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Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série: IV. L’obéissance aux autorités

Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série: IV. L’obéissance aux autorités

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Yahya Michot (Hartford, December 2009)
Yahya Michot (Hartford, December 2009)

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05/12/2014

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text

original

 
 
 
1
 
Textes spirituels d’Ibn Taymiyya. Nouvelle série
IV. L’obéissance aux autorités
 
Ibn Taymiyya fut-il un révolutionnaire poussant au tyrannicide
1
?D’aucuns le pensent et c’est d’autant plus regrettable qu’il suffirait dese rappeler sa maîtrise et son respect de la tradition prophétique pourexclure qu’il ait jamais pu se départir de la modération de celle-ci, enmatière d’obéissance aux autorités comme en d’autres. Mais quesavent exactement de lui ses détracteurs et les extrémistes se récla-mant de son nom ? Quels écrits lisent-ils en dehors des fetwas danslesquels il appela à résister à l’envahisseur mongol ? Aux amoureuxde la vérité incombe donc le devoir de rendre plus de textes tay-miyyens directement accessibles, pour que le Shaykh de l’Islam assurelui-même sa défense ou, par ailleurs, désavoue clairement les ultras lerevendiquant comme leur saint patron.Le
 Minh
ā
 j al-sunnat al-nabawiyya – La voie de la tradition prophétique
d’Ibn Taymiyya a pour premier objectif de réfuter le
 Minh
ā
 j al-kar
ā
ma f 
ī 
ma‘rifat al-im
ā
ma – La voie du charisme, s’agis
-
sant de la connaissance de l’im
ā
mat 
composé par le théologien sh
 ī 
‘iteal-
ill
 ī 
pour l’
Ī
lkh
ā
n mongol Öljayt
ū
(m. 716/1316). Déconstructionsystématique de l’absolutisme im
ā
mite en matière de gouvernancecomme de dogme, il s’oppose à toute forme d’obéissance incondition-nelle à des autorités humaines, quelles qu’elles soient, et appelle au
tabayyun
vis-à-vis de chaque ordre venant d’elles, c’est-à-dire à« faire la clarté » sur sa légitimité ou son illégitimité au regard de lareligion, ainsi que recommandé dans le Coran,
al-
 Ḥ 
ujur
ā
- XLIX, 6.De l’objection de conscience et de la désobéissance civile éclairéespar la foi à, d’autre part, une anathémisation du pouvoir pervers,ignorant, injuste, et à un soulèvement contre lui, il y a cependant unpas qu’Ibn Taymiyya se refuse à franchir. Il n’ignore pas qu’uneversion du fameux
ad 
ī 
th
de l’allégeance au Prophète pourrait per-mettre de disputer le commandement à ceux qui l’exercent en cas de« mécréance flagrante »
(kufr baw
āḥ
)
de leur part, divinement prou-vée. Il connaît cependant trop bien les hommes pour imaginer qu’uneinsurrection provoque moins de
 fas
ā
, ait des effets moins domma-geables pour la société que l’injustice du pouvoir ainsi contesté.Les quatre extraits du
 Minh
ā
 j 
traduits ci-dessous sont empreints dumême réalisme et fidèles aux sources scripturaires de l’Islam. Asso-ciant l’une à l’autre la soumission aux autorités et l’obéissance à Dieuet au Messager, Ibn Taymiyya y prône à la fois l’esprit critique et lapatience, le discernement et la pondération, le rejet du despotisme etde l’injustice et le refus du radicalisme et de la révolte armée.
TRADUCTIONS
 
2
 
A. Obéir à l’autorité perverse et ignorante ?
 Les gens ont controversé au sujet du détenteur du comman
-
dement
(wal 
ī 
l-amr)
pervers
(f 
ā
siq)
et ignorant
(j 
ā
hil)
: est-il àobéir en ce qu’il commande comme obéissance à Dieu ? Son jugement
(
ukm)
et son décret
(qasm)
sont-ils à exécuter lors
-
qu’ils correspondent à la justice
(‘adl)
? Ou bien ne sera-t-ilobéi en rien et n’exécutera-t-on aucun jugement, aucun décretde lui ? Ou, encore, fera-t-on une distinction à ce sujet entre
1
.
Sur cette réputation et son caractère indû, voir Y. M
ICHOT
,
 I 
 BN 
 AYMIYYA
. Mardin
 
