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Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série: XI. Abū Ḥāmid al-Ghazālī & Fakhr al-Dīn al-Rāzī

Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série: XI. Abū Ḥāmid al-Ghazālī & Fakhr al-Dīn al-Rāzī

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Yahya Michot (Hartford, July 2011)
Yahya Michot (Hartford, July 2011)

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09/30/2014

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text

original

 
1
 
Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série
XI. Ab
ū
 
Ḥā
mid al-Ghaz
ā
l
 ī 
& Fakhr al-D
 ī 
n al-R
ā
z
 ī 
 
Conversation de théologiens
1
 
Neuf siècles ont passé depuis la mort du grand théologien et maîtresoufi persan Ab
ū
 
Ḥā
mid al-Ghaz
ā
l
 ī 
en 505/1111. De par le monde,plusieurs rencontres scientifiques honorent cette année sa mémoire.Cette nouvelle livraison de textes spirituels d’Ibn Taymiyya se veutune modeste contribution à l’hommage universel rendu au célèbre
 Ḥ 
ujjat al-Isl 
ā
m
.Ibn Taymiyya parle d’al-Ghaz
ā
l
 ī 
dans maints textes et n’hésite jamais à donner son avis sur ses idées comme sur celles des nombreuxautres penseurs musulmans, théologiens, soufis ou philosophes, qu’illit avec passion. Ayant une connaissance remarquablement étendue ducorpus ghaz
ā
lien, il ne se contente pas d’en citer littéralement plu-sieurs œuvres mais en commente parfois de longs extraits. Il estd’autant plus dommage qu’il soit souvent ignoré des études ghaz
ā
-liennes modernes que son information sur la pensée d’Ab
ū
 
Ḥā
mid, etla compréhension qu’il en a, sont de loin plus complexes que cellesdes principaux critiques de ce dernier parmi les
 fal 
ā
sifa
, Ibn
ufayl etAverroès
2
.Le premier passage traduit ci-dessous est tiré de la fin de la réfu-tation taymiyyenne des logiciens
(al-Radd ‘al 
ā
l-man
 ṭ 
iqiyy
ī 
n)
3
. Le
1
.
Détail de P. C
OSTE
,
 Architecture arabe, ou monuments du Kaire,mesurés et dessinés, de 1818 à 1826 
, Paris, Firmin Didot Frères etCompagnie, 1839, pl. XXIX.
2
.
Voir à ce sujet Y. M
ICHOT
,
 An Important Reader of al-Ghaz
ā
ī 
: Ibn Taymiyya
, in
Proceedings of the International al-Ghaz
ā
ī 
Sympo-sium
,
 Isparta, May 2011
, Isparta, Süleyman Demirel Üniversitesi,2011 (à paraître). On trouvera aussi des passages taymiyyens con-cernant al-Ghaz
ā
l
 ī 
dans plusieurs de mes traductions, notamment
 Musique
, p. 191-193, et
 Misled and Misleading… Yet Central in their Influence: Ibn Taymiyya’s Views on the Ikhw
ā
n al-
Ṣ 
af 
ā
, in N. E
L
-B
IZRI
 
