3Changer le travail, changer la vie /
Le Laboratoire des idées du Parti socialiste / juillet 2011
Le malaise au travail devient une préoccupationmajeure dans notre pays. Il s’ajoute au mécontentementet à l’inquiétude que suscitent le chômage, lesinégalités de salaires et une répartition de la richessequi désavantage toujours plus le travail.Nous entendons porter ces inquiétudes et leur apporterdes réponses durables en vue de la confrontationde 2012.Il faut pour cela prendre la juste mesure de ce qui està l’œuvre dans le monde du travail depuis un certainnombre d’années. Les salariés ne sont pas tousconcernés de la même manière. Les situations les plusdifciles, les plus pénibles, concernent près de 20 %des salariés. Toutes les évolutions
« du »
et
« au »
travail ne sont pas négatives. Les travaux les plusdangereux et pénibles dans l’industrie manufacturièredéclinent, les formes les plus arbitraires et pesantes dela hiérarchie régressent, des salariés gagnent en libertéet en autonomie.Mais près de la moitié des salariés, tant dans le publicque dans le privé, connaissent des situations difcilesau travail (travaux pénibles, conditions de travaildégradées, mauvaises relations avec les collègues,parcours descendants en termes de responsabilités etde qualications, précarité...). Cette dégradation desconditions de travail concerne un nombre grandissantde travailleurs et tout particulièrement les femmes, les jeunes et les seniors. Elle touche au cœur du salariat,affecte d’abord les ouvriers et les employés, maisconcerne aussi de plus en plus les cadres.Alors que ces évolutions concernent tous les paysdéveloppés, apparait une spécicité française quiinquiète. Dans notre pays où la déance est une réalitésociale ancienne et profonde, notamment à l’égarddes responsables politiques, l’organisation du travailest largement marquée par un manque de conance àl’égard des salariés.Il nous faudra dans ce combat éviter les pièges ànouveau tendus par la droite française. La dernièreconfrontation présidentielle a été un rendez-vousPour cela nous proposons principalement :
1.
de lancer en 2012, au titre des grandes prioritésd’une nouvelle majorité de gauche et progressiste,l’édication de la sécurité des parcoursprofessionnels, sur la base d’une loi xant pour unou deux quinquennats les principes, la méthode,les modalités, les priorités et le calendrier de cettegrande innovation sociale ;
2.
de mettre en place les éléments d’une politiqueféministe du travail axée sur l’égalité professionnelleréelle entre hommes et femmes ;
3.
de relancer la démocratie sociale par de nouveauxdroits pour les salariés dans l’entreprise ;
4.
d’impulser un accord interprofessionnel et/ou unegrande loi
« pour la qualité de vie au travail »
xant les principes et les outils pour peser sur latransformation de l’organisation et des conditionsde travail ;
5.
de mettre en place un dispositif national d’appuiet une nouvelle gouvernance des entreprises enfaveur de la transformation de l’organisation et desconditions de travail ;
6.
de favoriser la dimension collective du travail ;
7.
de répondre au malaise du travail dans lafonction publique ;
8.
de sanctuariser par la loi les avancées de la jurisprudence en faveur des droits des salariés eten réformant la justice prud’homale ;
9.
de redonner des armes à l’inspection du travail ;
10.
de créer un droit à la protection de la santé mentalepour les salariés, défendu par des conseillers enprévention.