: Hégire, fuite du péché et « demeure de l’Islam »
,Paris, Albouraq, 1425/2004, p. 51-58, 131-137
 
;
 I 
 BN 
 AYMIYYA
. Mécré-ance et pardon
, Paris, Albouraq, 1426/2005, p.
VII
-
X
 
;
 I 
 BN 
 AYMIYYA
.
 Les saints du mont Liban. Absence,
 jih
ā
d
et spiritualité, entre la mon-tagne et la cité 
, Paris, Albouraq, 1428/2007, p. 2*-4*
 
;
 Ibn Taymiyyaet le mythe du «
 
grand méchant barbu
 
», entre islamisme mongolisant et mauvais orientalisme
, sur
saphirnews.com
/
 
:
 Les-jardins-fanes-de-l- Academie_a1434.html 
 
;
 Dar-al-harb-et-appels-au-jihad_a1435.html 
 
;
 Mort-au-despote_a1436.html 
 
;
Quand-dire-La-ilaha-illa-Llah-sauve-de-l-enfer_a1437.html 
 
;
 
 Des-fetwas-au-mythe_a1438. html 
,
 
Sept.
 
2005.
 
2
.
I
BN
T
AYMIYYA
,
 
 Minh
ā
 j 
, éd. S
Ā
LIM
, t. III, p. 390-395 (A) ; t. III,p. 387-388 (B) ; t. III, p. 395-396 (C) ; t. I, p. 547-548 (D).
l’im
ā
m majeur
(al-im
ā
m al-a‘
 ẓ
am)
et le cadi, et autres subdivi
-
sions semblables ? Trois choses ont dès lors été dites dont laplus faible, pour les gens de la
Sunna
, [propose] le rejet de l’en
-
semble de ses commandement, jugement et décret tandis que laplus correcte, pour les gens du
ad 
ī 
th
et les im
ā
ms des juristes
(faq
ī 
h)
, en est la première, à savoir qu’il sera obéi dans l’obéis
-
sance à Dieu, de manière absolue, et que son jugement et sondécret seront exécutés lorsque le faire est justice, de manièreabsolue – selon ce qui est ainsi dit, même le cadi ignorant etinjuste, son jugement conforme à la justice et son décretconforme à la justice sont à exécuter ainsi que la plupart des juristes le disent.
 Bahr
ā
m recevant la tête d’un opposant 
3
 La troisième chose dite consiste à faire une distinction entrel’im
ā
m majeur et les autres étant donné que celui-là, il n’estpossible de le destituer
(‘azl)
, lorsqu’il est pervers, que par uncombat
(qit 
ā
l)
et des dissensions
(fitna)
; à la différence d’un juge
(
ḥā
kim)
et de ses pareils,
[391]
qu’il est possible de destituersans cela. C’est cependant un
distinguo
faible. En effet, lors
-
qu’un juge est investi de [son] autorité par le détenteur de laforce armée
(dh
ū
l-shawka)
, il n’est possible de le destituerqu’avec des dissensions. Or, quand s’activer pour le destituerest quelque chose de plus corrupteur [pour la communauté] quene l’est son maintien [dans sa charge], il n’est pas permis deprovoquer la plus grave de deux situations de corruption afind’en repousser la moindre. Et ainsi en va-t-il aussi de l’im
ā
mmajeur.Voilà pourquoi ce qui est bien connu de la doctrine des gensde la
Sunna
, ainsi que l’indiquent les
ad 
ī 
th
s authentiquesprovenant en abondance du Prophète – Dieu prie sur lui et luidonne la paix ! –, c’est qu’ils ne sont pas d’avis de se soulevercontre les im
ā
ms, non plus que de les combattre de l’épée,quand bien même il y a en eux de l’injustice. La corruption [desaffaires des Musulmans] en cas de combat et de dissension esten effet plus grave que celle provenant de leur injustice sans
3
.
Détail d’un plat émaillé
(mina’
ī 
)
, Iran, vers 596/1200 (Qatar,Musée d’Art islamique).
 