(éd.),
The Ikhw
ā
n al-
Ṣ 
af 
ā
’ and their
Ras
ā
’il
. An Introduction
,Oxford, Oxford University Press, 2008, p. 139-179 – Versionlargement corrigée sur
www.muslimphilosophy.com
.
3
.
I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Al-Radd ‘al 
ā
l-man
 ṭ 
iqiyy
ī 
n (Refutation of the Logicians)
, éd. ‘A.
. Sh. al-D.
AL
-K
UTUB
Ī
, with an Introduction bysecond est extrait d’un long fatwa sur le credo des anciens etl’éminence des traditionnistes circulant aussi sous le titre de
Critiquede la logique (Naq
ḍ 
al-Man
 ṭ 
iq)
4
. Dans ces deux textes, Ibn Taymiyyaparle à fois d’al-Ghaz
ā
l
 ī 
et de cet autre illustre théologien ash‘ariteque fut Fakhr al-D
 ī 
n al-R
ā
z
 ī 
(m. 606/1209). Dans les deux cas, lesœuvres auxquelles il s’intéresse principalement ont ceci de particulierqu’elles posent problème, tant en ce qui concerne leur authenticité,mise en doute par certains, que concernant la nature suspecte de leurcontenu. Ces deux œuvres sont le commentaire r
ā
zien du
ad 
ī 
th
del’Ascension du Prophète
(mi‘r
ā
 j)
5
et le plus célèbre traité ésotériqued’al-Ghaz
ā
l
 ī 
,
al-Kit 
ā
b al-ma
ḍ 
n
ū
n, Le livre à préserver de ceux quin’en sont pas dignes
.Ibn Taymiyya ne doute pas que les deux œuvres en question soientauthentiques et il explique pour quelles raisons. S’agissant de leurcontenu, il dénonce en chacune une même prétention à la découverted’une vérité secrète, c’est-à-dire un ésotérisme accompagné d’unedoctrine de l’arcane, et, sous des dehors islamiques, une mêmecontamination par une philosophie d’origine païenne, associationniste.Le cas d’al-R
ā
z
 ī 
lui apparaît cependant autrement plus grave que celuid’al-Ghaz
ā
l
 ī 
. Du premier il ne dit strictement rien de positif. Plusd’une fois, il souligne par contre diverses qualités du second : sonesprit ascétique et religieux, la pureté de sa quête et l’excellence deson dessein, son intelligence et sa profonde connaissance des sciencesislamiques (jurisprudence, soufisme, théologie du
Kal 
ā
m
, fonde-ments…). Il lui trouve par ailleurs des excuses : un manque deconnaissance de la spiritualité des premières générations musulmaneset une certaine confusion d’esprit.Historien de la pensée musulmane, le théologien maml
ū
k ne peutcependant que constater le nombre des critiques dont al-Ghaz
ā
l
 ī 
a faitl’objet de la part de M
ā
likites et de
anbalites comme d’ulémas deson propre
madhhab
sh
ā
fi‘ite. Il s’explique la chose par le fait qu’Ab
ū
 
Ḥā
mid ne cessa pas complètement de philosopher alors même qu’ilsoufisait et adoptait une terminologie islamique pour exprimer sesidées. Son soufisme lui permit de se distancer quelque peu du
Kal 
ā
m
 et de la
Falsafa
mais ne lui donna pas accès aux formes originales,prophétique et sunnite, de la spiritualité musulmane. Comme Ibn al-
al
āḥ
avant lui, il invite néanmoins à ne rien dire de mal de l’hommeal-Ghaz
ā
l
 ī 
même et à « remettre son affaire » au Très-Haut en sesouvenant de l’immensité du pardon divin. Bien audacieux serait celuiqui refuserait ce pardon à un penseur de la vertu et du savoir, de lapiété et de la sincérité de l’
 Ḥ 
ujjat al-Isl 
ā
m
!
TRADUCTIONS
 
A. Des phantasmes d’associateurs
 Ce que les croyants originels
(
an
ī 
 f)
disent est ce que le DieuTrès-Haut dit dans Son Livre, là où Il dit : « Il n’appartient pasà un humain que Dieu lui donne l’Écriture, le pouvoir dedécider et le prophétat, puis que lui dise aux gens
 
: «
 
De moisoyez, en deçà de Dieu, des serviteurs
 
». Mais bien, plutôt
 
:«
 
Soyez des Hommes-du-Seigneur
(rabb
ā
n
ī 
)
, de par le faitd’enseigner l’Écriture et d’étudier
 
!
 
» Il ne vous ordonne pas
S. S. N
ADV
Ī
, Bombay, Qayyimah Press, 1368/1949, p. 544-545
 
(T
EXTE
A).
4
.
I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 MF 
, éd. I
BN
Q
Ā
SIM
, t. IV, p. 62-66 (T
EXTE
B,sigle
F
); identique à I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Naq
ḍ 
al-Man
 ṭ 
iq
, éd. M.
 
