle y avait pensé une petite seconde pendant sa recherche de l’objet mais nel’avait pas retenue, ni même dite…« Serait-ce donc ça ? » se dit-elle en esquissant un tendre sourire.Pendant ce temps, le trajet de Baptiste se passait bien aussi… Il contemplait le fameuxobjet… Et il réfléchissait aussi aux quelques mots qui accompagneraient la remise de cedernier.A ses yeux, cet objet était aussi précieux qu’un graal.« Tu es aussi jolie qu’elle… » dit-il en chuchotant, croyant se le dire intérieurement.Les gens autour ont tous affiché un large sourire après avoir entendu ces quelques mots queBaptiste avait chuchoté à cette chose verte et rouge.

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