 
 
2
 
combat ni dissension. On ne repoussera donc la plus grave dedeux situations corrompues qu’en
 
1
s’en tenant à la moinsgrave. Sans doute ne peut-on pas avoir connaissance d’ungroupe qui se soit soulevé
(kharaja ‘al 
ā
)
contre un détenteur depuissance
(sul 
 ṭā
n)
sans qu’il y ait eu en son soulèvement desfacteurs de corruption plus graves que la situation corrompuequ’il fit cesser.
 Massacre
2
 Le Dieu Très-Haut n’a pas commandé de combattre den’importe quelle manière tout [individu] injuste et tout [indi
-
vidu] excessif 
(b
ā
gh
in
)
. Il n’a pas non plus commandé de com
-
battre les [gens] excessifs dès le départ. Il a bien plutôt dit : « Sideux factions de croyants se combattent, réconciliez-les. Sil’une des deux se fait excessive au détriment de l’autre, com
-
battez l’excessive jusqu’à ce qu’elle revienne à l’ordre de Dieu.Si elle revient, réconciliez-les dans la justice
 
3
.
 
» Il n’a doncpoint commandé de combattre les excessifs dès le départ ; com
-
ment dès lors commanderait-Il de combattre les détenteurs ducommandement dès le départ ?
[392]
 Dans le
Ṣ 
a
ḥīḥ
de Muslim [il est rapporté] d’après UmmSalama
 
4
– Dieu soit satisfait d’elle ! – que le Messager de Dieua dit – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! : « Il y aura desémirs. Vous trouverez [inacceptables certaines de leurs actions]et vous en réprouverez [d’autres]. Celui qui en trouvera [cer
-
taines inacceptables] sera innocent [de tout blâme]. Celui qui enréprouvera s’en sortira indemne. Quant à celui qui s’[en] satis
-
fera et [les] suivra… ?! » – « Ne les combattrons-nous pas ? »
1
.
ill
ā
+ : al-fas
ā
dayn
E
 
2
.
Détail d’un plat émaillé
(mina’
ī 
)
, Iran, début du VIIe/XIIIe s.(Washington, Freer Gallery of Art. Photo: Y. Michot, 2009).
3
.
Coran,
al-
 Ḥ 
ujur
ā
- XLIX, 9.
4
.
Umm Salama Hind, fille d’Ab
ū
Umayya (m. 61/681), une desépouses mecquoises du Prophète
 
; voir M. H
AMIDULLAH
,
 Le Prophètede l’Islam
, t. II, p. 619.
dirent d’aucuns. « Non, » répondit-il, « aussi longtemps qu’ilsprient
 
5
. » Le Messager de Dieu – Dieu prie sur lui et lui donnela paix ! – prohiba de les combattre alors même qu’il [nous]informait qu’ils commettraient des affaires répréhensibles
(munkar)
. Il montra donc qu’il n’est pas permis de lesréprouver de l’épée ainsi que le pensent ceux qui combattent lesdétenteurs du commandement – les Kh
ā
rijites, les Zaydites
 
6
,les Mu‘tazilites, un groupe des juristes et d’autres.Dans les deux
Ṣ 
a
ḥīḥ
s, [il est rapporté] d’Ibn Mas‘
ū
d – Dieusoit satisfait de lui ! – qu’il a dit : « Le Messager de Dieu –Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – nous a dit : « Aprèsmoi, vous verrez du favoritisme
(athara)
et des affaires quevous réprouverez. » D’aucuns dirent : « Que nous commandes-tu donc, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Vous honorerezle droit [que vos dirigeants ont] sur vous et vous demanderez àDieu [d’honorer] celui que vous avez
 