AL
-F
IQ
Ī
, Beyrouth, al-Maktabat al-‘Ilmiyya, s. d., p. 52-56 (sigle
N
).
5
.
L’Ascension du Prophète est l’objet de nombreuses études. Parmiles synthèses les plus récentes et qui offrent une abondante bibliogra-phie, il convient de citer M. A. A
MIR
-M
OEZZI
,
 Me‘r
ā
 j. i. Definition
, in
 Encyclopædia Iranica
, sur internet :
http://www.iranica.com/articles/ meraj-i
. Ibn Taymiyya évoque aussi le
mi‘r
ā
 j 
dans le texte B traduit inY. M
ICHOT
,
Textes spirituels, N.S. I. Jésus est vivant 
, p. 3-4.
 
2
 
d’adopter les anges et les Prophètes comme seigneurs. Vousordonnerait-Il de mécroire après que vous vous êtes soumis
(muslim)
1
 
?
 
» Quiconque adopte ceux-ci ou ceux-là commeseigneurs, ainsi que le disent ceux qui font d’eux des inter-médiaires dans leur adoration, leurs invocations, etc., est unmécréant.L’auteur des
 Livres à préserver
2
a fait des intermédiaires desanges et des Prophètes. Il a fait de leur intercession quelquechose de correspondant à [ce que] les philosophes [disent]
3
. Or,ainsi que noté précédemment, de tels dires sont pires que lesdires des associateurs d’entre les Arabes.Après lui vint l’auteur du livre
 Le secret celé concernant lamagie et la manière de s’adresser aux astres
4
. Il y parla del’associationnisme pur: l’adoration des astres, des jinns et desdémons, les invocations à leur [adresser], les encens leur[convenant], leurs sceaux et les idoles à leur fabriquer selon lavoie des associateurs – les Chaldéens
(kald 
ā
niyy
ū
n)
et lesKashdanéens
(kashd 
ā
niyy
ū
n)
5
– vers qui Abraham, l’Ami [du
1
.
Coran,
 Ā
l ‘Imr
ā
n
- III, 79-80.
2
.
 
 Al-kutub al-ma
ḍ 
n
ū
n bi-h
ā
. Il s’agit d’Ab
ū
 
Ḥā
mid al-Ghaz
ā
l
 ī 
; voir
AL
-G
HAZ
Ā
L
Ī
,
al-Ma
ḍ 
n
ū
n bi-hi ‘al 
ā
ghayr ahli-hi
, in M. M. A
B
Ū
L
-‘A
L
Ā
’ (éd.),
al-Qu
ṣū
r al-‘aw
ā
ī 
min ras
ā
’il al-im
ā
m al-Ghaz
ā
ī 
, 4 t.,Le Caire, Maktabat al-Jind
 ī 
, 1390/1970 ; t. III, p. 124-169. Sur cetteœuvre, voir M. B
OUYGES
,
 Essai de chronologie des œuvres de al-Ghazali (Algazel)
, édité et mis à jour par M. A
LLARD
, Beyrouth,Imprimerie catholique, 1959, p. 51-55, n° 39-40 ; M. A
FIFI AL
-A
KITI
,
The Good, the Bad, and the Ugly of 
Falsafa
: Al-Ghaz
ā
ī 
’s
Ma
n
ū
n
,
 Tah
ā
fut
, and 
Maq
āṣ
id
, with Particular Attention to their
Falsaf 
 ī 
 