7
. » Le Prophète – Dieuprie sur lui et lui donne la paix ! – [nous] a informés que lesémirs seraient injustes et feraient des affaires répréhensibles.Malgré cela, il nous a commandé de leur reconnaître le droitqu’ils ont [sur nous] et de demander à Dieu [d’honorer] celuique nous avons. Il ne nous a pas autorisés à arracher le droit[qui est nôtre] en combattant et il ne [nous] a pas permis denégliger le droit qu’ils ont [sur nous].Dans les deux
Ṣ 
a
ḥīḥ
s, [il est rapporté] à propos du Prophète – Dieu prie
[393]
sur lui et lui donne la paix ! –, d’après Ibn‘Abb
ā
s – Dieu soit satisfait de lui ! –, qu’il a dit : « Celui quivoit chez son émir une chose qu’il déteste, qu’il soit patient àson égard ! Qui se sépare d’un empan de la communion [descroyants]
(jam
ā
‘a)
et meurt meurt d’une mort de l’Âge del’Ignorance
 
8
. » Et dans une [autre] formulation : « Qui se sous
-
trait d’un empan au pouvoir
(sul 
 ṭā
n)
et meurt meurt d’une mortde l’Âge de l’Ignorance » – cette formulation est d’al-Bukh
ā
r
 ī 
 
9
.On a cité antérieurement ce qu’il a dit – Dieu prie sur lui etlui donne la paix ! – quand il a évoqué le fait que [des im
ā
ms]
5
.
Voir M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constantinople, t. VI, p. 23 ; trad.S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1032-1033, n° 4569).
6
.
Communauté sh
 ī 
‘ite se revendiquant de Zayd, un petit-fils d’al-
usayn mort en 122/740 à K
ū
fa, au cours d’une révolte contre le califeumayyade Hish
ā
m; voir W. M
ADELUNG
,
 EI2
, art.
 Zaydiyya
.« – Zayd, fils de ‘Al
 ī 
, fils d’al-
usayn, a dit Ab
ū
 
Ḥā
tim al-Bust
 ī 
, futtué à K
ū
fa en l’an 122 et exposé sur une croix de bois. Il était d’entreles plus éminents des Gens de la Maison [du Prophète] et de leurssavants. Les Sh
 ī 
‘ites se réclament de lui. – C’est, dirai-je, à l’époque de la révolte de Zayd que les Sh
 ī 
‘ites seséparèrent en R
ā
fi
ites et en Zaydites. Quand [Zayd] fut interrogé àpropos d’Ab
ū
Bakr et de ‘Umar et qu’il appela sur eux deux lamiséricorde [de Dieu], des gens le rejetèrent
(rafa
ḍ 
a)
et il leur dit :« Vous m’avez rejeté ! » Ils furent donc appelés
 R
ā
 fi
ḍ 
ites
(« reje-teurs ») du fait qu’ils l’avaient rejeté
(raf 
ḍ 
)
, tandis que ceux d’entre lesSh
 ī 
‘ites qui ne l’avaient pas rejeté furent appelés
 Zaydites
du fait qu’ilslui étaient restés attachés. Quand [son cadavre] fut crucifié, les ser-vants [de Dieu]
(‘ib
ā
d)
vinrent de nuit vers sa croix, se livrer là à leursservice d’adoration » (I
BN
T
AYMIYYA
,
 Minh
ā
 j 
, t. I, p. 35).
7
.
Voir
AL
-B
UKH
Ā
R
Ī
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
Fitan
(Boulaq, t. IX, p. 47
 
; trad.H
OUDAS
,
Traditions
, t. IX, p. 475) ; M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constan-tinople, t. VI, p. 17-18 ; trad. S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1025, n° 4545).
8
.
Voir
AL
-B
UKH
Ā
R
Ī
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
Fitan
(Boulaq, t. IX, p. 62-63
 
; trad.H
OUDAS
,
Traditions
, t. IV, p. 475) ; M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constan-tinople, t. VI, p. 21-22 ; trad. S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1030, n° 4559).
9
.
Voir
AL
-B
UKH
Ā
R
Ī
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
Fitan
(Boulaq, t. IX, p. 47
 
; trad.H
OUDAS
,
Traditions
, t. IV, p. 475).
 