Treatments of God’s Knowledge of Temporal Events
, in Y. TzviL
ANGERMANN
(éd.),
 
 Avicenna and his Legacy. A Golden Age of Science and Philosophy
, Turnhout, Brepols, 2009, p. 51-100.
3
.
« Chez les philosophes qui parlent de la prééternité du monde,l’intercession [signifie] que ce que le demandeur de l’intercession viseflue sur lui à partir de l’intercesseur sans dessein de ce dernier et sansdemande de sa part [à Dieu], tout comme les rayons du soleil seréfléchissent sur un mur à partir d’un miroir. Avicenne a évoqué cela,ainsi que ceux qui se sont inspirés de lui, tels l’auteur du
 Livre à préserver de ceux qui n’en sont pas dignes
, et ceux qui ont tiré de lui[leur savoir]. Un tel associationnisme est plus grave que l’associa-tionnisme des associateurs d’entre les Arabes, les Nazaréens et leurssemblables. Ceux-là disaient en effet que l’Artisan du monde est agentet choisissant, et que l’intercesseur Lui adresse une demande etL’invoque » (I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Radd 
, p. 306-307; voir aussi p. 103-105).Sur la conception ghaz
ā
lienne de l’intercession prophétique, sesrapports avec la philosophie avicennienne et sa critique par IbnTaymiyya, voir aussi Y. M
ICHOT
,
 Important Reader
, Texte VI.
4
.
Il s’agit de Fakhr al-D
 ī 
n, Ab
ū
‘Abd All
ā
h Mu
ammad b. ‘Umarb. al-
usayn al-R
ā
z
 ī 
(Rayy, 543/1149 - Her
ā
t, 606/1209), le théolo-gien ash‘arite commentateur d’Avicenne et du Coran, aussi appelé Ibnal-Kha
ṭī 
b
 