 
 
3
 
ne se conduiraient pas selon sa guidance et ne suivraient pas sa
Sunna
.
udhayfa
 
1
de dire alors : « Comment ferais-je, ô Mes
-
sager de Dieu, si je vis cela ? » Il répondit : « Tu écouterasl’émir et tu lui obéiras. Même si on te bat le dos et prend tonbien, écoute et obéis
 
2
! » Ainsi est-il commandé d’obéir alorsmême que l’émir est injuste.
[394]
 On a aussi cité, antérieurement, ces dires [du Prophète] –Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! : « Celui sur qui autoritéest donnée à quelqu’un et qui voit celui-ci commettre quelquechose relevant de la désobéissance à Dieu, qu’il déteste ce qu’ilcommet comme désobéissance à Dieu et ne renonce pas à luiobéir
 
3
. » Ainsi est-il prohibé de se soustraire au pouvoir
(sul 
 ṭā
n)
même s’il désobéit [à Dieu].On a aussi cité, antérieurement, le
ad 
ī 
th
de ‘Ub
ā
da
 
4
:« Nous avons prêté allégeance au Messager de Dieu – que Dieule bénisse et lui donne la paix ! – en prenant les engagementssuivants : écouter et obéir quand cela nous plaît et quand nousle détestons, quand cela nous est difficile et quand cela nous estfacile, ainsi qu’en cas de favoritisme à notre détriment
 
5
; ne pasdisputer le commandement à ceux qui l’exercent
(ahl)
… » [Etle Prophète] d’ajouter : « … à moins que vous voyiez de lamécréance flagrante
(kufr baw
āḥ
)
, concernant laquelle
6
voustenez de Dieu une preuve
(burh
ā
n)
 
7
. » Et, dans une autre ver
-
sion : « … dire – ou assumer – la Vérité où que nous soyons ;n’avoir peur, s’agissant de Dieu, du blâme de personne
 
8
. »Ainsi
[395]
est-il commandé d’obéir alors même que celui quiassume le commandement favorise
(isti’th
ā
r)
[certains au détri
-
ment d’autres] – ce qui est, de sa part, de l’injustice
(
 ẓ
ulm)
. Il aaussi prohibé de disputer le commandement à ceux qui l’exer
-
cent ; ainsi est-il prohibé de se soulever contre eux, parce queceux qui l’exercent sont les détenteurs du commandement à quiil a commandé d’obéir – à savoir ceux qui ont un pouvoir
(sul 
 ṭā
n)
grâce auquel ils commandent. Celui dont on veut parlerici, ce n’est pas quelqu’un qui mériterait d’être investi [du com
-
mandement] mais n’aurait pas de pouvoir
(sul 
 ṭā
n)
, non plus quequelqu’un investi [du commandement qui serait] juste. [Le
1
.
udhayfa b. al-Yam
ā
n al-‘Abs
 ī 
(m. 36/656), Compagnon quicombattit à U
ud et participa à la conquête de l’Iran et del’
Ā
dharbayj
ā
n ; voir I
BN AL
-A
TH
Ī
R
,
Usd 
, t. I, p. 390-392.
2
.
Voir M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constantinople, t. VI, p. 20 ; trad.S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1029, n° 4554).
3
.
Littéralement, « … et ne retire pas la main de l’obéissance [qu’illui doit]. » Voir notamment M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constantinople,t. VI, p. 24 ; trad. S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1033, n° 4574) ; I
BN
AN
-
BAL
,
 Musnad 
(Boulaq, t. VI, p. 24).
4
.
‘Ub
ā
da b. al-
Ṣā
mit al-An
ṣā
r
 ī 
, célèbre Compagnon qui fut lepremier juge musulman de Jérusalem (m. 34/654 ou 45/665, Pales-tine) ; voir I
BN AL
-A
TH
Ī
R
,
Usd 
, t. III, p. 106-107.
5
.
 