; voir G. C. A
NAWATI
,
 EI2
, art.
Fakhr al-D
ī 
n al-R
ā
 z
ī 
.L’ouvrage en question est
al-Sirr al-makt 
ū
m
ī 
l-si
r wa mukh
āṭ 
abat al-nuj 
ū
m
, un traité majeur d’astrologie et de magie talismanique ; voirF. D.
AL
-R
Ā
Z
Ī
,
al-Sirr al-makt 
ū
m
ī 
mukh
āṭ 
abat al-nuj 
ū
m
, Le Caire,al-Ma
ba‘ al-
ajariyya, [18.. ?].
5
.
F. D. al-R
ā
z
 ī 
(
Sirr
, p. 16) parle de « Kasdanéens
(kasd 
ā
niyy
ū
n)
 antiques » adorant des idoles des astres. L’identification de cesKas(h)danéens fait problème et il est permis de se demander si le mot
al-kas(h)d 
ā
niyy
ū
n
, tel que repris par Ibn Taymiyya à F. D. al-R
ā
z
 ī 
,n’est pas une déformation d’
al-sury
ā
niyy
ū
n
, « les Assyriens ». C’esten effet ce dernier terme qu’Ibn Khald
ū
n utilise plus d’une fois, reliéaux Chaldéens, dans sa présentation de la science de la magie.L’historien d’écrire par exemple : « Pour ce qui est de l’existence de lamagie parmi les gens de Babylone, à savoir les Chaldéens
(kaldaniyy
ū
n)
d’entre les Naba
éens et les Assyriens
(sury
ā
niyy
ū
n)
,
Miséricordieux], a été suscité. Sur de telles [choses] ont étébâties l’affirmation de la prééternité du monde et [celle] quel’advenue des adventices n’a pas d’autre cause
[545]
que lesimple mouvement de la sphère [céleste], ainsi que le disent cesgens affirmant la prééternité du monde qui sont pires que lesassociateurs d’entre les Arabes.Semblablement, dans [son] commentaire du
ad 
ī 
th
del’Ascension
(mi‘r
ā
 j)
[du Prophète
6
, al-R
ā
z
 ī 
] évoque quelquechose qui est bâti sur les fondements de ces gens qui sont lesplus mécréants des mécréants. Il dit par exemple : « LesProphètes que le Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne lapaix ! – vit étaient les astres » – Adam était la lune, JosephVénus, et balivernes semblables. Et aussi : « L’Ascension futseulement le fait, pour son cœur, de voir l’existence
7
. »Ibn ‘Arab
 ī 
et d’autres évoquent semblablement une pareilleascension et s’attribuent à eux-mêmes un Voyage nocturne etune Ascension
8
. Il s’agit là de phantasmes
(khay
ā
l)
que lesdémons projettent [en ces gens] et qui correspondent à ce qu’ilscroient comme affaire hérétique, ainsi que les démons ontl’habitude [de le faire] pour égarer les enfants d’Adam. Ils leségarent en effet au moyen de choses qu’ils acceptent de leurpart et qui s’accordent avec leurs caprices.À Dieu la louange, le Seigneur des mondes !
B. Pour une véritable fidélité au message prophétique
On le constate, ceux d’entre les plus grands théologiens du
Kal 
ā
m
qui habillent
(labbasa)
de philosophie la théologie du
Kal 
ā
m
comptent parmi les secrets à protéger, et les savoirs àgarder dissimulés, des affaires en lesquelles quelqu’un qui a unminimum de rationalité et de religion et qui les médite trouve,en fait d’ignorance et d’égarement, quelque chose en quoi il
elle était très répandue » (I
BN
K
HALD
Ū
N
,
al-Muqaddima
, Le Caire, D
ā
ral-Sha‘b, s. d., p. 469).
6
.
Je n’ai pas pu identifier ce texte. Aucun écrit d’al-R
ā
z
 ī 
relatif au
mi‘r
ā
 j 
n’est signalé in G. A
NAWATI
,
Fakhr al-D
ī 
n al-R
ā
 z
ī 
. Tamh
ī 
d li-dir
ā
sat 
ay
ā
ti-hi wa mu’allaf 
ā
ti-hi [F. D. al-R
ā
 z
ī 
. Introduction àl’étude de sa vie et de ses œuvres] 
, in
 Mélanges Taha Hussein
, LeCaire, Dar al-Maaref, 1962, p. 193-234 ; A. S
HIHADEH
,
The Teleolo-gical Ethics of Fakhr al-D
ī 
n al-R
ā
 z
ī 
, Leyde - Boston, Brill, 2006, p. 7-11. Le commentaire r
ā
zien du verset coranique
al-Isr
ā
- XVII, 1 necomporte aucun des éléments évoqués ici par Ibn Taymiyya ; voir F.D.
AL
-R
Ā
Z
Ī
,
al-Tafs
ī 
r al-kab
ī 
r
, 32 t., Le Caire, al-Ma
ba‘at al-Bahiyyatal-Mi
riyya, 1357/1938, t. XX, p. 145-153 ; G. M
ONNOT
,
 Le commen-taire de R
ā
 z
ī 
sur le voyage nocturne
, in M. A. A
MIR
-M
OEZZI
(dir.),
 Levoyage initiatique en terre d’islam. Ascensions célestes et itinérairesspirituels
, Louvain - Paris, Peeters, « Bibliothèque de l’École deshautes études, section des sciences religieuses, CIII », 1996, p. 57-65.
7
.
« Lorsque [les philosopheurs] disent que le bonheur de l’âmeconsiste à contempler Dieu et à Le voir, il s’agit en réalité là, seloneux, du savoir [qu’elle acquiert] de ce qu’elle se représente del’existence absolue ou de l’existence de l’Existant nécessaire » (I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Radd 
, p. 462).
8
.
Le célèbre mystique andalou Ibn ‘Arab
 ī 
(m. Damas, 638/1240)évoque son propre voyage nocturne et son ascension dans diversouvrages, dont
al-Fut 
ūḥā
t al-makkiyya
; voir I
BN
‘A
RAB
Ī
,
 Le voyagespirituel (Les Illuminations de La Mecque, CCCLXVII)
. Traduction del’arabe, introduction et notes par M. G
IANNINI
, Louvain-la-Neuve,Bruylant-Academia, « Sagesses musulmanes, 1 », 1995. Parmi lesautres maîtres soufis s’étant aussi attribué un
isr
ā
et un
mi‘r
ā
 j 
, onpeut citer Ab
ū
Yaz
 ī 
d al-Bis
ṭā
m
 ī 
(m. vers 264/878) et al-Qushayr
 ī 
 (m. 465/1073) ; voir C. G
RUBER
,
The Ilkhanid Book of Ascension: APersian-Sunni Devotional Tale
, Londres - New York, I. B. TaurisPublishers, 2010, p. 11-12.
 
3
 
n’aurait [jamais] pensé que de tels théologiens tombent, si bienqu’il considère parfois comme un mensonge que cela ait émanéd’eux.Il s’agit par exemple du commentaire du
ad 
ī 
th
de l’Ascen-sion
(mi‘r
ā
 j)
composé par Ab
ū
‘Abd All
ā
h al-R
ā
z
 ī 
1
, et danslequel il a suivi l’exemple d’Avicenne
2
et de ‘Ayn al-Qu
ḍā
t al-Hamadh
ā
n
 ī 
3
. Il rapporte en effet le
ad 
ī 
th
de l’Ascension en unlong récit, des mots étonnants et un agencement qu’on netrouve dans aucun des livres des Musulmans – ni parmi les
ad 
ī 
th
s authentiques, ni parmi les bons, ni parmi les faiblesrapportés chez les gens du savoir. C’est seulement l’un oul’autre mendiant
(s
ā
’il)
, l’un ou l’autre conteur de rue
(
 ṭ 
uruq
ī 
)
4
,qui a inventé ce [récit], ou l’un ou l’autre démon de prédicateur
(w
ā
‘i
 ẓ
)
, ou l’un ou l’autre libre penseur
(zind 
ī 
q)
.En outre, ignorant le
ad 
ī 
th
de l’Ascension qui se trouve dansles livres de
ad 
ī 
th
, de commentaire coranique
(tafs
ī 
r)
et debiographie du Prophète
(s
ī 
ra)
, et se détournant de ce qui setrouve dans ces livres en faveur de quelque chose [jamais]entendu [de la bouche] d’un uléma et qu’on ne trouverait
[63]
enaucune anthologie savante, [al-R
ā
z
 ī 
] a commenté cette [tradi-tion] à la manière des
abéens
5
, ces égarés, des astrologues !De l’Ascension du Messager il a fait son élévation vers lessphères [célestes] par sa pensée, et [a prétendu] que les Pro-phètes qu’il a vus sont les astres – Adam étant la lune et Idr
 ī 
s lesoleil –, que les quatre fleuves sont les quatre éléments, et qu’ilprit connaissance de l’existence nécessaire absolue. Ensuite, il
1
.
Fakhr al-D
 ī 
n al-R
ā
z
 ī 
.
2
.
Un
 Livre de l’Ascension du Prophète (Mi‘r
ā
 j
ā
meh)
en persanest attribué à Avicenne mais son authenticité reste un objet decontroverse ; voir P. H
EATH
,
 Allegory and Philosophy in Avicenna(Ibn S 
ī 
n
ā
).
 