athara
tin
‘alay-n
ā
. Je dois une fois de plus présenter mes excuses àmes lecteurs et solliciter leur indulgence : dans mes travaux antérieurs, j’ai traduit erronément ce passage du
ad 
ī 
th
de l’allégeance par« …, en la préférant à nous-mêmes ; ».
6
.
 
 f 
ī 
-h
i
. Peut-être faut-il traduire « en laquelle ».
7
.
Voir
AL
-B
UKH
Ā
R
Ī
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
Fitan
(Boulaq, t. IX, p. 47
 
; trad.H
OUDAS
,
Traditions
, t. IV, p. 476) ; M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constan-tinople, t. VI, p. 17 ; trad. S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III, p. 1023, n° 4541) ; I
BN
ANBAL
,
 Musnad 
(Boulaq, t. V, p. 314).
8
.
Voir notamment
AL
-B
UKH
Ā
R
Ī
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 A
ā
m
(Boulaq, t. IX,p. 77
 
; trad. H
OUDAS
,
Traditions
, t. IV, p. 520-521) ; M
USLIM
,
Ṣ 
a
ḥīḥ
,
 Im
ā
ra
(Constantinople, t. VI, p. 16 ; trad. S
IDDIQI
,
 
Ṣ 
a
ḥīḥ
, t. III,p. 1023, n° 4538).
Prophète] a en effet mentionné qu’ils favorisent [certains audétriment d’autres]. Il a donc indiqué qu’il est prohibé dedisputer [l’autorité du] détenteur du commandement même s’ilfavorise [certains au détriment d’autres]. Et ceci est un vastesujet.
 
B. Obéir dans l’obéissance à Dieu
 Les [Sunnites] ne rendent pas obligatoire d’obéir à l’im
ā
men tout ce qu’il commande. Bien plutôt même, ils ne rendentobligatoire de lui obéir qu’en ce en quoi il est permis de luiobéir dans la Loi
(shar
ī 
‘a)
. Ils ne permettent donc pas de luiobéir dans la désobéissance à Dieu, même s’il s’agit d’un im
ā
m juste
(‘
ā
dil)
. Quand il leur commande d’obéir à Dieu, ils luiobéissent – il leur commande par exemple de célébrer la prièreet de donner l’aumône, d’être véridiques et d’être justes,[d’accomplir] le pèlerinage et de mener le
 jih
ā
sur le cheminde Dieu. En réalité, [alors], ils obéissent seulement à Dieu.Quand le mécréant et le pervers commandent quelque choseconstituant un acte d’obéissance à Dieu, obéir à Dieu n’a pasété prohibé et l’obligation de [Lui obéir] ne tombe pas du [seul]fait que c’est ce pervers qui l’a commandé. Ainsi aussi, quand ilparle de quelque chose de Vrai, il n’est pas permis de le traiterde menteur et l’obligation de suivre le Vrai ne tombe pas du[seul] fait que c’est un pervers qui l’a dit. Les gens de la
Sunna
 n’obéissent pas de manière absolue aux autorités en charge deleurs affaires
(wul 
ā
t al-um
ū
r)
: ils leur obéissent seulementdans le cadre de l’obéissance au Messager – Dieu prie sur lui etlui donne la paix !
 
Savant baisant la main d’un émir
9
 Le Très-Haut de dire ainsi : « Obéissez à Dieu, obéissez auMessager et à ceux d’entre vous qui détiennent le comman
-
dement
 
10
. » Il a commandé d’obéir à Dieu de manière absolueet Il a commandé d’obéir au Messager parce qu’il ne com
-
mande que d’obéir à Dieu – « Quiconque obéit au Messagerobéit à Dieu
 
11
. » Il a [par ailleurs] inclus en cela l’obéissance
9
.
D’après un détail de l’aiguière Blacas, Mossoul (Iraq), 629/1232 ;voir S. C
ANBY
,
 Islamic Art in Detail 
, Cambridge, Harvard UniversityPress, 2005, p. 130-131.
10
.
Coran,
al-Nis
ā
- IV, 59.
11
.
Coran,
al-Nis
ā
- IV, 80.

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