With a Translation of the Book of the Prophet Mu
am-mad’s Ascent to Heaven
, Philadelphie, University of PennsylvaniaPress, 1992. Avicenne (?) y donne une interprétation philosophiquedétaillée d’une longue version de la tradition du
mi‘r
ā
 j 
selon laquelleMu
ammad rencontre des anges dans les divers cieux qu’il traverse,pas d’autres Prophètes. Pour le philosophe, son Ascension futspirituelle, « because the goal was intellectual » (P. H
EATH
,
 Allegory
,p. 124), non pas corporelle. Il demande que son commentaire « bewithheld from those who are unworthy, foolish, and uninitiatedignoramuses. For reticence with outsiders in (revealing) truths is oneof the religious duties » (p. 125).
3
.
‘Abd All
ā
h b. Ab
 ī 
Bakr al-Miy
ā
naj
 ī 
, dit ‘Ayn al-Qu
ḍā
t al-Hama-dh
ā
n
 ī 
(Hamadh
ā
n, 492/1098 - 526/1131), juriste sh
ā
fi‘ite et soufiphilosophant, persécuté puis sauvagement exécuté pour ses idées ; voirO. S
AFI
,
The Politics of Knowledge in Premodern Islam. Negotiating Ideology and Religious Inquiry
, Chapel Hill, The University of NorthCarolina Press, 2006, p. 158-200. ‘Ayn al-Qu
ḍā
t évoque le
mi‘r
ā
 j 
endivers endroits de ses écrits mais il est difficile d’identifier celuiauquel Ibn Taymiyya fait allusion ; voir par exemple ‘A. al-Q. H
AMA
-
DH
Ā
N
Ī
,
 Les tentations métaphysiques (Tamh
ī 
ā
t)
. Introduction, traduc-tion et notes par C. T
ORTEL
, Paris, Les Deux Océans, 1992, p. 143.« Pour ces [philosopheurs], l’Ascension du Prophète – Dieu prie surlui et lui donne la paix ! – est seulement le fait que les réalités de l’être
(
aq
ā
’iq al-kawn)
se découvrent à lui. C’est de la sorte qu’Avicenne etceux qui l’ont suivi en ont commenté [le récit], par exemple ‘Ayn al-Qu
ḍā
t [al-Hamadh
ā
n
 ī 
] et Ibn al-Kha
ṭī 
b [al-R
ā
z
 ī 
], dans
 Les recherchessupérieures
» (I
BN
T
AYMIYYA
,
 MF 
, t. VI, p. 6).
4
.
Sur les
 ṭ 
uruq
ī 
s, voir Y. M
ICHOT
,
 A Maml 
ū
k Theologian’sCommentary…,
Part II, p. 340, n. 103.
5
.
« Les
abéens sont de deux espèces : les
abéens croyantsoriginels, monothéistes, et les
abéens associateurs, » « vers qui Dieususcita Son Ami
(khal 
ī 
l)
– sur lui la paix ! » (I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Radd 
,p. 288, 480) ; voir aussi Y. M
ICHOT
,
Pages XIII 
, p. 11, n. 7.
dit cela capital et en fait un des secrets, une des connaissances,qu’il est nécessaire de protéger des entendements des croyantset de leurs ulémas.
 L’Ascension du Prophète
6
 Quand ils virent cela, un groupe de ceux qui révéraient [al-R
ā
z
 ī 
] furent à son égard dans l’étonnement le plus grand. Un deceux qui lui étaient fanatiquement attachés rejeta cela
7
jusqu’aumoment où on lui montra une version [de ce commentaire],copiée par l’un des shaykhs bien connus experts ès R
ā
ziana,qu’[al-R
ā
z
 ī 
] avait inclue dans le livre qu’il a intitulé
 Lesrecherches supérieures
8
et dans lequel il a rassemblé l’ensem-ble des vues des philosophes et des théologiens du
Kal 
ā
m
.Ab
ū
 
Ḥā
mid al-Ghaz
ā
l
 ī 
est plus versé que ces gens-là dans lascience de la jurisprudence, du soufisme, du
Kal 
ā
m
, des
6
.
Gravure in
DE
C
OURTENAY
,
 Études sur l’Islamisme, II. Traditionset légendes. – Mahomet et le Coran
, in
 Le magasin universel 
, t. VII,Paris, 1839-1840, p. 262-270; vignette 34. « La gravure […] repré-sente Mahomet monté sur la jument Alborak au-dessus de la Caaba; onne voit du Prophète que les pieds ; le visage et le reste du corps sontcouverts de rayons célestes. Ce dessin est une copie fidèle de ceux quise trouvent dans les livres persans » (p. 266, n. 1).
7
.
C’est-à-dire l’idée qu’al-R
ā
z
 ī 
ait pu écrire un tel commentaire du
ad 
ī 
th
du
mi‘r
ā
 j 
.
8
.
F.
 
D.
AL
-R
Ā
Z
Ī
,
al-Ma
 ṭā
lib al-‘
 Ā
liya min al-‘ilm al-il 
ā
h
ī 
, éd. A.
.
AL
-S
AQ
Ā
, 9 t. in 5 vol., Beyrouth, D
ā
r al-Kit
ā
b al-‘Arab
 ī 
, 1407/1987.Il ne m’a pas été possible de retrouver le passage d’
al-Ma
 ṭā
lib
auquelIbn Taymiyya fait allusion.
 

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